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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2101585

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2101585

mardi 21 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2101585
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSCP GAUD MONTAGNE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 3 mars 2021, 11 octobre 2021, 21 avril 2022, 7 juin 2022 et 11 juillet 2022, la société Pacifica, représentée par Me Gaud, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner le département du Nord à lui rembourser la somme de 626 409,43 euros qu'elle a d'ores et déjà versée au titre de l'accident dont M. B C a été victime, assortie des intérêts au taux légal avec capitalisation à compter de la délivrance de la demande indemnitaire préalable ;

2°) de condamner le département du Nord à la relever et garantir de toute condamnation prononcée à son encontre dans le cadre de l'instance initiée devant le tribunal judiciaire de Paris (RG n. n° 20/0052) et à lui rembourser les sommes qu'elle sera amenée à verser au titre de l'indemnisation du préjudice corporel de M. C ;

3°) de juger qu'elle aura la possibilité d'être subrogée dans les droits de M. C à raison des sommes qu'elle serait amenée à lui verser ;

4°) de mettre à la charge du département du Nord la somme de 3 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

5°) de condamner le département du Nord aux entiers dépens, dont distraction au profit de Me Patrice Gaud, AGMC Avocats.

Elle soutient que :

- l'accident de la circulation intervenu le 20 avril 2016 route de Doulieu sur la commune de Meteren impliquant son assuré, M. A D et dont a été victime M. B C, est dû au défaut de visibilité sur les lieux du sinistre, lequel est constitutif d'un défaut d'entretien normal ;

- le département du Nord engage sa responsabilité en raison du défaut d'entretien de cet ouvrage public dès lors que des haies et végétaux formaient un écran végétal épais qui réduisait de façon importante la visibilité vers la gauche au moment des faits ; leur assuré, conduisant un tracteur, ne pouvait que se positionner au-delà de la bande " stop " pour avoir une vue sur les véhicules arrivant à gauche ;

- le département du Nord engage sa responsabilité en raison du défaut d'entretien de cet ouvrage public dès lors que la limitation de vitesse sur cette portion de la route départementale 18 à 90 km/h était inadaptée aux caractéristiques de la chaussée ;

- aucune faute de son assuré, de la victime de l'accident ou de la propriétaire des haies ne peut exonérer le département du Nord de sa responsabilité ;

- elle est fondée à demander au département du Nord le remboursement des débours qu'elle a dû exposer en sa qualité d'assureur subrogé dans les droits de M. A D, à savoir 346 871,30 euros de remboursement des frais médicaux aux organismes sociaux et 279 538,13 euros au titre de l'indemnisation de M. C ;

- elle est également fondée à demander à ce que le département du Nord la relève et la garantisse de toute condamnation prononcée à son encontre dans le cadre de l'instance initiée devant le tribunal judiciaire de Paris et à lui rembourser les sommes qu'elle sera amenée à verser au titre de l'indemnisation du préjudice corporel de M. C.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 24 juin 2021, 5 novembre 2021, 4 mai 2022, 15 juin 2022 et 26 juillet 2022, le département du Nord, représenté par Me El Kaim, conclut dans le dernier état de ses écritures au rejet de la requête, à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la société Pacifica au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et à ce que les entiers dépens soient également mis à la charge de cette société.

Elle fait valoir que :

- les conclusions indemnitaires relatives au remboursement des sommes déjà versées aux organismes sociaux et à M. C sont irrecevables pour défaut de subrogation ;

- les conclusions indemnitaires formulées par la société Pacifica concernant les sommes qu'elle serait encore susceptible de verser à M. C sont irrecevables alors qu'elle ne les a pas encore supportées ;

- en tout état de cause, sa responsabilité n'est pas engagée dès lors que les fautes commises par M. C et M. D l'exonèrent totalement ; la victime a fait preuve d'imprudence en roulant à une vitesse excessive à l'approche du lieu de l'accident ; le conducteur du tracteur, qui empruntait quotidiennement cette voie, est responsable d'un défaut d'attention et n'a par ailleurs pas signalé que la visibilité du croisement était obstruée par la présence de végétaux ;

- à supposer que sa responsabilité soit engagée, le quantum des demandes indemnitaires n'est, en tout état de cause, pas justifié.

Par un mémoire, enregistré le 2 mai 2022, la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut, agissant par délégation de la caisse primaire d'assurance maladie des Flandres, établit le montant définitif de ses débours à 348 897,28 euros et indique qu'elle n'entend pas intervenir dans la présente instance.

La clôture de l'instruction a été fixée au 16 novembre 2023 à 12 h 00 par une ordonnance du 16 octobre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des assurances ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Monteil ;

- les conclusions de M. Even, rapporteur public ;

- les observations de Me Gaud, représentant la société Pacifica ;

- et les observations de Me El Kaïm, représentant le département du Nord.

Le département du Nord a produit une note en délibéré, enregistrée le 18 mars 2024.

La société Pacifica a produit une note en délibéré, enregistrée le 21 mars 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Le 20 avril 2016 à 13h30, alors qu'il s'engageait sur la route de Doulieu (RD18) à Meteren (59), M. A D, dont le tracteur est assuré par la société Pacifica, est entré en collision avec la moto de M. B C qui circulait sur cette route départementale. M. C a été pris en charge en urgence avec un pronostic vital engagé. Il présentait, notamment, de très nombreuses lésions cérébrales, des côtes cassées de chaque côté du thorax avec perforation des poumons, le bassin fracturé, de même que la mâchoire fracturée. Par une décision du 11 janvier 2022, qui fait suite à des sommes allouées à titre de provision en référé, le tribunal judiciaire de Paris a condamné la société Pacifica, assureur du tracteur, à verser à la victime une somme totale de 267 105,88 euros en réparation de ses différents préjudices. Par ailleurs, la caisse primaire d'assurance maladie établit le montant définitif des débours engagés à la somme de 348 897,28 euros, provisions non déduites. L'assureur de M. D, à savoir la société Pacifica, subrogée dans les droits de son assuré en application de l'article L. 121-1 du code des assurances, recherche la responsabilité du département du Nord au titre des débours qu'elle soutient avoir exposés au profit des deux victimes et des organismes sociaux en invoquant un défaut d'entretien normal de la voirie publique.

Sur la recevabilité de l'action subrogatoire de la société Pacifica :

2. Aux termes de l'article L. 121-12 du code des assurances : " L'assureur qui a payé l'indemnité d'assurance est subrogé, jusqu'à concurrence de cette indemnité, dans les droits et actions de l'assuré contre les tiers qui, par leur fait, ont causé le dommage ayant donné lieu à la responsabilité de l'assureur. () ".

3. La société Pacifica fournit, dans le cadre de la présente instance, la police d'assurance souscrite par M. D, conducteur impliqué dans l'accident dont M. C a été victime, au titre de l'assurance obligatoire des véhicules terrestres à moteur prévue par l'article L. 211-1 du code des assurances. Par suite, la société Pacifica est fondée à se prévaloir de la subrogation légale dans les droits de son assuré, et les conclusions à fin d'indemnisation des sommes versées en exécution de ce contrat d'assurance sont recevables.

4. Toutefois, en application des dispositions précitées de l'article L. 121-12 du code des assurances, l'assureur ne bénéficie de la subrogation instituée par cet article que lorsqu'il justifie du paiement d'une indemnité à son assuré. Dès lors, les conclusions présentées par la société Pacifica tendant au versement des sommes qu'elle serait, à l'avenir, susceptible de verser au titre de l'indemnisation du préjudice corporel de M. C sont irrecevables et doivent être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité :

S'agissant du défaut d'entretien normal de la route départementale 18 :

5. Il appartient à la victime d'un dommage survenu à l'occasion de l'utilisation d'un ouvrage public d'apporter la preuve du lien de causalité entre l'ouvrage public dont elle était usager et le dommage dont elle se prévaut. La collectivité en charge de l'ouvrage public peut s'exonérer de sa responsabilité en rapportant la preuve soit de l'entretien normal de l'ouvrage, soit de ce que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.

6. Aux termes de l'article L. 3221-4 du code général des collectivités territoriales : " Le président du conseil départemental gère le domaine du département. A ce titre, il exerce les pouvoirs de police afférents à cette gestion, notamment en ce qui concerne la circulation sur ce domaine (). "

7. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'enquête de la gendarmerie d'Hazebrouck, du rapport d'expertise technique du 29 août 2016 de l'expert automobile réquisitionné par le parquet du tribunal de grande instance ainsi que des rapports de l'expert automobile du 6 mai 2016 et de l'huissier de justice du 5 septembre 2016 mandatés par la société Pacifica, que la visibilité au carrefour entre la RD 18 où circulait la moto de M. C et la route communale dénommée Walestraete où circulait le tracteur conduit par M. D est particulièrement mauvaise et que le conducteur du tracteur, n'ayant aucune visibilité à son côté gauche à l'endroit de la ligne blanche de stop du fait de la configuration des lieux, est obligé de s'engager sur la moitié de la voie de circulation pour voir un éventuel véhicule en provenance du virage gauche. Il résulte par ailleurs de l'instruction, notamment du rapport de l'expertise technique du 26 août 2016, que la vitesse n'avait pas fait l'objet de la part du département du Nord d'une limitation particulière sur cette portion de la route de Doulieu alors qu'il en avait été différemment dans le passé au vu des déclarations de M. D devant les services de gendarmerie le 21 avril 2016. La limite de vitesse n'était ainsi pas adaptée aux caractéristiques du croisement. De ce fait, la société requérante est fondée à rechercher la responsabilité du département du Nord au titre du défaut d'entretien normal.

S'agissant de la faute des propriétaires de la maison située au 748 route du Doulieu :

8. Le département du Nord soutient que la faible visibilité au lieu de l'accident résulte du défaut d'entretien de leurs haies par les propriétaires de la maison située au 748 route du Doulieu, en méconnaissance du règlement de voirie applicable. Pour autant, il ne résulte pas de l'instruction que l'éventuel défaut d'entretien de leurs haies par les propriétaires de la maison située au 748 route du Doulieu ait constitué un élément déterminant de l'accident. En tout état de cause, le département du Nord ne peut, pour s'exonérer totalement ou partiellement de sa responsabilité, se prévaloir du fait d'un tiers.

S'agissant de la faute de M. D :

9. Si M. D, qui empruntait quotidiennement ce croisement au volant de son tracteur dans le cadre de son travail, se devait de conduire avec prudence, il ne résulte cependant d'aucun des documents produits, notamment des différents procès-verbaux de police et des témoignages recueillis, que sa conduite aurait été inadaptée auxdites conditions alors qu'il a marqué le stop et s'est engagé avec une extrême prudence sur la route départementale 18. Par suite, le département du Nord n'est pas fondé à invoquer une faute de M. D.

S'agissant de la faute de M. C :

10. Aux termes de l'article R. 413-17 du code de la route : " I. - Les vitesses maximales autorisées par les dispositions du présent code, ainsi que celles plus réduites éventuellement prescrites par les autorités investies du pouvoir de police de la circulation, ne s'entendent que dans des conditions optimales de circulation : bonnes conditions atmosphériques, trafic fluide, véhicule en bon état. / II. Elles ne dispensent en aucun cas le conducteur de rester constamment maître de sa vitesse et de régler cette dernière en fonction de l'état de la chaussée, des difficultés de la circulation, notamment sur les voies adjacentes et des obstacles prévisibles. / III. Sa vitesse doit être réduite : ()9° A l'approche des sommets de côtes et des intersections où la visibilité n'est pas assurée ; () "

11. Il résulte de l'instruction que l'accident dont a été victime M. C a eu lieu en plein jour, dans des conditions météorologiques satisfaisantes, sur une route que l'intéressé ne prenait pas pour la première fois et dont il connaissait donc les caractéristiques et les éventuels dangers. Il résulte également de l'instruction qu'en bordure de route, avant le carrefour où a eu lieu l'accident, figurait un panneau indicateur d'un croisement entre une grande route et une petite route. Si la vitesse à laquelle M. C roulait au moment du choc n'a pu être déterminée précisément, il apparaît suffisamment établi que l'intéressé, qui connaissait les lieux et était averti du croisement, a insuffisamment adapté sa vitesse à l'entrée d'une zone comportant des habitations. Dans ces conditions, le département du Nord est fondé à soutenir que M. C a commis une faute de nature à justifier une exonération partielle de responsabilité qu'il convient, dans les circonstances de l'espèce, de fixer à 25 %.

En ce qui concerne les préjudices :

12. Il appartient à l'assureur qui demande à bénéficier de la subrogation prévue par l'article L. 121-12 du code des assurances de justifier par tout moyen du paiement d'une indemnité à son assuré.

S'agissant des sommes versées aux organismes sociaux :

13. La société requérante soutient qu'elle a versé 348 897 euros à la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) au titre des frais médicaux engagés pour les soins de M. C et fournit à cet égard, outre le montant des débours définitifs établi par la CPAM, un courrier de cette dernière en date du 18 février 2021 reconnaissant avoir reçu 322 499,20 euros à cette date. Toutefois les pièces comptables attestant des versements à la CPAM par la société Pacifica ne font état que d'un total de 346 871,30 euros, comprenant un versement de 24 979,71 euros postérieur au courrier de la CPAM précité. Par suite, il sera fait droit, en retenant l'exonération partielle précitée, à la demande d'indemnisation de la société Pacifica à hauteur de 260 153, 47 euros.

S'agissant des sommes versées à la société d'assurance ACM :

14. Si la société requérante soutient avoir versé la somme de 1 555,04 euros à la société d'assurance ACM en remboursement de frais médicaux et pharmaceutiques ainsi que du séjour hospitalier de leur assuré M. C, elle ne verse cependant aucune pièce justifiant du paiement effectif de cette créance. Elle n'est donc pas fondée à en demander le remboursement.

S'agissant des sommes versées en exécution des condamnations du tribunal de grande instance de Paris :

15. La société requérante fait état de versements au titre de provisions à valoir sur le préjudice de M. C et de son épouse ainsi qu'au titre de l'article 700 du code de procédure civile à hauteur, d'une part, de 59 000 euros au titre de l'ordonnance de référé du 30 janvier 2017 et d'autre part, de 11 500 euros au titre de l'ordonnance de référé du 12 février 2018. Elle justifie suffisamment du paiement de ces sommes par, outre la copie d'un chèque de 11 500 euros libellé à l'ordre de la CARPA, la production de captures d'écran comptables qui attestent que les sommes ont été débitées respectivement le 13 mars 2017 et le 29 mars 2018. Par suite, il sera fait droit à la demande d'indemnisation de la société Pacifica, en retenant l'exonération partielle précitée, à hauteur de 52 875 euros.

16. Par ailleurs, ainsi qu'il a été dit au point 1., par une décision du 11 janvier 2022, qui fait suite à des sommes allouées à titre de provision en référé, le tribunal judiciaire de Paris a condamné la société Pacifica, assureur du tracteur, à verser à la victime une somme totale de 267 105,88 euros en réparation de ses différents préjudices. Néanmoins, en se bornant à produire un chèque à l'ordre de la CARPA pour un montant de 188 814,64 euros en vue de l'exécution de ce jugement, la requérant ne justifie pas de l'encaissement de ce chèque. La demande que la société requérante présente à ce titre doit donc être rejetée. Il en va de même de sa demande portant sur une somme de 223,49 euros, dont la justification n'est pas explicitée, pour laquelle elle produit un chèque libellé à l'ordre de la CARPA dont la preuve de l'encaissement n'est pas apportée.

S'agissant des sommes versées en exécution du protocole d'offre d'indemnisation provisionnelle :

17. La société requérante fournit la copie du protocole d'offre d'indemnisation provisionnelle du 9 novembre 2019 conclu avec M. C en dehors de la procédure judiciaire, et apporte la preuve d'un versement de 20 000 euros débité dans ce cadre le 16 décembre 2019, à l'ordre de l'avocat de M. C. Par suite, la société est fondée à demander à ce titre, en retenant l'exonération partielle précitée, le paiement de la somme de 15 000 euros.

Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :

18. La société Pacifica a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 328 028,47 euros à compter du 26 novembre 2020, date de réception de sa demande préalable par le département du Nord.

19. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée pour la première fois au département du Nord le 3 mars 2021. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 26 novembre 2021, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les frais d'instance :

20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la société Pacifica, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance.

21. Il y a par ailleurs lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département du Nord une somme totale de 2 500 euros à verser à la société Pacifica au titre des frais exposés par cette dernière et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Le département du Nord est condamné à verser à la société Pacifica une somme de 328 028,47 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 26 novembre 2020. Les intérêts échus à la date du 26 novembre 2021, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 2 : Le département du Nord versera la somme de 2 500 euros à la société Pacifica au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Pacifica, au département du Nord et à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut.

Délibéré après l'audience du 12 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Xavier Fabre, président,

Mme Monteil, première conseillère,

M. Lemée, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mai 2024.

La rapporteure,

Signé

A.-L. MONTEIL

Le président,

Signé

X. FABRE

Le greffier,

Signé

A. DEWIERE

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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