mardi 20 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2102230 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SCM BONDUEL & PATERNOSTER AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 25 mars 2021, 24 septembre 2021 et 23 mai 2022, M. A B, représenté par Me Bonduel, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier de Seclin Carvin (GHSC) à lui verser la somme de 338 351,76 euros en réparation des préjudices subis lors de sa prise en charge par cet établissement de santé, assortie des intérêts au taux légal à compter du 26 mars 2021, date à laquelle sa requête a été communiquée à l'établissement de santé ;
2°) de condamner le GHSC aux " entiers " dépens ;
3°) de mettre à la charge du GHSC la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la responsabilité du GHSC est engagée de plein droit en raison de l'infection nosocomiale qu'il a contractée lors de sa prise en charge par cet établissement de santé ;
- il en est résulté des préjudices patrimoniaux d'un montant total de 208 911,14 euros, qui se décompose comme suit :
* Assistance par tierce personne temporaire : 58 282,72 euros ;
* Perte de gains professionnels avant consolidation : 80 628,42 euros ;
* Incidence professionnelle : 70 000 euros ;
- il en est également résulté des préjudices extrapatrimoniaux d'un montant total de 129 440,62 euros, qui se décompose comme suit :
* Déficit fonctionnel temporaire : 34 465,62 euros ;
* Souffrances endurées : 35 000 euros ;
* Préjudice esthétique temporaire : 5 000 euros ;
* Déficit fonctionnel permanent : 36 975 euros ;
* Préjudice d'agrément : 10 000 euros ;
* Préjudice esthétique permanent : 8 000 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 26 juillet 2021, 16 mai 2022 et 21 juin 2022, le GHSC, représenté par Me Segard, qui s'en rapporte à l'appréciation du tribunal quant à la responsabilité, conclut, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à la limitation de l'indemnité versée à M. B à la somme de 114 460,76 euros ;
2°) à la limitation de la créance de la caisse de mutualité sociale agricole (MSA) du Nord-Pas-de-Calais aux débours strictement en lien avec l'infection nosocomiale ;
3°) à la limitation à la somme de 1 500 euros de la demande de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- il ne conteste pas sa responsabilité quant à la contraction d'une infection nosocomiale par M. B ;
- les préjudices du requérant devront être évalués comme suit :
* Assistance par tierce personne temporaire : 36 575,76 euros ;
* Incidence professionnelle : 10 000 euros ;
* Déficit fonctionnel temporaire : 20 685 euros ;
* Souffrances endurées : 15 000 euros ;
* Préjudice esthétique temporaire : 4 000 euros ;
* Déficit fonctionnel permanent : 21 000 euros ;
* Préjudice d'agrément : 3 000 euros ;
* Préjudice esthétique permanent : 4 200 euros.
- l'indemnisation de la perte de gains professionnels avant consolidation sera rejetée ;
- les débours de la MSA du Nord-Pas-de-Calais concernant les frais hospitaliers, médicaux et pharmaceutiques n'appellent aucune observation ;
- le remboursement des indemnités journalières pour la période allant du 17 décembre 2008 au 31 août 2017 sera rejeté dès lors qu'en l'absence d'infection, le traumatisme initial aurait justifié un arrêt de travail d'au moins 6 mois et l'état de santé aurait été consolidé dans un délai de 12 mois ;
- seule la fraction de la rente accident du travail correspondant à l'infection nosocomiale sera remboursée à la MSA du Nord-Pas-de-Calais.
Par un mémoire, enregistré le 31 mars 2022, la MSA du Nord-Pas-de-Calais demande au tribunal :
1°) de condamner le GHSC à lui verser la somme de 280 886,41 euros en remboursement des débours qu'elle a exposés pour le compte de son assuré, M. B ;
2°) de condamner le GHSC au versement de l'indemnité forfaitaire de gestion ;
3°) de mettre à la charge du GHSC le versement de la somme de 700 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'en raison de l'infection nosocomiale contractée par son assuré, elle a pris en charge des frais à hauteur de 280 886,41 euros, qui se décomposent comme suit :
* Frais hospitaliers : 84 494,21 euros ;
* Frais médicaux et pharmaceutiques : 7 729,38 euros ;
* Indemnités journalières : 85 071,58 ;
* Dépenses de santé futures : 917,01 euros ;
* Rente accident du travail : 102 674,23 euros.
Par une ordonnance du 30 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 15 juillet 2022.
Deux mémoires, enregistrés les 5 et 9 mai 2023, ont été présentés pour le GHSC.
Vu :
- l'ordonnance n° 1808950 du 19 février 2019 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Lille a ordonné une expertise médicale et désigné le docteur C, en qualité d'experte ;
- le rapport remis au greffe du tribunal le 15 avril 2020 ;
- l'ordonnance n°1808950 du 27 avril 2020, par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Lille a taxé et liquidé les frais de l'expertise à la somme de 1 000 euros, qui comprend le montant de l'allocation provisionnelle accordée par une ordonnance du 25 février 2019 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code du travail ;
- l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2023 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bruneau,
- les conclusions de Mme Michel, rapporteure publique,
- les observations de Me Paternoster substituant Me Bonduel, représentant M. B et celles de Me Bavay substituant Me Segard, représentant le GHSC.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, né le 20 février 1978, a été victime d'un accident du travail le 31 octobre 2008 au décours d'une chute d'un arbre d'environ 8 mètres. Il a été admis au GHSC. Les examens médicaux ont permis de constater une fracture fermée du calcanéum droit. Il a bénéficié le 3 novembre 2008 d'une intervention chirurgicale consistant en une ostéosynthèse et un cimentage. Le 7 novembre suivant, l'attelle provisoire a été remplacée par une botte en résine à angle droit. Il a été autorisé le même jour à retourner à son domicile. Lors d'une consultation d'orthopédie, le 9 décembre 2008, le praticien, après avoir procédé à l'ablation de la botte en résine, a constaté un point d'inflammation avec un écoulement au niveau d'un des clous calcanéens. Une reprise chirurgicale, consistant en l'ablation du matériel implanté, a été effectuée le 18 décembre 2008. M. B a été autorisé à retourner à son domicile le lendemain avec prescription de soins infirmiers. En raison d'une hyperthermie associée à une cheville très inflammatoire, l'intéressé a été admis au service des urgences du GHSC le 25 février 2009. Le bilan biologique, effectué le jour même, a révélé une protéine C-réactive élevée. Un traitement antibiotique lui a été prescrit. Les douleurs persistant et le gonflement de sa cheville ne diminuant pas, il a été hospitalisé du 27 février au 11 mars 2009 au GHSC. Le prélèvement de suppuration profonde effectué le jour de son admission au centre hospitalier a révélé la présence d'un staphylocoque doré multi sensible. Il a bénéficié le 2 mars 2009 d'une deuxième reprise chirurgicale consistant en une évacuation de l'abcès rétro malléolaire interne avec drainage et excision. Une antibiothérapie a été prescrite. Il a été autorisé à retourner à son domicile le 11 mars 2009. M. B a subi une troisième intervention chirurgicale au GHSC, le 27 mars 2009, consistant en un lavage et un drainage du même abcès. Les prélèvements biologiques se sont révélés positifs au même germe, un staphylocoque doré. Le patient a quitté l'établissement de santé le 1er avril 2009. Il a eu, de nouveau, une botte plâtrée et des soins infirmiers. Les suites n'ont pas été favorables, un écoulement stérile a été régulièrement constaté. M. B a été une quatrième fois hospitalisé au GHSC afin de bénéficier le 3 juillet 2009 d'un drainage sous anesthésie générale en raison d'un abcès du calcanéum rétro malléolaire interne. Une nouvelle antibiothérapie lui a été prescrite. M. B a par la suite été hospitalisé à de nombreuses reprises, les 5 novembre 2010 pour ablation quasi complète du ciment et excision de la fistule rétro malléolaire interne, 19 mai 2011 et 28 juin 2012 pour un curetage du calcanéum, en raison de la persistance d'un écoulement dont les cultures du prélèvement de suppuration demeurent positives au staphylocoque doré multi sensible. M. B a été de nouveau hospitalisé du 24 au 31 octobre 2012 au GHSC où il a bénéficié le 25 octobre 2012 d'une intervention chirurgicale ayant pour objet l'ablation du matériel et du ciment, associée à une autogreffe et une allogreffe. Il est retourné à son domicile le 31 octobre 2012 avec une antibiothérapie durant trois semaines. Un scanner, réalisé le 17 avril 2014, a permis de constater une ostéite chronique du calcanéum. Au cours de son hospitalisation du 4 au 19 septembre 2014 au sein du service des maladies infectieuses du centre hospitalier de Tourcoing, M. B a bénéficié d'une intervention chirurgicale le 12 septembre 2014 consistant en un nettoyage articulaire et une cimentoplastie avec du ciment imprégné d'antibiotiques. Les prélèvements effectués étaient toujours positifs au staphylocoque doré multi sensible. Il a été autorisé à quitter l'établissement de santé le 19 septembre 2014. Les suites n'ont pas davantage été favorables. M. B a été opéré au centre hospitalier de Tourcoing le 31 octobre 2014 pour une ostéite calcanéenne avec cimentoplastie et le 16 mai 2017 pour un lavage de la cicatrice. Il conserve une difficulté à la marche.
2. Par une requête du 2 octobre 2018, M. B a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Lille aux fins de réalisation d'une expertise médicale. Par une ordonnance du 19 février 2019, le juge des référés a ordonné une expertise médicale et désigné le docteur C, en qualité d'experte. Le rapport d'expertise établi par cette dernière a été déposé au greffe du tribunal le 15 avril 2020. Par un courrier du 19 janvier 2021, le requérant a adressé au GHSC une demande indemnitaire préalable. Par la présente requête, M. B demande au tribunal de condamner le GHSC à lui verser une somme de 338 351,76 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis en raison de l'infection qu'il a contractée lors de sa prise en charge. La MSA demande le remboursement des débours et des prestations en espèces versés à son assuré.
Sur la responsabilité du GHSC :
3. Aux termes du second alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Les établissements, services et organismes [dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins] sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère ". Doit être regardée comme présentant un caractère nosocomial au sens des dispositions précitées du second alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge. Il n'y a pas lieu de tenir compte de ce que la cause directe de cette infection a le caractère d'un accident médical non fautif ou a un lien avec une pathologie préexistante.
4. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport de l'experte, que M. B a été admis au GHSC le 31 octobre 2008 à la suite d'une chute d'un arbre et qu'il a bénéficié le 3 novembre 2008 d'une ostéosynthèse. A la suite de cette intervention, il a été constaté lors de la consultation de contrôle le 9 décembre 2008 un point inflammatoire avec un écoulement au niveau d'un des clous calcanéens. Le 18 décembre suivant, il a été procédé à l'ablation du matériel d'ostéosynthèse et au retrait des deux clous. Les prélèvements effectués le 27 février 2009 sont revenus positifs au germe staphylocoque doré multi sensible. La présence de ce germe a nécessité plusieurs interventions chirurgicales régulières jusqu'en mai 2017, consistant en une évacuation d'un abcès rétro malléolaire interne et en un lavage. L'experte mentionne dans son rapport que l'infection contractée par M. B dans les suites de la prise en charge de sa fracture fermée du calcanéum droit survenue dans le cadre de son accident du travail le 31 octobre 2008, revêt le caractère d'une infection nosocomiale. Dès lors, cette infection qui est survenue lors de la prise en charge de M. B au sein du GHSC, présente un caractère nosocomial au sens des dispositions du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, ce que dernier ne conteste pas.
5. Il résulte de ce qui précède que le GHSC est responsable des préjudices découlant des séquelles de M. B qui sont en lien avec l'infection nosocomiale.
Sur l'évaluation des préjudices :
6. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise, que l'état de santé de M. B a été consolidé le 30 mars 2019.
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
S'agissant des dépenses de santé actuelles :
7. La MSA du Nord-Pas-de-Calais justifie avoir exposé pour le compte du requérant, ce que le relevé détaillé des débours et l'attestation d'imputabilité de son médecin conseil du 17 mars 2022 permettent d'établir, sans contestation du GHSC, des frais d'hospitalisation du 17 décembre 2008 au 13 février 2014 au GHSC d'un montant de 50 250,35 euros et du 4 septembre 2014 au 23 mai 2017 au centre hospitalier de Tourcoing à hauteur de 34 243,86 euros ainsi que des frais médicaux et pharmaceutiques d'un montant de 7 729,38 euros. Par suite, il incombe au GHSC de verser à la MSA du Nord-Pas-de-Calais la somme de 92 223,59 euros correspondant aux dépenses de santé qu'elle a exposées pour le compte de M. B jusqu'à la date de consolidation de l'état de santé de ce dernier.
S'agissant de l'assistance par tierce personne temporaire :
8. Lorsque le juge administratif indemnise la victime d'un dommage corporel nécessitant de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire permettant, dans les circonstances de l'espèce, le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat, sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.
9. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que pour les périodes allant du 9 décembre 2008 au 16 décembre 2008, du 30 janvier au 24 février 2009, du 6 mai au 23 juin 2009, du 5 juillet au 22 décembre 2009, du 4 février au 11 mai 2011, du 13 mai au 17 mai 2011, du 16 juin 2011 au 30 mars 2012, du 3 mai 2012 au 27 juin 2012, du 22 novembre 2012 au 3 septembre 2014, du 20 septembre au 29 octobre 2014, du 11 novembre au 24 décembre 2014 et du 24 mai 2017 au 8 août 2017, l'état de santé de M. B a nécessité une assistance par tierce personne non spécialisée à hauteur d'une heure par jour. Le nombre de jours à indemniser est de 1 513 jours (8+26+49+171+97+5+289+56+651+40+44+77). Par ailleurs, l'état de santé du requérant a nécessité une assistance par tierce personne non spécialisée à hauteur de deux heures par jour pour les périodes allant du 20 décembre 2008 au 29 janvier 2009, du 12 au 25 mars 2009, du 2 avril au 5 mai 2009, du 17 novembre 2010 au 3 février 2011, du 26 mai au 15 juin 2011, du 31 mars 2012 au 2 mai 2012, du 6 juillet au 23 octobre 2012 et du 1er novembre au 21 novembre 2012. Le nombre de jours à indemniser est de 353 jours (41+14+34+79+21+33+110+21). Enfin, pour les périodes allant du 24 juin au 1er juillet 2009, du 23 décembre 2009 au 3 novembre 2010, du 25 décembre 2014 au 23 janvier 2017, puis du 2 février au 15 mai 2017 et du 9 août 2017 au 30 mars 2019, l'état de santé de M. B a nécessité une assistance par tierce personne non spécialisée à hauteur de trois heures par semaine, soit 0,43 heure par jour. Le nombre de jours à indemniser est de 1 787 jours (8+316+864+599). Afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, il y a lieu, ainsi que le prévoit le référentiel de l'ONIAM, de calculer l'indemnisation sur la base d'une année de 412 jours, ainsi que sur la base d'un taux horaire moyen de rémunération tenant compte des charges patronales et des majorations de rémunération pour travail du dimanche, fixé à 15 euros pour une aide active non spécialisée. Les sommes exposées durant ces périodes doivent être évaluées à un montant total de 50 581,35 euros ((353 x 2 x 15 x (412/365)) + ((1513 x 1 x 15 x (412/365) + (1 787 x 0,43 x 15 x (412/365))). Il résulte du rapport d'expertise qu'il convient également de déduire l'assistance par tierce personne qui aurait été, même sans l'infection nosocomiale, supportée du fait de l'accident de travail, soit 90 jours à 1 h par jour (DFT de 50%) et 90 jours à 0,43 h par jour, soit les sommes respectives de 1 523,84 euros (90 x 15 x 412/365) et 655,25 euros (90 x 0,43 x 15 x 412/365). Par suite, l'indemnisation due au titre de l'assistance par une tierce personne à titre temporaire doit être fixée à 48 402,27 euros (50 581,35 - 1 523,84 - 655,25), qui sera mise à la charge du GHSC.
S'agissant de la perte de gains professionnels :
10. M. B se prévaut d'une perte de gains professionnels avant la date de consolidation d'un montant de 80 628,42 euros. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise, qu'en l'absence de complication ou d'infection, M. B aurait repris son travail après six mois d'arrêt de travail, soit le 3 mai 2009. L'indisponibilité professionnelle temporaire totale en relation avec le fait dommageable a donc duré du 3 mai 2009 jusqu'au mois d'août 2017. Toutefois, en dépit d'une mesure d'instruction diligentée par le tribunal lui demandant de justifier des revenus perçus sur la période allant de 2012 à 2017, notamment en produisant ses bulletins de salaire, aucun élément n'a été transmis. Dans ces conditions, les conclusions du requérant sur ce chef de préjudice doivent être rejetées.
11. Il résulte par ailleurs de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise que M. B a perçu, pour la période du 3 mai 2009 au 25 août 2017, soit 3 037 jours, des indemnités journalières. Dans ces conditions, compte tenu du montant de 26,67 euros d'une indemnité journalière, il y a lieu d'allouer à la MSA du Nord-Pas-de-Calais la somme de 80 996,79 euros (26,67 x 3 037). La MSA sollicite également le remboursement du montant de la rente accident du travail qu'elle a versée à hauteur de 102 674,23 euros. Il résulte de l'instruction, en particulier de l'attestation de rente accident du travail produite par la MSA du Nord-Pas-de-Calais, qu'elle a versée à M. B une telle rente en se fondant sur un taux d'incapacité permanente de 50 %. Il résulte cependant du rapport d'expertise que si le déficit fonctionnel permanent de M. B est évalué par l'expert à 20 %, celui lié à l'infection nosocomiale est seulement de 15 %. La MSA du Nord-Pas-de-Calais est alors seulement fondée à solliciter le remboursement de ses débours à hauteur de 75% (15/20). Dès lors que le montant de la rente annuelle est de 3 263,47 euros, la MSA du Nord-Pas-de-Calais est fondée à solliciter, pour la période allant du 7 octobre 2017 au 20 juin 2023, la somme de 13 975,81 euros (18 634,41 x 0,75), après application du coefficient de 0,75. En outre, le montant annuel imputable à la faute commise par le GHSC s'élève à 2 447,60 euros (3 263,47 x 0,75). Par suite, compte tenu de l'âge de l'intéressé à la date du présent jugement, soit 45 ans, le montant de la rente accident du travail exposé par la MSA Nord-Pas-de-Calais pour le compte de son assuré pour la période postérieure au 20 juin 2023 s'élève, après application du coefficient de capitalisation de 35,739 issu du barème de capitalisation publié par la Gazette du Palais actualisé en 2022, reposant sur la table de mortalité sexuée pour 2017-2019 et un taux d'intérêt de 0 % à la somme de 87 474,78 euros (35,739 x 2 447,60). Le GHSC devra ainsi verser au titre de ce chef de préjudice la somme de 182 447,38 euros (80 996,79 + 13 975,81 + 87 474,78).
S'agissant des dépenses de santé futures :
Quant à la période entre la date de consolidation et le jugement :
12. Il résulte de l'instruction, en particulier du relevé des débours et du détail des frais futurs produits par la MSA du Nord-Pas-de-Calais qu'elle verse aux débats que l'état de santé de M. B nécessite, depuis la date de consolidation, annuellement l'achat de 3 boîtes d'Acupan pour un montant total de 6,27 euros et une consultation chez son généraliste pour un montant de 17,50 euros. Le montant annuel des dépenses de santé exposées par la MSA du Nord-Pas-de-Calais à raison de soins nécessités par M. B du fait de l'infection qu'il a contractée lors de sa prise en charge par le GHSC s'élève ainsi à 23,77 euros (6,27 + 17,50). Dès lors qu'entre le lendemain de la date de consolidation, le 31 mars 2019, et le jour du présent jugement, 20 juin 2023, il s'est écoulé 4,23 ans, les dépenses exposées par la MSA du Nord-Pas-de-Calais pour M. B au titre de cette période doivent être évaluées à 100,55 euros (23,77 x 4,23).
Quant à la période postérieure au jugement :
13. Il résulte de l'instruction, en particulier du relevé des débours et du détail des frais futurs produits par la MSA du Nord-Pas-de-Calais, que les dépenses de santé qu'exposera la mutuelle pour le compte de M. B postérieurement au jugement comprennent, outre les dépenses exposées entre la date de consolidation et la date du présent jugement, une consultation quinquennale chez un spécialiste à hauteur de 3,92 euros annuels et une radiographie du pied tous les 5 ans pour un coût annuel de 3,99 euros. Dès lors, le montant annuel des dépenses de santé s'élèvera à la somme de 31,68 euros. Par suite, compte tenu de l'âge de l'intéressé à la date du présent jugement, soit 45 ans, le montant des dépenses de santé exposées par la MSA Nord-Pas-de-Calais pour le compte de son assuré pour la période postérieure au 20 juin 2023 s'élève, après application du coefficient de capitalisation de 35,739 issu du barème de capitalisation publié par la Gazette du Palais actualisé en 2022, reposant sur la table de mortalité sexuée pour 2017-2019 et un taux d'intérêt de 0 % à la somme de 1 132,21 euros (35,739 x 31,68).
S'agissant de l'incidence professionnelle :
14. M. B sollicite la réparation de l'incidence professionnelle de l'infection nosocomiale qu'il a contractée lors de sa prise en charge par le GHSC. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise, que le requérant, en raison de ses problèmes au talon ayant pour origine l'infection qu'il a contractée au sein du GHSC, a été tenu de se réorienter. Il est constant que son état de santé a eu une influence sur ses choix professionnels. Il y a alors lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'évaluer à 8 000 euros le préjudice d'incidence professionnelle.
En ce qui concerne les préjudices extra patrimoniaux :
S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :
15. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise, que M. B a subi un déficit fonctionnel temporaire. En retenant un taux journalier d'indemnisation de 15 euros, il sera fait une juste appréciation du déficit fonctionnel temporaire à la victime qui a été évalué par l'experte à 50 % du 9 au 16 décembre 2008 (8 x 0,50 x 15), à 100 % du 17 au 19 décembre 2008 (3 x 1 x 15), à 75 % du 20 décembre 2008 au 29 janvier 2009 (41 x 0,75 x 15), à 50 % du 30 janvier au 24 février 2009 (26 x 0,50 x 15), à 100 % du 25 février au 11 mars 2009 (15 x 1 x 15), à 75 % du 12 au 25 mars 2009 (14 x 0,15 x 15), à 100 % du 26 mars 2009 au 1er avril 2009 (7 x 1 x 15), au taux de 75 % du 2 avril au 5 mai 2009 (34 x 0,75 x 15), à celui de 50 % du 6 mai au 23 juin 2009 (49 x 0,50 x 15), au taux de 25 % du 24 juin au 1er juillet 2009 (8 x 0,25 x 15), à 100 % du 2 au 4 juillet 2009 (3 x 1 x 15), à 50 % du 5 juillet au 22 décembre 2009 (171 x 0,5 x 15), à 25 % du 23 décembre 2009 au 3 novembre 2010 (316 x 0,25 x 15), à 100 % du 4 au 16 novembre 2010 (13 x 1 x 15), à 75 % du 17 novembre 2010 au 3 février 2011 (79 x 0,75 x 15), à 50 % du 4 février au 11 mai 2011 (97 x 0,50 x 15), à 100 % le 12 mai 2011 (1 x 15), à 50 % du 13 au 17 mai 2011 (5 x 0,50 x 15), à 100 % du 18 au 25 mai 2011 (8 x 1 x 15), à 75 % du 26 mai au 15 juin 2011 (21 x 0,75 x 15), à 50 % du 16 juin 2011 au 30 mars 2012 (289 x 0,50 x 15), à 75 % du 31 mars au 2 mai 2012 (33 x 0,75 x 15), à 50 % du 3 mai au 27 juin 2012 (56 x 0,50 x 15), à 100 % du 28 juin au 5 juillet 2012 (8 x 1 x 15), à 75 % du 6 juillet au 23 octobre 2012 (110 x 0,75 x 15), à 100 % du 24 au 31 octobre 2012 (8 x 1 x 15), à 75 % du 1er novembre au 21 novembre 2012 (21 x 0,75 x 15), à 50 % du 22 novembre 2012 au 3 septembre 2014 (651 x 0,50 x 15), à 100 % du 4 au 19 septembre 2014 (16 x 1 x 15), à 50 % du 20 septembre au 29 octobre 2014 (40 x 0,50 x 15), à 100 % du 30 octobre au 10 novembre 2014 (12 x 1 x 15), à 50 % du 11 novembre au 24 décembre 2014 (44 x 0,50 x 15), à 25 % du 25 décembre 2014 au 23 janvier 2017 (761 x 0,25 x 15), à 100 % du 24 janvier au 1er février 2017 (9 x 1 x 15), à 25 % du 2 février au 15 mai 2017 (103 x 0,25 x 15), à 100 % du 16 au 23 mai 2017 (8 x 1 x 15), à 50 % du 24 mai au 8 août 2017 (77 x 0,50 x 15) et 25 % du 9 août 2017 au 30 mars 2019 (599 x 0,25 x 15), soit 3 764 jours. Par suite, le déficit fonctionnel temporaire, y compris celui qui aurait été subi sans la complication en cause, peut être évalué à 23 685 euros.
16. En revanche, il résulte également de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise, qu'en l'absence de complication infectieuse, M. B aurait subi un déficit fonctionnel temporaire évalué à 100 % pour deux jours, à 50 % pour une période de 90 jours (30 x 3), à 25 % pour une durée de 90 jours (30 x 3) et à 10 % pour une période de 6 mois, soit 180 jours (30 x 6). Par suite, en retenant un taux journalier d'indemnisation de 15 euros, il sera fait une juste appréciation du déficit fonctionnel temporaire de la victime qui aurait été supporté sans l'infection nosocomiale en cause en le fixant à la somme de 1 312,50 euros, à déduire de l'indemnisation mise à la charge du groupe hospitalier défendeur (2 x 1 x 15) + (90 x 0,50 x 15) + (90 x 0,25 x 15) + (180 x 0,10 x 15). Il s'ensuit qu'il sera alloué à M. B la somme de 22 372,50 euros (23 685 - 1 312,50) au titre du déficit fonctionnel temporaire lié à l'infection qu'il a contractée.
S'agissant des souffrances endurées :
17. Il résulte du rapport d'expertise que M. B a enduré des souffrances, notamment physiques, consécutives à l'infection nosocomiale qu'il a contractée au décours de l'intervention chirurgicale qu'il a subie le 3 novembre 2008 au GHSC. L'experte a évalué ses souffrances à 5 sur une échelle de 7. Par référence au barème de l'ONIAM, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 15 560 euros.
S'agissant du préjudice esthétique temporaire :
18. Il résulte de l'instruction que le préjudice esthétique temporaire subi par M. B a été évalué par l'experte à 4 sur une échelle de 7 en raison de l'utilisation d'un fauteuil roulant et de béquilles. Ce préjudice, affectant son talon, peut être évalué, compte tenu de la durée de la période antérieure à la consolidation, à une somme de 5 000 euros.
S'agissant du déficit fonctionnel permanent :
19. Il résulte de l'instruction que M. B présente un déficit fonctionnel permanent directement lié à l'infection nosocomiale qu'il a contractée qui a été évalué par l'experte à 15 % pour un déficit global de 20%. Par référence au barème de l'ONIAM, il sera fait une juste appréciation des séquelles conservées à ce titre par l'intéressé, âgé de 41 ans à la date de la consolidation, en lui allouant une somme de 26 650 euros.
S'agissant du préjudice d'agrément :
20. Il résulte du rapport d'expertise que M. B est dans l'impossibilité physique de pratiquer ses activités de sport et de loisirs, tels que l'élevage de chiens et le bricolage. Il sera fait une juste appréciation du préjudice d'agrément qu'il subit en lui allouant la somme de 4 000 euros.
S'agissant du préjudice esthétique permanent :
21. Il résulte des conclusions expertales que M. B présente des cicatrices chirurgicales et une déformation du talon. L'experte a évalué à 3 sur une échelle de 7. Par suite, il sera fait une juste appréciation du préjudice esthétique permanent en l'évaluant à la somme de 3 600 euros.
22. Il résulte de ce qui précède que le GHSC est condamné à verser à M. B une somme de 133 584,77 euros en réparation des préjudices subis du fait de l'infection contractée dans les jours suivants l'intervention chirurgicale. Il résulte également de ce qui précède que la MSA du Nord-Pas-de-Calais est fondée à solliciter la somme de 275 903,73 euros.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
23. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ". Aux termes de l'article 1343-2 du même code : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise ". Il résulte de ces dispositions que, d'une part, lorsqu'ils sont demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts des sommes allouées par le juge sont dus à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue à la partie débitrice ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement au greffe du tribunal administratif des conclusions tendant au versement de cette somme, et, d'autre part, que la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière.
24. La somme allouée à M. B sera, conformément aux dispositions citées au point précédent, assortie des intérêts au taux légal à compter du 26 mars 2021, date à laquelle sa requête a été communiquée au GHSC, comme il est expressément demandé par le requérant. En vertu des dispositions citées au point précédent, il y a lieu, par ailleurs, de faire droit à sa demande de capitalisation des intérêts à compter du 26 mars 2022 à minuit, date à laquelle était due, pour la première fois, une année entière d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les frais liés au litige :
En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire de gestion :
25. Il résulte des dispositions du neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale que le montant de l'indemnité forfaitaire qu'elles instituent est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un plafond dont le montant est révisé chaque année par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget. Lorsque, par application de cet article, le montant de l'indemnité forfaitaire est relevé par arrêté interministériel, la caisse n'est pas obligée d'actualiser devant le juge le montant de ses conclusions. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 115 € et 1 162 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2021. ".
26. En application des dispositions citées ci-dessus, il y a lieu de mettre à la charge du GHSC le versement de la somme de 1 162 euros à raison des frais engagés par la MSA du Nord -Pas-de-Calais pour obtenir le remboursement des prestations servies à son assuré
En ce qui concerne les dépens :
27. Il y a lieu de mettre à la charge définitive du GHSC, partie perdante de la présente instance, les dépens constitués des frais d'expertise taxés et liquidés à la somme globale de 1 000 euros par l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Lille du 25 avril 2020 visée ci-dessus.
En ce qui concerne les frais liés au litige :
28. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du GHSC une somme de 1 500 euros et une de 1 000 euros à verser respectivement à M. B et à la MSA du Nord-Pas-de-Calais sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le groupement hospitalier de Seclin Carvin est condamné à verser à M. B une somme de 133 584,77 euros. Cette somme sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 26 mars 2021. Les intérêts échus à la date du 26 mars 2022 à minuit, puis à chaque échéance annuelle ultérieure à compter de cette date, seront capitalisés à chacune des dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : Le groupement hospitalier de Seclin Carvin est condamné à verser à la mutualité sociale agricole Nord-Pas-de-Calais une somme de 275 903,73 euros.
Article 3 : Le groupement hospitalier de Seclin Carvin versera à la mutualité sociale agricole du Nord-Pas-de-Calais la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Article 4 : Les frais d'expertise liquidés et taxés à la somme de 1 000 euros sont mis à la charge définitive du groupement hospitalier de Seclin Carvin.
Article 5 : Le groupement hospitalier de Seclin Carvin versera à M. B une somme de 1 500 euros et à la mutualité sociale agricole du Nord-Pas-de-Calais une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au groupement hospitalier de Seclin Carvin et à la mutualité sociale agricole du Nord-Pas-de-Calais.
Copie en sera adressée au docteur C, experte.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Riou, président,
M. Fougères, premier conseiller,
Mme Bruneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2023.
La rapporteure,
signé
M. Bruneau
Le président,
signé
J.-M. Riou
La greffière,
signé
I. Baudry
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la solidarité en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026