vendredi 19 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2009129 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | juge unique (8) |
| Avocat requérant | MARCILLY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 décembre 2020, M. A C, représenté par Me Marcilly, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 391, 56 euros, assortie des intérêts au taux légal courant à compter du 15 avril 2020 et de la capitalisation des intérêts ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision du 29 février 2020 par laquelle la directrice interrégionale des services pénitentiaires Lille-Grand Nord a implicitement rejeté le recours administratif qu'il a formé à l'encontre de la décision suspendant son classement d'emploi durant 30 jours est illégale ;
- cette décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que la sanction qui lui a été infligée a été adoptée sans que la procédure disciplinaire n'ait été respectée ;
- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors que la matérialité des faits qui lui sont reprochés n'est pas établie ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, une suspension de classement ne pouvant être prononcée que pour un maximum de 8 jours ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, la sanction qui lui a été infligée étant disproportionnée ;
- l'illégalité de la décision du 29 février 2020 précitée constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;
- son préjudice économique, correspondant à la perte des revenus tirés de son activité durant la suspension de son classement d'emploi, s'élève à la somme de 391,56 euros ;
- son préjudice moral doit être indemnisé à hauteur de 1 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 novembre 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les préjudices subis par M. C du fait de la suspension de son classement d'emploi ont d'ores et déjà été indemnisés, à hauteur de 1 339,59 euros, en exécution d'un jugement du tribunal administratif de Lille en date du 25 février 2022 ;
- le déclassement d'emploi en cause a été prononcé dans le cadre d'une procédure contradictoire ;
- la décision du 29 février 2020 par laquelle la directrice interrégionale des services pénitentiaires Lille-Grand Nord aurait implicitement rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé par M. C contre la décision suspendant son classement d'emploi durant 30 jours est inexistante dès lors que la mesure de suspension en cause ne constitue pas une sanction disciplinaire adoptée par le président de la commission de discipline ; en tout état de cause, ce recours préalable a été formé après l'expiration du délai prévu à l'article R. 57-7-32 du code de procédure pénale.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 mai 2023 du bureau d'aide juridictionnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Christian, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C est incarcéré au centre pénitentiaire de Longuenesse depuis le 21 août 2018 et a disposé, à compter du 31 décembre 2018, d'un classement d'emploi dans les services généraux de l'établissement en qualité de " plongeur " au sein de la cuisine centrale. Le 26 février 2019, son activité a été suspendue à titre conservatoire et, par une décision du 28 février 2019, le chef d'établissement a suspendu son classement d'emploi jusqu'au 23 mars 2019 compris. Par un courrier daté du 19 juin 2019, reçu le 25 juin suivant, M. C a demandé au directeur du centre pénitentiaire de Longuenesse de l'indemniser des préjudices subis du fait de l'illégalité de la décision portant suspension de son classement d'emploi durant 30 jours, à hauteur de 391,17 euros en ce qui concerne son préjudice financier et de 1 000 euros en ce qui concerne le préjudice moral.
2. Par un courrier du 31 janvier 2020, reçu le 3 février suivant, M. C a formé à l'encontre de la décision portant suspension de son classement d'emploi durant 30 jours un recours administratif auprès de la directrice interrégionale des services pénitentiaires Lille-Grand Nord, qui l'a implicitement rejeté. Par un courrier du 31 mars 2020, M. C a présenté auprès de la garde des sceaux, ministre de la justice, une demande préalable indemnitaire tendant au versement de la somme de 1 391, 56 euros au titre des préjudices subis du fait de l'illégalité de la décision implicite précitée de la directrice interrégionale des services pénitentiaires Lille-Grand Nord. Aucune suite n'a été donnée à sa demande.
3. Par la présente requête, M. C demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 391, 56 euros, assortie des intérêts au taux légal courant à compter du 15 avril 2020 et de la capitalisation des intérêts, au titre des préjudices subis du fait de l'illégalité de la décision précitée de la directrice interrégionale des services pénitentiaires Lille-Grand Nord portant rejet implicite de son recours administratif.
Sur les conclusions indemnitaires :
4. Par son courrier précité en date du 31 janvier 2020, M. C doit être regardé comme ayant formé auprès de la directrice interrégionale des services pénitentiaires Lille-Grand Nord un recours administratif à l'encontre de la décision du 28 février 2019 par laquelle le directeur du centre pénitentiaire de Longuenesse a suspendu son classement d'emploi jusqu'au 23 mars 2019 compris. A supposer même que cette décision du 28 février 2019 puisse être regardée comme constituant une sanction déguisée - ce qui ne ressort pas des pièces du dossier - les dispositions de l'article R. 57-7-32 du code de procédure pénale ne seraient en tout état de cause pas opposables au requérant, ladite décision n'ayant pas été " prononcée à son encontre par la commission de discipline ". Il s'ensuit que le recours administratif formé par M. C constitue un recours hiérarchique et non le recours administratif préalable obligatoire prévu par les dispositions de l'article R. 57-7-32 du code de procédure pénale, et que ledit recours hiérarchique, contrairement à ce que fait valoir le garde des sceaux en défense, a été de nature à faire naître une décision implicite de rejet, dont l'illégalité a été retenue par le tribunal administratif de Lille dans son jugement n°1903282, 1907286, 2001901 en date du 25 février 2022, qui en a prononcé l'annulation.
5. En demandant, par la présente requête, la condamnation de l'Etat à l'indemniser des préjudices subis du fait de l'illégalité de la décision par laquelle la directrice interrégionale des services pénitentiaires Lille-Grand Nord a rejeté le recours administratif qu'il a formé à l'encontre de la décision précitée du 28 février 2019 portant suspension de son classement d'emploi jusqu'au 23 mars 2019 inclus, M. C entend donc être indemnisé des préjudices subis du fait de la suspension de son classement d'emploi durant cette période. Toutefois, il est constant que, par le même jugement n°1903282, 1907286, 2001901 du 25 février 2022, le tribunal de céans a statué sur des conclusions identiques de M. C, en condamnant l'Etat à verser à l'intéressé une somme totale de 339,56 euros, soit 239,56 euros au titre du préjudice financier et 100 euros au titre du préjudice moral, assortie des intérêts au taux légal et de la capitalisation de ces intérêts, et il n'est ni établi ni même allégué que l'Etat n'aurait pas exécuté cette condamnation. Dans ces circonstances, et dès lors que le requérant n'établit pas avoir subi, du fait de la suspension de son classement d'emploi du 28 février au 23 mars 2019 inclus, un préjudice qui n'aurait pas d'ores et déjà été indemnisé, les conclusions indemnitaires de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. C réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, au garde des sceaux, ministre de la justice et à Me Marcilly.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 mai 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
G. B
La greffière,
Signé
H.BOURABI
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2009129
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026