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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2007182

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2007182

jeudi 14 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2007182
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSELARL WIBLAW

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 9 octobre 2020, 10 septembre 2021, 13 octobre 2021 et 8 novembre 2021, M. B A, représenté par la SELARL Wiblaw, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre des périodes du 1er janvier 2013 au 30 juin 2016 et du 1er juillet 2016 au 31 août 2016, ainsi que des pénalités correspondantes ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le délai de reprise prévu par l'article L. 176 du livre des procédures fiscales est prescrit s'agissant de la taxe sur la valeur ajoutée exigible au titre de la période couvrant l'année 2013 ; à titre subsidiaire, il ne peut être regardé comme ayant exercé une activité occulte s'agissant des encaissements intervenus au cours de l'année 2013 mais dont le fait générateur se rapporte à l'année 2012 ;

- l'administration fiscale n'a pas soumis à un débat oral et contradictoire l'examen des relevés de compte bancaire obtenus dans le cadre de la mise en œuvre de son droit de communication auprès de la banque Crédit industriel et commercial (CIC) ;

- l'administration n'a pas mentionné la période du 1er juillet 2016 au 31 août 2016 dans l'avis de vérification qui lui a été préalablement adressé en vue de la vérification de sa comptabilité pour la période du 1er janvier 2013 au 30 juin 2016, mais a tout de même exploité les informations recueillies lors de cette vérification pour mettre à sa charge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er juillet 2016 au 31 août 2016 ; le recours à une vérification de comptabilité s'imposait pour notifier des rappels de taxe sur la valeur ajoutée résultant de factures dont le fait générateur se rattachait à la période vérifiée ;

- l'administration ne pouvait pas légalement, au titre des encaissements crédités sur son compte professionnel et retenus par le service vérificateur pour établir le montant de la taxe sur la valeur ajoutée éludée, inclure des sommes ne constituant pas la contrepartie de prestations de services effectuées par un assujetti agissant en tant que tel ; tel est le cas des virements de compte à compte effectués depuis son compte personnel, des prêts bancaires, des prêts présentant un caractère familial, d'une remise de chèque comptabilisée à deux reprises, d'indemnités d'assurance versées à la suite de sinistres et du solde créditeur d'un compte bancaire clôturé ;

- l'administration ne pouvait pas davantage prendre en considération les encaissements correspondant à la rémunération de prestations de services effectuées en relation avec un bien immobilier en qualité de sous-traitant au profit de la société Celsio dès lors qu'il n'a collecté, en application des dispositions du 2 nonies de l'article 283 du code général des impôts, aucune taxe sur la valeur ajoutée sur les sommes ainsi encaissées ;

- il est fondé à solliciter la déduction de la taxe sur la valeur ajoutée acquittée pour les besoins de son entreprise à concurrence de 722,74 euros pour la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2013, 439,13 euros pour la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2014, 888,47 euros pour la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2015 et 1 363,01 euros pour la période du 1er janvier 2016 au 31 août 2016 ;

- la méthode retenue par le service vérificateur, fondée sur le montant des encaissements crédités sur ses comptes professionnels, ne permet pas de considérer que les plafonds de chiffres d'affaires prévus par les dispositions de l'article 293 B du code général des impôts ont été dépassés dès lors que les prestations de services effectuées au cours d'un exercice peuvent faire l'objet d'un encaissement antérieurement ou postérieurement à la facturation ;

- les points de départ des intérêts de retard notifiés au titre des rappels de taxe sur la valeur ajoutée relatifs aux mois de juillet 2016 et août 2016 auraient dû être respectivement fixés au 1er septembre 2016 et au 1er octobre 2016, en application des dispositions combinées des articles 1727 et 287 du code général des impôts et de l'article 39 de l'annexe IV à ce code ;

- dès lors qu'il n'est pas établi qu'il a exercé une activité occulte entre le 20 décembre 2012 et le 30 juin 2014, il est fondé à solliciter la décharge des pénalités prévues par les dispositions du c. du 1 de l'article 1728 du code général des impôts.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 avril 2021, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Lemaire,

- et les conclusions de M. Huguen, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, qui a exercé une activité artisanale d'installation de structures métalliques, chaudronnées et de tuyauterie en qualité d'entrepreneur individuel, a fait l'objet d'une vérification de sa comptabilité à l'issue de laquelle ont été mis à sa charge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre des périodes du 1er janvier 2013 au 30 juin 2016 et du 1er juillet 2016 au 31 août 2016. Il demande au tribunal de prononcer la décharge de ces rappels, ainsi que des pénalités correspondantes.

Sur la régularité de la procédure d'imposition :

2. En premier lieu, si, eu égard aux garanties dont le livre des procédures fiscales entoure la mise en œuvre d'une vérification de comptabilité, l'administration est tenue, lorsque, faisant usage de son droit de communication, elle consulte au cours d'une vérification tout ou partie de la comptabilité tenue par l'entreprise vérifiée mais se trouvant chez un tiers, de soumettre l'examen des pièces obtenues à un débat oral et contradictoire avec le contribuable, il n'en est pas de même lorsque lui sont communiqués des documents ne présentant pas le caractère de pièces comptables de l'entreprise vérifiée. Les relevés de comptes bancaires d'une entreprise dont l'administration a eu connaissance dans le cadre de l'exercice, auprès d'un établissement bancaire, de son droit de communication ne constituent pas un élément de la comptabilité tenue par cette entreprise.

3. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que la circonstance que les relevés de compte bancaire de M. A obtenus par le service vérificateur grâce à l'exercice de son droit de communication auprès de la banque Crédit industriel et commercial (CIC), qui ne présentent pas le caractère de pièces comptables, n'aient pas été soumis à un débat oral et contradictoire avec le contribuable est par elle-même sans incidence sur la régularité de la procédure d'imposition.

4. En second lieu, aux termes de l'article L. 47 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction alors applicable : " () une vérification de comptabilité ne peut être engagée sans que le contribuable en ait été informé par l'envoi ou la remise d'un avis de vérification. / Cet avis doit préciser les années soumises à vérification () ". Aux termes de l'article L. 81 de ce livre : " Le droit de communication permet aux agents de l'administration, pour l'établissement de l'assiette, le contrôle et le recouvrement des impôts, d'avoir connaissance des documents et des renseignements mentionnés aux articles du présent chapitre dans les conditions qui y sont précisées. / () ". Le droit de communication reconnu à l'administration fiscale par les articles L. 81 et suivants du livre des procédures fiscales, notamment auprès des entreprises industrielles ou commerciales ou des membres de certaines professions non commerciales, a seulement pour objet de permettre au service, pour l'établissement et le contrôle de l'assiette d'un contribuable, de demander à un tiers ou, éventuellement au contribuable lui-même, sur place ou par correspondance, de manière ponctuelle, des renseignements disponibles sans que cela nécessite d'investigations particulières, ou dans les mêmes conditions, de prendre connaissance, et le cas échéant, copie de certains documents existants qui se rapportent à l'activité professionnelle de la personne auprès de laquelle ce droit est exercé. Sauf disposition spéciale, il est mis en œuvre sans formalités particulières à l'égard de cette personne et, lorsqu'il est effectué auprès de tiers, n'est pas soumis à l'obligation d'informer le contribuable concerné. En revanche, l'administration procède à la vérification de comptabilité d'une entreprise ou d'un membre d'une profession non commerciale lorsqu'en vue d'assurer l'établissement d'impôts ou de taxes totalement ou partiellement éludés par les intéressés, elle contrôle sur place la sincérité des déclarations fiscales souscrites par cette entreprise ou ce contribuable en les comparant avec les écritures comptables ou les pièces justificatives dont elle prend alors connaissance et dont le cas échéant elle peut remettre en cause l'exactitude.

5. D'une part, il résulte de l'instruction, et notamment de la notification des bases imposables du 29 juin 2017, que, pour mettre à la charge de M. A des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er juillet 2016 au 31 août 2016, l'administration fiscale s'est fondée sur les dates, indiquées par l'un de ses clients sur demande du service vérificateur dans le cadre de la mise en œuvre de son droit de communication, auxquelles les factures émises antérieurement à la date de la cessation de son activité d'entrepreneur individuel au 30 juin 2016 avaient été effectivement réglées par ce client, pour en déduire une minoration de son chiffre d'affaires. Ce faisant, l'administration n'a pas procédé à une vérification de comptabilité au titre d'une période non mentionnée dans l'avis de vérification qui avait été préalablement adressé à M. A en vue de la vérification de sa comptabilité pour la période du 1er janvier 2013 au 30 juin 2016. Dès lors, la circonstance que l'administration ait tiré les conséquences, au titre de cette période d'imposition ultérieure, des constatations qu'elle avait effectuées lors de la procédure de vérification de comptabilité se rapportant à la période d'imposition antérieure est dépourvue de toute incidence sur la régularité de la procédure. D'autre part, l'administration fiscale ayant, dans l'exercice de ses pouvoirs de contrôle, le libre choix de procéder ou non à une vérification de comptabilité indépendamment des informations qu'elle détient par ailleurs, M. A n'est pas fondé à soutenir que celle-ci était tenue, à peine d'irrégularité de la procédure d'imposition, de mettre en œuvre une vérification de comptabilité préalablement à la notification des rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour la période du 1er juillet 2016 au 31 août 2016.

Sur le bien-fondé des impositions :

En ce qui concerne le délai de reprise :

6. Aux termes de l'article L. 176 du livre des procédures fiscales : " Pour les taxes sur le chiffre d'affaires, le droit de reprise de l'administration s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année suivant celle au cours de laquelle la taxe est devenue exigible conformément aux dispositions du 2 de l'article 269 du code général des impôts. / Par exception aux dispositions du premier alinéa, le droit de reprise de l'administration s'exerce jusqu'à la fin de la dixième année qui suit celle au titre de laquelle la taxe est devenue exigible conformément aux dispositions du 2 de l'article 269 du code général des impôts () lorsque le contribuable exerce une activité occulte. L'activité occulte est réputée exercée lorsque le contribuable n'a pas déposé dans le délai légal les déclarations qu'il était tenu de souscrire et soit n'a pas fait connaître son activité à un centre de formalités des entreprises ou au greffe du tribunal de commerce, soit s'est livré à une activité illicite. / () ". Il résulte de ces dispositions que l'administration est en droit de faire application du délai spécial de reprise prévu au deuxième alinéa de cet article lorsque, à la date du fait générateur de l'impôt, le contribuable n'a pas déposé dans le délai légal les déclarations qu'il était tenu de souscrire et n'a pas fait connaître son activité à un centre de formalités des entreprises ou au greffe du tribunal de commerce. Aux termes de l'article 269 du code général des impôts : " 1. Le fait générateur de la taxe se produit : / a) Au moment où la livraison () ou la prestation de services est effectué ; / () / 2. La taxe est exigible : / a) Pour les livraisons et les achats visés au a du 1 (), lors de la réalisation du fait générateur ; / () / c) Pour les prestations de services (), lors de l'encaissement des acomptes, du prix, de la rémunération ou, sur option du redevable, d'après les débits. / () ". Doit être regardée comme encaissée toute somme perçue en rémunération d'une opération soumise à la taxe sur la valeur ajoutée.

7. D'une part, il n'est pas sérieusement contesté que M. A a exercé une activité artisanale d'installation de structures métalliques, chaudronnées et de tuyauterie au cours de l'année 2013 alors qu'il avait déclaré la cessation de son activité en tant qu'entrepreneur individuel depuis le 20 décembre 2012 et qu'il n'a sollicité sa réinscription au répertoire des métiers qu'à compter du 1er juillet 2014. D'autre part, il est constant que M. A, qui ne soutient pas qu'il a commis une erreur justifiant qu'il ne se soit acquitté d'aucune de ses obligations déclaratives, n'a pas déposé dans le délai légal les déclarations qu'il était tenu de souscrire au titre de son activité. En outre, contrairement à ce qu'il soutient, si l'administration ne peut faire application du délai spécial de reprise prévu par les dispositions du deuxième alinéa de l'article L. 176 du livre des procédures fiscales pour la taxe sur la valeur ajoutée due au titre de la période postérieure à la déclaration par laquelle une entreprise fait connaître son activité, elle peut, en revanche, faire application de ce délai pour la taxe due au titre de la période antérieure à cette déclaration. Enfin, si le requérant fait valoir que l'encaissement, au cours de l'année 2013, des sommes de 2 392 euros, 5 692,96 euros, 17 676,88 euros, 1 794 euros, 21 158,43 euros et 3 496,80 euros correspond en réalité au paiement de prestations de services dont le fait générateur est né antérieurement au 1er janvier 2013, il ne l'établit pas par la seule production de factures. Par suite, l'administration fiscale doit être regardée comme établissant l'existence d'une activité occulte exercée par M. A au cours de la période du 20 décembre 2012 au 30 juin 2014. Le délai de reprise dont disposait l'administration fiscale, conformément à l'article L. 176 du livre des procédures fiscales, n'avait dès lors pas expiré le 15 novembre 2017, date de mise en recouvrement des rappels de taxe sur la valeur ajoutée s'y rapportant. Le moyen tiré de la prescription du droit de reprise doit, par suite, être écarté.

En ce qui concerne la remise en cause de l'application du régime de la franchise en base :

8. Il résulte des dispositions du I de l'article 293 B du code général des impôts que, pour leurs livraisons de biens et leurs prestations de services, les assujettis établis en France, à l'exclusion des redevables qui exercent une activité occulte, bénéficient d'une franchise qui les dispense du paiement de la taxe sur la valeur ajoutée lorsqu'ils n'ont pas réalisé un chiffre d'affaires supérieur à certains montants. Aux termes de l'article 293 D de ce code : " I. - Les chiffres d'affaires mentionnés aux I et IV de l'article 293 B sont constitués par le montant hors taxe sur la valeur ajoutée des livraisons de biens et des prestations de services effectuées au cours de la période de référence () ".

9. Si M. A soutient que la méthode retenue par le service vérificateur et fondée sur le montant des encaissements portés sur ses comptes professionnels ne permet pas de considérer que les plafonds de chiffres d'affaires prévus par les dispositions précitées de l'article 293 B du code général des impôts ont été dépassés dès lors que les prestations de services effectuées au cours d'un exercice peuvent faire l'objet d'un encaissement antérieurement ou postérieurement à la facturation, il n'apporte, en tout état de cause et alors que la preuve de l'exagération de ses bases d'imposition lui incombe, aucun élément de nature à établir que les prestations de services effectuées au titre d'une période n'auraient pas fait l'objet d'un encaissement au cours de cette même période. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la taxe sur la valeur ajoutée collectée :

10. Aux termes de l'article 256 du code général des impôts : " I. - Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les livraisons de biens et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel. / () ".

S'agissant de la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2013 :

11. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, pour déterminer le montant de taxe sur la valeur ajoutée éludée, le service vérificateur a pris en considération les encaissements sur le compte bancaire professionnel de M. A, et notamment les virements bancaires crédités sur ce compte le 7 février 2013 pour un montant de 30 euros, le 8 février 2013 pour un montant de 164 euros, le 3 avril 2013 pour un montant de 700 euros, le 8 avril 2013 pour un montant de 100 euros, le 30 juillet 2013 pour un montant de 100 euros et le 1er août 2013 pour un montant de 450 euros. Toutefois, il résulte également de l'instruction que ces encaissements, qui correspondent à des virements effectués depuis le compte bancaire personnel du requérant, ne constituent pas la contrepartie de prestations de services effectuées par un assujetti agissant en tant que tel. Dans ces conditions, M. A, qui établit, dans cette mesure, le caractère exagéré des bases imposables retenues par l'administration fiscale, est fondé à solliciter la réduction des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge, ainsi que des pénalités correspondantes, à concurrence d'une réduction des bases imposables d'un montant total de 1 544 euros.

12. En second lieu, il résulte de l'instruction que, parmi les sommes créditées sur le compte bancaire professionnel de M. A, le service vérificateur a pris en considération, pour déterminer le montant de la taxe sur la valeur ajoutée éludée, deux chèques crédités les 13 et 27 novembre 2013 pour un montant de 2 700 euros chacun. Toutefois, il résulte également de l'instruction que la seconde remise de chèque correspond à l'encaissement du même chèque qui avait été initialement encaissé mais qui avait fait l'objet d'une contrepassation d'écriture faute de provision suffisante. Dans ces conditions, M. A, qui établit le caractère exagéré, dans cette mesure, des bases imposables retenues par l'administration fiscale, est fondé à solliciter la réduction des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge, ainsi que des pénalités correspondantes, à concurrence d'une réduction des bases imposables d'un montant de 2 700 euros.

S'agissant de la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2014 :

13. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, pour déterminer le montant de taxe sur la valeur ajoutée éludée, le service vérificateur a pris en considération les encaissements sur le compte bancaire professionnel de M. A et, notamment, les virements bancaires crédités sur ce compte le 9 janvier 2014 pour un montant de 1 500 euros, le 17 février 2014 pour des montants de 20 euros et 470 euros, le 11 avril 2014 pour un montant de 250 euros, le 5 juin 2014 pour un montant de 1 550 euros, le 10 juillet 2014 pour un montant de 800 euros, le 29 août 2014 pour un montant de 210 euros, le 9 octobre 2014 pour un montant de 1 510 euros, le 23 octobre 2014 pour un montant de 520 euros et le 5 décembre 2014 pour un montant de 1 100 euros. Toutefois, il résulte également de l'instruction que ces encaissements, qui correspondent à des virements effectués depuis le compte bancaire personnel du requérant, ne constituent pas la contrepartie de prestations de services effectuées par un assujetti agissant en tant que tel. Dans ces conditions, M. A, qui établit, dans cette mesure, le caractère exagéré des bases imposables retenues par l'administration fiscale, est fondé à solliciter la réduction des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge, ainsi que des pénalités correspondantes, à concurrence d'une réduction de ses bases imposables d'un montant de 7 930 euros.

14. En second lieu, si le service vérificateur a également pris en considération un virement bancaire crédité sur le compte professionnel de M. A le 30 janvier 2014 pour un montant de 5 000 euros et la remise d'un chèque d'une valeur de 3 000 euros le 2 septembre 2014, il résulte de l'instruction que ces encaissements correspondent à des prêts à caractère familial et ne constituent pas, dès lors, la contrepartie de prestations de services effectuées par un assujetti agissant en tant que tel. Dans ces conditions, M. A, qui établit, dans cette mesure, le caractère exagéré des bases imposables retenues par l'administration fiscale, est fondé à solliciter la réduction des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge, ainsi que des pénalités correspondantes, à concurrence d'une réduction de ses bases imposables d'un montant de 8 000 euros.

S'agissant de la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2015 :

15. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, pour déterminer le montant de taxe sur la valeur ajoutée éludée, le service vérificateur a pris en considération les encaissements sur les comptes bancaires professionnels de M. A, et notamment les virements bancaires crédités sur ces comptes le 28 mai 2015 pour un montant de 200 euros, le 29 juin 2015 pour un montant de 120 euros, les 3 et 22 juillet 2015 pour des montants respectifs de 150 euros et 750 euros, les 14, 15, 16 et 30 septembre 2015 pour des montants respectifs de 60 euros, 200 euros, 100 euros et 100 euros, les 2, 5 et 7 octobre 2015 pour des montants respectifs de 50 euros, 500 euros et 280 euros, et le 14 décembre 2015 pour un montant de 1 300 euros. Toutefois, il résulte également de l'instruction que ces encaissements, qui correspondent à des virements effectués depuis le compte bancaire personnel du requérant, ne constituent pas la contrepartie de prestations de services effectuées par un assujetti agissant en tant que tel. Dans ces conditions, M. A, qui établit, dans cette mesure, le caractère exagéré des bases imposables retenues par l'administration fiscale, est fondé à solliciter la réduction des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge, ainsi que des pénalités correspondantes, à concurrence d'une réduction de ses bases imposables d'un montant de 3 810 euros.

16. En deuxième lieu, si le service vérificateur a également pris en considération deux virements bancaires crédités sur le compte professionnel de M. A les 4 et 20 mars 2015 pour des montants respectifs de 3 750 euros et 150 euros, il résulte de l'instruction que ces encaissements correspondent à des indemnités versées par son assurance à la suite de sinistres et ne constituent pas, dès lors, la contrepartie de prestations de services effectuées par un assujetti agissant en tant que tel. Dans ces conditions, M. A, qui établit, dans cette mesure, le caractère exagéré des bases imposables retenues par l'administration fiscale, est fondé à solliciter la réduction des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge, ainsi que des pénalités correspondantes, à concurrence d'une réduction de ses bases imposables d'un montant de 3 900 euros.

17. En troisième lieu, si le service vérificateur a également pris en considération un virement bancaire crédité sur le compte professionnel de M. A le 17 février 2015 pour un montant de 97,27 euros, il résulte de l'instruction que cet encaissement correspond à un virement de compte à compte résultant du transfert du solde créditeur d'un autre compte bancaire ayant fait l'objet d'une clôture et ne constitue pas, dès lors, la contrepartie de prestations de services effectuées par un assujetti agissant en tant que tel. Dans ces conditions, M. A, qui établit, dans cette mesure, le caractère exagéré des bases imposables retenues par l'administration fiscale, est fondé à solliciter la réduction des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge, ainsi que des pénalités correspondantes, à concurrence d'une réduction de ses bases imposables d'un montant de 97,27 euros.

18. En quatrième lieu, si le service vérificateur a également pris en considération deux virements bancaires crédités sur le compte professionnel de M. A les 19 octobre 2015 et 1er décembre 2015 pour des montants respectifs de 613 euros et 290 euros, il résulte de l'instruction que ces encaissements correspondent à des prêts bancaires et ne constituent pas, dès lors, la contrepartie de prestations de services effectuées par un assujetti agissant en tant que tel. Dans ces conditions, M. A, qui établit, dans cette mesure, le caractère exagéré des bases imposables retenues par l'administration fiscale, est fondé à solliciter la réduction des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge, ainsi que des pénalités correspondantes, à concurrence d'une réduction de ses bases imposables d'un montant de 903 euros.

19. En dernier lieu, aux termes des dispositions du 2 nonies de l'article 283 du code général des impôts : " Pour les travaux de construction, y compris ceux de réparation, de nettoyage, d'entretien, de transformation et de démolition effectués en relation avec un bien immobilier par une entreprise sous-traitante, au sens de l'article 1er de la loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance, pour le compte d'un preneur assujetti, la taxe est acquittée par le preneur ". Aux termes de l'article 242 nonies A de l'annexe II à ce code : " I. - Les mentions obligatoires qui doivent figurer sur les factures en application du II de l'article 289 du code général des impôts sont les suivantes : / () / 13° Lorsque l'acquéreur ou le preneur est redevable de la taxe, la mention : "Autoliquidation" ; / () ".

20. Il résulte de l'instruction que, pour déterminer le montant de taxe sur la valeur ajoutée éludée, le service vérificateur a pris en considération les encaissements sur le compte bancaire professionnel de M. A, et notamment les virements bancaires émanant de la société Celsio et crédités sur ce compte les 28 avril 2015, 19 mai 2015, 1er et 16 juin 2015, 3, 13, 20 et 28 juillet 2015, 13 août 2015, 1er et 21 septembre 2015 et 12 octobre 2015 pour des montants respectifs de 7 000 euros, 3 000 euros, 12 000 euros, 11 150 euros, 8 000 euros, 5 000 euros, 2 500 euros, 4 850 euros, 3 000 euros, 6 100 euros, 5 300 euros, 6 094,95 euros et 2 352,05 euros, soit pour un montant total de 76 347 euros. Toutefois, il résulte également de l'instruction, d'une part, que ces encaissements correspondent à la rémunération de prestations de services effectuées en relation avec un bien immobilier en qualité de sous-traitant au profit de la société Celsio et, d'autre part, que M. A n'a collecté, en application des dispositions précitées du 2 nonies de l'article 283 du code général des impôts, aucune taxe sur la valeur ajoutée sur à raison des sommes ainsi encaissées. Dans ces conditions, M. A, qui établit, dans cette mesure, le caractère exagéré des bases imposables retenues par l'administration fiscale, est fondé à solliciter la réduction des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge, ainsi que des pénalités correspondantes, à concurrence d'une réduction de ses bases imposables d'un montant de 76 347 euros.

S'agissant de la période du 1er janvier 2016 au 31 août 2016 :

21. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, pour déterminer le montant de taxe sur la valeur ajoutée éludée, le service vérificateur a pris en considération les encaissements sur le compte bancaire professionnel de M. A, et notamment les virements bancaires crédités sur ce compte le 5 janvier 2016 pour un montant de 650 euros et le 31 mars 2016 pour un montant de 1 500 euros. Toutefois, il résulte également de l'instruction que ces encaissements, qui correspondent à des virements effectués depuis le compte bancaire personnel du requérant, ne constituent pas la contrepartie de prestations de services effectuées par un assujetti agissant en tant que tel. Dans ces conditions, M. A, qui établit, dans cette mesure, le caractère exagéré des bases imposables retenues par l'administration fiscale, est fondé à solliciter la réduction des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge, ainsi que des pénalités correspondantes, à concurrence d'une réduction de ses bases imposables d'un montant de 2 150 euros.

22. En second lieu, si le service vérificateur a également pris en considération deux virements bancaires crédités sur le compte professionnel de M. A les 27 janvier 2016 et 21 juin 2016 pour des montants respectifs de 303 euros et 755 euros, il résulte de l'instruction que ces encaissements correspondent à des sommes prêtées par un organisme de crédit à la consommation et ne constituent pas, dès lors, la contrepartie de prestations de services effectuées par un assujetti agissant en tant que tel. Dans ces conditions, M. A, qui établit, dans cette mesure, le caractère exagéré des bases imposables retenues par l'administration fiscale, est fondé à solliciter la réduction des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge, ainsi que des pénalités correspondantes, à concurrence d'une réduction de ses bases imposables d'un montant de 1 058 euros.

En ce qui concerne la taxe sur la valeur ajoutée déductible :

23. Aux termes de l'article 271 de ce code : " I. 1. La taxe sur la valeur ajoutée qui a grevé les éléments du prix d'une opération imposable est déductible de la taxe sur la valeur ajoutée applicable à cette opération. / 2. Le droit à déduction prend naissance lorsque la taxe déductible devient exigible chez le redevable. / () / 3. La déduction de la taxe ayant grevé les biens et les services est opérée par imputation sur la taxe due par le redevable au titre du mois pendant lequel le droit à déduction a pris naissance. / () ".

24. Dans le cas où une entreprise, à laquelle il appartient toujours de justifier, tant du montant de ses charges que de la correction de leur inscription en comptabilité, c'est-à-dire du principe même de leur déductibilité, justifie d'une charge comptabilisée par une facture émanant d'un fournisseur, il incombe à l'administration, si elle entend refuser la déduction de cette charge, d'établir que la marchandise ou la prestation de services facturée n'a pas été réellement livrée ou exécutée.

S'agissant de la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2013 :

25. Il est constant que la taxe sur la valeur ajoutée acquittée par M. A pour un montant total de 722,74 euros à raison des factures émises par la société Boivin et Cie les 7 et 29 janvier 2013 pour des montants toutes taxes comprises (TTC) respectifs de 30 euros, 335,06 euros et 87,37 euros, de la facture émise par la société Orange le 30 janvier 2013 pour un montant TTC de 89,70 euros, des factures émises par la société Bip et Go les 28 février 2013, 31 mars 2013, 30 avril 2013, 31 mai 2013, 30 juin 2013, 31 juillet 2013 et 31 août 2013 pour des montants TTC respectifs de 112,10 euros, 82,80 euros, 144,50 euros, 82,80 euros, 110,40 euros, 122,40 euros et 216 euros, de la facture émise par la société Intermarché le 8 mars 2013 pour un montant TTC de 65,01 euros, de la facture émise par la société Entreprise Malard et Cie le 10 juillet 2013 pour un montant TTC de 1 463,42 euros, et de la facture émise par la société Garage Masliah le 10 octobre 2013 pour un montant TTC de 1 468,69 euros présente un caractère déductible au sens des dispositions précitées du 1 du I de l'article 271 du code général des impôts.

S'agissant de la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2014 :

26. Il est constant que la taxe sur la valeur ajoutée acquittée par M. A pour un montant total de 439,13 euros à raison des factures émises par la société Norauto les 3 et 13 janvier 2014 pour des montants TTC respectifs de 166,19 euros, 122,80 euros et -45,99 euros, de la facture émise par la société Boivin et Cie le 18 janvier 2014 pour un montant TTC de 269,81 euros, des factures émises par la société Aniche Autocontrôle les 17 mai 2014 et 4 juillet 2014 pour des montants TTC respectifs de 55 euros et 5 euros, de la facture émise par la société Auchan le 28 juin 2014 pour un montant TTC de 705,71 euros, de la facture émise par la société Appart'City Le Blanc Mesnil le 25 septembre 2014 pour un montant TTC de 70 euros, des factures émises par la société Melun Quimper Invest Hôtels les 29 et 30 septembre 2014, les 1er, 6, 8 et 13 octobre 2014, les 17 et 18 novembre 2014 et les 3 et 8 décembre 2014 pour des montants TTC respectifs de 199,60 euros, 199,60 euros, 199,60 euros, 149,70 euros, 199,60 euros, 142,95 euros, 113,80 euros, 170,70 euros, 170,70 euros et 170,70 euros, et de la facture émise par la société Bip et Go le 9 décembre 2014 pour un montant TTC de 250,20 euros présente un caractère déductible au sens des dispositions précitées du 1 du I de l'article 271 du code général des impôts.

S'agissant de la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2015 :

27. Il est constant que la taxe sur la valeur ajoutée acquittée par M. A pour un montant total de 888,47 euros au titre des factures émises par la société Bip et Go les 7 janvier 2015, 9 février 2015, 9 mars 2015, 7 avril 2015, 7 mai 2015, 8 juin 2015, 7 juillet 2015, 7 août 2015, 7 septembre 2015, 8 octobre 2015, 9 novembre 2015 et 7 décembre 2015 pour des montants TTC respectifs de 272,90 euros, 107,20 euros, 300,60 euros, 207 euros, 223,70 euros, 239,20 euros, 222,90 euros, 293 euros, 337,30 euros, 327,20 euros, 238,10 euros et 251,30 euros, de la facture émise par la société Boivin et Cie le 30 janvier 2015 pour un montant TTC de 382,18 euros, de la facture émise par la société Macif le 1er avril 2015 pour un montant TTC de 904,51 euros, des factures émises par le CIC Nord-Ouest les 3 avril 2015, 6 mai 2015, 3 juillet 2015, 5 août 2015, 3 septembre 2015 et 3 octobre 2015 pour des montants TTC respectifs de 24,10 euros, 24,30 euros, 24,10 euros, 24,30 euros, 24,50 euros et 24,10 euros, de la facture émise par la société Soluval le 7 avril 2015 pour un montant TTC de 15 euros, des factures émises par la société Intermarché les 21 avril 2015 et 23 mai 2015 pour des montants TTC respectifs de 105,29 euros et 42 euros, des factures émises par la société Dimatex les 24 et 30 avril 2015, 26 mai 2015, 8 juin 2015 et 31 juillet 2015 pour des montants TTC respectifs de 95,82 euros, 25,50 euros, 136,33 euros, 161,62 euros et 38,02 euros, des factures émises par la société Rody les 28 et 29 avril 2015 pour des montants TTC respectifs de 23 euros et 16 euros, de la facture émise par la société Bricocash le 2 mai 2015 pour un montant TTC de 22,65 euros, de la facture émise par la société Aniche Autocontrôle le 23 mai 2015 pour un montant TTC de 23 euros, des factures émises par la société Messer France les 30 juin 2015, 31 juillet 2015 et 30 novembre 2015 pour des montants TTC respectifs de 208,80 euros, 93,30 euros, 154,86 euros, 154,86 euros, 93,30 euros, 93,30 euros et 93,30 euros, des factures émises par la société BNP Paribas les 3 juillet 2015, 5 août 2015, 3 septembre 2015, 5 octobre 2015, 3 novembre 2015 et 2 décembre 2015 pour des montants TTC unitaires de 22,60 euros, de la facture émise par la société Leclerc le 17 juillet 2015 pour un montant TTC de 56 euros, de la facture émise par la société Van Marcke le même jour pour un montant TTC de 95,06 euros, de la facture émise par la société Carrefour le 31 août 2015 pour un montant TTC de 79,60 euros et de la facture émise par la société Matériaux Envain le 10 octobre 2015 pour un montant TTC de 79,86 euros présente un caractère déductible au sens des dispositions précitées du 1 du I de l'article 271 du code général des impôts.

S'agissant de la période du 1er janvier 2016 au 31 août 2016 :

28. Il est constant que la taxe sur la valeur ajoutée acquittée par M. A pour un montant total de 1 363,01 euros à raison des factures émises par la société BNP Paribas les 5 janvier 2016, 2 février 2016, 10 mars 2016 et 10 avril 2016 pour des montants TTC respectifs de 22,60 euros, 48,10 euros, 26,30 euros et 30 euros, des factures émises par la société Diac les 8 et 27 janvier 2016, 25 février 2016, 25 mars 2016, 25 avril 2016, 8 mai 2016, 27 juin 2016 et 8 juillet 2016 pour des montants TTC respectifs de 3 272,60 euros pour la première et de 274,43 euros chacune pour les autres, des factures émises par la société Bip et Go les 8 janvier 2016, 9 février 2016, 8 mars 2016, 8 avril 2016, 9 mai 2016, 7 juin 2016 et 7 juillet 2016 pour des montants TTC respectifs de 182,50 euros, 240,10 euros, 287,50 euros, 213,90 euros, 207,60 euros, 311,40 euros et 219 euros, de la facture émise par la société Messer France le 2 avril 2016 pour un montant TTC de 208,80 euros, des factures émises par la société Leclerc les 11 et 23 mai 2016 et 6 juin 2016 pour des montants TTC respectifs de 49,48 euros, 31,41 euros et 55,72 euros, des factures émises par la société Diac les 8 août 2016, 26 septembre 2016, 8 octobre 2016, 8 novembre 2016 et 8 décembre 2016 pour des montants TTC unitaires de 274,43 euros et de la facture émise par la société Carrefour le 8 septembre 2016 pour un montant TTC de 49,44 euros présente un caractère déductible au sens des dispositions précitées du 1 du I de l'article 271 du code général des impôts.

Sur les pénalités :

En ce qui concerne les intérêts de retard :

29. D'une part, aux termes de l'article 1727 du code général des impôts : " I. - Toute créance de nature fiscale, dont l'établissement ou le recouvrement incombe aux administrations fiscales, qui n'a pas été acquittée dans le délai légal donne lieu au versement d'un intérêt de retard. () / IV. - 1. L'intérêt de retard est calculé à compter du premier jour du mois suivant celui au cours duquel l'impôt devait être acquitté jusqu'au dernier jour du mois du paiement. / () ".

30. D'autre part, aux termes de l'article 287 de ce code : " 1. Tout redevable de la taxe sur la valeur ajoutée identifié conformément aux dispositions combinées des articles 286 ter et 286 ter A est tenu de remettre au service des impôts dont il dépend et dans le délai fixé par arrêté une déclaration conforme au modèle prescrit par l'administration. / () ". Aux termes de l'article 39 de l'annexe IV à ce code : " 1. 1° La date limite à laquelle les redevables sont tenus de remettre ou d'envoyer au service des impôts la déclaration ou le paiement mentionnés aux 1 et 3 de l'article 287 du code général des impôts est fixé comme suit : / () / c. Pour les taxes dues (), selon le cas, au titre du mois ou du trimestre par les redevables placés sous le régime de la déclaration et dont le lieu d'imposition est situé dans les autres départements : / Entreprises individuelles, selon que le nom de famille de l'exploitant commence par l'une ou l'autre des lettres ci-après : / A, B, C, D, E, F, G, H : au plus tard le 16 du mois suivant ; / () ".

31. Il résulte de l'instruction, et notamment de la notification des bases imposables du 29 juin 2017, que le point de départ des intérêts de retard notifiés au titre des rappels de taxe sur la valeur ajoutée relatifs aux mois de juillet 2016 et août 2016 ont été respectivement fixés au 1er août 2016 et au 1er septembre 2016. Toutefois, il résulte de la combinaison des dispositions citées aux points 30 et 31 que les points de départ des intérêts de retard devaient être fixés respectivement au 1er septembre 2016 et au 1er octobre 2016. Par suite, M. A est fondé à solliciter la réduction correspondante des intérêts de retard mis à sa charge.

En ce qui concerne les pénalités prévues par les dispositions du c. du 1 de l'article 1728 du code général des impôts :

32. Aux termes de l'article 1728 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " 1. Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de : / () / c. 80 % en cas de découverte d'une activité occulte. / () ". Il résulte de ces dispositions que, dans le cas où un contribuable n'a pas déposé dans le délai légal les déclarations qu'il était tenu de souscrire et soit n'a pas fait connaître son activité à un centre de formalités des entreprises ou au greffe du tribunal de commerce, soit s'est livré à une activité illicite, l'administration doit être réputée apporter la preuve, qui lui incombe, de l'exercice occulte de cette activité si le contribuable n'est pas lui-même en mesure d'établir qu'il a commis une erreur justifiant qu'il ne se soit acquitté d'aucune de ces obligations déclaratives.

33. Il résulte de ce qui a été dit au point 7 du présent jugement que l'administration fiscale doit être réputée apporter la preuve, qui lui incombe, de l'exercice par M. A, qui n'établit pas, ni même n'allègue qu'il a commis une erreur justifiant qu'il ne se soit acquitté d'aucune de ses obligations déclaratives, d'une activité occulte entre le 20 décembre 2012 et le 30 juin 2014. Dès lors, M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que l'administration fiscale lui a infligé des pénalités de 80 % sur le fondement des dispositions précitées du c. du 1 de l'article 1728 du code général des impôts.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

34. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement à M. A d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DÉCIDE :

Article 1er : Les bases imposables à la taxe sur la valeur ajoutée de M. A au titre de la période du 1er janvier 2013 au 31 août 2016 sont déterminées conformément aux motifs du présent jugement.

Article 2 : Les rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à la charge de M. A au titre de la période du 1er janvier 2013 au 31 août 2016, ainsi que les pénalités correspondantes, sont réduits à concurrence de la réduction des bases imposables définie à l'article 1er.

Article 3 : Les intérêts de retard correspondant aux rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à la charge de M. A au titre de la période du 1er juillet 2016 au 31 août 2016 sont réduits conformément aux motifs du présent jugement.

Article 4 : L'État versera à M. A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.

Délibéré après l'audience du 23 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Lemaire, président,

- Mme Courtois, première conseillère,

- Mme Jaur, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 décembre 2023.

L'assesseure la plus ancienne,

Signé

C. COURTOISLe président-rapporteur,

Signé

O. LEMAIRE

La greffière,

Signé

S. RANWEZ

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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