vendredi 22 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2007793 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | BALAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 octobre 2020, Mme B A, représentée par Me Anne Painset-Beauvillain, demande au tribunal :
1°) de condamner la caisse des écoles de Calais à lui verser la somme de 40 118 euros au titre des préjudices consécutifs à une promesse d'embauche non tenue ;
2°) de mettre à la charge de la caisse des écoles de Calais le versement de la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient :
- la caisse des écoles de Calais a commis une faute, en ne respectant pas sa promesse d'embauche, exprimée dans un courrier du 17 janvier 2012, qui est à l'origine de son préjudice financier d'un montant de 16 373 euros, de son préjudice moral d'un montant de 17 745 euros et des troubles subis dans les conditions d'existence évalué à 5 000 euros ;
- elle subit également un préjudice résultant du non-respect du préavis de non-reconduction de son dernier contrat de travail, qu'elle évalue à 1 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 avril 2021, la caisse des écoles de Calais, représentée par Me Balaÿ, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- elle n'a commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité dès lors que Mme A n'avait aucun droit au renouvellement de son contrat de travail, que le non-renouvellement de ce contrat résulte des nécessités tirées de l'organisation du service, que l'attestation du 17 janvier 2012 ne constitue pas une promesse d'embauche et que l'intéressée a été reçue le 29 août 2016 par la directrice du département scolarité et activités périscolaires qui lui a annoncé la non-reconduction de son contrat de travail ;
- les préjudices dont se prévaut la requérante ne sont pas établis.
Par une ordonnance du 4 août 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 septembre 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Babski,
- les conclusions de M. Christian, rapporteur public,
- et les observations de Me Hermary, substituant Me Balaÿ, représentant la caisse des écoles de Calais.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A a été engagée à compter du 5 janvier 2008 par la caisse des écoles de Calais, établissement public communal doté de la personnalité morale, pour effectuer des vacations de surveillance dans les restaurants scolaires en remplacement de personnels indisponibles puis, à compter du 16 avril 2012, comme adjoint technique non titulaire temporaire. Le 17 janvier 2012, une attestation lui a été remise, indiquant que selon les départs à la retraite de certains agents permanents, elle pourra prétendre, dans un futur plus ou moins proche, à un emploi d'agent de service en poste permanent. Le contrat liant l'intéressée à la caisse des écoles a ainsi été renouvelé jusqu'au 28 juin 2016. Par la présente requête, Mme A, recherche la responsabilité de la caisse des écoles de Calais, au motif que celle-ci n'a pas tenu la promesse d'embauche qui lui a été faite et demande au tribunal de condamner l'intéressée à lui verser la somme globale de 40 118 euros en réparation des différents préjudices qu'elle estime avoir subi de ce fait.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
2. Constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l'administration le non-respect des assurances de recrutement données par elle à un agent. Toutefois, la promesse de recrutement doit être dépourvue d'ambiguïté et telle que le candidat a légitimement pu lui accorder du crédit.
3. En premier lieu, il résulte de l'instruction que l'attestation du maire de Calais, établie le 17 janvier 2012, dont se prévaut Mme A, se bornait à indiquer que : " Selon les départs à la retraite de certains agents permanents ", l'intéressée " pourra prétendre, dans un futur plus ou moins proche, à un emploi d'agent de service en poste permanent ". Contrairement à ce que soutient la requérante, ce document, dont les termes employés ne précisent ni les modalités, ni le statut sous lequel l'intéressée aurait pu éventuellement être recrutée, ne peut être regardé comme lui donnant une assurance de recrutement en qualité de titulaire, et ce alors qu'au surplus, son auteur ne bénéficiait pas d'une délégation de signature l'autorisant à procéder au recrutement des personnels. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la commune de Calais aurait commis une faute en ne procédant pas à sa titularisation. Dès lors, sa demande tendant à l'indemnisation des préjudices subis, tant financier que moral et concernant les troubles dans les conditions d'existence, résultant d'une promesse de recrutement non tenue, doit être rejetée.
4. En second lieu, si Mme A a sollicité également l'indemnisation, à hauteur de 1 000 euros, du préjudice subi du fait du non-respect du préavis de non-reconduction de son dernier contrat de travail, prévu à l'article 38-1 du décret du 15 février 1988, pris pour l'application de l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale, selon lequel : " Lorsqu'un agent contractuel a été engagé pour une durée déterminée susceptible d'être renouvelée en application des dispositions législatives ou réglementaires qui lui sont applicables, l'autorité territoriale lui notifie son intention de renouveler ou non l'engagement au plus tard : -huit jours avant le terme de l'engagement pour l'agent recruté pour une durée inférieure à six mois [] ", ce préjudice n'a toutefois aucune lien de causalité avec la faute résultant, selon elle, de l'absence de titularisation. Au surplus, l'arrêté du 19 juillet 2016, qui est le dernier arrêté de recrutement de Mme A a été signé par la commune de Calais et non par la caisse des écoles dont la requérante recherche, en l'espèce, la responsabilité. Par suite, sa demande indemnitaire doit être rejetée.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires, présentées par Mme A, doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la caisse des écoles de Calais, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme demandée par la caisse des écoles de Calais au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la caisse des écoles de Calais sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la caisse des écoles de Calais.
Délibéré après l'audience du 1er décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Stefanczyk, présidente,
M. Babski, premier conseiller,
M. Caustier, premier conseiller
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2023.
Le rapporteur,
Signé
D. BABSKI
La présidente,
Signé
S. STEFANCZYK
La greffière,
Signé
D. WISNIEWSKI
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026