mardi 10 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2100460 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS TEISSONNIERE TOPALOFF LAFFORGUE ANDREU ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 22 janvier et 19 mai 2021, Mme B A, ayant-droit de M. Michel A, représentée par Me Labrunie, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner le comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires à lui verser, au titre de l'action successorale, la somme de 358 384 euros en réparation des préjudices subis par M. A en lien avec son exposition à des radiations ionisantes dues aux essais nucléaires en Polynésie française, assortie des intérêts au taux légal à compter du 17 mai 2019, date de réception de sa demande, et de la capitalisation des intérêts ;
2°) en cas d'expertise médicale sur l'évaluation du dommage corporel consécutif à la pathologie imputable à l'exposition aux rayonnements ionisants, de dire que les frais d'expertise seront à la charge du comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires et qu'il soit condamné à verser une indemnité provisionnelle d'un montant de 40 000 euros, au titre de l'action successorale ;
3°) de mettre à la charge du comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- M. A remplit les conditions définies par la loi du 5 janvier 2010 relative à la reconnaissance et à l'indemnisation des victimes des essais nucléaires ;
- le comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires ne renverse pas la présomption de causalité dont M. A bénéficie ; l'utilisation d'un seuil d'exposition va à l'encontre de l'intention du législateur ; les mesures de contamination externe par dosimètre ne sont pas fiables et M. A n'a bénéficié d'aucune surveillance spécifique s'agissant du risque de contamination interne ; les divers tirs nucléaires atmosphériques ainsi que les retombées radioactives et leur dissimulation, associés à des mesures de sécurité aléatoires et insuffisantes, ont permis la contamination de M. A ;
- l'état de santé de M. A n'a pas été consolidé avant son décès ; les préjudices qu'il a subis doivent être réparés à hauteur de la somme globale de 358 384 euros.
Par des mémoires en défense enregistrés les 24 février et 22 juin 2021, le comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires conclut, à titre principal, au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, dans l'hypothèse où le lien de causalité entre la pathologie et l'exposition aux rayonnements due aux essais nucléaires en Polynésie française serait reconnu, à ce qu'une expertise sur l'évaluation des dommages soit diligentée.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 20 décembre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 25 janvier 2022.
Par un mémoire enregistré le 30 août 2023, Mme A a produit, à la demande du tribunal, les éléments permettant de chiffrer et de justifier les chefs de préjudices non détaillés dans ses précédentes écritures, qui a été communiqué en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 2010-2 du 5 janvier 2010 ;
- la loi n° 2017-256 du 28 février 2017 ;
- la loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018 ;
- le décret n° 2014-1049 du 15 septembre 2014 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bourgau, rapporteur,
- et les conclusions de Mme Michel, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. Michel A, né le 9 février 1947, a effectué son service national du 2 février 1965 au 2 février 1968. A compter de juillet 1965, il a embarqué en qualité d'aide charpentier à bord du bâtiment de transport de chalands de débarquement Foudre, qui a participé à la campagne d'essais nucléaires sur le site de Mururoa en Polynésie française en 1966, puis a fait un aller-retour entre la France et la Polynésie avant de revenir en Polynésie française en août 1967. Un lymphome non hodgkinien lui a été diagnostiqué en 1987, dont il est décédé le 20 juillet 2008. Mme B A, sa veuve, estimant que son défunt mari a été exposé à des rayonnements ionisants durant sa présence en Polynésie française, a présenté le 17 mai 2019, en sa qualité d'ayant droit au titre de l'action successorale, une demande d'indemnisation sur le fondement de la loi du 5 janvier 2010 relative à la reconnaissance et à l'indemnisation des victimes d'essais nucléaires pour les préjudices subis par son époux. Par une décision du 6 novembre 2020 le comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN) a rejeté sa demande. Par sa requête, Mme A demande au tribunal de condamner le CIVEN à lui verser, au titre de l'action successorale, la somme de 358 384 euros en réparation des préjudices subis par M. A en lien avec son exposition à des radiations ionisantes lors de son séjour en Polynésie française de juillet 1966 à août 1967. Si la requérante demande la condamnation du CIVEN, qui a le statut d'autorité administrative indépendante depuis la loi du 18 décembre 2013, ses conclusions doivent être regardées comme étant en réalité dirigées contre l'Etat, supportant seul la charge d'une indemnisation due au titre de la loi du 5 janvier 2010 relative à la reconnaissance et à l'indemnisation des victimes des essais nucléaires français.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne le droit à indemnisation :
2. Aux termes de l'article 1er de la loi du 5 janvier 2010 relative à la reconnaissance et à l'indemnisation des victimes des essais nucléaires français, dans sa rédaction applicable au présent litige : " I. Toute personne souffrant d'une maladie radio-induite résultant d'une exposition à des rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français et inscrite sur une liste fixée par décret en Conseil d'Etat conformément aux travaux reconnus par la communauté scientifique internationale peut obtenir réparation intégrale de son préjudice dans les conditions prévues par la présente loi. / II. Si la personne est décédée, la demande de réparation peut être présentée par ses ayants droit. Si elle est décédée avant la promulgation de la loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018 de finances pour 2019, la demande doit être présentée par l'ayant droit avant le 31 décembre 2021. () ". Aux termes de l'article 2 de cette même loi : " La personne souffrant d'une pathologie radio-induite doit avoir résidé ou séjourné : / () 2° Soit entre le 2 juillet 1966 et le 31 décembre 1998 en Polynésie française. / () ".
3. Aux termes de l'article 4 de cette même loi, dans sa rédaction issue de l'article 232 de la loi du 28 décembre 2018 de finances pour 2019 : " I. - Les demandes individuelles d'indemnisation sont soumises au comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires ()./ V.- Ce comité examine si les conditions sont réunies. Lorsqu'elles le sont, l'intéressé bénéficie d'une présomption de causalité, à moins qu'il ne soit établi que la dose annuelle de rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français reçue par l'intéressé a été inférieure à la limite de dose efficace pour l'exposition de la population à des rayonnements ionisants fixée dans les conditions prévues au 3° de l'article L. 1333-2 du code de la santé publique./ () ". Aux termes de l'article L. 1333-2 du code de la santé publique : " Les activités nucléaires satisfont aux principes suivants :/ () 3° Le principe de limitation, selon lequel l'exposition d'une personne aux rayonnements ionisants résultant d'une de ces activités ne peut porter la somme des doses reçues au-delà des limites fixées par voie réglementaire, sauf lorsque cette personne est l'objet d'une exposition à des fins médicales ou dans le cadre d'une recherche mentionnée au 1° de l'article L. 1121-1. ". Aux termes du I de l'article R. 1333-11 du même code : " Pour l'application du principe de limitation défini au 3° de l'article L. 1333-2, la limite de dose efficace pour l'exposition de la population à des rayonnements ionisants résultant de l'ensemble des activités nucléaires est fixée à 1 mSv par an, à l'exception des cas particuliers mentionnés à l'article R. 1333-12. ".
4. Enfin, aux termes de l'article 1er du décret du 15 septembre 2014 relatif à la reconnaissance et à l'indemnisation des victimes des essais nucléaires français : " La liste des maladies mentionnée à l'article 1er de la loi du 5 janvier 2010 susvisée est annexée au présent décret. / Les maladies figurant sur cette liste mais ayant pour origine des métastases secondaires à une maladie n'y figurant pas ne sont pas retenues pour l'application de ces dispositions ". Cette annexe mentionne notamment le lymphome non hodgkinien.
5. Il résulte de ces dispositions que le législateur a entendu, dès lors qu'un demandeur satisfait aux conditions de temps, de lieu et de pathologie prévues par l'article 2 de la loi du 5 janvier 2010 modifiée, qu'il bénéficie de la présomption de causalité entre l'exposition aux rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français et la survenance de sa maladie. Cette présomption ne peut être renversée que si l'administration établit que la dose annuelle de rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français reçue par l'intéressé a été inférieure à la limite de 1 millisievert (mSv). Si, pour le calcul de cette dose, l'administration peut utiliser les résultats des mesures de surveillance de la contamination tant interne qu'externe des personnes exposées, qu'il s'agisse de mesures individuelles ou collectives en ce qui concerne la contamination externe, il lui appartient de vérifier, avant d'utiliser ces résultats, que les mesures de surveillance de la contamination interne et externe ont, chacune, été suffisantes au regard des conditions concrètes d'exposition de l'intéressé. En l'absence de mesures de surveillance de la contamination interne ou externe et en l'absence de données relatives au cas des personnes se trouvant dans une situation comparable à celle du demandeur du point de vue du lieu et de la date de séjour, il appartient à l'administration de vérifier si, au regard des conditions concrètes d'exposition de l'intéressé précisées ci-dessus, de telles mesures auraient été nécessaires. Si tel est le cas, l'administration ne peut être regardée comme rapportant la preuve de ce que la dose annuelle de rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français reçue par l'intéressé a été inférieure à la limite de 1 mSv.
6. En l'espèce, M. A remplit les conditions de temps, de lieu et de pathologie prévues par les dispositions précitées, de sorte que sa veuve peut se prévaloir de la présomption de lien de causalité pour prétendre à la réparation des préjudices subis par son défunt époux, ce que le CIVEN ne conteste pas.
7. Pour renverser cette présomption, le CIVEN fait valoir que M. A a été porteur, durant la totalité de sa présence sur le site des essais, de trois dosimètres individuels qui ont tous donné des résultats nuls et que les dosimètres d'ambiance situés sur le Foudre ont également tous donné des résultats négatifs durant la présence à son bord de M. A et donc que l'absence d'exposition externe de l'intéressé à des rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires est établie. S'agissant d'une éventuelle contamination interne de l'intéressé, en l'absence de données individuelles propres à M. A ou concernant des personnes dans des situations comparables, le CIVEN fait valoir que si M. A n'a pas fait l'objet d'examens anthroporadiamétriques et de radiotoxicologie des excrétats, son poste de travail d'aide charpentier ne l'exposait pas à un risque particulier de contamination interne par contact. La requérante ne conteste pas utilement ce point et il résulte par ailleurs de l'instruction que le Foudre n'intervenait qu'en appui, n'a participé ni aux opérations de tir ni aux reconnaissances radiologiques après les tirs et que ses membres d'équipage n'avaient pas accès aux zones les plus exposées dites " contrôlées ". Le CIVEN fait également valoir que les aliments consommés à bord ne provenaient pas des sites d'expérimentation nucléaires et que l'eau utilisée à bord pour la cuisine, la boisson et la toilette était certes prélevée dans le lagon et passée dans un bouilleur mais que l'usage de ce dernier n'était autorisé que si l'eau de mer présentait un taux de radioactivité inférieur à 3700 Bq/l, soit un taux maximal de 3,7 Bq/l après désalinisation, de sorte qu'une consommation annuelle de 730 l d'eau, chiffres donnés par l'OMS pour un adulte, n'aurait pas eu pour conséquence d'exposer l'utilisateur à une dose supérieure à 1 mSv par an, de sorte que M. A n'a pas été exposé à une contamination interne par ingestion supérieure ou égale à 1 mSv par an. Enfin, le CIVEN fait valoir qu'aucun document officiel ne fait état de retombées radioactives sur le bâtiment Foudre de sorte que le risque de contamination interne par inhalation est nul. Le CIVEN en conclut que M. A n'a pas été exposé à une dose annuelle de rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français supérieure ou égale à 1 mSv.
8. Si Mme A affirme que les dosimètres individuels n'étaient pas portés durant les loisirs et que ces derniers comportaient notamment des baignades dans les eaux contaminées du lagon, les pièces qu'elle produit ne suffisent pas à l'établir. En revanche, elle soutient également, sans être sérieusement contredite, d'une part, qu'aucune mesure dosimétrique n'est produite pour le mois d'octobre 1966 alors qu'un tir aérien a été réalisé le 4 octobre à Mururoa et, d'autre part, que les six tirs aériens réalisés entre juillet et octobre 1966, notamment les tirs Bételgeuse, Rigel et Sirius réalisés en septembre et octobre, ont engendré des retombées radioactives sur une grande part du territoire de la Polynésie française, s'appuyant sur un rapport de la DIRCEN datant de 1967 cité dans le rapport de la commission d'enquête sur les conséquences des essais nucléaires du 28 juillet 2005. Sur ce dernier point, alors que la requérante soutient que ces tirs nucléaires auraient donné lieu à des retombées significatives qui auraient touché le bâtiment où était affecté M. A et auxquelles il aurait donc été personnellement exposé, le CIVEN ne fournit en défense aucune donnée, et notamment aucun document permettant de justifier de la localisation exacte des navires au moment des nombreux tirs qui se sont déroulés lors de ses deux séjours en Polynésie française, ni même ne précise à quelle distance des zones de tir ces bâtiments étaient susceptibles de se trouver au moment des essais. Il résulte de ces éléments qu'il existait un risque de contamination externe et interne de sorte que compte tenu des conditions concrètes d'exposition de M. A, en l'absence de données individuelles ou de données personnelles comparables, des mesures de surveillance spécifiques, telles que des examens anthroporadiamétriques et des examens radiotoxicologiques des excrétas, auraient été nécessaires. Dans ces conditions, le CIVEN ne peut être regardé comme renversant la présomption de causalité entre l'exposition aux rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français et la survenue de la maladie contractée par M. A.
9. Il résulte de ce qui précède que Mme A est en droit d'obtenir, en sa qualité d'ayant-droit, l'indemnisation de l'intégralité des préjudices subis par son époux en lien avec son lymphome non hodgkinien diagnostiqué en 1992, dont il est décédé le 20 juillet 2008.
En ce qui concerne les préjudices subis :
10. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. L'expert peut se voir confier une mission de médiation. Il peut également prendre l'initiative, avec l'accord des parties, d'une telle médiation. Si une médiation est engagée, il en informe la juridiction. Sous réserve des exceptions prévues par l'article L. 213-2, l'expert remet son rapport d'expertise sans pouvoir faire état, sauf accord des parties, des constatations et déclarations ayant eu lieu durant la médiation. ".
11. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que Mme A est fondée à demander à être indemnisée des préjudices subis par son mari à la suite des essais nucléaires en Polynésie française. Toutefois, l'état du dossier ne permet pas au tribunal de statuer sur la réalité et l'étendue des préjudices qu'elle revendique. Dès lors, il y a lieu d'ordonner, avant dire droit, une expertise aux fins indiquées à l'article 1er du dispositif du présent jugement et, dans les circonstances de l'espèce, de mettre provisoirement à la charge de l'Etat les frais et honoraires de cette expertise.
Sur la demande de provision :
12. Il résulte de ce qui précède que l'Etat est tenu de réparer les conséquences dommageables de la maladie de M. A. En l'état de l'instruction, il y a lieu de condamner l'Etat à verser à la requérante une allocation provisionnelle de 8 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Il sera, avant de statuer sur les conclusions indemnitaires de Mme A, procédé à une expertise médicale aux frais avancés par l'Etat. L'expert, désigné par le président du tribunal administratif, aura pour mission de :
1°) se faire communiquer les dossiers et tous documents relatifs à la pathologie dont M. A était atteint ;
2°) décrire la date d'apparition et l'évolution de la pathologie, les soins, examens, traitements, actes médicaux et chirurgicaux qu'elle a rendu nécessaires ;
3°) dire si M. A a subi un préjudice économique, en raison notamment des dépenses et frais de santé effectivement supportés, et une perte de ressources ;
4°) dire si l'état de M. A a nécessité l'assistance d'une tierce personne ; fixer les modalités, la qualification et la durée de cette intervention en lien avec la pathologie dont il est atteint ;
5°) préciser la date de début, ainsi que le ou les taux des périodes de déficit fonctionnel temporaire en lien direct avec la pathologie ;
6°) évaluer sur une échelle de 1 à 7 les souffrances physiques endurées par M. A ;
7°) indiquer si la pathologie est à l'origine d'un préjudice esthétique temporaire et, le cas échéant, en évaluer l'importance sur une échelle de 1 à 7 ;
8°) indiquer si la pathologie est à l'origine de troubles dans les conditions d'existence et, le cas échéant, en évaluer l'importance ;
9°) indiquer si la pathologie est à l'origine d'un préjudice moral lié à une maladie évolutive et, le cas échéant, en évaluer l'importance sur une échelle de 1 à 7 ;
10°) préciser l'existence et l'étendue de tout autre préjudice personnel en lien avec la pathologie cancéreuse et fournir toutes précisions complémentaires que l'expert jugera utile à la solution du litige.
Article 2 : Les opérations d'expertise auront lieu contradictoirement en présence de Mme A, du CIVEN et du ministre des armées.
Article 3 : L'expert déposera son rapport dans le délai fixé par la décision le désignant, en deux exemplaires dont, en application des dispositions de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, des copies seront notifiées aux parties intéressées.
Article 4 : Les frais d'expertise sont réservés pour y être statué en fin d'instance.
Article 5 : L'Etat versera à Mme A une indemnité provisionnelle de 8 000 euros.
Article 6 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement, sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au ministre des armées et au comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires.
Délibéré après l'audience du 13 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Féménia, présidente,
- M. Bourgau, premier conseiller,
- M. Horn, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2023.
Le rapporteur,
Signé
T. BOURGAULa présidente,
Signé
J. FÉMÉNIA
La greffière,
Signé
S. DEREUMAUX
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
No 2100460
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026