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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2102683

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2102683

mercredi 24 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2102683
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantCAMPAGNE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 9 avril 2021, 13 septembre 2022 et 3 octobre 2022, la société par actions simplifiées (SAS) Sofidap, représentée par Me Campagne, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme totale de 374 282,97 euros en garantie de la réparation versée, à la suite de sa condamnation, à la caisse primaire d'assurance maladie et le fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante pour le préjudice consécutif au décès de M. B C et de ses préjudices propres liés à sa condamnation ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat, outre les dépens, la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La société soutient que :

- l'Etat s'est rendu responsable d'une carence fautive en s'abstenant de prendre avant 1977 des mesures propres à éviter ou au moins à limiter les dangers que présentait l'inhalation des poussières d'amiante ;

- sa condamnation pour faute inexcusable par les juridictions constitue un préjudice imputable au comportement fautif de l'Etat ;

- la charge de la réparation du dommage doit être partagée entre elle et l'Etat, à hauteur d'un tiers pour ce dernier.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 novembre 2022, le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion conclut à ce que l'indemnisation mise à sa charge soit réduite à 115 307 euros.

Il fait valoir qu'un partage de responsabilité doit être retenue, les préjudices étant au moins pour les deux tiers imputables à la faute de la société requérante et il n'est pas établi que la requête a été introduite par une personne ayant qualité pour se faire et que la société, qui ne démontre avoir versé que la somme de 348 922 euros et ne démontre pas qu'elle ne serait pas assurée pour le risque en cause, n'établit pas le lien de causalité entre les frais liés au litige devant le juge judiciaire et la faute de l'Etat.

Par une ordonnance du 8 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 janvier 2023.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions relatives aux préjudices, excédant la somme de 348 922,20 euros, invoqués pour la première fois dans le mémoire enregistré le 3 octobre 2022, à l'exception de ceux relatifs à l'instance de cassation devant le juge judiciaire, dès lors que ces préjudices pouvaient être invoqués dans le délai de recours contentieux, courant au plus tard à la date d'enregistrement de la requête, le 9 avril 2021.

Une réponse au moyen d'ordre public, enregistrée le 6 avril 2023, a été présentée pour la société Sofidap.

Elle fait valoir qu'elle ne pouvait pas présenter l'ensemble de ses demandes indemnitaires avant le mémoire en défense de l'administration.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code du travail ;

- la loi n°87-39 du 27 janvier 1987 portant diverses mesures d'ordre social ;

- le décret n° 77-949 du 17 août 1977 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Riou, président-rapporteur,

- et les conclusions de Mme Michel, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C a été salarié de la SAS Sofidap, entreprise de commerce et de réparation automobile, du 1er janvier 1968 au 24 janvier 1974 en qualité de chef d'atelier. Il est décédé le 11 septembre 2004 des suites d'un cancer broncho-pulmonaire diagnostiqué le 10 mai 2004. Saisie par Mme C, sa veuve, la caisse primaire d'assurance maladie de la Côte d'Opale a reconnu, par une décision du 8 décembre 2011, le caractère professionnel de cette maladie. Mme C a également saisi, en 2012, le tribunal des affaires de sécurité sociale de Boulogne-sur-Mer aux fins de voir reconnaître la faute inexcusable de l'employeur, et faire évaluer les chefs de préjudice subis. Par un jugement rendu le 23 juin 2017 le tribunal des affaires de sécurité sociale a reconnu la faute inexcusable de la société Sofidap, au sens des articles L. 452-1 et suivants du code de la sécurité sociale, dans la survenance de la maladie professionnelle de M. C. Par application de l'article L. 452-3 alinéa 3 du code de la sécurité sociale, qui prévoit que la réparation des préjudices " est versée directement aux bénéficiaires par la caisse qui en récupère le montant auprès de l'employeur ", le tribunal a condamné la caisse primaire d'assurance maladie à verser une majoration de la rente servie à la conjointe survivante et une somme d'un montant de 100 400 euros au titre des préjudices subis par M. C et ses ayants droits et la société Sofidap à rembourser ces indemnités à la caisse. Le jugement met également à la charge de la société une somme de 3 000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile. La cour d'appel d'Amiens, par un arrêt du 7 juillet 2020, a confirmé ce jugement et a condamné la SAS Sofidap à verser une somme complémentaire de 3 000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile. En exécution du jugement et de l'arrêt, la SAS Sofidap s'est acquittée auprès de la caisse primaire d'assurance maladie de l'intégralité des sommes qu'elle a été condamnée à payer, soit 345 922,20 euros au titre des indemnisations versées. Le pourvoi en cassation de la société a été rejeté par un arrêt de la chambre sociale de la Cour de cassation du 7 avril 2022, mettant en outre à la charge de la société une somme de 6 000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile.

2. Par une lettre du 31 décembre 2020 reçue le 5 janvier 2021, la société Sofidap a sollicité du ministre des affaires sociales et de la santé que l'Etat l'indemnise intégralement de ces condamnations, en raison de la carence fautive de l'Etat en matière de règlementation relative à l'amiante. La société, dans le dernier état de ses écritures, demande la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 374 282,97 euros au titre des sommes versées à la suite de l'instance judiciaire précitée.

Sur les conclusions aux fins de d'indemnisation :

En ce qui concerne la responsabilité de l'Etat :

3. La responsabilité de l'administration peut en principe être engagée à raison de la faute qu'elle a commise, pour autant qu'il en soit résulté un préjudice direct et certain. Lorsque cette faute et celle d'un tiers ont concouru à la réalisation d'un même dommage, le tiers co-auteur qui a indemnisé la victime peut se retourner contre l'administration, en vue de lui faire supporter pour partie la charge de la réparation, en invoquant la faute de celle-ci, y compris lorsqu'il a commis une faute inexcusable au sens de l'article L. 452-1 du code de la sécurité sociale. Il peut, de même, rechercher la responsabilité de l'administration, à raison de cette faute, pour être indemnisé de ses préjudices propres. Sa propre faute lui est opposable, qu'il agisse en qualité de co-auteur ou de victime du dommage. A ce titre, dans le cas où il a délibérément commis une faute d'une particulière gravité, il ne peut se prévaloir de la faute que l'administration aurait elle-même commise en négligeant de prendre les mesures qui auraient été de nature à l'empêcher de commettre le fait dommageable. En outre, lorsqu'il est subrogé dans les droits de la victime à l'égard de l'administration, notamment parce qu'il a été condamné par le juge judiciaire à indemniser la victime, il peut se voir opposer l'ensemble des moyens de défense qui auraient pu l'être à la victime.

4. Si, en application de la législation du travail désormais codifiée à l'article L. 4121-1 du code du travail, l'employeur a l'obligation générale d'assurer la sécurité et la protection de la santé des travailleurs placés sous son autorité, il incombe aux autorités publiques chargées de la prévention des risques professionnels de se tenir informées des dangers que peuvent courir les travailleurs dans le cadre de leur activité professionnelle, compte tenu notamment des produits et substances qu'ils manipulent ou avec lesquels ils sont en contact, et d'arrêter, en l'état des connaissances scientifiques et des informations disponibles, au besoin à l'aide d'études ou d'enquêtes complémentaires, les mesures les plus appropriées pour limiter et si possible éliminer ces dangers.

5. Il résulte de ce qui a été dit au point 1 ci-dessus que l'autorité judiciaire a jugé que la société Sofidap avait commis, au sens de l'article L. 452-1 du code de la sécurité sociale, une faute inexcusable à l'origine de la maladie professionnelle de M. C. Il résulte de ces dispositions, telles qu'elles sont interprétées par la jurisprudence de la Cour de cassation, qu'a le caractère d'une faute inexcusable le manquement à l'obligation de sécurité de résultat à laquelle l'employeur est tenu envers son salarié, lorsqu'il avait ou aurait dû avoir conscience du danger auquel était exposé ce dernier, et qu'il n'a pas pris les mesures nécessaires pour l'en préserver. Le constat de la faute inexcusable par le juge judiciaire ne suffit pas, par lui-même, à interdire à son auteur de se prévaloir de la faute que l'administration aurait elle-même commise en négligeant d'adopter une réglementation propre à limiter les risques pour la santé de l'exposition des salariés aux poussières d'amiante.

6. Il résulte de l'instruction que les premières mesures de protection des travailleurs contre l'amiante ont été adoptées, en 1931, en Grande-Bretagne. Des recommandations visant à limiter l'inhalation des poussières d'amiante ont été faites aux Etats-Unis à compter de 1946. Des études épidémiologiques menées à partir de données relevées, pour l'une, en Angleterre et, pour l'autre, en Afrique du sud, publiées en 1955 et 1960, ont mis en évidence le lien entre exposition à l'amiante et, respectivement, risque de cancer broncho-pulmonaire et risque de mésothéliome. Un cas de mésothéliome diagnostiqué en France a été décrit en 1965 par le professeur A dans une communication à l'Académie nationale de médecine. Ainsi, en dépit, d'une part, de l'inaction à cette époque des organisations internationales ou européennes susceptibles d'intervenir dans le domaine de la santé au travail, qui ne se sont saisies qu'ultérieurement de cette question, comme d'ailleurs de la plupart des pays producteurs ou consommateurs d'amiante, et, d'autre part, du temps de latence très élevé de certaines des pathologies liées à l'amiante, dont l'utilisation massive en France est postérieure à la Seconde Guerre mondiale, la nocivité de l'amiante et la gravité des maladies dues à son exposition étaient pour partie déjà connues avant 1977.

7. D'une part, le décret du 10 mars 1894, pris sur le fondement de la loi du 12 juin 1893 concernant l'hygiène et la sécurité des travailleurs dans les établissements industriels, imposait l'évacuation des poussières, et notamment, s'agissant des poussières légères, l'utilisation d'appareils d'élimination efficaces. Les fibroses pulmonaires consécutives à l'inhalation de poussières de silice ou d'amiante, par l'ordonnance du 2 août 1945, puis l'asbestose professionnelle, décrite comme consécutive à l'inhalation de poussières d'amiante, par les décrets des 31 août 1950 et 3 octobre 1951, ont été inscrites au tableau des maladies professionnelles. Une telle réglementation, qui était de nature à prévenir l'exposition à l'amiante, s'est néanmoins révélée très insuffisante au regard des dangers qu'elle présentait. En s'abstenant de prendre, entre 1968, année au cours de laquelle a été embauché M. C, et 1974 en l'espèce, date de sortie du salarié des effectifs de l'entreprise, des mesures propres à éviter ou du moins limiter les dangers liés à une exposition à l'amiante, l'Etat a commis une faute de nature à engager sa responsabilité.

8. D'autre part, il n'est pas contesté que M. C manipulait, dans le cadre de son activité professionnelle et dans des conditions de nature à créer des poussières, des mécanismes d'embrayage et de garnitures de freins, composés d'amiante à l'époque de son emploi auprès de la société requérante. Par ailleurs, il résulte également de l'instruction et notamment des décisions rendues par les juridictions judiciaires, que la société requérante n'a pas pris les mesures, ni collectives ni individuelles, destinées à prévenir et à réduire les risques liés notamment à l'inhalation des poussières d'amiante par ses salariés, dont M. C telles que par exemple le port d'un masque ou de gants. Dès lors, en ne prenant pas les précautions nécessaires pour garantir la protection de son salarié alors qu'elle était tenue contractuellement d'assurer sa sécurité, la société a commis une faute de nature à engager sa responsabilité. Néanmoins, eu égard à l'utilisation massive de l'amiante alors acceptée en France et à la nature des activités de l'entreprise qui bien que n'étant pas productrice d'amiante, utilisait de façon régulière ce produit, cette faute n'a pas le caractère d'une faute d'une particulière gravité délibérément commise, qui ferait obstacle à ce que cette société puisse se prévaloir de la faute de l'administration.

9. Il résulte de ce qui précède que la négligence des pouvoirs publics et celle de la société requérante ont toutes deux concouru directement au développement de la maladie professionnelle liée à l'amiante de M. C. Eu égard à la nature et à la gravité respective des fautes commises, d'une part, par la société requérante et, d'autre part, par l'État, il sera fait, dans les circonstances de l'espèce, une juste appréciation du partage de responsabilités en fixant au tiers la part de responsabilité de l'Etat.

En ce qui concerne les préjudices :

10. En premier lieu, en vertu de l'article L. 452-2 du code de la sécurité sociale, lorsque l'accident est dû à la faute inexcusable de l'employeur, la victime ou ses ayants droit reçoivent une majoration des indemnités qui leur sont dues en vertu du livre 4 de ce code. Aux termes de l'article L. 452-3 du même code : " Indépendamment de la majoration de rente qu'elle reçoit en vertu de l'article précédent, la victime a le droit de demander à l'employeur devant la juridiction de sécurité sociale la réparation du préjudice causé par les souffrances physiques et morales par elle endurées, de ses préjudices esthétiques et d'agrément ainsi que celle du préjudice résultant de la perte ou de la diminution de ses possibilités de promotion professionnelle. () / De même, en cas d'accident suivi de mort, les ayants droit de la victime () ainsi que les ascendants et descendants qui n'ont pas droit à une rente en vertu desdits articles, peuvent demander à l'employeur réparation du préjudice moral devant la juridiction précitée. / La réparation de ces préjudices est versée directement aux bénéficiaires par la caisse qui en récupère le montant auprès de l'employeur ". Ces dispositions ne font pas par elles-mêmes obstacle, en cas de partage de responsabilité d'un accident du travail avec un tiers, à ce que l'employeur, auteur d'une faute inexcusable, obtienne le remboursement par ce tiers de la fraction, correspondant à sa part de responsabilité, de l'indemnisation complémentaire mentionnée à l'article L. 452-3 dont le montant a été récupéré auprès de lui.

11. La société requérante demande à être garantie par l'Etat du préjudice qu'elle estime avoir subi en raison de sa condamnation, aux termes de l'instance judiciaire citée au point 1, à rembourser à la caisse primaire d'assurance maladie de la Côte d'Opale les sommes, s'élevant à un total, non contesté, de 345 922,20 euros, que cette caisse a dû verser aux ayants droits de M. C, sur le fondement de l'article L. 452-3 du code de la sécurité sociale, en réparation des préjudices résultant de sa maladie professionnelle liées à l'amiante.

12. Il résulte de l'instruction, d'une part, que la période d'exposition à l'amiante de M. C relevée par les décisions du juge judiciaire, débute en 1968 et s'achève en 1974. Par ailleurs, la société justifie de ce que, contrairement à ce que soutient l'administration en défense, qu'elle n'était pas assurée contre les conséquences financières de sa faute inexcusable, ce qui, au demeurant, était interdit par la loi à l'époque de l'exposition litigieuse, antérieurement à la modification, par la loi du 27 janvier 1987 visée ci-dessus, de l'article L. 452-4 du code de la sécurité sociale. Enfin, il résulte de l'instruction et il est constant, que la société s'est effectivement acquittée de la somme précitée de 345 922,20 euros. Dès lors, compte tenu de la période au titre de laquelle la société est fondée à invoquer la responsabilité de l'Etat, et du partage de responsabilité déterminé au point 9, il y a lieu d'évaluer ce chef de préjudice à la somme de 115 307,40 euros.

13. En deuxième lieu, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, au titre des condamnations prononcées à l'encontre de la société requérante devant le tribunal des affaires de sécurité sociale et devant la Cour de cassation au titre de l'article 700 du code de procédure civile, compte tenu du partage de responsabilité précité, la somme de 3 000 euros ((3 000 + 6 000)/3).

14. En troisième lieu, s'agissant des autres condamnations au titre de l'article 700, préjudice né et connu antérieurement à l'introduction de la requête, la société n'est pas recevable, comme les parties en ont été informées, à en demander l'indemnisation, dans son mémoire enregistré le 3 octobre 2022, soit après l'expiration du délai de recours contentieux, ayant couru au plus tard à compter de l'enregistrement de la requête le 9 avril 2021.

15. En dernier lieu, compte tenu de la faute dont elle s'est rendue coupable, la société requérante n'est pas fondée à demander à l'Etat le remboursement de tout ou partie des frais qu'elle a exposés devant le juge judiciaire pour se défendre, pour lesquels elle sollicite une somme de 17 360,77 euros. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de cette demande présentée pour la première fois dans le mémoire enregistré le 3 octobre 2022, les conclusions tendant à l'indemnisation de ce chef de préjudice doivent être rejetées.

16. Il résulte de ce qui précède que l'Etat doit verser à la société Sofidap la somme de 118 307,40 euros.

Sur les frais liés au litige :

17. A défaut de dépens dans la présente instance, les conclusions présentées à ce titre par la société ne peuvent qu'être rejetées.

18. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à la société Sofidap sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1er : L'Etat est condamné à verser à la SAS Sofidap la somme de 118 307,40 euros.

Article 2 : L'Etat versera à la SAS Sofidap la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de la SAS Sofidap est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée Sofidap et au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion.

Copie en sera transmise, pour information, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Côte d'Opale et au fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante.

Délibéré après l'audience du 3 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Riou, président,

M. Fougères, premier conseiller,

Mme Bruneau, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mai 2023.

Le président-rapporteur,

signé

J.M. RiouL'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,

signé

V. FougèresLa greffière,

signé

I. Baudry

La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière

N°2102683

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