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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2009193

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2009193

lundi 3 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2009193
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formationjuge unique (6)
Avocat requérantHENTZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 19 décembre 2020 et le 2 mai 2022, M. C A, représenté par Me Hentz, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 23 juin 2020 par laquelle le président du conseil départemental du Nord a rejeté son recours administratif préalable obligatoire dirigé contre la décision du 19 janvier 2018 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Nord lui a réclamé le remboursement de deux indus de revenu de solidarité active (INK/003 et INK/001) d'un montant total de 5 934,04 euros au titre de la période de janvier à décembre 2015 ;

2°) de le décharger des sommes réclamées ;

3°) d'enjoindre au directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord de procéder au reversement des sommes déjà prélevées en remboursement de ces indus ;

4°) de mettre à la charge du département du Nord la somme de 2 000 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- les faits qui ont justifié les indus en cause n'ont pas été établis par le juge pénal de sorte que les indus de revenu de solidarité active mis à sa charge ne sont pas fondés ;

- les fausses déclarations qui lui sont imputées sont relatives à des périodes différentes de celles au regard desquelles ont été calculés les indus de revenu de solidarité active en cause ;

- il n'a pas travaillé pour la société Webpizza au cours de l'année 2015 ;

- à supposer avérées ses fausses déclarations en lien avec sa qualité de salarié de la société Webpizza, celles-ci n'ont eu aucune incidence positive sur son droit au revenu de solidarité active, lequel n'a pu qu'être minoré par ces fausses déclarations ;

- il n'a jamais été gérant de la société A invest qui, en tout état de cause, a cessé son activité le 31 octobre 2013 ;

- il n'a jamais été gérant de la société Dima acquisition et n'a jamais perçu de revenus à ce titre ;

- à supposer qu'il aurait perçu des revenus en provenance de cette dernière société, il n'est pas démontré que cela l'aurait privé du droit de percevoir le revenu de solidarité active ;

- les créances sont prescrites dès lors qu'aucune intention frauduleuse ne peut être établie.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 novembre 2021, le département du Nord conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 novembre 2020.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code civil ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Varenne, première conseillère, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique, l'instruction ayant été close, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. A l'issue d'un contrôle de la situation de M. A et du réexamen des droits de l'intéressé qui s'en est suivi, la caisse d'allocations familiales du Nord lui a notifié, par décisions du 19 janvier 2018, sa décision de recouvrer deux indus de revenus de solidarité active (INK/003 et INK/001) d'un montant total de 5 934,04 euros au titre de la période de janvier à décembre 2015. Par courrier du 21 décembre 2018, le président du conseil départemental du Nord a informé M. A de ce que, après avoir recueilli l'avis du comité d'étude des cas présumés frauduleux du département du Nord, il retenait la qualification frauduleuse de ses agissements à l'origine des indus de revenus de solidarité active mis à sa charge. Par courrier du 7 avril 2020, reçu le 22 avril 2020, M. A doit être regardé comme ayant entendu former un recours administratif préalable à l'encontre de la décision de la caisse d'allocations familiales du Nord du 19 janvier 2018 mettant à sa charge deux indus de revenus de solidarité active d'un montant total de 5 934,04 euros au titre de la période de janvier à décembre 2015 ainsi qu'à l'encontre de la décision du 21 décembre 2018 retenant la qualification frauduleuse de ses agissements. Par une décision du 23 juin 2020, le président du conseil départemental a confirmé ses deux décisions. M. A doit être regardé comme demandant, d'une part, l'annulation de la décision du 23 juin 2020 en tant qu'elle rejette son recours administratif préalable dirigé contre la décision du 19 janvier 2018 mettant à sa charge deux indus de revenu de solidarité active et, d'autre part, la décharge des sommes réclamées ainsi que le reversement des sommes déjà prélevées en remboursement de ces indus.

Sur le bien-fondé des indus en litige :

2. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire. () ". En outre, aux termes de l'article L. 262-3 de ce code : " () L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. () ".

3. D'autre part, en application de l'articles R. 262-37 du code de l'action sociale et des familles, les bénéficiaires de l'allocation de revenu de solidarité active sont tenus de faire connaître à l'organisme chargé du service de ces prestations toutes informations relatives à leur résidence, à leur situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer, ainsi que tout changement en la matière, en particulier à l'occasion des déclarations de ressources qu'ils doivent remplir chaque trimestre, afin qu'il soit procédé au calcul de leur allocation.

4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

5. Il résulte de l'instruction que M. A s'est vu notifier deux indus de revenus de solidarité active, l'un d'un montant de 4 134 euros relatif au revenu de solidarité active " socle " (INK/003) portant sur la période de janvier à juin 2015 et l'autre d'un montant de 1 800,04 euros relatif au revenu de solidarité active " activité " (INK/001) portant sur la période de juillet à décembre 2015. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport établi le 7 décembre 2017 par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales du Nord, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, et de la décision du 23 janvier 2020 rejetant son recours administratif contre la décision du 19 janvier 2018 lui notifiant les deux indus de revenu de solidarité active en cause, que ces indus trouvent leur origine d'une part, dans la déclaration fictive de revenus perçus par l'intéressé en qualité de salarié de la société Webpizza et dans l'absence de déclarations de sa qualité de gérant salarié de la société Dima acquisition et des revenus perçus à ce titre.

6. En premier lieu, M. A ne saurait utilement se prévaloir, pour contester la matérialité des faits ayant donné lieu aux indus contestés, de la circonstance de ce que la plainte pénale, déposée par le département du Nord à raison de ses fausses déclarations, a été classée sans suite par le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Lille en l'absence de preuves suffisantes pour établir les faits, l'appréciation par le Procureur de la République de l'opportunité des poursuites étant indépendante de l'appréciation par le juge administratif de l'existence de fausses déclarations au sens des dispositions du code de l'action sociale et des familles citées au point 2 et 3 du présent jugement.

7. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, il ressort tant de la fiche d'analyse et de qualification de fraude établie par le département du Nord que des avis du comité d'étude des cas présumés frauduleux des 14 décembre 2018 et de la lettre d'avertissement du 21 décembre 2018 par laquelle le département du Nord a informé M. A de ce qu'était retenue la qualification frauduleuse de ses agissements ayant donné lieu aux indus de revenus de solidarité active en cause, que les indus en litige portent uniquement sur le revenu de solidarité active perçu entre janvier et décembre 2015 peu important, à cet égard, que M. A se soit vu notifier d'autres indus, en particulier des indus d'allocations familiales et d'allocations pour le logement, portant, eux, sur la période de janvier 2015 à décembre 2017.

8. En troisième lieu, il résulte de l'instruction, en particulier du rapport de contrôle établi le 7 décembre 2017 par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales du Nord, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, des déclarations trimestrielles de ressources complétées par M. A pour l'année 2015 et des échanges entre ce dernier et la caisse d'allocations familiales du Nord, dont une copie est versée au débat, que le requérant a informé la caisse d'allocations familiales, le 29 juin 2015, de ce qu'il occupait une activité salariée depuis le 1er avril 2015 au sein de la société Webpizza et qu'il a déclaré percevoir à ce titre des revenus mensuels de 1 200 euros à partir de juin 2015. Il a fourni, à l'appui de ses déclarations, un contrat de travail à durée indéterminée conclu avec la société Webpizza. Cependant, il ressort des vérifications faites par l'agent assermenté de la caisse d'allocations familiales du Nord auprès, notamment, de l'Union de recouvrement des cotisations de Sécurité sociale et d'allocations familiales (URSSAF) et des services de l'administration fiscale, que cette supposée embauche n'a jamais été déclarée à l'URSSAF et que M. A n'a pas déclaré aux services fiscaux avoir perçu de revenus à partir du mois d'avril 2015. Au demeurant, l'intéressé, qui n'a jamais été en mesure de produire des fiches de paie relative à l'embauche litigieuse, reconnaît, dans son dernier mémoire, n'avoir plus travaillé pour la société Webpizza à partir de l'année 2008. Enfin, contrairement à ce que soutient M. A, la déclaration de revenus fictifs a eu une incidence sur le versement du revenu de solidarité dit " activité ", qu'il a perçu de juillet à janvier 2015, cette prestation sociale, remplacée depuis le 1er janvier 2016 par la prime d'activité, étant calculée en tenant compte des ressources perçues par l'allocataire provenant, en particulier, d'une activité salariée, et ayant pour vocation de compléter ces dernières. Par suite, c'est à bon droit que le département du Nord a considéré que M. A avait déclaré, sur la période d'avril à janvier 2015, des revenus fictifs ce qui a eu une incidence sur le montant du revenu de solidarité active dit " activité " perçu au titre de la période de juillet à décembre 2015 et a généré l'indu de revenu de solidarité active d'un montant de 1 800,04 euros mis à sa charge au titre de cette période.

9. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction, en particulier de la décision du 23 juin 2020 du président du conseil départemental du Nord, prise sur le recours administratif préalable obligatoire formé par M. A à l'encontre de la décision du 19 janvier 2018 mettant à sa charge deux indus de revenu de solidarité active d'un montant total de 5 934,04 euros et qui se substitue à cette dernière décision, que l'indu de revenu de solidarité active mis à la charge de l'intéressé au titre de la période de janvier à juin 2015 trouve uniquement son origine dans l'absence de déclaration, par ce dernier, de ce qu'il était gérant de la société Dima acquisition depuis le 25 octobre 2013 et des revenus perçus en conséquence. Par conséquent, la circonstance qu'il n'aurait jamais été gérant de la société A Invest, radiée du registre des commerces et des sociétés, et n'aurait perçu aucun revenu en provenance de cette société n'a aucune incidence sur le bien-fondé de l'indu en cause. En outre, si, pour contester le fait qu'il aurait été effectivement gérant de la société Dima acquisition, dont l'extrait d'immatriculation principale au registre du commerce et des sociétés auprès du greffe du tribunal de commerce de Lille Métropole fait apparaître qu'une personne ayant la même identité et la même adresse que la sienne exerce la qualité de président et gérant, M. A fait valoir qu'il dispose d'un homonyme, résidant à la même adresse que lui qui aurait usurpé son identité, la déclaration de main-courante, en date du 17 mai 2017, puis les plaintes qu'il a déposées pour usurpation d'identité les 27 février 2018 et 2 avril 2019, lesquelles n'ont pas été suivie d'effets, sont insuffisantes pour établir qu'il ne serait pas le gérant de cette société. La circonstance que l'extrait précité de l'immatriculation de la société au registre du commerce et des sociétés mentionne que le gérant serait de nationalité française, alors qu'il est constant que M. A est de nationalité marocaine, ne permet pas davantage d'établir que ce dernier n'aurait aucun lien avec la société Dima acquisition alors qu'il résulte de l'instruction qu'en réponse à une demande de la caisse d'allocations familiales du Nord du 30 novembre 2015 il a adressé à la caisse d'allocations familiales du Nord des fiches de paie émanant de la société Dima acquisition pour la période de février à juillet 2014 pour laquelle il aurait travaillé en tant que " responsable de salle ". Si l'intéressé se prévaut, dans son dernier mémoire, de l'irrégularité de ces fiches de paie, la seule circonstance que ces dernières ne comporteraient pas les mentions obligatoires, en particulier la date d'entrée dans la société, ne permet pas d'exclure que M. A aurait été gérant de cette structure. Enfin, si ce dernier soutient qu'il n'aurait en réalité jamais perçu de salaires en provenance de cette société, que ce soit au titre de la période de février à juillet 2014 ou postérieurement à celle-ci, il ne l'établit pas alors qu'il résulte de l'instruction, en particulier du rapport précité établi par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales du Nord, que la société Dima acquisition était en activité au moins jusqu'en juin 2017. Dans ces conditions, c'est à bon droit que le département du Nord a considéré que M. A avait omis de déclarer sa qualité de gérant de la société Dima acquisition et les revenus perçus à ce titre, ce qui a eu une incidence sur le montant du revenu de solidarité active perçu sur la période de janvier à juin 2015 et a généré l'indu de revenu de solidarité active d'un montant de 4 134 euros mis à sa charge au titre de cette période.

10. En dernier lieu, si M. A soutient qu'il n'est pas établi que les revenus perçus en provenance de la société Dima acquisition sur la période de janvier à juin 2015 auraient fait obstacle au versement, à son profit, du revenu de solidarité active, il n'apporte aucun élément de nature à établir le montant de ces revenus et, par suite, son droit à percevoir le revenu de solidarité active au titre de cette période.

Sur la prescription de la créance :

11. Aux termes de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles : " L'action en vue du paiement du revenu de solidarité active se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration, à l'action intentée par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active, le département ou l'Etat en recouvrement des sommes indûment payées. / La prescription est interrompue par une des causes prévues par le code civil. L'interruption de la prescription peut, en outre, résulter de l'envoi d'une lettre recommandée avec demande d'avis de réception, quels qu'en aient été les modes de délivrance. / La prescription est interrompue tant que l'organisme débiteur des prestations familiales se trouve dans l'impossibilité de recouvrer l'indu concerné en raison de la mise en œuvre d'une procédure de recouvrement d'indus relevant des articles (), L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles (). ". Aux termes de l'article 2224 du code civil : " Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer. ".

12. Il résulte de ces dispositions que le délai de prescription court à compter du paiement de la prestation, seule l'existence d'une fraude ou de fausses déclarations étant de nature à reporter, à la date de découverte de celles-ci, le point de départ de la prescription de l'action en répétition de l'indu exercée par le président du conseil général ou le représentant de l'Etat.

13. Il résulte de l'instruction et de ce qui a été énoncé ci-dessus, que M. A a déclaré, à l'occasion de ses déclarations de ressources trimestrielles de juin 2015 à décembre 2015, avoir perçu des revenus en qualité de salarié de la société Webpizza alors que, ainsi qu'il a été exposé au point 8, il ne travaillait pas pour le compte de cet employeur à cette période, ce qui a eu pour effet de majoré le revenu de solidarité dit " activité " perçu de juillet à décembre 2015. Dès lors que M. A n'apporte aucun élément de nature à établir qu'il aurait ignoré l'effet de ces déclarations erronées sur ses droits au revenu de solidarité active " activité " et eu égard à la répétition de ces fausses déclarations, sur plusieurs déclarations trimestrielles, son intention frauduleuse peut être établie. Il résulte également de l'instruction et de ce qui a été exposé au point 9, que M. A a omis de déclarer à la caisse d'allocations familiales du Nord son activité de gérant de la société Dima acquisition, immatriculée au registre du commerce et des sociétés le 25 octobre 2013, ainsi que les revenus perçus en cette qualité, ce qui a eu une incidence sur ses droits au revenu de solidarité active pour la période de janvier à juin 2015. Eu égard à la répétition de cette omission et alors que M. A ne démontre pas, ni même n'allègue, qu'il aurait ignoré devoir déclarer ces informations, le caractère frauduleux de ses agissements, retenu par le département du Nord, doit aussi être établi. La qualification frauduleuse des deux indus de revenu de solidarité active en cause fait obstacle à ce que l'intéressé puisse se prévaloir de la prescription biennale prévue par les dispositions de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles et lui rendent opposable la prescription quinquennale prévue par les dispositions de l'article 2224 du code civil. En l'espèce, le délai de prescription a commencé à courir au plus tôt le 7 décembre 2017, date d'édiction du rapport du contrôleur assermenté de la caisse d'allocations du Nord et à laquelle le département du Nord peut être regardé comme ayant eu connaissances des agissements frauduleux du requérant. Ainsi, les créances en cause n'étaient pas prescrites le 19 janvier 2018, date à laquelle la caisse d'allocations familiales du Nord a notifié au requérant les indus de revenu de solidarité active en litige par un courrier dont M. A a eu connaissance au plus tard le 30 aout 2018, date à laquelle le médiateur de la caisse d'allocations familiales du Nord a répondu à sa demande de médiation relative à ces deux indus. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que sa dette constituée par les indus de revenu de solidarité active mis à sa charge serait prescrite.

14. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 23 juin 2020 par laquelle le président du conseil départemental du Nord a rejeté son recours administratif préalable obligatoire dirigé contre la décision du 19 janvier 2018 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Nord lui a notifié deux indus de revenu de solidarité active d'un montant total de 5 934,04 euros au titre de la période de janvier à décembre 2015. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions tendant à la décharge des sommes réclamées, celles tendant au reversement des sommes déjà prélevées en remboursement des indus en cause ainsi que celles relatives aux frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Myriam Hentz et au département du Nord.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Nord.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2022.

La magistrate désignée,

signé

M. BLa greffière,

signé

I. BAUDRY

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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