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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2008131

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2008131

jeudi 2 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2008131
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantAARPI CABINET LYSIANE ET GERALD VAIRON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 novembre 2020, Mme A B, représentée par Me Vairon, demande au tribunal :

1°) de juger que son licenciement est nul ou, à tout le moins, dépourvu de cause réelle et sérieuse et, à titre principal, d'ordonner sa réintégration ou, à titre subsidiaire, de condamner l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Didier Lampin à lui verser la somme de 40 000 euros en réparation du préjudice subi ;

2°) de condamner l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Didier Lampin à lui verser les sommes de 30 000 euros à défaut de réintégration, 30 000 euros et 25 000 euros en réparation, respectivement, d'une perte de droits à pension de retraite résultant de l'absence de prise en considération de la totalité de son ancienneté dans les effectifs de cet établissement et de son absence de titularisation, du préjudice subi du fait d'agissements de harcèlement moral et du préjudice subi du fait d'une discrimination ;

3°) de condamner l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Didier Lampin à lui verser les sommes de 3 083,40 euros et 7 151,77 euros correspondant, respectivement, à une indemnité compensatrice de préavis et à une indemnité de licenciement ;

4°) de condamner, en tant que de besoin, l'État à lui verser les sommes sollicitées ;

5°) de mettre à la charge de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Didier Lampin la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'administration n'a pas pris en considération la totalité de son ancienneté ;

- elle est en droit de revendiquer la qualité d'agent titulaire dès le 2 décembre 2002 ;

- elle est victime d'agissements de harcèlement moral ;

- elle est victime d'agissements discriminatoires fondés sur le sexe et l'origine ;

- son licenciement est nul en raison de la situation de discrimination et de harcèlement moral qu'elle subit ;

- elle est en droit de bénéficier d'une indemnité compensatrice de préavis et d'une indemnité de licenciement.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 août 2021 et 29 octobre 2021, l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Didier Lampin, représenté par Me Brazier, conclut, à titre principal, à sa mise hors de cause, à titre subsidiaire, au rejet de la requête et, en toutes hypothèses, à ce que soit mis à la charge de Mme B le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les conclusions présentées par Mme B sont uniquement dirigées contre la décision implicite par laquelle le ministre des solidarités et de la santé a rejeté sa demande indemnitaire préalable ;

- aucune demande indemnitaire préalable ne lui a été adressée, de sorte que le contentieux n'est pas lié à son égard ;

- la requête, qui a été présentée postérieurement à l'expiration d'un délai raisonnable d'un an, est tardive et, par suite, irrecevable ;

- en tout état de cause, les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 octobre 2021, le ministre des solidarités et de la santé conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les conclusions présentées par Mme B sont mal dirigées.

Par une ordonnance en date du 3 novembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 janvier 2022.

Les parties ont été informées, par application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement du tribunal était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité pour tardiveté des conclusions à fin d'annulation de la décision en date du 24 mai 2019 par laquelle le directeur de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Didier Lampin a licencié Mme B, le délai de recours contentieux ayant expiré antérieurement à l'introduction de la requête.

Vu les autres pièces du dossier. Vu :

- le code du travail ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;

- le décret n° 91-155 du 6 février 1991 ;

- le décret n° 2007-1188 du 3 août 2007 ;

- le décret n° 2016-1156 du 24 août 2016 ;

- le code de justice administrative.

-

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Lemaire,

- les conclusions de M. Quint, rapporteur public,

- et les observations de Me Brazier, avocat de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Didier Lampin.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ancien agent des services hospitaliers qualifié contractuel à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Didier Lampin, doit être regardée comme demandant au tribunal, d'une part, d'annuler la décision en date du 24 mai 2019 par laquelle le directeur de cet établissement l'a licenciée pour faute et, d'autre part, de condamner ledit établissement et l'État à lui verser diverses sommes auxquelles elle estime avoir droit ou en réparation de préjudices qu'elle estime avoir subis.

Sur la demande de mise hors de cause :

2. Il résulte des termes mêmes de la requête qu'elle a présentée que Mme B demande, notamment, d'une part, l'annulation de la décision en date du 24 mai 2019 par laquelle le directeur de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Didier Lampin l'a licenciée pour faute et, d'autre part, la condamnation de cet établissement à lui verser diverses sommes auxquelles elle estime avoir droit ou en réparation de préjudices qu'elle estime avoir subis. Par suite, il n'y a pas lieu de mettre hors de cause l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Didier Lampin dans la présente instance.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / () ".

4. Il ressort des pièces du dossier que la décision en date du 24 mai 2019 par laquelle le directeur de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Didier Lampin a licencié Mme B, qui mentionnait les voies et délais de recours, a été régulièrement notifiée à l'intéressée le jour même, par remise en main propre. Dès lors, les conclusions tendant à l'annulation de cette décision, qui ont été présentées par la requête enregistrée au greffe du tribunal de céans le 12 novembre 2020, soit postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux, sont tardives et, par suite, irrecevables.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne les informations figurant dans l'attestation destinée à Pôle emploi :

5. Aux termes de l'article R. 1234-9 du code du travail : " L'employeur délivre au salarié, au moment de l'expiration ou de la rupture du contrat de travail, les attestations et justifications qui lui permettent d'exercer ses droits aux prestations mentionnées à l'article

L. 5421-2 et transmet sans délai ces mêmes attestations à Pôle emploi. / () ". Conformément à

ces dispositions, la délivrance d'une attestation destinée à Pôle emploi comportant des informations exactes revêt le caractère d'une obligation pour l'employeur dans tous les cas d'expiration ou de rupture d'un contrat de travail.

6. Mme B soutient que l'attestation qu'elle a reçue comporte une information erronée quant à sa date d'arrivée dans les effectifs de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Didier Lampin. Toutefois, il résulte de l'instruction, d'une part, que la requérante a reçu les attestations destinées à Pôle emploi afférentes à chacun de ses précédents contrats à durée déterminée et, d'autre part, que la dernière attestation dont elle a été rendue destinataire, qui est afférente au seul contrat à durée indéterminée sous l'empire duquel elle a travaillé à compter du 1er janvier 2014 et qui a pris fin à la suite de son licenciement le 24 mai 2019, mentionne à bon droit ces mêmes dates. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à demander la condamnation de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Didier Lampin ni, en tout état de cause, de l'État à lui verser une somme de 30 000 euros en réparation du préjudice résultant d'une perte de droits à pension de retraite qu'elle estime avoir subi en conséquence.

En ce qui concerne l'absence de titularisation :

7. Mme B ne saurait utilement soutenir qu'elle est en droit de " revendiquer la qualification d'agent titulaire dès le 2 décembre 2002 " sur le fondement du décret du 17 janvier 1986 susvisé, ce décret n'étant pas applicable aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière.

En ce qui concerne le harcèlement moral allégué :

8. Aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 susvisée, portant droits et obligations des fonctionnaires : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ". Aux termes de l'article 32 de cette loi : " () /

II. - Sauf dispositions législatives ou réglementaires contraires, sont applicables aux agents contractuels le chapitre II de la présente loi, () ". Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

9. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6, les mentions figurant sur l'attestation destinée à Pôle emploi délivrée à Mme B ne sont pas de nature à laisser présumer l'existence d'un harcèlement moral.

10. En deuxième lieu, si la nomination dans un corps en tant que fonctionnaire stagiaire confère à son bénéficiaire le droit d'effectuer un stage dans la limite de la durée maximale prévue par les règlements qui lui sont applicables, elle ne lui confère aucun droit à être titularisé.

11. D'une part, si Mme B se prévaut de " multiples promesses non tenues de titularisation ", elle se borne à produire une unique attestation datée du 9 mai 2011, laquelle, en

1.

tout état de cause, ne fait aucunement ressortir que l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Didier Lampin aurait entendu lui donner une quelconque assurance quant à son éventuelle titularisation, le directeur de cet établissement s'étant contenté d'indiquer la date prévisible à laquelle elle était susceptible d'être titularisée à l'issue de son stage. D'autre part, Mme B ne conteste pas sérieusement le caractère inadéquat de sa manière de servir lors de son stage, laquelle ressort au demeurant d'un rapport circonstancié produit par l'établissement défendeur. Enfin, il est constant que la commission administrative paritaire départementale a émis un avis favorable à la non-titularisation de Mme B. Dans ces conditions, l'absence de titularisation de Mme B au terme de son stage n'est pas susceptible de faire présumer l'existence d'un harcèlement moral.

12. En dernier lieu, il résulte de l'instruction que Mme B s'est appropriée une panière ne lui appartenant pas, dans les locaux de son établissement, sans en avoir sollicité l'autorisation auprès de sa hiérarchie ou s'être assurée que la chose ainsi soustraite, qui ne se trouvait pas dans le local poubelle, avait été définitivement abandonnée par son propriétaire. La circonstance, à la supposer établie, que l'une de ses collègues lui aurait indiqué que la panière était destinée à être jetée est sans incidence sur le caractère fautif de ces faits. Par ailleurs, il résulte également de l'instruction que Mme B avait précédemment fait l'objet d'une sanction disciplinaire d'exclusion temporaire de fonctions pour avoir dérobé des légumes dans le jardin thérapeutique de l'établissement. Dans ces conditions, l'intéressée n'est pas fondée à soutenir que les accusations de vols portées à son encontre seraient de nature à laisser présumer l'existence d'un harcèlement moral.

13. Il résulte de ce qui a été dit aux points 9 à 12 que Mme B, qui n'apporte pas d'éléments de fait suffisants susceptibles de faire présumer l'existence d'un harcèlement moral, n'est pas fondée à demander pour ce motif la condamnation de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Didier Lampin ni, en tout état de cause, de l'État à lui verser une somme de 30 000 euros en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi.

En ce qui concerne la discrimination alléguée :

14. Aux termes de l'article 6 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée, portant droits et obligations des fonctionnaires : " () / Aucune distinction, directe ou indirecte, ne peut être faite entre les fonctionnaires en raison () de leur origine () ". Aux termes de l'article 6 bis de cette loi : " Aucune distinction, directe ou indirecte, ne peut être faite entre les fonctionnaires en raison de leur sexe. / () ". Aux termes de l'article 32 de la même loi : " () / II. - Sauf dispositions législatives ou réglementaires contraires, sont applicables aux agents contractuels le chapitre II de la présente loi, () ". De manière générale, il appartient au juge administratif, dans la conduite de la procédure inquisitoire, de demander aux parties de lui fournir tous les éléments d'appréciation de nature à établir sa conviction. Cette responsabilité doit, dès lors qu'il est soutenu qu'une mesure a pu être empreinte de discrimination, s'exercer en tenant compte des difficultés propres à l'administration de la preuve en ce domaine et des exigences qui s'attachent aux principes à valeur constitutionnelle des droits de la défense et de l'égalité de traitement des personnes. S'il appartient au requérant qui s'estime lésé par une telle mesure de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer une atteinte à ce dernier principe, il incombe au défendeur de produire tous ceux permettant d'établir que la décision attaquée repose sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si la décision contestée devant lui a été ou non prise pour des motifs entachés de discrimination, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

1.

15. Pour faire présumer l'existence à son encontre d'une discrimination fondée sur le sexe et l'origine, Mme B se borne à faire valoir, sans apporter le moindre commencement de preuve à l'appui de ses allégations, qu'elle n'a pas bénéficié d'un avancement comparable à celui dont ont pu profiter d'autres agents de l'établissement, dont les noms n'avaient pas de consonance maghrébine. Par ailleurs, si l'intéressée soutient également qu'il est " hallucinant " qu'elle " ait été qualifiée de stagiaire après huit ans d'ancienneté ", il résulte de l'instruction que l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Didier Lampin s'est borné à faire application des dispositions de l'article 11 du décret du 3 août 2007 susvisé, qui impose aux candidats nommés en qualité d'agent des services hospitaliers qualifié d'effectuer un stage d'une durée d'une année à l'issue duquel ils sont titularisés si ce stage a donné satisfaction. Enfin, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11, Mme B n'est pas fondée à se prévaloir d'une quelconque promesse de titularisation non tenue.

16. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que Mme B, qui n'apporte pas d'éléments de fait suffisants susceptibles de faire présumer l'existence d'une discrimination, n'est pas fondée à demander pour ce motif la condamnation de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Didier Lampin ni, en tout état de cause, de l'État à lui verser une somme de 25 000 euros en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi.

En ce qui concerne le licenciement pour faute :

17. Il résulte de la combinaison des articles 6, 6 bis, 6 quinquies et 32 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée, ainsi que de l'article 1er du décret du 24 août 2016 susvisé, qu'aucune mesure concernant le recrutement, l'affectation, la détermination ou la réévaluation de la rémunération, la promotion, la formation, l'évaluation, la discipline, la mobilité, la portabilité du contrat, le reclassement, le licenciement et le non-renouvellement du contrat ne peut être prise à l'égard d'un agent contractuel de droit public en prenant en considération le fait qu'il ait subi ou refusé de subir des agissements de harcèlement moral ou des agissements méconnaissant l'interdiction des distinctions, directes ou indirectes, fondée sur l'origine ou le sexe.

18. Mme B ne saurait soutenir que son licenciement pour faute a été décidé en méconnaissance des dispositions mentionnées au point précédent dès lors qu'ainsi qu'il a été dit aux points 8 à 16 du présent jugement, les faits de harcèlement moral et les agissements discriminatoires allégués ne sont pas caractérisés. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à demander la condamnation de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Didier Lampin ni, en tout état de cause, de l'État à lui verser une somme de 40 000 euros en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi.

En ce qui concerne les indemnités de licenciement et compensatrice de préavis :

19. Aux termes de l'article 39 du décret du 6 février 1991, relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels des établissements mentionnés à l'article 2 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière : " Les sanctions disciplinaires susceptibles d'être appliquées aux agents contractuels sont les suivantes : / () / 4° Le licenciement, sans préavis ni indemnité de licenciement. / () ".

20. Si Mme B sollicite le versement d'une indemnité de licenciement, en se fondant au demeurant sur les dispositions des articles L. 1234-9 et R. 1234-2 du code du travail, lesquelles ne sont pas applicables aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière, ainsi qu'une indemnité compensatrice de préavis non effectué, il résulte des dispositions

1.

précitées de l'article 39 du décret du 6 février 1991 susvisé que le licenciement d'un agent contractuel prononcé à titre de sanction disciplinaire intervient sans préavis ni indemnité de licenciement. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à demander la condamnation de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Didier Lampin ni, en tout état de cause, de l'État à lui verser une somme de 3 083,40 euros à titre d'indemnité compensatrice de préavis et une somme de 7 151,77 euros à titre d'indemnité de licenciement.

21. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions indemnitaires de Mme B doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

22. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme B doivent, dès lors, être rejetées.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Didier Lampin, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme que Mme B demande au titre des frais qu'elle a exposés. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B la somme que l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Didier Lampin demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Didier Lampin à fin de mise hors de cause et celles qu'il a présentées au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Didier Lampin et au ministre de la santé et de la prévention.

Délibéré après l'audience du 9 février 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Lemaire, président,

- Mme Lançon, première conseillère,

- Mme Courtois, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mars 2023.

L'assesseure la plus ancienne,

Signé

L.-J. LANÇON

Le président-rapporteur,

Signé

O. LEMAIRE

La greffière, Signé

S. RANWEZ

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme, La greffière,

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