LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2101555

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2101555

mardi 24 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2101555
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSCP BIGNON LEBRAY & ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la demande d'indemnisation de la SCI du Pont d’Ardres et de la SARL Ferrant PHE contre la commune d'Ardres, suite à l'annulation des arrêtés de préemption urbain de 2020. La juridiction a jugé que l'illégalité de ces actes, bien qu'établie par des décisions de justice antérieures, ne constituait pas en elle-même une faute de nature à engager la responsabilité de la commune. Elle a également estimé que les requérantes ne justifiaient pas d'un préjudice direct et certain résultant de cette illégalité, au regard des dispositions du code de l'urbanisme et du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 mars 2021 et 28 novembre 2022, la SCI du Pont d’Ardres et la SARL Ferrant PHE, représentées par la SCP Gros-Hicter & Associés, demandent au tribunal :

1°) de condamner la commune d’Ardres à leur verser la somme de 1 357 836,61 euros à parfaire en réparation de leurs préjudices résultant de l’illégalité fautive des arrêtés du 29 juillet 2020 par lesquels son maire a exercé le droit de préemption urbain sur les parcelles cadastrées section AC 142, AC 143, AC 29, AC 133, AC 31 et AC 106, situées aux lieux-dits « La Sucrerie », « La Ferme Hemery » et « Le Pont Sans Pareil », sur le territoire communal, assorti des intérêts de droit à compter de la date de réception de leur réclamation indemnitaire ;

2°) de mettre à la charge de cette commune le versement de la somme de 2 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- la commune engage sa responsabilité pour faute du fait de l’illégalité fautive des arrêtés de son maire du 29 juillet 2020 portant préemption des parcelles cadastrées section AC 142, AC 143, AC 29, AC 133, AC 31 et AC 106, qui sont entachés d’incompétence ainsi que d’un vice de procédure résultant du défaut de consultation préalable du service des domaines en méconnaissance des articles R. 213-21 du code de l’urbanisme, L. 1311-9 et L. 1311-10 du code général des collectivités territoriales, méconnaissent les dispositions des articles L. 210-1 et L. 300-1 du code de l’urbanisme, en ce qu’il n’est justifié d’aucun projet réel et précis d’aménagement et, s’agissant de l’arrêté n° A20-105, d’une erreur de droit dans l’application des dispositions de l’article L. 211-1 du code de l’urbanisme dès lors que la préemption porte sur la parcelle AC 143 classée, pour partie, en zone agricole ;
- elles sont ainsi fondées à demander l’indemnisation de leur préjudice financier, en lien direct et certain avec lesdites illégalités fautives, qui comprend les frais de montage de dossier, pour une somme de 10 345,91 euros, les frais d’acquisition de matériel exposés à hauteur de 165 154,50 euros, la perte de deux subventions pour un montant de 315 692 euros, la perte de bénéfice escompté évalué à 246 644,20 euros ainsi que la perte de loyers chiffrée à 610 000 euros ;
- elles justifient en outre de leur préjudice moral, en lien direct et certain avec lesdites illégalités fautives, qui peut être évalué à la somme de 10 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 octobre 2022, la commune d’Ardres, représentée par la SCP E. Forgeois & Associés, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge des requérantes la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- les arrêtés du 29 juillet 2020 n’étant entachés d’aucune illégalité, elle n’a commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité ;
- la SARL Ferrant PHE, qui n’est ni acquéreuse ni vendeuse du bien et n’établit pas l’existence d’un lien avec la société acquéreuse, ne peut se prévaloir d’aucun préjudice en lien direct avec l’éventuelle illégalité des arrêtés du 29 juillet 2020 ;
- l’acquéreuse évincée, qui avait accepté la réserve tenant à l’exercice éventuel du droit de préemption urbain par la commune, ne peut utilement se prévaloir d’un préjudice indemnisable ;
- les requérantes ne justifient ni de l’existence ni du quantum du préjudice allégué, pas plus que du lien de causalité direct et certain entre les préjudices invoqués et les illégalités prétendues des arrêtés du 29 juillet 2020.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d’être fondé sur un moyen relevé d’office, tiré de l’autorité absolue de la chose jugée dont sont revêtus le jugement de ce tribunal n° 2005548, 2005550, 2005552 du 9 mai 2023 et l’arrêt de la cour administrative d’appel de Douai n° 23DA01374 du 27 novembre 2025.

Des observations, enregistrées le 23 février 2026, ont été produites pour la SCI du Pont d’Ardres et la SARL Ferrant PHE.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Piou,
- les conclusions de Mme Grard, rapporteure publique,
- les observations de Me Chavda, représentant la SCI du Pont d’Ardres et la SARL Ferrant PHE,
- les observations de Me Forgeois, représentant la commune d’Ardres,
- et celles de Me Vamour, représentant la société Ramery Environnement.


Considérant ce qui suit :

La SCI du Pont d’Ardres s’est portée acquéreuse auprès de la société Ramery Environnement d’un ensemble immobilier d’environ seize hectares, correspondant aux parcelles cadastrées section AC 142, AC 143, AC 29, AC 133, AC 31 et AC 106, aux lieux-dits « La Sucrerie », « La Ferme Hemery » et « Le Pont Sans Pareil » à Ardres. A la suite de la réception les 18 et 19 février 2020 de la déclaration d’intention d’aliéner ces parcelles, le maire de la commune d’Ardres a, par trois arrêtés du 29 juillet 2020, exercé le droit de préemption urbain sur les parcelles en cause. Par un jugement n° 2005548, 2005550, 2005552, le tribunal administratif de Lille a annulé ces trois décisions, et ce jugement a été confirmé par la cour administrative d’appel de Douai dans son arrêt n° 23DA01374 du 27 novembre 2025.

Par un courrier reçu le 4 novembre 2020, la SCI du Pont d’Ardres et la SARL Ferrant PHE ont sollicité de la commune d’Ardres l’indemnisation des préjudices qu’elles estiment avoir subis du fait de l’illégalité de ces trois arrêtés. En l’absence de réponse dans le délai de deux mois, une décision implicite de rejet de leur demande est née. Par leur requête, elles sollicitent du tribunal la condamnation de cette commune au versement de la somme 1 357 836,61 euros, assortie des intérêts au taux légal.

Sur les conclusions indemnitaires :

Toute illégalité fautive est, en principe et quelle qu’en soit sa nature, susceptible d’engager la responsabilité de l’administration dès lors qu’elle présente un lien de causalité suffisamment direct et certain avec les préjudices invoqués, dont il appartient au demandeur d’établir la réalité et le bien-fondé. Un acquéreur évincé par une décision de préemption illégale est en droit d’obtenir réparation des préjudices qui résultent pour lui, de façon directe et certaine, de cette décision.

En ce qui concerne les préjudices invoqués par la SCI du Pont d’Ardres :

Il résulte de l’instruction que la SCI du Pont d’Ardres s’est portée seule acquéreuse des parcelles préemptées par le maire d’Ardres par arrêtés du 29 juillet 2020. Si elle se prévaut de l’existence d’un préjudice financier tenant à des frais de montage de dossier relatifs à l’implantation d’une nouvelle usine sur ce terrain par la société Ferrant PHE en vue de l’augmentation de ses capacités de production, de frais d’acquisition de matériel, d’une perte de subvention ainsi que d’une perte de bénéfice escompté lié à l’exploitation de cette nouvelle usine, l’ensemble des pièces justificatives produites à cet égard sont relatives à l’activité de la SARL Ferrant PHE et ne révèlent aucun préjudice propre à la SCI du Pont d’Ardres. Par ailleurs, cette dernière n’établit pas le caractère certain de la perte de loyers attendus de la location d’une partie de ses locaux au profit d’une entreprise tierce, non identifiée, et ne justifie pas davantage de l’existence même d’un préjudice tenant à une perte de loyer attendue de l’entreprise Terreos, qui était locataire d’une partie du bâtiment existant sur le site de l’ancienne sucrerie, dès lors qu’il résulte des stipulations de la promesse de vente conclue entre la SCI du Pont d’Ardres et la société Ramery Environnement que le montant de ces loyers viendrait en déduction du prix d’achat. Enfin, en se bornant à faire état du temps et de l’énergie déployés pour la réalisation du projet d’extension de l’activité de la SARL Ferrant PHE, la SCI du Pont d’Ardres ne justifie pas davantage de l’existence d’un préjudice moral qui lui est propre et qui serait en lien direct avec les illégalités invoquées. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées par la SCI du Pont d’Ardres ne peuvent qu’être rejetées.

En ce qui concerne les préjudices invoqués par la SARL Ferrant PHE :

Si la SARL Ferrant PHE soutient que les parcelles avaient vocation à accueillir une nouvelle usine lui permettant d’étendre ses capacités de production et sollicite en conséquence l’indemnisation des préjudices financiers et moraux subis du fait de l’illégalité des arrêtés du 29 juillet 2020 ayant conduit à l’échec de ce projet, elle ne justifie toutefois pas, par les seules pièces produites, plus particulièrement par une attestation sur l’honneur de la gérante de la SCI du Pont d’Ardres indiquant que les parcelles seraient mises à disposition de la SARL Ferrant PHE, au demeurant postérieure aux arrêtés dont l’illégalité est invoquée, d’un droit suffisamment certain et direct sur les parcelles objet de ces arrêtés, en l’absence notamment de tout contrat conclu antérieurement entre ces deux sociétés ou de tout lien juridique entre elles. Dans ces conditions, les préjudices moraux et financiers dont elle se prévaut ne présentent pas de lien de causalité suffisamment direct et certain avec les illégalités fautives invoquées. Les conclusions indemnitaires présentées par la SARL Ferrant PHE doivent, par suite, être également rejetées.

Sur les frais liés au litige :

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d’Ardres, qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que les requérantes demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge globale des deux sociétés requérantes la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune d’Ardres et non compris dans les dépens.



D E C I D E :




Article 1er : La requête de la SARL Ferrant PHE et de la SCI du Pont d’Ardres est rejetée.

Article 2 : La SARL Ferrant PHE et la SCI du Pont d’Ardres verseront la somme globale de 1 500 euros à la commune d’Ardres au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Ferrant PHE, à la SCI du Pont d’Ardres, à la commune d’Ardres et à la société Ramery Environnement.


Délibéré après l'audience du 3 mars 2026, à laquelle siégeaient :

Mme Leguin, présidente,
M. Perrin, premier conseiller,
Mme Piou, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mars 2026.

La rapporteure,

signé

C. Piou
La présidente,

signé

A-M. Leguin
La greffière,

signé



C. Calin


La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions