vendredi 28 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2008675 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | RENET |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 24 novembre 2020, le président du tribunal administratif de Melun a transmis au tribunal administratif de Lille la requête introduite par M. B, enregistrée sous le n°2009318.
Par une requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Melun le 14 novembre 2020, et un mémoire, enregistré sous le n°2008675 au greffe du tribunal administratif de Lille le 12 avril 2021, M. A B, représenté par Me Renet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur du centre pénitentiaire de Lille-Loos-Sequedin a rejeté sa demande tendant à la restitution de la somme de 89,24 euros retenue lors de son départ de l'établissement sur son crédit téléphonique, pour un montant de 46,81 euros, et sur son compte nominatif, pour un montant de 42,43 euros ;
2°) d'enjoindre à l'Etat de lui restituer la somme de 89,24 euros indûment conservée par les services pénitentiaires après son départ du centre de détention de Lille-Loos-Sequedin ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 10,76 euros au titre des frais d'affranchissement exposés pour son recours.
Il soutient que :
- son recours relève de la compétence territoriale du tribunal administratif de Paris ;
- l'administration pénitentiaire du centre pénitentiaire de Lille-Loos-Sequedin a indument retenu, respectivement sur son compte téléphonique et sur son compte nominatif, les sommes de 46,81 euros et 42,43 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 22 et 24 mai 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de M. B à hauteur de 46, 81 euros et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir que :
- l'absence de restitution de la somme de 46,81 euros, correspondant au reliquat du crédit téléphonique du requérant, est une erreur ;
- la somme de 42,43 euros correspond aux facturations de cantine du requérant, de sorte que le prélèvement de ladite somme sur son compte nominatif était justifiée.
Par une lettre du 28 avril 2023, le tribunal a demandé à M. B de produire, dans un délai de 15 jours à peine d'irrecevabilité de la requête, le courrier du 19 septembre 2019 par lequel il a demandé au directeur du centre pénitentiaire de Lille-Loos-Sequedin de lui restituer les sommes de 46,81 euros et de 42,43 euros, en application du premier alinéa de l'article R. 412-1 du code de justice administrative.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 septembre 2020 du bureau d'aide juridictionnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Caustier,
- les conclusions de M. Christian, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, incarcéré au centre de détention de Melun, indique avoir demandé au directeur du centre pénitentiaire de Lille-Loos-Sequedin, par un courrier daté du 19 septembre 2019, de lui restituer les sommes de 46,81 euros et de 42,43 euros retenues, respectivement, sur son compte téléphonique et sur son compte nominatif à l'occasion de son transfert depuis cet établissement. Par un courrier du 16 décembre 2019, reçue le 9 janvier 2020, l'intéressé a formé auprès du garde des sceaux, ministre de la justice, un recours hiérarchique à l'encontre de la décision implicite du directeur du centre pénitentiaire de Lille-Loos-Sequedin portant rejet de sa demande.
2. Par la présente requête, M. B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision précitée par laquelle le directeur du centre pénitentiaire de Lille-Loos-Sequedin a implicitement refusé de lui restituer les sommes retenues sur ses comptes téléphonique et nominatif et d'enjoindre à cette même autorité de lui restituer la somme totale de 89,24 euros.
Sur la compétence territoriale :
3. D'une part, aux termes de l'article R. 351-3 du code de justice administrative : " Lorsqu'une cour administrative d'appel ou un tribunal administratif est saisi de conclusions qu'il estime relever de la compétence d'une juridiction administrative autre que le Conseil d'État, son président, ou le magistrat qu'il délègue, transmet sans délai le dossier à la juridiction qu'il estime compétente. / () " D'autre part, aux termes du deuxième alinéa de l'article R. 351-6 de ce code : " Lorsque le président de la cour administrative d'appel ou du tribunal administratif, auquel un dossier a été transmis en application du premier alinéa ou de la seconde phrase du second alinéa de l'article R. 351-3, estime que cette juridiction n'est pas compétente, il transmet le dossier, dans le délai de trois mois suivant la réception de celui-ci, au président de la section du contentieux du Conseil d'État, qui règle la question de compétence et attribue le jugement de tout ou partie de l'affaire à la juridiction qu'il déclare compétente. " Enfin, aux termes de l'article R. 351-9 du même code : " Lorsqu'une juridiction à laquelle une affaire a été transmise en application du premier alinéa de l'article R. 351-3 n'a pas eu recours aux dispositions du deuxième alinéa de l'article R. 351-6 ou lorsqu'elle a été déclarée compétente par le président de la section du contentieux du Conseil d'État, sa compétence ne peut plus être remise en cause ni par elle-même, ni par les parties, ni d'office par le juge d'appel ou de cassation, sauf à soulever l'incompétence de la juridiction administrative. ".
4. Par une ordonnance du 24 novembre 2020, le président du tribunal administratif de Melun a transmis au tribunal administratif de Lille la requête présentée par M. B en application des dispositions précitées de l'article R. 351-3 du code de justice administrative. Le tribunal administratif de Lille n'ayant pas mis en œuvre la procédure prévue par le deuxième alinéa de l'article R. 351-6 précité du code de justice administrative, l'article R. 351-9 du même code fait obstacle à ce que le requérant conteste sa compétence territoriale. Dès lors, l'exception d'incompétence territoriale opposée M. B doit être écartée.
Sur la recevabilité de la requête :
5. Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué () ".
6. Malgré la demande qui lui a été adressée en ce sens par le tribunal le 28 avril 2023, M. B n'a pas produit, dans le délai de 15 jours qui lui était imparti, la décision attaquée ni ne justifie de l'impossibilité de la produire. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation sont irrecevables et ne peuvent, pour ce motif, qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. L'exécution du présent jugement n'impliquant aucune mesure d'exécution, les conclusions de la requête à fin d'injonction doivent également être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au garde des sceaux, ministre de la justice, et à Me Renet.
Délibéré après l'audience du 3 juillet 2023, à laquelle siégeaient :
M. Marjanovic, président,
M. Larue, premier conseiller,
M. Caustier, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juillet 2023.
Le rapporteur,
Signé
G. CAUSTIER
Le président,
Signé
V. MARJANOVIC
La greffière,
Signé
D. WISNIEWSKI
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026