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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2007749

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2007749

jeudi 20 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2007749
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantCABINET CHOULET AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 23 octobre 2020 et 1er juillet 2022, M. A B, représenté par Me Choulet, demande au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Lille à lui verser la somme de 14 079,34 euros au titre des indemnités de fin de contrat dues en application de l'article L. 1243-8 du code du travail ;

2°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Lille à lui verser la somme de 6 689,69 euros au titre de l'indemnité de précarité due en application de l'article R. 6152-610 du code de la santé publique ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Lille la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la relation de travail à l'issue de ses contrats de praticien contractuel n'ayant pas été poursuivie dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée, il a droit à une indemnité de fin de contrat d'un montant de 14 079,34 euros, conformément à l'article L. 1243-8 du code du travail ;

- la relation de travail à l'issue de son contrat de praticien attaché n'ayant pas été poursuivie, il a droit à une indemnité de précarité d'un montant de 6 689,69 euros.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 mai 2022 et 3 août 2022, le centre hospitalier universitaire de Lille conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Par une ordonnance en date du 5 août 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 16 septembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code du travail ;

- l'arrêté du 21 octobre 2003 relatif à l'indemnité de précarité prévue à l'article 12 et à l'indemnité différentielle mentionnée à l'article 13 du décret n° 2003-769 du 1er août 2003 relatif aux praticiens attachés et praticiens attachés associés ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- et les conclusions de M. Quint, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a été recruté par le centre hospitalier universitaire de Lille en qualité de praticien contractuel, à compter du 2 novembre 2016, par un contrat à durée déterminée ayant été renouvelé par plusieurs avenants successifs jusqu'au 20 février 2019. L'intéressé a ensuite été recruté par le même établissement, à compter du 21 février 2019 et pour une durée d'un an, en qualité de praticien attaché. M. B demande au tribunal de condamner le centre hospitalier universitaire de Lille à lui verser des sommes au titre de ses indemnités de fin de contrat et de précarité.

Sur les conclusions à fin de condamnation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 1243-8 du code du travail : " Lorsque, à l'issue d'un contrat de travail à durée déterminée, les relations contractuelles de travail ne se poursuivent pas par un contrat à durée indéterminée, le salarié a droit, à titre de complément de salaire, à une indemnité de fin de contrat destinée à compenser la précarité de sa situation. / Cette indemnité est égale à 10 % de la rémunération totale brute versée au salarié. / Elle s'ajoute à la rémunération totale brute due au salarié. Elle est versée à l'issue du contrat en même temps que le dernier salaire et figure sur le bulletin de salaire correspondant ". Aux termes de l'article L. 1243-10 de ce code : " L'indemnité de fin de contrat n'est pas due : / () / 3° Lorsque le salarié refuse d'accepter la conclusion d'un contrat de travail à durée indéterminée pour occuper le même emploi ou un emploi similaire, assorti d'une rémunération au moins équivalente ; / () ". En vertu de l'article R. 6152-418 du code de la santé publique, les dispositions du code du travail relatives à l'indemnité prévue à l'article L. 1243-8 de ce code sont applicables aux praticiens contractuels.

3. Il résulte de l'instruction que le contrat de travail à durée déterminée conclu par le centre hospitalier universitaire de Lille avec M. B en vue de son recrutement en qualité de praticien contractuel à compter du 2 novembre 2016 a été renouvelé à plusieurs reprises jusqu'au 20 février 2019, date à compter de laquelle un contrat à durée déterminée de praticien attaché lui a été proposé. La circonstance, invoquée en défense par le centre hospitalier universitaire de Lille, que ces contrats se soient succédé sans interruption est dépourvue de toute incidence sur le droit à indemnité du requérant, dès lors qu'il est constant que la relation contractuelle au terme de chacun de ces contrats ne s'est pas poursuivie dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée. Par suite, M. B est fondé à demander la condamnation du centre hospitalier universitaire de Lille à lui verser une indemnité de fin de contrat d'un montant de 14 079,38 euros, correspondant au dixième de la rémunération totale brute qu'il a perçue au cours de ses contrats.

4. En second lieu, aux termes de l'article R. 6152-610 du code de la santé publique : " Les praticiens attachés sont recrutés pour un contrat d'une durée maximale d'un an, renouvelable dans la limite d'une durée totale de vingt-quatre mois. Lorsque, au terme de chaque contrat, la relation de travail n'est pas poursuivie, le praticien attaché a droit, à titre de complément de rémunération, à une indemnité destinée à compenser la précarité de sa situation. Le montant et les conditions de versement de l'indemnité sont fixés par arrêté des ministres chargés du budget et de la santé. / () ". Aux termes de l'article 2 de l'arrêté susvisé du 21 octobre 2003 : " Le montant brut de cette indemnité est égal à 10 % du total des émoluments bruts visés au 1° de l'article 14 du décret du 1er août 2003 susvisé, dus au titre du contrat en cours. Cette indemnité n'est pas soumise à cotisations IRCANTEC ". Il résulte de ces dispositions que les praticiens attachés ne peuvent prétendre au bénéfice de l'indemnité qu'elles prévoient que si, au terme de leur contrat d'une durée maximale d'un an, la relation de travail n'est pas poursuivie, quelle que soit la partie à l'initiative du non-renouvellement du contrat.

5. Il résulte de l'instruction que la relation de travail entre M. B et le centre hospitalier universitaire de Lille ne s'est pas poursuivie postérieurement au terme, fixé au 20 février 2020, du contrat de praticien attaché de l'intéressé. Dans ces conditions, et sans qu'ait d'incidence la partie à l'origine de la fin de cette relation contractuelle, M. B est fondé à demander la condamnation du centre hospitalier universitaire de Lille à lui verser une indemnité de précarité, dans la limite d'un montant de 6 689,65 euros correspondant au reliquat des conclusions pécuniaires présentées par l'intéressé. L'état de l'instruction ne permettant pas de déterminer précisément la somme due à ce titre, il y a lieu de renvoyer M. B devant le centre hospitalier universitaire de Lille afin qu'il soit procédé à la liquidation de cette indemnité.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Lille le versement à M. B d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DÉCIDE :

Article 1er : Le centre hospitalier universitaire de Lille est condamné à verser à M. B une somme de 14 079,38 euros au titre des indemnités de fin de contrat prévues par l'article L. 1243-8 du code du travail.

Article 2 : Le centre hospitalier universitaire de Lille est condamné à verser à M. B, dans la limite d'un montant de 6 689,65 euros, une somme au titre de l'indemnité de précarité prévue par l'article R. 6152-610 du code de la santé publique.

Article 3 : M. B est renvoyé devant le centre hospitalier universitaire de Lille pour qu'il soit procédé, conformément aux motifs du présent jugement, à la liquidation de la somme mentionnée à l'article 2.

Article 4 : Le centre hospitalier universitaire de Lille versera à M. B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au centre hospitalier universitaire de Lille.

Délibéré après l'audience du 30 mars 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Lemaire, président,

- Mme Dang, première conseillère,

- Mme Courtois, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 avril 2023.

L'assesseure la plus ancienne,

Signé

L. DANGLe président-rapporteur,

Signé

O. C

La greffière,

Signé

S. RANWEZ

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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