jeudi 11 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2007198 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | LARCHER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 9 octobre 2020 et 28 avril 2021, M. A B, représenté par Me Larcher, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 24 juin 2020 du président du service départemental d'incendie et de secours du Nord en tant qu'elle fixe à 21 437,49 euros le montant de son indemnité de départ volontaire, ensemble la décision du 5 août 2020 rejetant son recours gracieux, ainsi que l'arrêté du président du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours du Nord du 16 octobre 2020 en tant qu'il fixe à 21 437,49 euros le montant de son indemnité de départ volontaire ;
2°) d'enjoindre au service départemental d'incendie et de secours du Nord, à titre principal, de lui verser une indemnité de départ volontaire de 42 874,98 euros et, à titre subsidiaire, de réexaminer le montant de son indemnité de départ volontaire ;
3°) d'écarter comme irrecevables les pièces produites par le service départemental d'incendie et de secours du Nord à l'appui de son mémoire en défense enregistré le 16 avril 2021 ;
4°) de mettre à la charge du service départemental d'incendie et de secours du Nord la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que le service départemental d'incendie et de secours du Nord, pour déterminer le montant de l'indemnité de départ volontaire, s'est fondé non sur son ancienneté au sein de l'établissement mais sur la durée des services effectifs qu'il y a accompli.
Par des mémoires en défense enregistrés les 16 avril et 18 juin 2021, le service départemental d'incendie et de secours du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la décision du 24 juin 2020 ne fait pas grief ;
- les conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'arrêté du 16 octobre 2020 sont tardives ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 31 mai 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 19 juillet 2021.
Le service départemental d'incendie et de secours du Nord a produit, à la demande du tribunal, une pièce, enregistrée le 30 mars 2023, qui a été communiquée en application des dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 2009-1594 du 18 décembre 2009 ;
- le décret n° 2019-1596 du 31 décembre 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bourgau, rapporteur,
- les conclusions de M. Groutsch, rapporteur public,
- les observations de Me Larcher représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a été recruté en qualité de caporal des sapeurs-pompiers professionnels à compter du 6 octobre 2008 par le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) du Nord. Par arrêté du 8 juillet 2014, il est placé en détachement auprès de l'organisation européenne pour la recherche nucléaire de Genève pour une durée d'un an à compter du 1er septembre 2014. Son détachement a ensuite été renouvelé du 1er septembre 2015 au 31 août 2022. Par courrier du 13 mai 2020, M. B a fait part de son intention de démissionner et demandé le bénéfice d'une indemnité de départ volontaire (IDV) de 44 874,98 euros. Par courrier du 24 juin 2020, le SDIS du Nord a informé M. B que sa demande de démission au 1er septembre 2020 pour création d'entreprise avait reçu un avis favorable et qu'il pouvait prétendre au versement d'une IDV de 21 437,49 euros. Par courrier du 30 juin 2020, M. B a contesté cette décision en tant qu'elle fixe une IDV d'un montant inférieur à celui demandé. Par courrier du 5 août 2020, reçu le 13 août suivant, le SDIS du Nord a rejeté son recours gracieux. Par courrier du 19 septembre 2020, M. B a présenté sa démission. Par courrier du 8 octobre 2020, le SDIS du Nord a accepté sa démission à compter du 1er novembre 2020. Par un arrêté du 16 octobre 2020, dont M. B demande l'annulation, le président du conseil d'administration du SDIS du Nord, d'une part, a réintégré M. B à compter du 1er novembre 2020, a accepté sa démission et l'a radié des cadres à compter de la même date et, d'autre part, a fixé à 21 437,49 euros le montant de son IDV.
Sur les fins de non-recevoir opposées par l'administration :
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la décision du 24 juin 2020 :
2. Aux termes de l'article 96 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction alors en vigueur : " La démission ne peut résulter que d'une demande écrite du fonctionnaire marquant sa volonté non équivoque de cesser ses fonctions./ Elle n'a d'effet qu'autant qu'elle est acceptée par l'autorité investie du pouvoir de nomination et prend effet à la date fixée par cette autorité./ La décision de l'autorité compétente doit intervenir dans le délai d'un mois./ L'acceptation de la démission rend celle-ci irrévocable./ () ". Aux termes de l'article 1er du décret du 18 décembre 2009 instituant une indemnité de départ volontaire dans la fonction publique territoriale, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Une indemnité de départ volontaire peut être attribuée aux fonctionnaires qui quittent définitivement la fonction publique territoriale à la suite d'une démission régulièrement acceptée en application de l'article 96 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée () pour les motifs suivants :/ ' restructuration de service ;/ ' départ définitif de la fonction publique territoriale pour créer ou reprendre une entreprise ;/ ' départ définitif de la fonction publique territoriale pour mener à bien un projet personnel. ". Il résulte de ces dispositions que la décision octroyant le bénéfice de l'IDV suppose que la démission de l'agent ait été préalablement acceptée.
3. Il ressort des pièces du dossier que le courrier de l'avocate de M. B du 13 mai 2020, qui a pour objet " B - indemnité de départ volontaire (SDIS du Nord) ", se borne à mentionner, d'une part, que " [Son] client souhaite désormais quitter la fonction publique " et, d'autre part, que compte tenu du régime transitoire institué par le décret du 31 décembre 2019 relatif à l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle dans la fonction publique et portant diverses dispositions relatives aux dispositifs indemnitaires d'accompagnement des agents dans leurs transitions professionnelles, qui permet à l'agent qui démissionne pour créer ou reprendre une entreprise de bénéficier de l'IDV à la double condition d'en solliciter le bénéfice avant le 30 juin 2020 et que sa démission soit effective avant le 1er janvier 2021, " [son] client souhaite quitter définitivement la fonction publique territoriale afin de créer ou reprendre une entreprise intervenant dans le secteur immobilier ". Ce courrier, qui n'emploie pas le terme de démission ni ne fixe de date à compter de laquelle le requérant souhaite démissionner, doit être regardé comme un courrier de demande de bénéfice de l'IDV afin de pouvoir bénéficier du régime transitoire et non comme une demande de démission claire et non équivoque au sens de l'article 96 de la loi du 26 janvier 1984. Il ressort d'ailleurs des termes mêmes du courrier du 30 juin 2020 visant à contester la décision qui serait contenue dans le courrier du SDIS du Nord du 24 juin 2020 que " le courrier du 13 mai 2020 avait exclusivement pour objet de solliciter le bénéfice de l'indemnité de départ volontaire pour mon client. Il ne s'agit, en aucun cas, d'une demande de démission définitive. / () Ainsi, afin de lever toute ambigüité, je vous indique que mon client ne déposera une demande de démission qu'à condition que le montant de l'indemnité de départ volontaire que vous proposez soit revu à la hausse, conformément aux dispositions des délibérations précitées. ".
4. S'il ressort des termes du courrier du SDIS du Nord du 24 juin 2020 que ce dernier pourrait être regardé comme décisoire, toutefois, d'une part, dès lors que M. B ne peut être regardé comme ayant présenté une demande de démission le 13 mai 2020, le courrier du SDIS du 24 juin 2020 ne peut être regardé comme acceptant une telle démission. D'autre part, dès lors que la démission de M. B n'a pas été préalablement acceptée, ce courrier ne peut avoir ni pour objet ni pour effet de se prononcer sur ses droits à IDV. Dès lors, le courrier du 24 juin 2020 doit donc être regardé, en dépit des termes dans lesquels il est rédigé et dès lors que M. B a ensuite effectivement démissionné, comme un acte préparatoire ayant pour seul objet d'informer M. B d'un avis favorable quant à sa démission et du montant d'IDV auquel il peut prétendre, de sorte qu'il est dépourvu de caractère décisoire.
5. Par suite, il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir soulevée par le SDIS du Nord, tirée de ce que le courrier du 24 juin 2020 ne fait pas grief.
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre l'arrêté du 16 octobre 2020 :
6. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée./ () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 16 octobre 2020, qui mentionne les voies et délais de recours, a été notifié à M. B le 21 octobre 2020, de sorte que le délai de recours contentieux pour le contester expirait le 22 décembre 2020. Toutefois, rien dans la requête introductive d'instance ne permet de considérer que M. B entendait, dès l'origine, contester la légalité de cet arrêté qui n'est ni mentionné ni même produit à l'appui de sa requête. C'est seulement dans son mémoire en réplique enregistré le 28 avril 2021, soit après l'expiration du délai de recours contentieux, que M. B demande pour la première fois la requalification de ses conclusions à fin d'annulation comme étant dirigées contre l'arrêté du 16 octobre 2020.
8. Dès lors, il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir soulevée par le SDIS du Nord, tirée de ce que les conclusions d'annulation dirigées contre l'arrêté du 16 octobre 2020 sont tardives et, par suite, irrecevables.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le requérant :
9. Aux termes du deuxième alinéa de l'article R. 611-8-5 du code de justice administrative : " Le défendeur transmet chaque pièce par un fichier distinct sous peine de voir ces pièces écartées des débats après invitation à régulariser non suivie d'effet. ".
10. Si le SDIS du Nord a transmis, le 16 avril 2021, les pièces jointes à son mémoire en défense sous un seul et même fichier, aucune invitation à régulariser ne lui a été adressée. Par suite, les pièces produites ne peuvent être écartées des débats en application des dispositions de l'article R. 611-8-5 du code de justice administrative.
11. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi, que par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au service départemental d'incendie et de secours du Nord.
Délibéré après l'audience du 19 avril 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Féménia, présidente,
- M. Lassaux, premier conseiller,
- M. Bourgau, premier conseiller.
.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.
Le rapporteur,
signé
T. BOURGAULa présidente,
signé
J. FÉMÉNIA
La greffière,
signé
I. BAUDRY
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
No 2007198
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026