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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2007249

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2007249

mardi 19 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2007249
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantDUCLOY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire récapitulatif, enregistrés les 12 octobre 2020 et 24 novembre 2022, la SARL Atelier d'architecture King Kong Five, représentée par Me Ducloy, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner la commune de Mouvaux à lui verser la somme de 4 954,26 euros augmentée de la somme de 10 429,78 euros hors taxes assorties des intérêts moratoires au taux de 9% à compter du 10 juillet 2019 et de leur capitalisation ;

2°) de rejeter les conclusions reconventionnelles de la commune de Mouvaux ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Mouvaux la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa demande de condamner la commune à lui verser la somme de 4 954,26 euros est fondée, dès lors que la commune de Mouvaux a reçu la facture de solde n° 31 et le courrier de relance ;

- elle a droit au paiement d'une somme de 10 429,78 euros hors taxe, dès lors que le lancement de deux nouvelles procédures de consultation ne lui est pas imputable ;

- les conclusions reconventionnelles de la commune de Mouvaux sont irrecevables car prescrites en application de l'article 2224 du code civil et sont sans lien avec le présent litige ; à titre subsidiaire, elles ne sont pas fondées, dès lors que ni sa faute, ni le lien de causalité entre sa mission et les préjudices subis ne sont établis.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 27 octobre et 15 décembre 2022, non communiqué, la commune de Mouvaux, représentée par Me Balaÿ, conclut au rejet de la requête, à la condamnation de la SARL Atelier d'architecture King Kong Five à la relever indemne des condamnations prononcées contre elle dans les instances n° 1808534, 1808572 et 1809314, à la condamnation de la SARL Atelier d'architecture King Kong Five à lui verser une somme de 310 374,04 euros au titre des préjudices subis, à la condamnation de la SARL Atelier d'architecture King Kong Five à lui verser une somme de 33 280,04 euros au titre des dépens et à ce que soit mise à la charge de la SARL Atelier d'architecture King Kong Five une somme de 10 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la demande de la société requérante n'est pas fondée, dès lors qu'elle n'a jamais reçu la facture ;

- ses demandes ne sont pas prescrites ;

- le décalage du planning étant dû à la SARL Atelier d'architecture King Kong Five, cette dernière doit être tenue de la relever indemne de toute condamnation prononcée contre elle ;

- les travaux supplémentaires des SAS SAVI, SAS Tommasini Construction et SAS Delannoy Dewailly Entreprise étant dus à des erreurs de conception de la part du maître d'ouvrage, elle a droit à l'indemnisation à hauteur de 15% de ces travaux supplémentaires ;

- elle a subi des préjudices liés à l'application de la lasure à hauteur de 230 316 euros hors taxes, d'image à hauteur de 15 000 euros et financier à hauteur de 7 345 euros.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la commune de Mouvaux tendant à la condamnation de la SARL Atelier d'architecture King Kong Five à la relever indemne des condamnations prononcées contre elle dans les instances n° 1808534, 1808572 et 1809314.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires de la commune de Mouvaux liées aux travaux supplémentaires des SAS SAVI, SAS Tommasini Construction et SAS Delannoy Dewailly Entreprise.

Des observations, enregistrées le 28 août 2023, ont été produites pour la commune de Mouvaux.

Elle soutient que les deux moyens relevés d'office ne sont pas fondés, dès lors que ses conclusions relèvent du même litige.

Vu :

- l'ordonnance n° 1811874 du 6 mai 2019 par laquelle le magistrat désigné a ordonné une expertise et désigné Mme A en qualité d'expert ;

- le rapport d'expertise déposé au greffe du tribunal le 3 novembre 2021 ;

- l'ordonnance du 15 novembre 2021 taxant les frais de l'expertise à la somme de 33 280,04 euros ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code des marchés publics ;

- la loi n° 85-704 du 12 juillet 1985 ;

- le décret n° 78-1306 du 26 décembre 1978 ;

- le décret n° 93-1268 du 29 novembre 1993 ;

- le décret n° 2002-232 du 21 février 2002 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Lemée,

- les conclusions de M. Even, rapporteur public,

- les observations de Me Mostart, substituant Me Ducloy, représentant la SARL Atelier d'architecture King Kong Five et celles de Me Balaÿ, représentant la commune de Mouvaux.

Considérant ce qui suit :

1. La commune de Mouvaux a lancé un marché de travaux publics en vue de la construction d'un espace culturel. Par un acte d'engagement du 18 octobre 2012, la SARL Atelier d'architecture King Kong Five a été chargée de la maîtrise d'œuvre solidairement avec six autres sociétés pour un montant de 563 375,72 euros toutes taxes comprises. Par un mémoire en réclamation du 14 novembre 2019, la SARL Atelier d'architecture King Kong Five a demandé le paiement d'une facture. Par la présente requête, la société requérante demande au tribunal de condamner la commune de Mouvaux à lui verser la somme de 4 954,26 euros augmentée de la somme de 10 429,78 euros hors taxes assorties des intérêts moratoires au taux de 9% à compter du 10 juillet 2019 et de leur capitalisation.

Sur les conclusions indemnitaires de la SARL requérante :

En ce qui concerne la facture n° 31 :

2. Il résulte de l'instruction que la facture de solde n° 31 dont la société requérante demande le paiement correspond au paiement de 20 % de la prestation d'assistance apportée au maître d'ouvrage lors des opérations de réception. La commune de Mouvaux conteste seulement en défense ne pas avoir reçu cette facture. Si le montant indiqué sur la facture est de 4 955,26 euros hors taxes, la SARL Atelier d'architecture King Kong Five ne demande toutefois qu'une somme de 4 954,26 euros hors taxes. Dès lors, il y a lieu de condamner la commune de Mouvaux à verser à la société requérante une somme de 4 954,26 euros.

En ce qui concerne les prestations supplémentaires :

3. Aux termes de l'article 9 de la loi du 12 juillet 1985 relative à la maîtrise d'ouvrage publique et à ses rapports avec la maîtrise d'œuvre privée : " La mission de maîtrise d'œuvre donne lieu à une rémunération forfaitaire fixée contractuellement. Le montant de cette rémunération tient compte de l'étendue de la mission, de son degré de complexité et du coût prévisionnel des travaux ". Par ailleurs, aux termes de l'article 30 du décret du 29 novembre 1993 relatif aux missions de maîtrise d'œuvre confiées par des maîtres d'ouvrage publics à des prestataires de droit privé : " Le contrat de maîtrise d'œuvre précise, d'une part, les modalités selon lesquelles est arrêté le coût prévisionnel assorti d'un seuil de tolérance, sur lesquels s'engage le maître d'œuvre, et, d'autre part, les conséquences, pour celui-ci, des engagements souscrits. () En cas de modification de programme ou de prestations décidées par le maître de l'ouvrage, le contrat de maîtrise d'œuvre fait l'objet d'un avenant qui arrête le programme modifié et le coût prévisionnel des travaux concernés par cette modification, et adapte en conséquence la rémunération du maître d'œuvre et les modalités de son engagement sur le coût prévisionnel ".

4. Il résulte des dispositions précitées que le titulaire d'un contrat de maîtrise d'œuvre est rémunéré par un prix forfaitaire couvrant l'ensemble de ses charges ainsi que le bénéfice qu'il en escompte, et que seules une modification de programme ou une modification de prestations décidées par le maître de l'ouvrage peuvent donner lieu, le cas échéant, à une augmentation de sa rémunération. En outre, le maître d'œuvre qui effectue des missions ou prestations non prévues au marché de maîtrise d'œuvre et qui n'ont pas été décidées par le maître d'ouvrage n'a droit à être rémunéré de ces missions ou prestations que lorsque, soit elles ont été indispensables à la réalisation de l'ouvrage selon les règles de l'art, soit le maître d'œuvre a été confronté dans l'exécution du marché à des sujétions imprévues présentant un caractère exceptionnel et imprévisible, dont la cause est extérieure aux parties et qui ont pour effet de bouleverser l'économie du contrat.

5. Dans l'hypothèse où une modification de programme ou de prestations a été décidée par le maître de l'ouvrage, le droit du maître d'œuvre à l'augmentation de sa rémunération est uniquement subordonné à l'existence de prestations supplémentaires de maîtrise d'œuvre utiles à l'exécution des modifications décidées par le maître de l'ouvrage. En revanche, ce droit n'est subordonné, ni à l'intervention de l'avenant qui doit normalement être signé en application des dispositions précitées de l'article 30 du décret du 29 décembre 1993, ni même, à défaut d'avenant, à celle d'une décision par laquelle le maître d'ouvrage donnerait son accord sur un nouveau montant de rémunération du maître d'œuvre.

6. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que la SARL Atelier d'architecture King Kong Five a dû relancer la procédure d'attribution de cinq lots à la suite d'un courrier de la préfecture informant la commune de Mouvaux d'irrégularités dans la procédure ainsi que celle concernant le lot 13 en raison de la volonté de la commune de modifier la qualité des fauteuils. Ces deux prestations supplémentaires ont été décidées par la commune de Mouvaux et sont utiles à l'exécution des modifications décidées par la commune. La société requérante demande la condamnation de la commune de Mouvaux à lui verser, à ce titre, une somme de 10 429,78 euros hors taxes que cette dernière ne conteste pas. Par suite, il y a lieu de faire droit à cette demande.

En ce qui concerne les intérêts moratoires et leur capitalisation :

7. Aux termes de l'article 6.4 du cahier des clauses administratives particulières applicable au présent marché : " () Les sommes dues au(x) titulaire[s] et au(x) sous-traitant(s) de premier rang éventuel(s), seront mandatées dans un délai de 27 jours et payées dans un délai global de 40 jours à compter de la date de réception des factures ou des demandes de paiement équivalentes. / Le taux des intérêts moratoires sera celui de l'intérêt légal en vigueur à la date à laquelle les intérêts moratoires auront commencé à courir, augmenté de deux points ".

8. D'une part, s'agissant de la somme de 4 954,26 euros, la société requérante n'établit pas que la facture de solde n° 31 a été adressée dès le 31 mai 2019 à la commune de Mouvaux. En revanche, il résulte de l'instruction que la commune de Mouvaux a eu connaissance de cette facture le 19 octobre 2019. Dès lors, la SARL Atelier d'architecture King Kong Five a droit aux intérêts moratoires sur la somme de 4 954,26 euros à compter du 29 novembre 2019, correspondant au jour suivant celui de l'expiration du délai de paiement de quarante jours, et jusqu'à l'entier paiement de la somme due au principal, au taux d'intérêt appliqué par la banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au 1er juillet 2019, majoré de huit points, ainsi qu'à leur capitalisation à compter du 29 novembre 2020, date à laquelle était due une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

9. D'autre part, s'agissant de la somme de 10 429,78 euros, il n'est pas établi que la société requérante ait, préalablement à sa requête, demandé le versement de cette somme à la commune de Mouvaux. Par suite, la SARL Atelier d'architecture King Kong Five a droit aux intérêts moratoires sur la somme de 10 429,78 euros à compter du 24 novembre 2022, correspondant au jour d'enregistrement de son mémoire demandant la condamnation de la commune à lui verser cette somme, et jusqu'à l'entier paiement de la somme due au principal, au taux d'intérêt appliqué par la banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au 1er juillet 2022, majoré de huit points. Une année entière d'intérêts n'étant pas due, la demande de capitalisation présentée par la société requérante ne peut qu'être rejetée.

Sur les conclusions de la commune de Mouvaux tendant à la condamnation de la SARL Atelier d'architecture King Kong Five à la relever indemne des condamnations prononcées contre elle dans les instances n° 1808534, 1808572 et 1809314 :

10. Par deux jugements n° 1808572 et 1809314 du 13 juin 2023, le tribunal administratif de Lille a rejeté les requêtes et n'a donc pas prononcé de condamnation contre la commune de Mouvaux. En revanche, par un jugement n° 1808534 du 13 juin 2023, le tribunal administratif de Lille a condamné la commune de Mouvaux à verser à la SAS SAVI la somme de 26 077,38 euros toutes taxes comprises.

11. La commune de Mouvaux demande seulement à être relevée indemne des condamnations concernant les préjudices liés au décalage du planning. Or, le tribunal administratif de Lille n'a pas condamné la commune de Mouvaux à indemniser le préjudice lié au retard du chantier qu'auraient subi la SAS SAVI, la SAS Tommasini Construction et la SAS Delannoy Dewailly Entreprise.

12. Par suite, les conclusions de la commune tendant à la condamnation de la SARL Atelier d'architecture King Kong Five à la relever indemne des condamnations prononcées contre elle dans l'instance n° 1808534, 1808572 et 1809314 ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires de la commune de Mouvaux :

En ce qui concerne la prescription quinquennale :

13. Aux termes de l'article 2224 du code civil : " Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer. " Aux termes de l'article 2241 du même code : " La demande en justice, même en référé, interrompt le délai de prescription ainsi que le délai de forclusion. () ". La prescription instituée par l'article 2224 du code civil court à compter de la manifestation du dommage, c'est-à-dire de la date à laquelle la victime a une connaissance suffisamment certaine de l'étendue du dommage, quand bien même le responsable de celui-ci ne serait à cette date pas encore déterminé.

14. Il résulte de l'instruction que la commune de Mouvaux a eu une connaissance suffisamment certaine de l'étendue de son dommage à la date de réception des travaux, le 13 juillet 2017 selon le rapport d'expertise. Toutefois, par une requête enregistrée le 21 décembre 2018, la commune de Mouvaux a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Lille de prescrire une expertise portant sur l'exécution du marché de construction d'un espace culturel, notamment afin d'évaluer les préjudices subis par la commune du fait des retards de chantier, des travaux supplémentaires et des désordres touchant le voile béton extérieur. Cette demande en justice a interrompu le délai de prescription qui n'a recommencé à courir qu'à compter du dépôt du rapport de l'expert le 29 octobre 2021. Ainsi, l'exception de prescription quinquennale opposée par la société requérante doit être écartée.

En ce qui concerne le préjudice lié aux travaux supplémentaires des SAS SAVI, SAS Tommasini Construction et SAS Delannoy Dewailly Entreprise :

S'agissant des travaux supplémentaires de la SAS Tommasini Construction :

15. Si la commune de Mouvaux fait valoir que la SAS Tommasini Construction a dû réaliser deux prestations supplémentaires, à savoir la modification de la porte du local technique et la mise en place d'une gaine coupe-feu dans l'escalier EB02, elle n'établit pas que ces deux prestations supplémentaires sont dues à des erreurs de conception imputables à la SARL Atelier d'architecture King Kong Five, alors que le rapport d'expertise mentionne seulement que la porte du local technique a dû être déplacée deux fois pour des raisons techniques.

S'agissant des travaux supplémentaires de la SAS Delannoy Dewailly Entreprise :

16. La commune de Mouvaux n'établit pas, en se bornant à détailler les travaux supplémentaires effectués, que la réalisation de travaux supplémentaires par la SAS Delannoy Dewailly Entreprise est due à des erreurs de conception imputables à la SARL Atelier d'architecture King Kong Five, alors que le rapport d'expertise relève que seule la prestation de dépose et repose de gaines, dont la commune de Mouvaux ne demande pas l'indemnisation, est imputable à un problème de synthèse et d'ordonnancement des travaux.

S'agissant des travaux supplémentaires de la SAS SAVI :

17. Si la commune de Mouvaux fait valoir que la SAS SAVI a réalisé plusieurs prestations supplémentaires dont elle impute la responsabilité à la SARL Atelier d'architecture King Kong Five en raison d'erreurs ou omissions de conception ou de défaut dans le suivi, l'ordonnancement ou le pilotage des travaux par la maîtrise d'œuvre, toutefois, le rapport d'expertise impute seulement la prestation de découpe et dépose partielle du doublage au droit de la verrière, d'un montant de 1 510,23 euros, à un problème de synthèse et d'ordonnancement des travaux commis par la société requérante. Dès lors, et alors que ladite demande a trait au même litige que le litige principal, en appliquant le taux de 15 % retenu par la commune de Mouvaux, cette dernière est seulement fondée à demander la condamnation de la SARL Atelier d'architecture King Kong Five à lui verser la somme de 226,53 euros.

En ce qui concerne le préjudice financier lié à l'entretien de la lasure appliquée sur les façades du centre culturel, du préjudice d'image en raison de l'aspect du bâtiment et du préjudice financier lié à la mobilisation du personnel pour la gestion du dossier d'expertise :

18. La commune de Mouvaux demande la condamnation de la SARL Atelier d'architecture King Kong Five à l'indemniser du préjudice financier lié à l'entretien de la lasure appliquée sur les façades du centre culturel, du préjudice d'image en raison de l'aspect du bâtiment et du préjudice financier lié à la mobilisation du personnel pour la gestion du dossier d'expertise. Toutefois, à l'appui de ces demandes, la commune de Mouvaux n'établit, ni même n'allègue, que la SARL Atelier d'architecture King Kong Five aurait commis une faute, alors qu'au demeurant, le rapport d'expertise indique que les défauts d'aspect des parements des voiles béton réalisés par la SAS Tommasini Construction sont des défauts d'exécution et que le projet réalisé correspond au projet initial choisi par la commune de Mouvaux.

19. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner la SARL Atelier d'architecture King Kong Five à verser à la commune de Mouvaux la somme de 226,53 euros.

Sur les dépens :

20. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. () "

21. Par une ordonnance n° 1811874 du 15 novembre 2021, les frais d'expertise ont été mis à la charge de la commune de Mouvaux. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser cette somme à la charge de la commune au titre des dépens de l'instance.

Sur les frais liés au litige :

22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la SARL Atelier d'architecture King Kong Five, qui n'est pas, pour l'essentiel, la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Mouvaux demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Mouvaux une somme de 1 500 euros euros au titre des frais exposés par la SARL Atelier d'architecture King Kong Five et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La commune de Mouvaux est condamnée à verser à la SARL Atelier d'architecture King Kong Five la somme de 4 954,26 euros hors taxes, majorée des intérêts moratoires à compter du 29 novembre 2019 au taux d'intérêt appliqué par la banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au 1er juillet 2019, majoré de huit points. Les intérêts échus le 29 novembre 2020, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 2 : La commune de Mouvaux est condamnée à verser à la SARL Atelier d'architecture King Kong Five la somme de 10 429,78 euros hors taxes, majorée des intérêts moratoires à compter du 24 novembre 2022 au taux d'intérêt appliqué par la banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au 1er juillet 2022, majoré de huit points.

Article 3 : La SARL Atelier d'architecture King Kong Five est condamnée à verser à la commune de Mouvaux la somme de 226,53 euros.

Article 4 : La commune de Mouvaux versera à la SARL Atelier d'architecture King Kong Five une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Atelier d'architecture King Kong Five et à la commune de Mouvaux.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2023 à laquelle siégeaient :

- M. Fabre, président,

- Mme Monteil, première conseillère,

- M. Lemée, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2023

Le rapporteur,

Signé

M. LEMÉELe président,

Signé

X. FABRE

La greffière,

Signé

M. B

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

5

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