mardi 25 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2008674 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP GROS-HICTER ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 décembre 2020 et 22 avril 2021, la société par actions simplifiée Le Chapito, représentée par la SCP Gros, Hicter, d'Halluin et associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 novembre 2020 par laquelle la maire de la commune de Lille a rejeté sa demande indemnitaire préalable formée le 1er octobre 2020 ;
2°) de condamner la commune de Lille à lui verser une indemnité de 275 000 euros, assortie des intérêts à taux légal, en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi du fait de promesses non tenues ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Lille la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la commune de Lille lui a expressément promis de prolonger pour une durée indéterminée l'autorisation d'occupation du parc Engrand par son chapiteau, au-delà de la durée prévue par la convention d'occupation du domaine public et du permis précaire délivré, la commune ayant réservé des créneaux d'occupation du chapiteau pour une période postérieure au terme prévu de la convention et du permis ; en lui adressant le 28 août 2020, un courrier lui demandant de démonter son installation et de remettre le site du parc Engrand en son état initial, la maire de Lille n'a pas tenu sa promesse, engageant dès lors la responsabilité pour faute de la commune ;
- la faute de la commune lui a causé des préjudices dès lors qu'elle a réalisé des investissements au hauteur de 75 000 euros, qu'elle a subi une perte d'exploitation pour la saison 2020-2021 évalué à 100 000 euros et un préjudice commercial et moral du fait de l'expulsion et de l'atteinte à son image de marque évalué à 100 000 euros ;
- la commune de Lille doit l'indemniser des préjudices subis en lui versant la somme globale de 275 000 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 mars 2021, la commune de Lille conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en raison du défaut de qualité pour agir de son représentant ;
- les moyens soulevés par la société Le Chapito ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Babski, rapporteur public,
- les observations de Me Dubois-Catty, représentant la société Le Chapito,
- et les observations de M. B, représentant la commune de Lille.
Considérant ce qui suit :
1. En l'espèce, par une convention conclue le 27 juin 2017, la commune de Lille a autorisé la société Le Chapito à occuper le domaine public communal sur le site dit centre Gustave Engrand sis 208 rue Faidherbe sur la parcelle cadastrée 298 AB 685 à Hellemmes. Cette convention précise qu'elle est conclue, à titre précaire et révocable, pour une durée de 24 mois à compter du 15 mai 2017. Par un arrêté du 31 juillet 2018, la maire de Lille a accordé à cette même société un permis de construire en vue de l'installation d'un chapiteau sur le terrain concerné. Cette autorisation était délivrée à titre précaire pour une durée de deux ans, soit jusqu'au 1er août 2020. Pour assurer une cohérence avec la durée du permis de construire délivré, la commune a ultérieurement proposé à la société requérante un avenant à la convention d'occupation du domaine public afin de la prolonger jusqu'au 3 août 2020. Toutefois, il n'est pas contesté que la société Le Chapito n'a pas donné suite à cette proposition. Puis, par une décision du 28 août 2020, la maire de Lille a demandé à la société de libérer les lieux, de démonter son chapiteau et de remettre le site dans son état initial.
2. Il ne résulte pas de l'instruction et notamment pas des termes d'un simple courrier de remerciement de la maire de Lille relatif à son invitation au spectacle de Noël 2019 organisé par la société ainsi que des propres affiches promotionnelles de cette dernière pour la fin de l'année 2020 que la commune se soit engagée à permettre à la société Le Chapito de poursuivre l'occupation du site concerné et d'y maintenir l'exploitation de son chapiteau au-delà de la durée fixée par la convention. Si la société produit en outre un courrier du 23 décembre 2019 de la directrice générale des services de la commune d'Hellemmes, commune associée à la commune de Lille, sollicitant la mise à disposition au bénéfice de la commune du chapiteau de la société requérante pour les 25 septembre, 4 octobre et 10 octobre 2020, ce courrier, qui ne fait pas mention de la localisation de ce chapiteau, ne saurait être regardé comme constituant un engagement ferme, formel et précis de la commune de prolonger les autorisations d'occupation du domaine public et d'urbanisme dont la société était bénéficiaire, au-delà de leur terme. Dans ces conditions, la société requérante n'est pas fondée à demander l'engagement de la responsabilité pour faute de la commune sur le fondement de promesses non tenues et ses conclusions à fin d'annulation et d'indemnisation doivent, dès lors, être rejetées.
3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la commune, que la requête doit être rejetée, y compris les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Le Chapito est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée Le Chapito et à la commune de Lille.
Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Chevaldonnet, président,
- Mme Grard, première conseillère,
- M. Liénard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2023.
La rapporteure,
Signé
E. A
Le président,
Signé
B. CHEVALDONNET
La greffière,
Signé
M. C
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026