jeudi 23 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2102939 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | GUEY-BALGAIRIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 avril 2021, M. A B, représenté par Me Guey, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2014 ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 480 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il est fondé à contester la rectification du résultat de la société B Bâtiment, qui est imposé entre ses mains à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux ;
- il justifie de factures d'abonnements et de services téléphoniques supportées par la société B Bâtiment de sorte qu'elles doivent être intégrées aux charges de l'exercice clos le 30 septembre 2014.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2021, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au non-lieu partiel à statuer et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il soutient que :
- un dégrèvement partiel de 180 euros a été accordé en cours d'instance ;
- les factures d'abonnements et de services téléphoniques du 13 octobre 2013 au 31 décembre 2014 ont déjà été présentées dans le cadre du contrôle et n'ont pas été engagées pour les besoins de l'activité de la société B Bâtiment.
Par une ordonnance en date du 11 août 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 12 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Courtois,
- et les conclusions de M. Huguen, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société B Bâtiment, qui a pour objet la réalisation de travaux de maçonnerie générale et de gros œuvre et dont les résultats sont imposables à l'impôt sur le revenu entre les mains de M. B, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle le service a rectifié les bénéfices industriels et commerciaux se rapportant à l'exercice du 1er octobre 2013 au 30 septembre 2014, déclarés par M. B au titre de l'année 2014. M. B demande au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti en conséquence au titre de l'année 2014.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision en date du 26 juillet 2021, postérieure à l'introduction de la requête, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord a prononcé le dégrèvement partiel de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu en litige mise en recouvrement au titre de l'année 2014, à concurrence de la somme de 180 euros. Les conclusions à fin de décharge de M. B sont dès lors, dans cette mesure, devenues sans objet.
Sur le surplus des conclusions à fin de décharge :
3. Il résulte de l'instruction et notamment de la proposition de rectification du 15 décembre 2017, de la réponse aux observations du contribuable du 12 mars 2018 et de la décision de rejet de la réclamation préalable du 16 février 2021, que le service a procédé à des rehaussements du résultat de la société B Bâtiment de l'exercice clos le 30 septembre 2014, après avoir remis en cause la déduction au titre des charges de sommes correspondant à des factures qui ne lui avaient pas été présentées. Au soutien de sa réclamation préalable, M. B a produit vingt-deux factures, dont le service a refusé de tenir compte au motif qu'elles avaient été délivrées à la société B Bâtiment, et non à M. B lui-même. Cependant, alors que le résultat de la société B Bâtiment est imposé entre ses mains à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, la circonstance que ces factures n'aient pas été émises à son nom, mais à celui de la société, ne fait pas obstacle par elle-même à la déduction des dépenses correspondantes.
4. L'administration peut toutefois, à tout moment de la procédure, invoquer un nouveau motif de droit propre à justifier l'imposition, dès lors qu'une telle substitution n'a pas pour effet de priver le contribuable d'une garantie de procédure prévue par la loi.
5. Aux termes de l'article 39 du code général des impôts : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant () notamment : / 1° Les frais généraux de toute nature () ". Si, en vertu des règles gouvernant l'attribution de la charge de la preuve devant le juge administratif, applicables sauf loi contraire, il incombe, en principe, à chaque partie d'établir les faits qu'elle invoque au soutien de ses prétentions, les éléments de preuve qu'une partie est seule en mesure de détenir ne sauraient être réclamés qu'à celle-ci. Il appartient, dès lors, au contribuable, pour l'application des dispositions précitées du code général des impôts, de justifier tant du montant des charges qu'il entend déduire du bénéfice net défini à l'article 38 du code général des impôts que de la correction de leur inscription en comptabilité, c'est-à-dire du principe même de leur déductibilité. Le contribuable apporte cette justification par la production de tous les éléments suffisamment précis portant sur la nature de la charge en cause, ainsi que sur l'existence et la valeur de la contrepartie qu'il en a retirée. Dans l'hypothèse où le contribuable s'acquitte de cette obligation, il incombe ensuite au service, s'il s'y croit fondé, d'apporter la preuve de ce que la charge en cause n'est pas déductible par nature, qu'elle est dépourvue de contrepartie, qu'elle a une contrepartie dépourvue d'intérêt pour le contribuable ou que la rémunération de cette contrepartie est excessive. En vertu de ces principes, lorsqu'une entreprise a déduit en charges une dépense réellement supportée, conformément à une facture régulière relative à un achat de prestations ou de biens dont la déductibilité par nature n'est pas contestée par l'administration, celle-ci peut demander à l'entreprise qu'elle lui fournisse tous éléments d'information en sa possession susceptibles de justifier la réalité et la valeur des prestations ou biens ainsi acquis. La seule circonstance que l'entreprise n'aurait pas suffisamment répondu à ces demandes d'explication ne saurait suffire à fonder en droit la réintégration de la dépense litigieuse, l'administration devant alors fournir devant le juge tous éléments de nature à étayer sa contestation du caractère déductible de la dépense. Le juge de l'impôt doit apprécier la valeur des explications qui lui sont respectivement fournies par le contribuable et par l'administration.
6. Pour justifier du montant des charges que la société B Bâtiment a déduit de son bénéfice net défini à l'article 38 du code général des impôts, M. B verse au dossier des factures de la société Bouygues Télécom éditées entre le 13 octobre 2013 et le 14 décembre 2014, établies au nom de " B Bâtiment / Monsieur A B ", détaillant les prestations et mentionnant que leur paiement est effectué par prélèvement automatique sur le compte bancaire de la société B Bâtiment.
7. En premier lieu, M. B ne saurait utilement, pour contester l'imposition en litige, qui résulte de la taxation à l'impôt sur le revenu, au titre de l'année 2014, de bénéfices industriels et commerciaux se rapportant à l'exercice clos le 30 septembre 2014 de la société B Bâtiment, se prévaloir des factures établies par la société Bouygues Télécom les 13 octobre 2014, 13 novembre 2014 et 13 décembre 2014, lesquelles sont postérieures à la clôture de cet exercice et ne peuvent être prises en compte, le cas échéant, que pour la détermination des bénéfices industriels et commerciaux de M. B imposables à l'impôt sur le revenu au titre de l'année de clôture de l'exercice auquel elles se rattachent.
8. En second lieu, pour contester la déductibilité des dépenses correspondant aux douze factures établies par la société Bouygues Télécom entre le 13 octobre 2013 et le 13 septembre 2014, l'administration fiscale se borne à faire valoir qu'en l'absence de production du verso de ces factures, il n'est pas possible de vérifier le numéro de téléphone concerné et de s'assurer que ces dépenses ont bien été engagées pour les besoins de l'activité de la société B Bâtiment. Toutefois, en l'absence de tout autre élément et alors que ces factures, dont la régularité n'est pas contestée, ont été établies au nom de la société B Bâtiment et ont été réglées par cette société, la seule circonstance qu'elles ne fassent pas apparaître le numéro de téléphone n'est pas de nature à étayer la contestation de l'administration fiscale du caractère déductible des dépenses correspondantes.
9. Il résulte de tout ce qui a été dit aux points 3 à 8 que M. B est seulement fondé à soutenir que c'est à tort que le service a remis en cause la déduction des dépenses correspondant aux factures établies par la société Bouygues Télécom entre le 13 octobre 2013 et le 13 septembre 2014 et, par suite, à demander la réduction, dans cette mesure, de l'imposition demeurant en litige.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État, qui n'est pas la partie gagnante pour l'essentiel dans la présente instance, le versement à M. B d'une somme de 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de décharge de la requête de M. B à concurrence du dégrèvement partiel accordé en cours d'instance.
Article 2 : La base imposable à l'impôt sur le revenu assignée à M. B au titre de l'année 2014 est déterminée conformément aux motifs du présent jugement.
Article 3 : M. B est déchargé de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu correspondant à la réduction de la base imposable définie à l'article 2.
Article 4 : L'État versera à M. B une somme de 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.
Délibéré après l'audience du 2 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Lemaire, président,
- Mme Courtois, première conseillère,
- Mme Jaur, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2023.
La rapporteure,
Signé
C. COURTOISLe président,
Signé
O. LEMAIRE
La greffière,
Signé
S. RANWEZ
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026