mercredi 1 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2100846 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | LEULIET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 février 2021, M. C B représenté par
Me Leuliet, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme totale de 35 014,51 euros en réparation
des préjudices qu'il estime avoir subis en raison des fautes commises dans la gestion de ses demandes de mutation ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L.
761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'administration a commis des fautes dans la gestion de ses demandes de mutation dès lors que la demande de mutation dérogatoire qu'il a formulée le 24 octobre 2019 n'a pas été transmise à temps à la commission administrative paritaire du 13 décembre 2019 ; elle a commis des erreurs dans le calcul du nombre de mois de séparation avec sa partenaire ; elle a commis des erreurs en calculant le nombre de points de rapprochement N (normaux) et RE (rapprochement époux) de 2011 à 2017 ;
- ces fautes de gestion l'ont privé d'une mutation près de sa famille et l'ont conduit à devoir payer un logement dans les Yvelines près de son affectation ;
- il est fondé à demander la réparation des préjudices subis à hauteur de la somme
de 35 014,51 euros dont 30 014,51 euros de préjudice matériel constitué par les loyers dont il s'est acquitté de 2011 à 2020 et 5 000 euros de préjudice moral.
Par une ordonnance du 7 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 7 juillet 2022.
Un mémoire en défense, enregistré le 13 janvier 2023, soit après la clôture de l'instruction, présenté par le ministre de l'intérieur, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 95-654 du 9 mai 1995 ;
- le décret n° 2016-1969 du 28 décembre 2016 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Horn,
- les conclusions de M. Groutsch, rapporteur public,
- et les observations de M. A, substituant Me Leuliet, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, né le 10 mars 1978 à Arras, détenant le grade de caporal-chef du ministère de la défense a été détaché pendant un an à compter du 1er septembre 2011 à la circonscription de sécurité publique de La Celle Saint Cloud par un arrêté ministériel du
19 août 2011. Ce détachement a été renouvelé par un arrêté du 31 août 2011. Par un arrêté du
27 janvier 2014, il a été intégré et reclassé dans le corps des gardiens de la paix à compter du
1er septembre 2013 et maintenu dans son affectation à la circonscription de sécurité publique de La Celle Saint Cloud. D'avril 2013 à mai 2020, il a déposé, chaque année, une demande de mutation sur un ou plusieurs postes dans les Hauts-de-France au titre du rapprochement de conjoint. Du 28 octobre 2019 au 7 août 2020, il a été placé en congé de maladie ordinaire. Par un courrier du 19 octobre 2019, il a formulé une demande de mutation à caractère dérogatoire pour un poste situé à Cambrai auprès du directeur des ressources et des compétences de la police nationale. Par un courrier du 23 octobre 2020, reçu le 28 octobre 2020, M. B a demandé au ministre de l'intérieur de l'indemniser à hauteur de la somme totale de 35 014,51 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis en raison des fautes commises dans la gestion de ses demandes de mutation, cette demande ayant été implicitement rejetée le
28 décembre 2020.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 60 de la loi du 11 janvier 1984 portant statut général de la fonction publique de l'Etat: " L'autorité compétente procède aux mouvements des fonctionnaires après avis des commissions administratives paritaires./Dans les administrations ou services où sont dressés des tableaux périodiques de mutations, l'avis des commissions est donné au moment de l'établissement de ces tableaux./()Dans toute la mesure compatible avec le bon fonctionnement du service, les affectations prononcées doivent tenir compte des demandes formulées par les intéressés et de leur situation de famille. Priorité est donnée aux fonctionnaires séparés de leur conjoint pour des raisons professionnelles, aux fonctionnaires séparés pour des raisons professionnelles du partenaire avec lequel ils sont liés par un pacte civil de solidarité (), aux fonctionnaires handicapés () et aux fonctionnaires qui exercent leurs fonctions, pendant une durée et selon des modalités fixées par décret en Conseil d'État, dans un quartier urbain où se posent des problèmes sociaux et de sécurité particulièrement difficiles, ainsi qu'aux fonctionnaires qui justifient du centre de leurs intérêts matériels et moraux dans une des collectivités régies par les articles 73 et 74 de la Constitution ainsi qu'en Nouvelle-Calédonie. () / Dans les administrations ou services mentionnés au deuxième alinéa du présent article, l'autorité compétente peut procéder à un classement préalable des demandes de mutation à l'aide d'un barème rendu public. Le recours à un tel barème constitue une mesure préparatoire et ne se substitue pas à l'examen de la situation individuelle des agents. Ce classement est établi dans le respect des priorités figurant au quatrième alinéa du présent article. Toutefois, l'autorité compétente peut édicter des lignes directrices par lesquelles elle définit, sans renoncer à son pouvoir d'appréciation, des critères supplémentaires établis à titre subsidiaire dans des conditions prévues par décret en Conseil d'État. ". Le décret du 28 décembre 2016 relatif à la procédure d'édiction des lignes directrices permettant le classement par l'administration des demandes de mutation des fonctionnaires de l'Etat a été pris pour l'application du dernier alinéa de l'article 60 de la loi du 11 janvier 1984. Son article 1er dispose que : " Lorsque l'autorité compétente d'une administration ou d'un service mentionné au deuxième alinéa de l'article 60 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée procède à un classement préalable des demandes de mutation à l'aide d'un barème, les lignes directrices mentionnées au sixième alinéa de ce même article peuvent fixer des critères supplémentaires qui ont un caractère subsidiaire par rapport aux priorités prévues au quatrième alinéa de ce même article ainsi que les modalités d'élaboration de ce barème. ". Et aux termes de l'article 2 de ce décret : " Les critères supplémentaires établis à titre subsidiaire mentionnés à l'article 1er font l'objet d'une consultation du comité technique compétent. ". Enfin, aux termes de l'article 47 du décret du 9 mai 1995 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires actifs des services de la police nationale : " Sans préjudice de l'application des dispositions de l'article 60, alinéa 4, de la loi du 11 janvier 1984 susvisée, les fonctionnaires de police peuvent obtenir, après avis de la commission administrative paritaire et dans la mesure compatible avec les nécessités du service, des mutations dérogeant aux règles d'établissement des tableaux périodiques de mutation, pour raisons de santé ou autres circonstances graves ou exceptionnelles ". Lorsque dans le cadre d'un mouvement de mutation un poste a été déclaré vacant, alors que des agents se sont portés candidats dans le cadre du mouvement, l'administration doit procéder à la comparaison des candidatures dont elle est saisie en fonction, d'une part, de l'intérêt du service, d'autre part, si celle-ci est invoquée, de la situation de famille des intéressés, appréciée compte tenu des priorités fixées par les dispositions précitées de l'article 60 de la loi du 11 janvier 1984.
3. M. B soutient que le ministre de l'intérieur a commis des fautes dans la gestion de ses demandes de mutation dès lors que la demande de mutation dérogatoire qu'il a formulée le 19 octobre 2019 n'a pas été transmise à temps de telle sorte qu'elle n'a pu être examinée lors de la la commission administrative paritaire du 13 décembre 2019. Or, il résulte de l'instruction et notamment des termes de la requête elle-même que l'absence de présentation de la demande du requérant à la commission a pour origine d'une part le caractère incomplet de la demande de l'intéressé qui ne comportait pas la partie " manière de servir " devant être remplie par sa hiérarchie et d'autre part l'absence du certificat d'aptitude requis par le médecin chef adjoint de la police nationale et qui lui a été demandé dès le 27 novembre 2019.
4. En deuxième lieu, si M. B soutient que le ministre de l'intérieur a commis des erreurs d'une part dans le calcul du nombre de mois de séparation avec sa partenaire concernant les demandes de mutation effectuées les 16 avril 2013, 14 avril 2014, 3 avril 2015, 26 avril 2016, et 12 mai 2020, il n'établit pas que ces erreurs ont eu une incidence sur les refus de mutation qui lui ont été opposés. En outre, si le requérant avance également que le ministre de l'intérieur a commis des erreurs dans le calcul du nombre de points de rapprochement N (normaux) et RE (rapprochement époux) concernant ses demandes de mutation formulées de 2011 à 2017, d'une part, ce calcul est fondé sur un barème administratif en usage pour les mutations de la police nationale qui n'a qu'un caractère indicatif et ne lie pas le ministre dans son pouvoir d'appréciation et d'autre part, le requérant n'établit pas que ces erreurs ont eu une incidence sur les refus de mutation qui lui ont été opposés .
5. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à engager la responsabilité de l'établissement. Ses conclusions indemnitaires doivent, par suite, être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 18 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Féménia, présidente,
- M. Bourgau, premier conseiller,
- M. Horn, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er février 2023.
Le rapporteur,
J. HORNLa présidente,
J. FÉMÉNIALa greffière,
P. MAGHRI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026