LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2007479

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2007479

jeudi 8 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2007479
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSCP SHBK AVOCATS SEGARD BRIOUT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 20 octobre 2020 et 13 avril 2022, Mme B A, représentée par Me Stienne-Duwez, demande au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Lille à lui verser la somme de 10 624,60 euros à titre de rappel de rémunération pour la période comprise entre le 25 mars 2019 et le 30 avril 2020, assortie des intérêts au taux légal à compter du 3 avril 2020 et de leur capitalisation ;

2°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Lille à lui verser l'allocation temporaire d'invalidité à compter du 25 mars 2019 ;

3°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Lille à lui verser la somme globale de 48 639,97 euros en réparation des préjudices subis liés à son impossibilité d'exercer ses fonctions en raison de sa maladie professionnelle et à son absence de reclassement, assortie des intérêts au taux légal à compter du 3 avril 2020 et de leur capitalisation ;

4°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Lille la somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

- elle a droit au versement de l'intégralité de son traitement à la suite de la reconnaissance de l'imputabilité au service de la rechute de sa maladie professionnelle ;

- elle remplit les conditions pour bénéficier de l'allocation temporaire d'invalidité à compter du 25 mars 2019 ;

- sa maladie professionnelle lui a causé un préjudice moral, évalué à 2 000 euros, lié à l'incapacité dans laquelle elle la place de reprendre une activité professionnelle ;

- le centre hospitalier universitaire de Lille a méconnu ses obligations en matière de reclassement, ce qui lui a causé un préjudice moral et un préjudice financier, respectivement évalués à 10 000 euros et 36 639,97 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mars 2022, le centre hospitalier universitaire de Lille, représenté par Me Segard, conclut au rejet de la requête et à ce soit mis à la charge de Mme A le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les conclusions tendant au versement de l'allocation temporaire d'invalidité sont devenues sans objet dès lors que le bénéfice de cette allocation a été octroyé à Mme A à compter du 8 janvier 2021 ;

- la requête présentée par l'intéressée est tardive et, par suite, irrecevable ;

- les conclusions pécuniaires relatives au rappel de traitement sont dépourvues d'objet dès lors qu'il a été procédé à la régularisation de sa rémunération antérieurement à l'introduction de la requête ;

- en tout état de cause, les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Par une ordonnance en date du 4 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 avril 2022.

En application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, l'instruction a été rouverte pour les éléments demandés en vue de compléter l'instruction par lettre du 20 avril 2023.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le Tribunal judiciaire de Lille en date du 6 juillet 2020.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;

- la loi n° 86-33 du 9 juillet 1986 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 60-58 du 11 janvier 1960 ;

- le décret n° 89-376 du 8 juin 1989 ;

- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 ;

- le décret n° 2005-442 du 2 mai 2005 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Lemaire,

- et les conclusions de M. Quint, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, agent des services hospitaliers qualifié au centre hospitalier universitaire de Lille, demande au tribunal de condamner cet établissement à lui verser diverses sommes auxquelles elle estime avoir droit ou en réparation de préjudices qu'elle estime avoir subis.

Sur l'étendue du litige :

2. Il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'introduction de la requête, le bénéfice de l'allocation temporaire d'invalidité a été octroyé à Mme A à compter du 8 janvier 2021. Les conclusions pécuniaires présentées par la requérante tendant à ce que le centre hospitalier universitaire de Lille soit condamné à lui verser cette allocation à compter du 25 mars 2019 sont donc devenues sans objet en tant qu'elles se rapportent à la période postérieure au 8 janvier 2021. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les fins de non-recevoir opposées par le centre hospitalier universitaire de Lille :

3. En premier lieu, aux termes de l'article 38 du décret du 19 décembre 1991, portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Lorsqu'une action en justice ou un recours doit être intenté avant l'expiration d'un délai devant les juridictions de première instance ou d'appel, l'action ou le recours est réputé avoir été intenté dans le délai si la demande d'aide juridictionnelle s'y rapportant est adressée au bureau d'aide juridictionnelle avant l'expiration dudit délai et si la demande en justice ou le recours est introduit dans un nouveau délai de même durée à compter : / () / c) De la date à laquelle le demandeur à l'aide juridictionnelle ne peut plus contester la décision d'admission ou de rejet de sa demande en application du premier alinéa de l'article 56 et de l'article 160 ou, en cas de recours de ce demandeur, de la date à laquelle la décision relative à ce recours lui a été notifiée ; / d) Ou, en cas d'admission, de la date, si elle est plus tardive, à laquelle un auxiliaire de justice a été désigné. / () ". Aux termes du deuxième alinéa de l'article 23 de la loi du 10 juillet 1991, relative à l'aide juridique : " Les recours contre les décisions du bureau d'aide juridictionnelle peuvent être exercés par l'intéressé lui-même lorsque le bénéfice de l'aide juridictionnelle lui a été refusé, ne lui a été accordé que partiellement ou lorsque ce bénéfice lui a été retiré ". Aux termes du premier alinéa de l'article 56 du décret du 19 décembre 1991 : " Le délai du recours prévu au deuxième alinéa de l'article 23 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée est de quinze jours à compter du jour de la notification de la décision à l'intéressé ".

4. Il résulte de la combinaison de ces dispositions qu'une demande d'aide juridictionnelle interrompt le délai de recours contentieux et qu'un nouveau délai de même durée recommence à courir à compter de l'expiration d'un délai de quinze jours après la notification à l'intéressé de la décision se prononçant sur sa demande d'aide juridictionnelle ou, si elle est plus tardive, à compter de la date de désignation de l'auxiliaire de justice au titre de l'aide juridictionnelle. Il en va ainsi quel que soit le sens de la décision se prononçant sur la demande d'aide juridictionnelle, qu'elle en ait refusé le bénéfice, qu'elle ait prononcé une admission partielle ou qu'elle ait admis le demandeur au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, quand bien même dans ce dernier cas le ministère public ou le bâtonnier ont, en vertu de l'article 23 de la loi du 10 juillet 1991, seuls vocation à contester une telle décision.

5. Il résulte de l'instruction que la demande préalable présentée par Mme A le 3 avril 2020 a été implicitement rejetée par le directeur général du centre hospitalier universitaire de Lille le 3 juin 2020. Il résulte également de l'instruction que la décision en date du 6 juillet 2020 par laquelle le bureau d'aide juridictionnelle près le Tribunal judiciaire de Lille s'est prononcé sur la demande d'aide juridictionnelle que Mme A lui avait adressée le 3 avril 2020, laquelle a interrompu le délai de recours contentieux, a été envoyée par lettre simple à l'intéressée. Ainsi, en l'absence de preuve de notification de cette décision, la requête de Mme A enregistrée au greffe du tribunal le 20 octobre 2020 n'est pas tardive. La fin de non-recevoir opposée par le centre hospitalier universitaire de Lille et tirée de la tardiveté de la requête doit dès lors être écartée.

6. En second lieu, il résulte de l'instruction que Mme A, qui était placée en disponibilité d'office au cours, notamment, de la période du 25 mars 2019 au 30 avril 2020 en raison de l'épuisement de ses droits à congé de longue maladie, a bénéficié de prestations en espèces calculées conformément aux dispositions de l'article 4 du décret du 11 janvier 1960 susvisé. Par des décisions en date des 7 mai 2020 et 14 septembre 2020, le directeur général du centre hospitalier universitaire de Lille a néanmoins reconnu l'imputabilité au service de la rechute de la maladie professionnelle dont Mme A a été victime le 25 mars 2019 et il a, en conséquence, décidé de reconnaître " l'imputabilité [au service] des arrêts [de travail] " afférents à la période comprise entre le 25 mars 2019 et le 31 août 2020. Il résulte également de l'instruction que, antérieurement à l'introduction de la requête, le centre hospitalier universitaire de Lille a régularisé en conséquence la rémunération due à Mme A au titre de la période comprise entre le 25 mars 2019 et le 30 avril 2020 en lui versant, avec ses paies des mois de mai et octobre 2020, le reliquat de l'intégralité de son traitement, conformément aux dispositions de l'article 41 de la loi du 9 juillet 1986, portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière. La fin de non-recevoir opposée en défense et tirée de l'absence d'objet des conclusions relatives au rappel de traitement sollicité par Mme A doit dès lors être accueillie.

Sur le surplus des conclusions à fin de condamnation :

En ce qui concerne le surplus des conclusions relatives à l'allocation temporaire d'invalidité :

7. Aux termes de l'article 80 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée, portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, dont les dispositions sont désormais reprises à l'article L. 824-1 du code général de la fonction publique : " Les établissements mentionnés à l'article 2 ci-dessus sont tenus d'allouer aux fonctionnaires qui ont été atteints d'une invalidité résultant d'un accident de service ayant entraîné une incapacité permanente d'au moins 10 p. 100 ou d'une maladie professionnelle, une allocation temporaire d'invalidité cumulable avec leur traitement dans les mêmes conditions que les fonctionnaires de l'État. / Les conditions d'attribution ainsi que les modalités de concession, de liquidation, de paiement et de révision de l'allocation temporaire d'invalidité sont fixées par voie réglementaire ". Aux termes de l'article 7 du décret du 2 mai 2005 susvisé, relatif à l'attribution de l'allocation temporaire d'invalidité aux fonctionnaires relevant de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière : " L'entrée en jouissance de l'allocation temporaire d'invalidité est fixée à la date de reprise des fonctions après consolidation ou, dans les cas prévus au deuxième alinéa de l'article 3, à la date de la constatation officielle de la consolidation de la blessure ou de l'état de santé de l'intéressé ". Aux termes du deuxième alinéa de l'article 3 de ce décret : " () lorsque le fonctionnaire n'a pas interrompu son activité ou lorsqu'il atteint la limite d'âge ou est radié des cadres avant de pouvoir reprendre ses fonctions, le droit à l'allocation peut lui être reconnu si la demande d'allocation est présentée dans l'année qui suit la date de constatation officielle de la consolidation de la blessure ou de son état de santé ".

8. Il résulte de l'instruction qu'une allocation temporaire d'invalidité a été accordée à Mme A sous la forme d'un capital à compter du 8 janvier 2021, date à laquelle elle a repris ses fonctions. Si la requérante fait valoir qu'elle aurait dû la percevoir à compter 25 mars 2019, il résulte des dispositions précitées que l'entrée en jouissance de l'allocation temporaire d'invalidité ne pouvait être fixée qu'à compter de la date de reprise des fonctions après consolidation, dès lors qu'elle ne se trouvait pas dans les cas prévus par les dispositions précitées du deuxième alinéa de l'article 3 du décret du 2 mai 2005 précité. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à demander le bénéfice d'une allocation temporaire d'invalidité entre le 25 mars 2019 et le 7 janvier 2021.

En ce qui concerne la responsabilité sans faute du centre hospitalier universitaire de Lille :

9. Les dispositions qui instituent, en faveur des fonctionnaires victimes d'accidents de service ou de maladies professionnelles, une rente viagère d'invalidité en cas de mise à la retraite et une allocation temporaire d'invalidité en cas de maintien en activité doivent être regardées comme ayant pour objet de réparer les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par un accident de service ou une maladie professionnelle. Ces dispositions déterminent forfaitairement la réparation à laquelle les fonctionnaires concernés peuvent prétendre, au titre de ces chefs de préjudice, dans le cadre de l'obligation qui incombe aux collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions. Elles ne font en revanche obstacle ni à ce que le fonctionnaire qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature ou des préjudices personnels, obtienne de la collectivité qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice, ni à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre cette personne publique, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette personne ou à l'état d'un ouvrage public dont l'entretien lui incombait.

10. Il résulte de l'instruction que la rechute de la maladie professionnelle dont Mme A a été victime le 25 mars 2019 a été reconnue imputable au service et que celle-ci bénéficie d'une allocation temporaire d'invalidité depuis le 8 janvier 2021, date à laquelle elle a repris ses fonctions. La requérante fait valoir qu'elle a subi un préjudice moral lié à son incapacité à exercer une activité professionnelle pendant près de deux ans du fait de cette rechute. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice moral en allouant à Mme A une somme de 2 000 euros.

En ce qui concerne la responsabilité pour faute du centre hospitalier universitaire de Lille :

11. Aux termes de l'article 71 de la loi du 9 juillet 1986, portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière : " Lorsque les fonctionnaires sont reconnus, par suite d'altération de leur état physique, inaptes à l'exercice de leurs fonctions, le poste de travail auquel ils sont affectés est adapté à leur état physique. Lorsque l'adaptation du poste de travail n'est pas possible, ces fonctionnaires peuvent être reclassés dans des emplois d'un autre corps, s'ils ont été déclarés en mesure de remplir les fonctions correspondantes. / Le reclassement est subordonné à la présentation d'une demande par l'intéressé ". Aux termes de l'article 1er du décret du 8 juin 1989, pris pour l'application de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière et relatif au reclassement des fonctionnaires pour raisons de santé : " Lorsqu'un fonctionnaire n'est plus en mesure d'exercer ses fonctions, de façon temporaire ou permanente, et si les nécessités du service ne permettent pas un aménagement des conditions de travail, l'autorité investie du pouvoir de nomination, après avis du médecin du travail, dans l'hypothèse où l'état du fonctionnaire n'a pas nécessité l'octroi d'un congé de maladie, ou du comité médical, si un tel congé a été accordé, peut affecter ce fonctionnaire dans un poste de travail correspondant à son grade dans lequel les conditions de service sont de nature à permettre à l'intéressé d'assurer ses fonctions ". Aux termes de l'article 2 de ce décret : " Dans le cas où l'état physique d'un fonctionnaire, sans lui interdire d'exercer toute activité, ne lui permet pas de remplir les fonctions correspondant aux emplois de son grade, l'intéressé peut présenter une demande de reclassement dans un emploi relevant d'un autre grade de son corps ou dans un emploi relevant d'un autre corps. / L'autorité investie du pouvoir de nomination recueille l'avis du comité médical départemental ".

12. Lorsqu'un fonctionnaire est reconnu, par suite de l'altération de son état physique, inapte à l'exercice de ses fonctions, il incombe à l'administration de rechercher si le poste occupé par ce fonctionnaire ne peut être adapté à son état physique ou, à défaut, de lui proposer une affectation dans un autre emploi de son grade compatible avec son état de santé. Si le poste ne peut être adapté ou si l'agent ne peut être affecté dans un autre emploi de son grade, il incombe à l'administration de l'inviter à présenter une demande de reclassement dans un emploi d'un autre corps.

13. Il résulte de l'instruction que Mme A a bénéficié d'un congé de longue maladie pour la période du 6 février 2012 au 5 février 2015, avant d'être placée en disponibilité d'office pour raisons de santé jusqu'au 24 mars 2019. Dans son avis en date du 15 mars 2013, le comité médical départemental a considéré que l'intéressée était apte à la reprise de ses fonctions à compter du 6 avril 2013 sur un poste aménagé lui permettant d'éviter de lever les bras au-dessus de l'horizontal et d'avoir le cou en hyperextension. La commission de réforme a, en outre, estimé que le poste aménagé proposé à Mme A ne devait pas la conduire à porter des charges d'un poids supérieur à cinq kilogrammes. Dans son avis en date du 3 juillet 2015, le comité médical départemental a constaté l'aptitude de la requérante à reprendre, à compter du 6 août suivant, des fonctions à temps complet sur un poste adapté excluant, notamment, le port de charges lourdes. Il est constant que, dans son avis du 3 août 2015, le médecin du travail a estimé que Mme A ne pouvait, eu égard aux restrictions imposées par son état de santé, être réaffectée sur son précédent poste de travail. Il n'est pas non plus contesté que l'intérêt du service s'opposait à ce que l'intéressée puisse bénéficier d'un poste en qualité d'agent des services hospitaliers qualifié au pôle de néonatologie, lequel fonctionnait alors avec plusieurs agents présentant également des restrictions médicales importantes. Il résulte en outre de l'instruction, et notamment d'un courrier électronique adressé par le médecin du travail au centre hospitalier universitaire de Lille le 1er mars 2016, qu'aucun autre poste correspondant au grade de la requérante et compatible avec son état de santé ne pouvait, à ce stade, lui être proposé au sein de l'établissement. Par ailleurs, par un courrier en date du 8 mars 2016, l'administration a informé Mme A de la vacance d'un poste, compatible avec ses restrictions médicales, d'opérateur au sein du standard central de l'établissement, l'affectation de l'intéressée sur cet emploi n'ayant pu, toutefois, se concrétiser à la suite d'une restructuration du service entraînant une suspension des recrutements. Si, dans son avis en date du 20 avril 2017, le médecin du travail a estimé que la requérante pouvait reprendre sur un poste impliquant la possibilité de réaliser du " petit ménage ", il a cependant relevé que celle-ci ne pouvait utiliser de monobrosse et qu'elle ne pouvait effectuer de décapage ou des gestes répétitifs, tout en confirmant l'interdiction de porter des charges lourdes. Il a également relevé qu'une reprise sur un poste d'agent des services hospitaliers qualifié devait être envisagé, dans la mesure du possible, dans le cadre d'un binôme avec un autre agent. Par un courrier électronique en date du 9 juin 2017, le médecin du travail a fait part au centre hospitalier universitaire de Lille de ses doutes quant à la compatibilité avec l'état de santé de Mme A du poste d'agent polyvalent d'orientation, d'information et de signalétique qui venait de se libérer. Enfin, et alors que le centre hospitalier universitaire de Lille produit la liste des emplois déclarés vacants au sein de l'établissement, il ne résulte pas de l'instruction et il n'est pas allégué par la requérante qu'elle aurait pu, compte tenu de ses restrictions médicales et de ses compétences, être affectée sur l'un quelconque de ces postes. Dans ces conditions, eu égard aux diligences ainsi effectuées et nonobstant la circonstance qu'aucun poste n'ait pu être proposé à Mme A, celle-ci n'est pas fondée à soutenir que le centre hospitalier universitaire de Lille a méconnu les obligations qui lui incombaient en application des dispositions citées au point 11 et qu'il a ainsi commis une faute de nature à engager sa responsabilité. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées par l'intéressée sur ce fondement doivent être rejetées.

Sur les intérêts et leur capitalisation :

14. Mme A a droit aux intérêts au taux légal correspondant à la somme de 2 000 euros mise à la charge du centre hospitalier universitaire de Lille par le présent jugement, et ce, à compter du 3 avril 2020, date de réception par cet établissement de sa demande préalable.

15. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée le 20 octobre 2020. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 3 avril 2021, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

16. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de Mme A, qui n'est pas la partie perdante pour l'essentiel dans la présente instance, le versement de la somme que le centre hospitalier universitaire de Lille demande au titre des frais qu'il a exposés. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Lille le versement au conseil de Mme A de la somme qu'il demande au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, relative à l'aide juridique.

DÉCIDE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer, en tant qu'elles se rapportent à la période postérieure au 8 janvier 2021, sur les conclusions de la requête de Mme A tendant à ce que le centre hospitalier universitaire de Lille soit condamné à lui verser l'allocation temporaire d'invalidité à compter du 25 mars 2019.

Article 2 : Le centre hospitalier universitaire de Lille est condamné à verser à Mme A la somme de 2 000 euros, majorée des intérêts au taux légal à compter du 3 avril 2020. Les intérêts échus à la date du 3 avril 2021, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.

Article 4 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier universitaire de Lille au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Virginie Stienne-Duwez et au centre hospitalier universitaire de Lille.

Délibéré après l'audience du 15 mai 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Lemaire, président,

- Mme Bergerat, première conseillère,

- Mme Courtois, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juin 2023.

L'assesseure la plus ancienne,

Signé

S. BERGERATLe président-rapporteur,

Signé

O. LEMAIRE

La greffière,

Signé

S. RANWEZ

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions