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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2103452

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2103452

mardi 20 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2103452
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantSCP SHBK AVOCATS SEGARD BRIOUT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 mai 2021, M. G F et Mme E C, représentés par Me Baudry, demandent au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier d'Arras à leur verser une somme globale de 22 305,80 euros en réparation des préjudices qu'ils estiment avoir subis en raison de la prise en charge de M. F par le service d'aide médicale d'urgence (SAMU) 62 ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier d'Arras les dépens ainsi que la somme totale de 10 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

3°) de déclarer le jugement à intervenir commun et opposable à la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de l'Artois.

Ils soutiennent que :

- dans le cadre de la prise en charge de M. F, le SAMU 62 a commis des fautes de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier d'Arras ;

- les fautes du SAMU 62 ont fait perdre à M. F une chance d'éviter l'aggravation de son état de santé de 20 % ;

- les préjudices de M. F s'élèvent à un montant global de 7 305,80 euros se décomposant comme suit :

* 31,20 euros au titre de l'assistance temporaire par tierce personne ;

* 1 093 euros au titre de la perte de gains professionnels actuelle ;

* 381,60 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ;

* 1 600 euros au titre des souffrances endurées ;

* 3 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent ;

* 200 euros au titre du préjudice esthétique permanent ;

* 1 000 euros au titre du préjudice sexuel ;

- le préjudice d'affection subi par Mme C s'élève à 15 000 euros.

Par un mémoire en défense enregistré le 4 août 2021, le centre hospitalier d'Arras, représenté par Me Segard, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. F la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- le SAMU 62 n'a pas commis de faute au cours de l'appel du 17 septembre 2018 ;

- le dommage subi par M. F est sans lien avec la faute commise par le SAMU 62 à l'issue de l'appel du 18 septembre 2018.

La requête a été communiquée à la CPAM de l'Artois, intervenant aux droits de la réunion des assureurs maladie (RAM), qui n'a pas produit de mémoire.

Par une ordonnance du 30 mars 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 29 avril 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de Mme Michel, rapporteure publique,

- les observations de Me Bavay, substituant Me Segard, pour le centre hospitalier d'Arras.

Considérant ce qui suit :

1. Le 17 septembre 2018, M. F a appelé le SAMU 62 sur conseil de son médecin traitant en raison d'une gêne respiratoire et d'une baisse de tension ressentie depuis le samedi 15 septembre. À l'issue de cet appel, le médecin-régulateur du SAMU a conseillé à M. F de se reposer et de ne rappeler qu'en cas d'aggravation de son état de santé. Dans la nuit du 17 au 18 septembre 2018, à 4h12, Mme C, épouse de M. F, a appelé ce service en raison d'une importante gêne respiratoire, d'une arythmie et d'une douleur thoracique en position allongée ressenties par ce dernier. L'assistante de régulation a alors envoyé une ambulance privée dont l'équipe a transmis au SAMU 62 un bilan à 4h56. Après validation de ce service, M. F a été transporté jusqu'au centre hospitalier de Douai où il a été accueilli à 5h22. À la suite de prélèvements et d'une demande d'avis d'un cardiologue effectuée à 6h58, un infarctus inférieur du myocarde a été diagnostiqué. Le patient a en conséquence été transféré au centre hospitalier de Lens où une coronographie a été réalisée à 8h35, permettant de diagnostiquer un syndrome coronarien aigu constitué par la lésion, la sténose et l'occlusion de plusieurs artères coronaires. Le SAMU a, le matin-même, de nouveau transféré M. F vers le service de soins intensif de cardiologie du centre hospitalier de Douai. Le patient a été hospitalisé au sein de centre jusqu'au 28 septembre 2018, hospitalisation au cours de laquelle il a présenté des signes de décompensation cardiaque droite traitée par diurétique. Il a par la suite été hospitalisé au sein de l'unité de chirurgie cardiaque de ce centre du 14 au 22 octobre 2018 afin que soit réalisé le 16 octobre un triple pontage coronaire, puis du 22 au 26 octobre en service de rééducation. M. F a ensuite été hospitalisé le 13 novembre 2018 en centre de réadaptation jusqu'à sa sortie contre avis médical le 30 novembre suivant. Le patient a pu reprendre une activité professionnelle à compter du 2 juillet 2019.

2. M. F a saisi la commission de conciliation et d'indemnisation (CCI) le 11 avril 2019 qui a confié une mission d'expertise le 6 juin 2019 au Dr D, chirurgien cardiovasculaire, et au Dr B, spécialisé en anesthésie-réanimation. Ceux-ci ont établi leur rapport le 7 octobre 2019. Par un avis du 15 janvier 2020, la CCI a estimé que la responsabilité du centre hospitalier d'Arras, établissement où se situe le siège du SAMU 62 qui assure la régulation des structures mobiles d'urgences et de réanimation (SMUR), était engagée à hauteur de 20 % des préjudices subis à la suite de la prise en charge de M. F par ce service. Par un courrier du 11 mai 2020, la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM), assureur de ce centre, a refusé d'adresser à la victime une offre d'indemnisation. Par conséquent, M. F a demandé à l'ONIAM le 27 mai suivant de se substituer à l'assureur défaillant. Toutefois, par une décision du 31 août 2020, l'ONIAM a rejeté cette demande. Par leur requête, M. F et Mme C demandent au tribunal de condamner le centre hospitalier d'Arras au versement d'une indemnisation en réparation des préjudices qu'ils estiment avoir subis du fait de la prise en charge de M. F par le SAMU 62.

Sur la responsabilité du centre hospitalier d'Arras :

3. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / () ".

En ce qui concerne les fautes :

4. Aux termes de l'article L. 6311-3 du code de la santé publique en ce qui concerne l'aide médicale urgente : " Le service d'accès aux soins a pour objet d'évaluer le besoin en santé de toute personne qui le sollicite, de délivrer à celle-ci les conseils adaptés et de faire assurer les soins appropriés à son état. / Il assure une régulation médicale commune pour l'accès aux soins, qui associe le service d'aide médicale urgente mentionné à l'article L. 6311-2, et une régulation de médecine ambulatoire. / () ".

5. En premier lieu, il résulte de l'instruction, à savoir du rapport d'expertise, que le médecin régulateur du SAMU 62, à l'issue de l'appel du 17 septembre 2018, a décidé de ne pas envoyer une ambulance au domicile de M. F, lui conseillant uniquement du repos. Il résulte par ailleurs de l'instruction, à savoir de la retranscription des échanges produite par les requérants et dont la teneur n'est pas remise en cause en défense, que le requérant s'est plaint à cette occasion auprès de l'assistante de régulation du SAMU de douleurs diffuses et non de douleurs thoraciques comme il le soutient et comme l'a fait valoir la CCI par son avis, d'une gêne respiratoire et d'une perte de tension et que l'assistante de régulation a transmis l'ensemble de ces éléments au médecin régulateur. Il résulte par ailleurs de cette pièce que lors de l'entretien de ce dernier avec le patient, celui-ci a indiqué avoir eu le souffle coupé au cours d'un effort physique le samedi 15 septembre avant de faire part de sa perte de tension, élément médical autour duquel s'est axé la suite et la fin de la conversation. Si par leur rapport, les experts estiment qu'en ne parvenant pas au diagnostic d'insuffisance cardiaque, le médecin régulateur n'a commis aucun manquement aux règles de l'art, le patient ne l'ayant pas informé de l'existence de douleurs thoraciques, il résulte de ce même rapport que cette insuffisance aurait pu être déduite de la soudaine et brusque gêne respiratoire ressentie à la suite d'un effort physique dont a fait état le patient. Si les experts estiment que M. F a dévié le cours de la conversation en évoquant les mesures de sa tension et de sa saturation, il ressort de l'instruction que le médecin a pris la décision de ne pas envoyer une ambulance après que le requérant lui a transmis les résultats d'une nouvelle prise de tension et de saturation, alors qu'il ressort au demeurant de la retranscription produite qu'il ne maîtrisait pas l'appareil de mesure. Ce faisant, le médecin régulateur, à qui il appartient de faire assurer au patient les soins appropriés à son état de santé, a négligé la perte brusque de souffle intervenue deux jours plus tôt et qui lui aurait permis de diagnostiquer l'insuffisance cardiaque subie par M. F et, par conséquent, de mesurer l'urgence que présentait ses symptômes. Par suite, le médecin régulateur du SAMU 62 a commis une faute de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier d'Arras au cours de l'entretien téléphonique du 17 septembre 2018.

6. En second lieu, d'une part, il résulte de l'instruction, à savoir toujours du rapport d'expertise, qu'au cours de l'appel de l'épouse de M. F le 18 septembre 2018 à 4h12, l'assistante régulatrice du SAMU a pris la décision, sans transmettre l'appel vers un médecin régulateur, d'envoyer des secours au domicile de la victime. En outre, il résulte de l'instruction que cette assistante a demandé à un prestataire privé d'envoyer une ambulance simple pour recueillir le requérant, ambulance non équipée du matériel permettant la réalisation d'un électrocardiogramme. De plus, alors que les résultats du bilan transmis à 4h56 par les équipes de cette ambulance laissaient clairement suspecter l'existence d'un infarctus du myocarde, le SAMU 62 a autorisé le transport du patient vers le centre hospitalier de Douai pourtant non équipé du matériel permettant la prise en charge d'une pathologie coronarienne aiguë et n'a pas choisi d'affréter une SMUR à cette fin. Ce faisant, le SAMU a, au cours et au décours de l'appel du 18 septembre, commis plusieurs manquements non remis en cause par le centre hospitalier d'Arras de nature à engager la responsabilité de ce centre.

7. D'autre part, si les requérants soutiennent que l'ambulance déployée par la SAMU à la suite de l'appel de Mme C à 4h12 est arrivée tardivement au domicile de la victime, il résulte de l'instruction que l'équipe ambulancière a envoyé un bilan de l'état de santé du patient au SAMU à 4h56, soit 44 minutes plus tard. Cette durée comprend toutefois la durée de l'appel de Mme C, la transmission des instructions au prestataire privé par l'assistante régulatrice du SAMU, le temps normal entre ces deux appels et le temps nécessaire avant le départ de l'ambulance. Si Mme C a soutenu auprès des experts avoir contacté, en raison de l'absence de venue des secours, le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) du Pas-de-Calais à 4h51, service en provenance duquel était censé provenir un véhicule de secours selon les indications de l'assistante de régulation, un tel horaire, remis en cause par les experts dans leur rapport, apparaît incompatible avec l'envoi d'un bilan au SAMU par les équipes ambulancières seulement cinq minutes plus tard. En l'absence de tout élément relatif à l'heure exacte d'arrivée des secours et de tout élément relatif au lieu de départ de l'ambulance litigieuse, ce véhicule ne saurait être regardé comme étant intervenu tardivement. Le SAMU 62 n'a, par suite, pas commis de manquement aux règles de l'art sur ce point.

En ce qui concerne le lien de causalité :

8. Par son avis, la CCI a estimé que les fautes commises par le SAMU 62 ont entraîné une perte de chance de 20 % pour M. F d'éviter l'aggravation de son état de santé. Il résulte toutefois de l'instruction, à savoir du rapport d'expertise qui se fonde sur les données biologiques de l'espèce et la littérature médicale, que M. F a subi une obstruction progressive des différentes artères coronaires majorée par son tabagisme qui a initialement donné lieu à un infarctus sans manifestation retentissante en raison du maintien d'un faible débit sanguin ayant permis le fonctionnement du myocarde. Les experts estiment ce faisant que cet infarctus doit être daté à l'apparition de la brusque gêne respiratoire à la suite d'un effort physique qu'ils datent au 14 septembre 2018. Certes, il est constant que les experts se sont trompés sur cette date, la gêne en cause étant en réalité intervenue le lendemain, soit deux jours avant que le requérant n'appelle pour la première fois les secours. Il ne résulte cependant pas de l'instruction que cette erreur aurait été de nature à fausser l'appréciation des experts concernant l'existence d'un infarctus à bas bruit. Pour remettre en cause ce constat, les requérants produisent le compte-rendu d'une consultation auprès d'un cardiologue le 17 décembre 2019 faisant état d'une probable apparition de l'infarctus le 17 septembre 2018 avec une apparition des symptômes au cours de cette journée, précédée de quelques brefs épisodes suspects de douleurs dans les deux jours précédents. Il résulte cependant de l'instruction, en particulier de la retranscription de l'appel de la victime au SAMU du 17 septembre, que cette dernière a subi une gêne respiratoire et une perte de force constantes depuis l'effort physique initial deux jours auparavant. De plus, le cardiologue auteur de ce compte-rendu ne fait état d'aucune origine autre que l'infarctus aux " brefs épisodes " qu'il évoque. Par suite, cette affection doit être regardée comme ayant débuté le 15 septembre 2018. Or, les experts estiment que le pontage réalisé au cours du mois d'octobre aurait dû être réalisé rapidement après l'apparition de la gêne respiratoire et qu'en l'absence d'une telle intervention, les lésions des artères coronaires sont devenues irréversibles, entraînant une perte de contractilité de la partie inférieure du myocarde. Si la CCI comme les requérants soutiennent qu'aucun élément du dossier médical de la victime ne permet d'affirmer que les lésions cardiaques sont apparues avant la date du 17 septembre 2018 à laquelle la victime a contacté le SAMU 62, ils n'apportent aucun élément médical de nature à renverser l'appréciation faite par les experts des faits de l'espèce, notamment compte tenu de la courbe d'évolution des marqueurs biologiques d'un infarctus, et des pièces médicales en leur possession, en particulier le compte-rendu de la coronarographie réalisée le 18 septembre 2018 au centre hospitalier de Lens. Par conséquent, si les fautes du SAMU 62 ont été à l'origine d'un retard de diagnostic et d'un retard de la prise en charge de l'infarctus de quelques heures, une prise en charge plus précoce dès l'appel du 17 septembre 2018, soit deux jours après le début de cette affection, n'aurait en tout état de cause pas permis d'éviter le dommage subi par M. F. Il n'existe dès lors aucun lien entre ces fautes et les préjudices effectivement subis par celui-ci.

9. Il résulte de ce qui précède que M. F et Mme C ne sont pas fondés à demander la condamnation du centre hospitalier d'Arras à réparer leurs préjudices. Leurs conclusions présentées en ce sens doivent par suite être rejetées.

Sur la déclaration de jugement commun et opposable :

10. Il n'appartient pas au juge administratif de déclarer le présent jugement commun et opposable à la CPAM de l'Artois, cette dernière ayant été régulièrement mise en cause dans la présente instance. Par suite, les conclusions présentées en ce sens par les requérants doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

En ce qui concerne les dépens :

11. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / () ". En vertu des dispositions de cet article, il appartient au juge saisi au fond du litige de statuer, au besoin d'office, sur la charge des frais de l'expertise ordonnée par la juridiction administrative.

12. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions tendant à ce qu'ils soient mis à la charge du centre hospitalier d'Arras ne peuvent qu'être rejetées.

En ce qui concerne les frais exposés et non compris dans les dépens :

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mises à la charge du centre hospitalier d'Arras, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, les sommes demandées par les requérants au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

14. En outre, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande présentée par le centre hospitalier d'Arras sur le fondement du même article.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. F et de Mme C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier d'Arras sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. G F, à Mme E C, au centre hospitalier d'Arras et à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Artois.

Délibéré après l'audience du 30 mai 2023 à laquelle siégeaient :

M. Jean-Michel Riou, président,

M. Vincent Fougères, premier conseiller,

Mme Marjorie Bruneau, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2023.

Le président-rapporteur,

signé

J.-M. A

L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,

signé

V. FOUGÈRES

La greffière,

signé

I. BAUDRY

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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