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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2009262

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2009262

jeudi 2 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2009262
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantVANDENBUSSCHE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 22 décembre 2020, le 1er mars 2022, le 19 avril 2022 et le 30 mars 2023, Mme B A, représentée par Me Denis, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, d'ordonner avant dire droit une expertise médicale pour évaluer le préjudice corporel subi consécutivement à sa prise en charge au centre hospitalier de Tourcoing à compter du 10 juillet 2018 ;

2°) à titre principal, de condamner le centre hospitalier de Tourcoing à lui verser la somme de 5 296,68 euros à titre de provision à valoir sur la liquidation de son préjudice ;

3°) à titre subsidiaire, de condamner le centre hospitalier de Tourcoing à lui verser la somme globale de 98 530,21 euros en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi en raison de sa prise en charge au centre hospitalier de Tourcoing à compter du 10 juillet 2018 ;

4°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Tourcoing la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le centre hospitalier de Tourcoing a commis une faute, entraînant un retard de diagnostic et engageant sa responsabilité, en ne prescrivant pas une radiographie après l'intervention chirurgicale effectuée le 11 juillet 2018 ;

- les conclusions de l'expert désigné par la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (CCI) sont imprécises sur les postes de la perte de gains professionnels futurs et de l'incidence professionnelle ;

- elle est fondée, si le tribunal fait droit à sa demande d'expertise, à solliciter une provision de 5 296,68 euros, se décomposant comme suit :

* 782,25 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, soit 586,68 euros après application d'un taux de perte de chance de 75 % ;

* 2 500 euros au titre des souffrances endurées, soit 1 875 euros après application d'un taux de perte de chance de 75 % ;

* 500 euros au titre du préjudice esthétique définitif, soit 375 euros après application d'un taux de perte de chance de 75 % ;

* 3 280 euros au titre de déficit fonctionnel permanent, soit 2 460 euros après application d'un taux de perte de chance de 75 % ;

- ses préjudices s'élèvent à un montant global de 98 530,21 euros, après application d'un taux de perte de chance de 75 %, se décomposant comme suit :

* 3 685,50 euros au titre de l'assistance par tierce personne avant consolidation ;

* 2 589,18 euros au titre de la perte de gains professionnels actuels ;

* 68 322,78 euros au titre de la perte de gains professionnels futurs ;

* 7 500 euros au titre de l'incidence professionnelle ;

* 2 532,75 euros au titre de son déficit fonctionnel temporaire ;

* 3 000 euros au titre des souffrances endurées ;

* 1 125 euros au titre de son préjudice esthétique temporaire ;

* 6 750 euros au titre du déficit fonctionnel permanent ;

* 2 275 euros au titre de son préjudice d'agrément ;

* 750 euros au titre du préjudice esthétique permanent.

Par un mémoire, enregistré le 2 mai 2023, la Caisse autonome de retraite et de prévoyance des infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes et orthoptistes (CARPIMKO) demande au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier de Tourcoing à lui verser la somme de 38 019,53 euros au titre des dépenses qu'elle a exposées pour son assurée du fait de sa prise en charge dans cet établissement ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Tourcoing l'indemnité forfaitaire de gestion.

Elle expose que la somme demandée à titre principal correspond à une créance provisoire, constituée, d'une part, d'indemnités journalières versées du 1er juillet 2019 au 10 juillet 2021 pour un montant de 33 253,44 euros et, d'autre part, d'une rente invalidité partielle dont elle s'est acquittée pour un montant de 4 766,09 euros arrêté au 31 décembre 2021.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 21 mai 2021 et le 19 juin 2023, le centre hospitalier de Tourcoing, représenté par Me Vandenbussche, conclut, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, au rejet des demandes d'expertise et de provision formulées par Mme A ;

2°) à titre subsidiaire, à la limitation des prétentions indemnitaires de Mme A à la somme de 9 740,20 euros, après application du taux de perte de chance de 75 %, et à la limitation des prétentions indemnitaires de la CARPIMKO à la somme de 3 059,56 euros ;

3°) à ce que la somme susceptible d'être allouée à Mme A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative soit ramenée à de plus justes proportions.

Il soutient que :

- il ne conteste pas sa responsabilité, qui devra être limitée à 75 %, compte tenu de la perte de chance liée la prise en charge non conforme de Mme A ;

- l'expertise sollicitée ne présente aucune utilité, compte tenu du caractère précis et complet du rapport d'expertise réalisé à la demande de la CCI ;

- la demande de provision revient à solliciter l'entière indemnisation des préjudices subis par Mme A ;

- les pertes de gains professionnels actuels de Mme A ont été entièrement compensées par les indemnités journalières perçues de la CARPIMKO ;

- l'assistance à tierce personne temporaire doit être indemnisée, sur la base du salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) pour l'année 2019, à hauteur de 2 843,51 euros ;

- le déficit fonctionnel temporaire de la requérante doit être indemnisé, sur la base de 13 euros par jour, à hauteur de 586,69 euros, compte tenu du taux de perte de chance de 75 % ;

- les souffrances endurées seront réparées par une somme de 1 875 euros ;

- après application du taux de perte de chance, il est offert la somme de 600 euros, au titre du préjudice esthétique temporaire, et de 375 euros au titre du préjudice esthétique permanent ;

- Mme A n'établit pas qu'elle a subi un préjudice d'agrément ;

- le déficit fonctionnel permanent de Mme A sera indemnisé à hauteur de 2 460 euros ;

- Mme A, qui n'établit pas ne plus percevoir de revenu, ne justifie ni d'une incidence professionnelle ni d'une perte de gains professionnels futurs, compte tenu notamment des termes du rapport d'expertise et de l'absence en particulier d'inaptitude définitive, tandis qu'elle ne démontre pas avoir accompli des démarches pour exercer un emploi ou obtenir un reclassement ;

- par conséquent, la CARPIMKO n'est pas davantage fondée à solliciter le remboursement des indemnités journalières versées post-consolidation et de la rente d'invalidité partielle, seule une somme de 3 059,56 euros devant lui être allouée au titre des indemnités journalières versées avant consolidation.

La requête a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie de Roubaix-Tourcoing et à la Société Hospitalière d'Assurances Mutuelles (SHAM), pour lesquelles il n'a pas été produit de mémoire.

Par ordonnance du 20 juin 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 21 juillet 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2023 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Fougères,

- les conclusions de Mme Bruneau, rapporteure publique,

- et les observations de Me Lalieu, substituant Me Vandenbussche, représentant le centre hospitalier de Tourcoing.

Considérant ce qui suit :

1. Le 10 juillet 2018, à la suite d'une chute, Mme A est prise en charge par le service des urgences du centre hospitalier de Tourcoing. Une radiographie permet de constater un traumatisme du coude droit avec une fracture comminutive déplacée de la palette humérale droite. Une gouttière plâtrée est posée et une intervention chirurgicale est réalisée le 11 juillet 2018 pour réaliser une réduction de la fracture avec une ostéosynthèse par une plaque latérale maintenue par quatre vis. Toutefois, les suites de l'opération ont été marquées par des douleurs persistantes de la main droite et dans le territoire du nerf ulnaire. En raison de ces douleurs, Mme A est retournée aux urgences du centre hospitalier de Tourcoing le 23 juillet 2018 et son coude droit a de nouveau été immobilisé par un plâtre. Ce plâtre a été retiré le 31 juillet 2018, dans le cadre d'une consultation post-opératoire, et les douleurs persistantes ont été imputées à la compression du plâtre sur de multiples œdèmes et hématomes. Une radiographie, prescrite le 7 août 2018 par le médecin traitant de la requérante, a permis de diagnostiquer une fracture du cinquième métacarpe de la main droite, ne pouvant être soignée que par immobilisation. Par ailleurs, un électromyogramme réalisé le 6 septembre 2018 a fait apparaître une atteinte du nerf ulnaire au coude, tandis qu'une scintigraphie osseuse a permis de constater un syndrome algodystrophique. Trois interventions chirurgicales, dont deux en ambulatoire, ont ensuite été nécessaires pour réaliser une neurolyse du nerf ulnaire au coude, une reprise de l'ostéosynthèse puis pratiquer une arthrolyse postérieure et antérieure avec ablation de la plaque.

2. Par courrier du 8 août 2018, Mme A a sollicité l'indemnisation de son préjudice. Par courrier du 4 avril 2019, à la suite du refus d'indemnisation du centre hospitalier de Tourcoing, elle a saisi la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (CCI). Par un avis du 24 septembre 2020, rendu après expertise, la CCI a considéré que la réparation du préjudice de Mme A incombait à l'assureur du centre hospitalier de Tourcoing, la prise en charge non conforme de celle-ci ayant entraîné une perte de chance d'avoir des séquelles moindres évaluée à 75 %. Jugeant insuffisante l'offre présentée par l'assureur du centre hospitalier de Tourcoing, la SHAM, Mme A a saisi la présente juridiction en vue d'obtenir, à titre principal, une provision et une expertise, ou à titre subsidiaire, l'indemnisation de ses préjudices.

Sur la responsabilité du centre hospitalier de Tourcoing :

3. Aux termes de l'article L. 1110-5 du code de la santé publique : " Toute personne a, compte tenu de son état de santé et de l'urgence des interventions que celui-ci requiert, le droit de recevoir, sur l'ensemble du territoire, les traitements et les soins les plus appropriés et de bénéficier des thérapeutiques dont l'efficacité est reconnue et qui garantissent la meilleure sécurité sanitaire et le meilleur apaisement possible de la souffrance au regard des connaissances médicales avérées. Les actes de prévention, d'investigation ou de traitements et de soins ne doivent pas, en l'état des connaissances médicales, lui faire courir de risques disproportionnés par rapport au bénéfice escompté. () ". En outre, aux termes du I de l'article L. 1142-1 de ce code : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. "

4. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise diligenté par la CCI, que, d'une part, l'ostéosynthèse par plaque latérale réalisée le 11 juillet 2018 par le centre hospitalier de Tourcoing ne comportait que quatre vis, rendant le montage insuffisant et instable au regard de la fracture que présentait Mme A, et que d'autre part, l'importance des douleurs de la requérante aurait dû " faire envisager rapidement une exploration et une décompression du nerf avec, si possible, une réalisation rapide d'électromyogramme ". Ces manquements, que ne conteste pas le centre hospitalier de Tourcoing, sont de nature à engager sa responsabilité.

Sur l'étendue de la réparation :

5. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.

6. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise réalisé à la demande de la CCI, que les fractures de l'extrémité distale de l'humérus sont soumises à un risque de non consolidation évalué à 3% et qu'il existe par ailleurs un risque de compression ou de lésion du nerf ulnaire évalué à 5%. Il n'est dès lors pas certain que les conséquences survenues auraient été évitées en l'absence de manquement de la part du centre hospitalier de Tourcoing. L'expert et la CCI retiennent un taux de perte de chance de 75 %, non contesté par les parties. Le montage réalisé dans le cadre de l'ostéosynthèse a, d'une part, compromis les chances de consolidation de l'extrémité distale de l'humérus dans des délais habituels et majoré le risque de raideur entraînant la nécessité d'une réalisation secondaire d'une arthrolyse, tandis que le retard de diagnostic de la compression du nerf ulnaire a, d'autre part, fait perdre à la victime une chance de voir son état s'améliorer rapidement. Compte tenu de ces manquements, mais également de la gravité de la fracture initiale de Mme A, s'agissant d'une fracture comminutive déplacée, il sera fait une juste appréciation de ce taux de perte de chance en l'évaluant, à l'instar de l'expert et de la CCI, à 75%. Par conséquent, le centre hospitalier de Tourcoing doit être condamné à indemniser les préjudices subis par Mme A à hauteur de cette fraction du dommage corporel.

Sur les conclusions à fins d'expertise et de provision :

7. Si Mme A sollicite une expertise au motif que les conclusions de l'expert désigné par la CCI sont imprécises sur les postes de la perte de gains professionnels futurs et de l'incidence professionnelle, il résulte du rapport d'expertise réalisé pour la CCI que l'expert a retenu " qu'il existera certainement une incidence professionnelle avec des difficultés à réaliser certains gestes techniques pendant une période que l'on peut évaluer à six mois à partir de la reprise " et a indiqué, s'agissant de la perte de gains professionnels futurs, que " les pertes de gain professionnel futures sont en rapport avec les possibilités de reprise de ses activités. Il n'y a pas de contre-indication à ce que Madame A reprenne ses activités au début de l'année 2020 avec une adaptation et un ralentissement probable pendant les trois premiers mois de l'année ". L'expert désigné par la CCI a ainsi, comme il lui était demandé, évalué l'étendue du dommage en appréciant les répercussions temporaires et permanentes des séquelles sur l'activité professionnelle ainsi qu'en décrivant l'incidence professionnelle. Il n'appartient par ailleurs pas à l'expert médical, une fois constatée l'étendue du dommage corporel, de chiffrer le préjudice résultant de l'incidence professionnelle ou en lien avec la perte de gains professionnels futurs. La victime, et les tiers payeurs subrogés dans les droits de cette dernière sont à même de chiffrer les pertes financières subies, à partir des données médicales de l'expertise. Dès lors, il n'apparaît pas utile d'ordonner une expertise médicale. Les conclusions tendant à cette fin seront rejetées.

8. En l'absence d'expertise ordonnée par le présent jugement, Mme A n'est pas fondée à solliciter que la provision qu'elle sollicitait dans l'attente d'une nouvelle expertise, lui soit allouée. Les conclusions tendant à cette fin seront donc également rejetées.

Sur l'indemnisation des préjudices :

9. Eu égard aux conclusions de l'expert désigné par la CCI et en l'absence de remise en cause par les parties, il y a lieu de fixer la date de consolidation de l'état de santé de Mme A au 4 décembre 2019.

En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :

10. En premier lieu, lorsque le juge administratif indemnise la victime d'un dommage corporel nécessitant de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire permettant, dans les circonstances de l'espèce, le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat, sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.

11. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise diligenté par la CCI, que l'état de santé de Mme A a nécessité l'assistance d'une tierce personne imputable aux manquements, sous forme d'une aide non spécialisée, d'une part, à raison de deux heures par jour pendant les périodes de déficit fonctionnel temporaire de 25 et 35 %, soit du 17 janvier 2019 au 16 avril 2019 puis du 23 juillet 2019 au 1er octobre 2019, c'est-à-dire pendant une période totale de 161 jours, et d'autre part, à raison d'une heure par jour pendant les périodes de déficit fonctionnel temporaire à 15 et 20 %, soit du 17 avril 2019 au 21 juillet 2019 (96 jours) et du 2 octobre 2019 au 3 décembre 2019, veille de la consolidation, c'est-à-dire pendant une période de 63 jours. Afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, il y a lieu, ainsi que le prévoit le référentiel de l'ONIAM, de calculer l'indemnisation sur la base d'une année de 412 jours, ainsi que sur la base d'un taux horaire moyen de rémunération tenant compte des charges patronales et des majorations de rémunération pour travail du dimanche, fixé à 15 euros pour une aide active non spécialisée. Par suite, l'indemnisation due au titre de l'assistance par une tierce personne temporaire doit être fixée à la somme de 8 160,99 euros ((161 x 2 x 15 euros x 412/365) + (160 x 15 x 412/365)), soit 6 120,74 euros après application du taux de perte de chance précédemment retenu.

12. En second lieu, le principe de la réparation intégrale du préjudice doit conduire le juge à déterminer, au vu des éléments de justification soumis à son appréciation, le montant de la perte de revenus dont la victime ou ses ayants droit ont été effectivement privés du fait du dommage qu'elle a subi. Ce montant doit en conséquence s'entendre comme correspondant aux revenus nets perdus par elle.

13. Il résulte de l'instruction que Mme A exerçait la profession d'infirmière libérale au moment des faits litigieux et que, si elle a bénéficié d'un arrêt de travail dès le 11 juillet 2018, cet arrêt de travail n'est, comme le soulignent les conclusions expertales sans contestation des parties, imputable au défaut de prise en charge du centre hospitalier de Tourcoing qu'à compter du 14 janvier 2019. Il résulte des avis d'imposition sur le revenu global, produits par l'intéressée à la suite d'une mesure d'instruction, que Mme A a perçu un bénéfice non commercial pour les trois années précédant les faits litigieux de 3 199 euros pour l'année 2017, de 8 727 euros pour l'année 2016 et 7 350 euros pour l'année 2015, soit un bénéfice annuel moyen de 6 425,33 euros. Elle a perçu, au titre d'une activité salariée, " dans l'aviation civile ", selon ses écritures, un revenu annuel de 18 915 euros au cours de l'année 2017, précédant l'accident médical en cause. Son revenu normal d'activité professionnelle, pour une année, doit être ainsi évalué à la somme de 25 340,33 euros (6 425,33 + 18 915), représentant une somme de 22 493,88 euros pour la période de 324 jours écoulée entre le 14 janvier 2019 et le 3 décembre 2019, veille de la date de consolidation. Au cours de cette période, Mme A a perçu, au prorata temporis, 18 422,73 euros à titre de salaires, ayant déclaré, pour l'année 2019, la somme de 20 754 euros. Il résulte de l'instruction que Mme A n'a perçu des indemnités journalières de la CARPIMKO qu'à compter du 1er juillet 2019, les relevés de versement de prestations produits par la CARPIMKO faisant par ailleurs apparaître que celle-ci a versé, jusqu'au 4 décembre 2019, date de consolidation, la somme de 7 817,82 euros avant retenue à la source. Si la déclaration des bénéfices non commerciaux de l'année 2019, sous l'intitulé " IJ Madelin ", ne fait pas apparaître, contrairement à celle de l'année 2020, l'identité de l'organisme payeur, il y a lieu de considérer que la somme précitée de 7 817,82 euros est comprise dans les " IJ Madelin ", qui s'élèvent à 35 604 euros, somme elle-même comprise dans un total de recettes de 42 339 euros, pour un bénéfice non commercial annuel de 13 250 euros. Indépendamment des indemnités journalières de la CARPIMKO, Mme A a donc perçu un bénéfice non commercial de 5 432,18 euros (13 250 - 7 817,82), soit 4 821,99 euros au prorata temporis, pour 324 jours. Hors indemnités journalières de la CARPIMKO, le revenu de Mme A au cours de cette période de 324 jours, soit 23 244,72 euros (4 821,99 + 18 422,73) a donc excédé le revenu normal qui aurait été perçu au cours de la même période. Aucune perte brute de revenus n'étant constatée, la CARPIMKO n'est donc pas fondée à demander une indemnisation au titre de la perte de gains professionnels actuels. A fortiori, les revenus perçus par Mme A, y compris les indemnités journalières de la CARPIMKO, s'élevant à 31 062,54 euros, Mme A n'est pas davantage fondée à demander l'indemnisation d'une perte de gains professionnels actuels.

14. En troisième lieu, il appartient au juge, en premier lieu, de déterminer si les séquelles des fautes commises par le centre hospitalier de Tourcoing lors de la prise en charge de Mme A a entraîné pour elle des pertes de revenus professionnels et une incidence professionnelle et, dans l'affirmative, d'évaluer ces postes de préjudice sans tenir compte, à ce stade, du fait qu'ils donnent lieu au versement de prestations de sécurité sociale. Pour déterminer ensuite dans quelle mesure ces préjudices ont été réparés par ces prestations, il y a lieu de regarder chaque prestation comme réparant prioritairement les pertes de revenus professionnels et, par suite, comme ne réparant tout ou partie de l'incidence professionnelle que si la victime n'a pas subi de pertes de revenus ou si le montant de ces pertes est inférieur au montant de la prestation. La victime doit se voir allouer, le cas échéant, une somme correspondant à la part de ces postes de préjudice non réparée par les prestations de sécurité sociale, évaluées ainsi qu'il a été dit ci-dessus.

15. Mme A soutient tout d'abord qu'elle subit une perte de gains professionnels à compter de la consolidation de son état de santé d'un montant de 68 322,78 euros, au motif qu'elle est considérée comme définitivement inapte à l'exercice de la profession d'infirmière. Toutefois, d'une part, les conclusions expertales, en date du 16 décembre 2019, mentionnent qu'" il n'y a pas de contre-indication à ce que Madame A reprenne ses activités au début de l'année 2020 avec une adaptation et un ralentissement probable pendant les trois premiers mois de l'année ". D'autre part, s'il n'est pas justifié de la date à laquelle Mme A a effectivement repris son activité professionnelle, il résulte de la déclaration de revenus de Mme A que son bénéfice non commercial, s'est élevé à 5 697 euros pour l'année 2020, soit un montant compatible avec une reprise au printemps 2020 comme le prévoyait l'expert et pour l'année 2021, à la somme de 9 042 euros, comme en atteste le courrier de la CARPIMKO adressé à Mme A le 19 septembre 2022, soit un montant supérieur au bénéfice non commercial moyen sur les trois années précédant le dommage, d'un montant de 6 425,33 euros. Par ailleurs ses revenus salariaux ont légèrement progressé au cours des années 2020 à 2022, s'élevant respectivement à 20 760 euros, 21 157 euros et 22 294 euros. Compte tenu de ces éléments, et alors que la requérante ne rapporte pas la preuve, ni même ne soutient, que son état de santé se serait aggravé en raison des fautes en litige, il convient de considérer qu'il ne résulte pas de l'instruction que la faute du centre hospitalier de Tourcoing aurait entraîné une perte de gains professionnels futurs postérieurement au 31 mars 2020.

16. Sur la période du 4 décembre 2019, date de consolidation, au 31 décembre 2019 inclus, Mme A a perçu des indemnités journalières de la CARPIMKO d'un montant de 1 351,30 euros. Son bénéfice non commercial pour l'année 2019 s'élevant à 13 250 euros, son bénéfice non commercial hors indemnités journalières de la CARPIMKO s'élève à 11 898,70 euros (13 250 - 1 351,30). Au prorata temporis de la période du 4 au 31 décembre 2019, ce bénéfice non commercial hors indemnités journalières de la CARPIMKO se monte à 912,78 euros. Par ailleurs, Mme A a perçu des salaires, au prorata temporis de cette période à hauteur de 1 592,09 euros. Pour l'année 2020, son bénéfice non commercial s'élève à 5 397 euros. Pour le premier trimestre 2020, Mme A a perçu des indemnités journalières de la CARPIMKO à hauteur de 4 579,12 euros. Indépendamment de ces indemnités journalières, le bénéfice non commercial de l'année 2020 s'élève donc à 1 117,88 euros (5 397 - 4 579,12), soit 278,71 euros pour la période du 1er janvier au 31 mars 2020. Au cours de cette même période, Mme A a perçu, au prorata temporis, 5 175,78 euros de salaires. Mme A a donc perçu, au total, pour la période du 4 décembre 2019 au 31 mars 2020, la somme de 7 959,36 euros (912,78 + 1 592,09 + 278,71 + 5 175,78) indépendamment des indemnités journalières de la CARPIMKO. Pour la période du 4 au 31 décembre 2019, elle aurait dû percevoir, au titre de son bénéfice non commercial, la somme de 492,90 euros et la somme de 1 601,93 euros pour le premier trimestre 2020. En ce qui concerne les salaires, son revenu normal aurait été de 1 451,01 euros pour la période du 4 au 31 décembre 2019 et de 4 715,79 euros pour le premier trimestre 2020. Son revenu normal total, pour la période du 4 décembre 2019 au 31 mars 2020, se serait donc élevé à la somme de 8 261,63 euros (492,90 + 1 601,93 + 1 451,01 + 4 715,79). Il existe donc, indépendamment des indemnités journalières de la CARPIMKO une perte brute de revenus, à hauteur de 302,27 euros (8 261,63 - 7 959,36).

17. Compte tenu des indemnités journalières perçues de la CARPIMKO entre le 4 décembre 2019 et le 31 mars 2020, soit 5 930,41 euros (1 351,30 + 4 579,12), le total des revenus perçus par Mme A au cours de cette période, soit 13 889,77 euros (7 959,36 + 5 930,41) excède le revenu normal qu'elle aurait perçu au cours de la même période. Mme A n'est donc pas fondée à demander à être indemnisée au titre de la perte de gains professionnels futurs. Par ailleurs, eu égard au taux de perte de chance précédemment retenu, la CARPIMKO n'est fondée à demander que la somme de 226,70 euros (302,27 x 0,75).

18. S'agissant de l'incidence professionnelle, s'il résulte de l'instruction que Mme A a cédé son cabinet au cours de l'été 2023, il résulte de ce qui précède, notamment de la reprise de son activité au cours de l'année 2021, avec un bénéfice non commercial supérieur à celui constaté avant l'accident médical, que l'interruption de son activité libérale ne résulte pas de l'accident médical. Aucune incidence professionnelle ne peut donc être retenue à la charge du centre hospitalier.

En ce qui concerne les préjudices extra-patrimoniaux :

19. En premier lieu, il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise précité et n'est pas contesté, que le déficit fonctionnel partiel subi par Mme A entre le 11 juillet 2018 et le 27 septembre 2018 inclus n'est pas imputable aux fautes commises par le centre hospitalier de Tourcoing. Il résulte ensuite des conclusions expertales que Mme A a subi un déficit fonctionnel de 25% du 28 septembre 2018 au 14 janvier 2018, imputable pour la première moitié de cette période à hauteur de 15 % aux fautes commises par le centre hospitalier de Tourcoing et à hauteur de 20% pour la seconde moitié de cette période de 108 jours. En se basant sur un taux journalier d'indemnisation de 15 euros issu du barème de l'ONIAM, il sera fait, par suite, une juste appréciation de ce préjudice subi durant cette période en l'évaluant à une somme de 283,50 euros (108 / 2 x 15 x 0,15 + 108 / 2 x 15 x 0,20), soit 212,63 euros après application du taux de perte de chance. Il résulte en outre de l'instruction que Mme A a subi un déficit fonctionnel temporaire total imputable aux manquements commis par le centre hospitalier de Tourcoing du 14 janvier 2019 au 16 janvier 2019 et le 22 juillet 2019. En se basant sur un taux journalier d'indemnisation de 15 euros issu du barème de l'ONIAM, il sera fait, par suite, une exacte appréciation de ce préjudice subi durant cette période de 4 jours en l'évaluant à une somme de 60 euros, soit 45 euros après application du taux de perte de chance précédemment retenu. Il résulte par ailleurs de l'instruction, et en particulier du rapport d'expertise réalisé pour la CCI, que Mme A a subi un déficit fonctionnel temporaire de 25 %, imputable aux manquements du centre hospitalier de Tourcoing, du 17 janvier 2019 au 16 avril 2019. En se basant sur le montant journalier précité, il sera fait, par suite, une exacte appréciation de ce préjudice subi au titre de cette période de 90 jours en l'évaluant à une somme de 253,13 euros après application du taux de perte de chance précédemment retenu (90 x 15 x 0,25 x 0,75). En outre, la requérante a subi, d'après les conclusions expertales non contestées, un déficit fonctionnel temporaire de 15% pour la période du 17 avril 2019 au 21 juillet 2019. En se basant sur le montant journalier précité, il sera fait, par suite, une exacte appréciation de ce préjudice subi au titre de cette période de 96 jours en l'évaluant à une somme de 162 euros après application du taux de perte de chance précédemment retenu (90 x 15 x 0,15 x 0,75). Il résulte du rapport d'expertise précité que Mme A a subi un déficit fonctionnel temporaire de 35 %, imputable aux manquements du centre hospitalier de Tourcoing, du 23 juillet 2019 au 1er octobre 2019. En se basant sur le montant journalier précité, il sera fait, par suite, une exacte appréciation de ce préjudice subi durant cette période de 71 jours en l'évaluant à une somme de 279,56 euros après application du taux de perte de chance précédemment retenu (71 x 15 x 0,35 x 0,75). Il résulte ensuite de l'instruction et notamment des conclusions expertales que Mme A a subi un déficit fonctionnel temporaire de 20% imputable aux manquements du centre hospitalier de Tourcoing du 2 octobre 2019 au 22 novembre 2019. En se basant sur le montant journalier précité, il sera fait, par suite, une exacte appréciation de ce préjudice subi au titre de cette période de 52 jours en l'évaluant à une somme de 117 euros après application du taux de perte de chance précédemment retenu (52 x 15 x 0,20 x 0,75). Enfin, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport précité, que Mme A a subi un déficit fonctionnel temporaire de 15%, imputable aux manquements du centre hospitalier de Tourcoing, du 23 novembre 2019 au 3 décembre 2019, la consolidation intervenant le lendemain, soit pendant 11 jours. En se basant sur le taux journalier précité, il sera fait, par suite, une exacte appréciation de ce préjudice subi durant cette période en l'évaluant à une somme de 18,56 euros (11 x 15 x 0,15 x 0,75). Il résulte de ce qui précède que Mme A est fondée à solliciter la somme totale de 1 087,88 euros (212,63 + 45 + 253,13 + 162 + 279,56 + 117 + 18,56).

20. En second lieu, il résulte de l'instruction, et en particulier du rapport d'expertise réalisé pour la CCI, que Mme A a enduré des souffrances évaluées à 5 sur une échelle de 7, liées aux manquements commis par le centre hospitalier de Tourcoing. Par référence au barème de l'ONIAM, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 6 765 euros. Après application du taux de perte de chance de 75% énoncé plus haut, la somme de 5 074 euros sera mise à la charge de centre hospitalier de Tourcoing.

21. En troisième lieu, il résulte de l'instruction, et notamment des conclusions expertales, que Mme A a subi un préjudice esthétique temporaire en lien avec les fautes commises par le centre hospitalier de Tourcoing évalué à 1,5 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 1 000 euros, après application du taux de perte de chance précédemment retenu.

22. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction, et notamment des conclusions de l'expert missionné par la CCI, que Mme A continue à présenter depuis la date de consolidation de son état de santé des douleurs au coude droit, avec une gêne pour porter et quelques paresthésies intermittentes dans le territoire du nerf ulnaire. Il n'est pas contesté qu'elle présente, du fait de ces troubles, un déficit fonctionnel permanent évalué à 6 %, mais qui aurait été attendu selon l'expert à 3 % si la prise en charge avait été conforme. Par référence au barème de l'ONIAM, il sera fait une juste appréciation des séquelles conservées par Mme A, âgée de 55 ans à la date de consolidation, en lui allouant une somme de 2 614 euros après application du taux de perte de chance de 75 %.

23. En cinquième lieu, en se bornant à soutenir qu'elle a dû arrêter la natation, le bricolage, la couture et le tricot du fait des fautes commises par le centre hospitalier de Tourcoing, Mme A, dont le déficit fonctionnel permanent est limité à 6 %, imputable pour moitié à ces fautes, ne rapporte pas la preuve qu'elle pratiquait ces activités avant le dommage. Par suite, elle n'est pas fondée à solliciter l'indemnisation d'un préjudice d'agrément.

24. En dernier lieu, il résulte de l'instruction, en particulier des conclusions expertales récitées, que Mme A conserve une cicatrice au niveau du coude mesurant 10 cm en lien avec les trois interventions subies, dont deux sont liées à l'instabilité et à l'insuffisance du montage de l'ostéosynthèse par plaque latérale. Son préjudice esthétique permanent a été évalué à moins de 0,5 sur une échelle de 7 par l'expert, évaluation qui n'est pas contestée. Il y a lieu, par suite, d'évaluer le préjudice esthétique permanent subi par l'intéressée à la somme de 400 euros. Par application du taux de perte de chance de 75% évoqué plus haut, une somme de 300 euros sera mise à la charge du centre hospitalier de Tourcoing.

25. Il résulte de tout ce qui précède que la somme totale due à Mme A par suite des fautes commises par centre hospitalier de Tourcoing s'élève à la somme de 16 196,62 euros (300 + 2 614 + 1 000 + 5 074 + 1 087,88 + 6 120,74), que devra lui verser le centre hospitalier de Tourcoing, tandis qu'il sera condamné à verser la somme de 226,70 euros à la CARPIMKO.

Sur les frais liés au litige :

26. En premier lieu, il résulte des dispositions du neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale que le montant de l'indemnité forfaitaire qu'elles instituent est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un plafond dont le montant est révisé chaque année par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget. Lorsque, par application de cet article, le montant de l'indemnité forfaitaire est relevé par arrêté interministériel, la caisse n'est pas obligée d'actualiser devant le juge le montant de ses conclusions. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 115 € et 1 162 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2021 ".

27. En application des dispositions précitées, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Tourcoing le versement à la CARPIMKO de la somme de 115 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

28. En second lieu, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le centre hospitalier de Tourcoing demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge du centre hospitalier de Tourcoing une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Le centre hospitalier de Tourcoing est condamné à verser à Mme A la somme de 16 196,62 euros.

Article 2 : Le centre hospitalier de Tourcoing est condamné à verser à la Caisse autonome de retraite et de prévoyance des infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes et orthoptistes la somme de 226,70 euros au titre de ses débours.

Article 3 : Le centre hospitalier de Tourcoing versera à la Caisse autonome de retraite et de prévoyance des infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes et orthoptistes la somme de 115 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Article 4 : Le centre hospitalier de Tourcoing versera à Mme A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la Caisse autonome de retraite et de prévoyance des infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes et orthoptistes (CARPIMKO), à la caisse primaire d'assurance maladie de Roubaix-Tourcoing, au centre hospitalier de Tourcoing et à la Société Hospitalière d'Assurances Mutuelles (SHAM).

Délibéré après l'audience du 11 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Riou, président,

M. Fougères, premier conseiller,

Mme Lançon, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 novembre 2023.

Le rapporteur,

signé

V. FOUGERES

Le président,

signé

J-M. RIOULa greffière,

signé

J. VANDEWYNGAERDE

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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