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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2103406

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2103406

lundi 12 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2103406
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSCP TRUSSANT-DOMINGUEZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 avril 2021, M. A B, représenté par Me Dominguez, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 1er mars 2021 par laquelle la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales a refusé de réviser sa pension ;

2°) de désigner un expert médical afin de déterminer si le taux d'invalidité retenu doit être révisé ou, à défaut de désignation, d'enjoindre à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales de procéder à un nouvel examen médical et de fixer son taux d'invalidité ;

3°) de mettre à la charge de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant au taux d'invalidité retenu.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 août 2021, la Caisse des dépôts, en sa qualité de gestionnaire de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 8 septembre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 8 novembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le décret n° 68-756 du 13 août 1968 ;

- le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 ;

- le code de justice administrative.

L'affaire, qui relève du 3° de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, a été renvoyée en formation collégiale, en application de l'article R. 222-19 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Borget, rapporteur,

- et les conclusions de Mme Allart, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, titulaire du grade d'adjoint technique principal de deuxième classe exerçait ses fonctions au sein de la commune d'Avesnes-le-Sec. Par un arrêté du 8 janvier 2021 du maire de la commune, il a été admis à la retraite pour invalidité à compter du 12 septembre 2020, après avis de la commission de réforme du 11 septembre 2020 se prononçant en faveur d'une inaptitude totale et définitive à exercer toute fonction, et avis de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) du 22 décembre 2020 en faveur d'une mise en retraite pour invalidité. La CNRACL a alors liquidé la pension de M. B avec date d'effet au 12 septembre 2020, en retenant un taux d'invalidité de 26%. Par courrier du 18 février 2021, M. B a sollicité la révision du taux d'invalidité retenu pour le calcul de sa pension et cette demande a été rejetée par la CNRACL par une décision du 1er mars 2021 dont M. B demande l'annulation.

2. En premier lieu, la décision en litige énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde et les mentions qu'elle comporte sont ainsi de nature à mettre en mesure M. B d'en discuter utilement les motifs et le juge d'exercer son contrôle. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision doit être écarté.

3. En second lieu, aux termes de l'article 30 du décret du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales : " Le fonctionnaire qui se trouve dans l'impossibilité définitive et absolue de continuer ses fonctions par suite de maladie, blessure ou infirmité grave dûment établie peut être admis à la retraite soit d'office, soit sur demande ". Aux termes de l'article 31 du même décret : " Une commission de réforme est constituée dans chaque département pour apprécier la réalité des infirmités invoquées, la preuve de leur imputabilité au service, les conséquences et le taux d'invalidité qu'elles entraînent, l'incapacité permanente à l'exercice des fonctions (). / Le pouvoir de décision appartient dans tous les cas à l'autorité qui a qualité pour procéder à la nomination, sous réserve de l'avis conforme de la caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales ". Aux termes de l'article 39 de ce décret : " Le fonctionnaire qui se trouve dans l'incapacité permanente de continuer ses fonctions en raison d'une invalidité ne résultant pas du service peut être mis à la retraite par anticipation soit sur demande, soit d'office dans les délais prévus au troisième alinéa de l'article 30. L'intéressé a droit à la pension rémunérant les services prévue au 2° de l'article 7 et au 2° du I de l'article L. 24 du code des pensions civiles et militaires de retraite sous réserve que ses blessures ou maladies aient été contractées ou aggravées au cours d'une période durant laquelle il acquérait des droits à pension. () Le taux d'invalidité est déterminé compte tenu du barème indicatif prévu pour les fonctionnaires de l'Etat par le quatrième alinéa de l'article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite ". Enfin, aux termes du décret du 31 janvier 2001 portant modification du décret n° 68-756 du 13 août 1968 pris pour l'application de l'article L. 28 (3e alinéa) du code des pensions civiles et militaires de retraite : " () / IV. - Troubles de l'humeur / Il s'agit de l'expression permanente du trouble, presque toujours sous la forme dépressive, soit de la récurrence d'expressions aiguës, dépressives ou maniaques, réalisant un tableau de trouble bipolaire ou dépressif récurrent. / IV.1. Névrose à composante dépressive / Il s'agit d'un état dépressif chronique. La permanence de la sémiologie dépressive, malgré des fluctuations, ne permet pas d'individualiser des épisodes séparés par des intervalles libres. / L'intensité du sentiment dépressif, de la charge anxieuse, la sensation de fatigue, l'altération de la capacité d'initiative, les troubles du sommeil, les difficultés intellectuelles, la capacité à maintenir des activités sociales et à assumer les activités de la vie quotidienne, permettent d'apprécier le retentissement fonctionnel du trouble : 10 à 30 %. () / - lombo-radiculalgies (sciatiques ou crurales) permanentes : 10 à 20 % () ".

4. Il résulte de l'instruction que le médecin expert a relevé dans son rapport d'expertise du 4 février 2020 que M. B présentait, d'une part, des séquelles sévères d'interventions pour hernies discales sous la forme de lombo-sciatalgies particulièrement invalidantes et, d'autre part, un état dépressif de type narcissique avec régression psychique consécutif aux douleurs et au handicap dont il souffre. La commission de réforme, faisant application du barème énoncé au point 3, a alors fixé un taux global d'invalidité de 26%, en tenant compte de la circonstance non contestée qu'une partie des séquelles préexistait à la période valablement prise en compte pour le calcul des droits à pension. Si M. B soutient que ce taux est insuffisant, il n'apporte aucun élément médical de nature à remettre en cause les conclusions de l'expert et le taux retenu. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 1er mars 2021 de la CNRACL doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées aux fins de voir ordonner une expertise, celles aux fins d'injonction et celles relatives aux frais du litige.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la Caisse des dépôts.

Délibéré après l'audience du 16 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Leguin, présidente,

M. Borget, premier conseiller,

Mme Piou, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 février 2024.

Le rapporteur,

signé

J. BORGET

La présidente,

signé

A-M. LEGUIN La greffière,

signé

S. SING

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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