jeudi 29 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2100256 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | GUEY-BALGAIRIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 janvier 2021, M. B A, représenté par Me Guey, demande au tribunal de prononcer la réduction des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période de septembre 2012 à décembre 2015 et la décharge de la pénalité de 40 % pour manquement délibéré qui lui a été infligée sur le fondement de l'article 1729 du code général des impôts.
Il soutient que :
- l'avis de mise en recouvrement est irrégulier car il reprend un montant de rappel de taxe sur la valeur ajoutée différent de celui qui lui a été indiqué à l'issue du recours hiérarchique ;
- les dispositions de la loi du 10 août 2018 lui sont applicables en vertu de principe constitutionnel d'application dans le temps de la loi répressive plus douce ;
- les pénalités pour manquement délibéré qui lui ont été infligées sur le fondement de l'article 1729 du code général des impôts ne sont pas justifiées, en l'absence d'intention délibérée d'échapper à l'impôt.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juin 2021, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 11 août 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Courtois,
- et les conclusions de M. Quint, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, qui exerce une activité de travaux de montage de structures métalliques, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité, à l'issue de laquelle des rappels de taxe sur la valeur ajoutée ont été mis à sa charge au titre de la période du 1er septembre 2012 au 31 décembre 2015. Il demande au tribunal de prononcer la réduction de ces impositions, ainsi que la décharge de la pénalité de 40 % pour manquement délibéré qui lui a été infligée sur le fondement de l'article 1729 du code général des impôts.
Sur la régularité de l'avis de mise en recouvrement :
2. Aux termes de l'article L. 256 du livre des procédures fiscales : " Un avis de mise en recouvrement est adressé par le comptable public compétent à tout redevable des sommes, droits, taxes et redevances de toute nature dont le recouvrement lui incombe lorsque le paiement n'a pas été effectué à la date d'exigibilité. / () ". Aux termes de l'article R. 256-1 du même livre : " L'avis de mise en recouvrement prévu à l'article L. 256 indique pour chaque impôt ou taxe le montant global des droits, des pénalités et des intérêts de retard qui font l'objet de cet avis / () / Lorsque l'avis de mise en recouvrement est consécutif à une procédure de rectification, il fait référence à la proposition prévue à l'article L. 57 ou à la notification prévue à l'article L. 76 et, le cas échéant, au document adressé au contribuable l'informant d'une modification des droits, taxes et pénalités résultant des rectifications. / () ".
3. M. A soutient que l'avis de mise en recouvrement émis le 30 décembre 2016 à la suite de la procédure de rectification dont il a fait l'objet est irrégulier dès lors qu'il mentionne des droits de taxe sur la valeur ajoutée d'un montant total de 25 026 euros alors que le tableau des conséquences financières annexé à la lettre du 4 novembre 2016 qui lui a été adressée à la suite de son entretien avec le supérieur hiérarchique du vérificateur mentionne des droits de taxe sur la valeur ajoutée d'un montant de 13 847 euros. Il résulte toutefois de l'instruction que l'avis de mise en recouvrement, contrairement à la proposition de rectification du 6 juillet 2016, à la réponse aux observations du contribuable du 3 octobre 2016 et à la lettre d'information du 4 novembre 2016, auxquelles il fait référence, indique le montant global de la somme due par M. A au titre de la taxe sur la valeur ajoutée pour la période vérifiée, conformément aux dispositions précitées de l'article R. 256-1 du livre des procédures fiscales, sans distinguer la somme correspondant aux crédits de taxe dont M. A avait indûment obtenu le remboursement au titre de la période vérifiée et la somme correspondant aux rappels auxquels elle devait être ajoutée, ces sommes ayant été respectivement fixées à 11 179 euros et 13 847 euros à l'issue de la procédure de rectification, soit le montant global de 25 026 euros indiqué par l'avis de mise en recouvrement du 30 décembre 2016. Par suite et en tout état de cause, M. A n'est pas fondé à soutenir que cet avis est irrégulier.
Sur le bien-fondé de la pénalité pour manquement délibéré :
4. En premier lieu, aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt () entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré ; / () ". Aux termes de l'article L. 195 A du livre des procédures fiscales : " En cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable au titre () de la taxe sur la valeur ajoutée (), la preuve de la mauvaise foi () incombe à l'administration ".
5. L'administration fiscale se prévaut de l'importance, de la nature, du nombre et de la répétition des manquements de M. A aux règles de facturation, de déduction, de comptabilisation et de reversement de la taxe sur la valeur ajoutée. Elle se prévaut également de ce que M. A ne pouvait pas ignorer ces règles, qui lui avaient été notamment rappelées lors d'un contrôle fiscal dont il avait fait l'objet au titre de la période couvrant les années 2007 à 2010. Dans ces conditions, et sans qu'y fasse obstacle la circonstance, à la supposer établie, qu'en raison de problèmes de santé, l'épouse du requérant n'ait pas été en mesure de s'occuper de ses obligations déclaratives, alors surtout que M. A avait recours aux services d'un cabinet d'expertise comptable, l'administration fiscale doit être regardée comme apportant la preuve, qui lui incombe, conformément aux dispositions précitées de l'article L. 195 A du livre des procédures fiscales, de l'intention délibérée du requérant de se soustraire à la taxe sur la valeur ajoutée et, par suite, du bien-fondé de la pénalité pour manquement délibéré de 40 % qui lui a été infligée sur le fondement de l'article 1729 du code général des impôts.
6. En second lieu, aux termes de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration, créé par la loi du 10 août 2018 pour un État au service d'une société de confiance : " Une personne ayant méconnu pour la première fois une règle applicable à sa situation ou ayant commis une erreur matérielle lors du renseignement de sa situation ne peut faire l'objet, de la part de l'administration, d'une sanction, pécuniaire ou consistant en la privation de tout ou partie d'une prestation due, si elle a régularisé sa situation de sa propre initiative ou après avoir été invitée à le faire par l'administration dans le délai que celle-ci lui a indiqué. / La sanction peut toutefois être prononcée, sans que la personne en cause ne soit invitée à régulariser sa situation, en cas de mauvaise foi ou de fraude. / () ". Aux termes de l'article L. 123-2 de ce code : " Est de mauvaise foi, au sens du présent titre, toute personne ayant délibérément méconnu une règle applicable à sa situation. / () ".
7. Il résulte de ce qui a été dit au point 5 que M. A, qui a délibérément entendu se soustraire au paiement de la taxe sur la valeur ajoutée due, n'est fondé ni à soutenir que la pénalité pour manquement délibéré qui lui a été infligée est " contraire " aux dispositions précitées du premier alinéa de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration, ni à se prévaloir du " droit à l'erreur instauré " par la loi du 10 août 2018.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander la réduction des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période de septembre 2012 à décembre 2015 et la décharge de la pénalité de 40 % pour manquement délibéré qui lui a été infligée sur le fondement de l'article 1729 du code général des impôts. Ses conclusions à fins de réduction et de décharge doivent dès lors être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles qu'il a présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.
Délibéré après l'audience du 8 juin 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Lemaire, président,
- Mme Bonhomme, première conseillère,
- Mme Courtois, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juin 2023.
La rapporteure,
Signé
C. COURTOISLe président,
Signé
O. LEMAIRE
La greffière,
Signé
S. RANWEZ
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026