jeudi 2 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2008002 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | GUEY-BALGAIRIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 7 novembre 2020 et 22 avril 2022, M. et Mme A B, représentés par Me Guey-Balgairies, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2016, ainsi que des pénalités correspondantes, et de la cotisation primitive d'impôt sur le revenu et des cotisations supplémentaires de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2017, ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils peuvent prétendre, au titre des années 2016 et 2017, au bénéfice de la réduction d'impôt prévue par l'article 199 terdecies-0 A du code général des impôts à raison de la souscription au capital de la société à responsabilité limitée Hera, qui employait deux salariés à la date de clôture de son premier exercice, le 31 décembre 2017, et doit dès lors être regardée comme remplissant cette condition à la clôture de l'exercice suivant ; la perte de l'effectif, qui résulte de la démission d'un salarié, est indépendante de la volonté de la société Hera ;
- ils n'ont eu connaissance ni de l'existence, ni de l'origine, ni des motifs de la décision de dégrèvement du 31 juillet 2017, qui n'était pas jointe à la décision de rejet de leur réclamation préalable ; par suite, il y a lieu de fixer l'imposition antérieure à 44 949 euros et de réduire la variation avant et après contrôle à 5 745 euros ;
- la pénalité pour manquement délibéré infligée sur le fondement de l'article 1729 du code général des impôts n'est pas justifiée, en l'absence d'intention délibérée d'échapper à
-
l'impôt ;
- ils entendent se prévaloir de la loi n° 2018-727 du 10 avril 2018 pour un État au
service d'une société de confiance, qui a instauré un droit à l'erreur.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 23 décembre 2020 et 27 avril 2022, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. et Mme B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 11 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 8 juin 2022.
Un mémoire, présenté pour M. et Mme B, a été enregistré le 7 juin 2022. Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lemaire,
- et les conclusions de M. Quint, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B ont fait l'objet d'un contrôle sur pièces de leur dossier fiscal, à l'issue duquel ils ont été assujettis, au titre de l'année 2016, à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales et, au titre de l'année 2017, à une cotisation primitive d'impôt sur le revenu et à des cotisations supplémentaires de contributions sociales. Ils demandent au tribunal de prononcer la réduction de ces impositions, ainsi que des pénalités correspondantes.
Sur le bien-fondé des impositions :
2. En premier lieu, en vertu des dispositions de l'article 199 terdecies-0 A du code général des impôts et de celles, auxquelles elles renvoient, du 1 bis du I de l'article 885-0 V bis de ce code, les contribuables domiciliés fiscalement en France pouvaient bénéficier, au titre des années 2016 et 2017, d'une réduction de leur impôt sur le revenu au titre des souscriptions en numéraire au capital initial ou aux augmentations de capital de certaines sociétés dont les titres n'étaient pas négociables sur un marché réglementé à la condition, notamment, que la société bénéficiaire des versements comptât en principe au moins deux salariés à la clôture de l'exercice suivant la souscription ayant ouvert droit à cette réduction.
3. Il résulte de l'instruction, et notamment de la proposition de rectification du 22 janvier 2019, que M. et Mme B, ainsi que leur fille, qui était rattachée à leur foyer fiscal
1.
au titre de l'année 2017, ont chacun souscrit en numéraire au capital de la société Hera au cours du premier exercice de cette société, ouvert le 22 décembre 2016 et clos le 31 décembre 2017. Il est constant qu'à la clôture de l'exercice suivant ces souscriptions, le 31 décembre 2018, la société Hera ne comptait qu'un seul salarié. Par suite, et sans que les requérants puissent utilement se prévaloir de ce que cette société comptait deux salariés à la clôture de son premier exercice, l'un de ces salariés ayant démissionné au mois de septembre 2018, c'est à bon droit que le service vérificateur a remis en cause les réductions d'impôt dont ils avaient bénéficié sur le fondement de l'article 199 terdecies-0 A du code général des impôts.
4. En second lieu, il résulte de l'instruction, et notamment de la proposition de rectification du 22 janvier 2019 et de la décision du 8 septembre 2020 rendue sur la réclamation préalable, que, pour liquider la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu à laquelle M. et Mme B ont été assujettis au titre de l'année 2016, le service a déduit de l'impôt total dû au titre de cette année, d'un montant de 50 694 euros, déterminé à l'issue de la procédure de rectification, la cotisation primitive d'impôt acquittée par les contribuables avant le contrôle dont ils avaient fait l'objet, pour un montant de 38 646 euros. Si les requérants se prévalent de ce que la cotisation primitive d'impôt sur le revenu mise à leur charge au titre de l'année 2016 a été mise en recouvrement pour un montant de 44 949 euros, et non de 38 646 euros, il résulte de l'instruction que cette imposition a été partiellement dégrevée avant l'engagement des opérations de contrôle, à concurrence d'un montant de 6 303 euros. Par suite, et sans qu'y fassent obstacle les circonstances, à les supposer établies, qu'ils n'aient eu connaissance ni de l'existence, ni des motifs de cette décision de dégrèvement partiel et que cette décision n'ait pas été jointe à la décision du 8 septembre 2020 rendue sur leur réclamation préalable, M. et Mme B ne sont pas fondés à soutenir que le service a commis une erreur quant au montant de l'imposition initiale à déduire de l'impôt sur le revenu total dû au titre de l'année 2016 à retenir pour la liquidation de la cotisation supplémentaire en litige.
Sur le bien-fondé de la pénalité pour manquement délibéré :
5. En premier lieu, aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt () entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré ; / () ". Aux termes de l'article
L. 195 A du livre des procédures fiscales : " En cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable au titre des impôts directs (), la preuve de la mauvaise foi () incombe à l'administration ".
6. Il résulte de l'instruction, et notamment de la proposition de rectification du 22 janvier 2019 et de la réponse aux observations du contribuable du 16 avril 2019, que le service a infligé à M. et Mme B une pénalité pour manquement délibéré de 40 % sur le fondement des dispositions précitées de l'article 1729 du code général des impôts à raison de la taxation à l'impôt sur le revenu, selon le régime des plus-values de cession de valeurs mobilières, des compléments de prix d'un montant de 20 375 euros chacun perçus le 6 mars 2017 par
M. B, son épouse et leur fille rattachée à leur foyer fiscal, en application d'un protocole de cession de titres de la société Générale Thermique conclu le 28 juin 2016 avec la société Keyros. L'administration fiscale, qui se prévaut de l'importance et de la nature de la rectification et de ce que M. et Mme B, qui avaient déclaré au titre de l'année 2016 les sommes qui leur avaient été versées à raison de cette cession de titres, ne pouvaient pas ignorer le caractère imposable des compléments de prix perçus en 2017, doit être regardée comme apportant la preuve, qui lui incombe, conformément à l'article L. 195 A du livre des procédures fiscales, de l'intention délibérée des contribuables de se soustraire à l'impôt et, par suite, sans qu'y fasse obstacle la
circonstance, à la supposer établie, que leur déclaration des revenus de l'année 2017 ait été préparée par un cabinet comptable, du bien-fondé de la pénalité pour manquement délibéré qui leur a été infligée sur le fondement des dispositions précitées de l'article 1729 de ce code.
7. En second lieu, aux termes de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration, créé par la loi du 10 août 2018 pour un État au service d'une société de confiance : " Une personne ayant méconnu pour la première fois une règle applicable à sa situation ou ayant commis une erreur matérielle lors du renseignement de sa situation ne peut faire l'objet, de la part de l'administration, d'une sanction, pécuniaire ou consistant en la privation de tout ou partie d'une prestation due, si elle a régularisé sa situation de sa propre initiative ou après avoir été invitée à le faire par l'administration dans le délai que celle-ci lui a indiqué. / La sanction peut toutefois être prononcée, sans que la personne en cause ne soit invitée à régulariser sa situation, en cas de mauvaise foi ou de fraude. / () ". Aux termes de l'article L. 123-2 de ce code : " Est de mauvaise foi, au sens du présent titre, toute personne ayant délibérément méconnu une règle applicable à sa situation. / () ".
8. Il résulte de ce qui a été dit au point 6 que M. et Mme B ont délibérément entendu se soustraire à l'impôt dû à raison des compléments de prix d'un montant total de 61 125 euros qu'ils avaient perçus avec leur fille rattachée à leur foyer fiscal en 2017 en conséquence de la cession de titres de la société Générale Thermique. Par suite, ils ne sont, en tout état de cause, fondés ni à soutenir que la pénalité pour manquement délibéré qui leur a été infligée est " contraire " aux dispositions précitées du premier alinéa de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration, ni à se prévaloir du " droit à l'erreur instauré " par la loi du 10 août 2018.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme B ne sont pas fondés à demander la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2016, ainsi que des pénalités correspondantes, et de la cotisation primitive d'impôt sur le revenu et des cotisations supplémentaires de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2017, ainsi que des pénalités correspondantes. Leurs conclusions à fin de réduction doivent dès lors être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles qu'ils ont présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A B et au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.
Délibéré après l'audience du 9 février 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Lemaire, président,
- Mme Lançon, première conseillère,
- Mme Courtois, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mars 2023.
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
L.-J. LANÇON
Le président-rapporteur,
Signé
O. LEMAIRE
La greffière, Signé
S. RANWEZ
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme, La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026