jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2007589 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | VINCENT LEONARD AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 22 octobre 2020 et 9 avril 2021, la société à responsabilité limitée Pharmacie Barenghien, représentée par Me Leonard, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la cotisation primitive d'impôt sur les sociétés à laquelle elle a été assujettie au titre de l'exercice clos le 30 septembre 2014 et de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés à laquelle elle a été assujettie au titre de l'exercice clos le 30 septembre 2015 ;
2°) de condamner l'État au paiement des intérêts moratoires, en application de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 7 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les provisions pour dépréciation du fonds de commerce qu'elle a comptabilisées sont justifiées dans leur principe et leur montant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 février 2021, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le moyen soulevé par la société Pharmacie Barenghien n'est pas fondé.
Par une ordonnance en date du 18 février 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Quint, rapporteur public,
- et les observations de Me Leonard, avocat de la société Pharmacie Barenghien.
Considérant ce qui suit :
1. La société Pharmacie Barenghien, qui exploite une officine de pharmacie, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle elle a été assujettie à une cotisation primitive d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos le 30 septembre 2014 et à une cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos le 30 septembre 2015. Ces impositions résultent de la réintégration aux résultats imposables de ces exercices des provisions déduites pour des montants respectifs de 116 910 euros et 82 730 euros au titre de la dépréciation du fonds de commerce. La société Pharmacie Barenghien demande au tribunal de prononcer la décharge de ces impositions.
2. Aux termes de l'article 39 du code général des impôts, applicable en matière d'impôt sur les sociétés en vertu de l'article 209 de ce code : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant () notamment : / () 5° Les provisions constituées en vue de faire face à des pertes ou charges nettement précisées et que des évènements en cours rendent probables, à condition qu'elles aient effectivement été constatées dans les écritures de l'exercice. () ". Aux termes de l'article 38 sexies de l'annexe III à ce code, dans sa rédaction applicable aux exercices d'imposition en litige : " La dépréciation des immobilisations qui ne se déprécient pas de matière irréversible, notamment () les fonds de commerce, () donne lieu à la constitution de provisions dans les conditions prévues au 5° du 1 de l'article 39 du code général des impôts ". Il résulte de ces dispositions qu'un contribuable peut valablement porter en provision et déduire des résultats imposables des sommes correspondant à des pertes ou charges qui ne seront supportées qu'ultérieurement, à la condition que ces pertes ou charges soient nettement précisées quant à leur nature et susceptibles d'être évaluées avec une approximation suffisante, qu'elles apparaissent en outre comme probables eu égard aux circonstances de fait constatées à la date de clôture de l'exercice et qu'enfin, elles se rattachent aux opérations de toute nature déjà effectuées à cette date. Il appartient au contribuable, indépendamment des règles qui régissent la charge de la preuve pour des raisons de procédure, d'établir le bien-fondé et de justifier du montant d'une telle provision au regard des caractéristiques de l'exploitation au cours de la période en litige.
3. Il résulte de l'instruction, et notamment de la proposition de rectification du 12 juillet 2017, que la société Pharmacie Barenghien a acquis un fonds de commerce d'officine de pharmacie à Avion le 31 janvier 2013 pour la somme de 900 000 euros, dont 890 000 euros d'éléments incorporels. Elle a constitué des provisions pour dépréciation du fonds de commerce d'un montant de 116 910 euros au titre de l'exercice clos le 30 septembre 2014 et 82 730 euros au titre de l'exercice clos le 30 septembre 2015. Pour justifier du principe même de ces provisions, que le service a remis en cause à l'issue de la vérification de comptabilité dont elle a fait l'objet, la société Pharmacie Barenghien fait valoir que, depuis l'acquisition du fonds de commerce, le chiffre d'affaires et la marge ont baissé de façon significative.
4. Toutefois, la société Pharmacie Barenghien, qui ne justifie pas de la méthode d'évaluation du fonds de commerce lors de son acquisition, n'apporte aucun élément, qu'elle est seule en mesure de produire, de nature à établir que la valeur d'origine de ce fonds inscrite en comptabilité a été déterminée en recourant uniquement au chiffre d'affaires. Au demeurant, il résulte de l'instruction que le chiffre d'affaires du dernier exercice du précédent exploitant ramené à une période de douze mois s'est élevé à 1 148 518 euros alors que les chiffres d'affaires des exercices clos en 2013, 2014 et 2015 se sont élevés respectivement à 1 097 204 euros, 1 065 615 euros et 1 037 085 euros. Ainsi, si le chiffre d'affaires a baissé depuis le dernier exercice du précédent exploitant et l'exercice clos en 2013, cette baisse n'est pas substantielle et le chiffre d'affaires est demeuré relativement stable au cours des exercices de comptabilisation des provisions en litige. Il est par ailleurs constant que les résultats et l'excédent brut d'exploitation ont été maintenus par rapport à l'exercice d'acquisition du fonds de commerce et à l'exercice précédent, les bénéfices comptables et les bénéfices fiscaux corrigés des provisions enregistrant une hausse à la clôture des exercices 2014 et 2015. Si la société Pharmacie Barenghien fait valoir qu'elle a réussi à maintenir la rentabilité du fonds de commerce grâce au licenciement d'un conditionneur, à la réduction des coûts de personnel et à la diminution des prélèvements personnels du gérant, elle ne l'établit pas et, en tout état de cause, à les supposer établis, elle ne démontre pas que ces choix auraient été motivés par les difficultés économiques de l'activité. De même, la société Pharmacie Barenghien n'établit pas qu'ainsi qu'elle le fait valoir, elle se trouve en concurrence avec six autres officines de pharmacie situées à Avion, avantagées par l'emplacement des cabinets médicaux, qu'un rajeunissement de la population ayant eu un effet sur la consommation de médicaments a fait baisser son chiffre d'affaires et qu'elle vend de nombreux médicaments à prix élevés mais à marges faibles. Dans ces conditions, la société Pharmacie Barenghien n'établit pas que les provisions pour dépréciation de son fonds de commerce qu'elle a comptabilisées correspondent à une perte probable, et non simplement éventuelle. La société requérante n'est dès lors pas fondée à soutenir que c'est à tort que le service a réintégré ces provisions aux résultats imposables des exercices en litige.
5. Il résulte de ce qui précède que la société Pharmacie Barenghien n'est pas fondée à demander la décharge des cotisations primitive et supplémentaire d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos les 30 septembre 2014 et 30 septembre 2015. Ses conclusions à fin de décharge doivent dès lors être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant au paiement des intérêts moratoires, en application de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales, en tout état de cause, et celles qu'elle a présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de la société Pharmacie Barenghien est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Pharmacie Barenghien et au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.
Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Lemaire, président,
- Mme Lançon, première conseillère,
- Mme Courtois, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
L.-J. LANÇONLe président-rapporteur,
Signé
O. A
La greffière,
Signé
S. RANWEZ
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026