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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2103517

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2103517

lundi 16 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2103517
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantREGLEY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 mai 2021, Mme B A, représentée par Me Régley demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision 48 SI du 23 janvier 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a notifié un retrait de point, a récapitulé les précédents retraits de points prononcés à son encontre et l'a informée de la perte de validité de son permis de conduire, pour solde de points nul ;

2) d'annuler la décision de retrait de points consécutive à une infraction commise le 14 février 2018 ;

3°) de créditer son permis de conduire de 4 points, à la suite du stage de sensibilisation à la sécurité routière qu'elle a suivi les 6 et 7 avril 2021 ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 août 2021, le ministre de l'intérieur conclut à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête et, à titre subsidiaire, à son rejet au fond.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". L'article R. 421-5 du même code dispose : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".

3. Il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d'une action introduite devant une juridiction administrative, d'établir la date à laquelle la décision attaquée a été régulièrement notifiée à l'intéressé. En cas de retour à l'administration, au terme du délai de mise en instance, du pli recommandé contenant la décision, la notification est réputée avoir été régulièrement accomplie à la date à laquelle ce pli a été présenté à l'adresse de l'intéressé, dès lors du moins qu'il résulte soit de mentions précises, claires et concordantes portées sur l'enveloppe, soit, à défaut, d'une attestation du service postal ou d'autres éléments de preuve, que le préposé a, conformément à la réglementation en vigueur, déposé un avis d'instance informant le destinataire que le pli était à sa disposition au bureau de poste. Compte tenu des modalités de présentation des plis recommandés prévues par la réglementation postale, doit être regardé comme portant des mentions précises, claires et concordantes suffisant à constituer la preuve d'une notification régulière le pli recommandé retourné à l'administration auquel est rattaché un volet " avis de réception " sur lequel a été apposée par voie de duplication la date de vaine présentation du courrier et qui porte, sur l'enveloppe ou l'avis de réception, l'indication du motif pour lequel il n'a pu être remis.

4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'avis de réception produit par le ministre de l'intérieur, que le pli de notification de la décision 48 SI portant invalidation du permis de conduire de Mme A a été envoyé 9 rue de la Commune de Paris à Grande-Synthe (59760), dernière adresse connue de l'administration. Si la requérante soutient que cette adresse n'était plus d'actualité, elle n'en apporte pas la preuve. Au demeurant, le pli n'est pas revenu avec la mention que l'intéressée n'habite pas à l'adresse indiquée mais est revêtu de la mention " Présenté / Avisé le 23 janvier 2021 " et, dans l'encadré correspondant aux motifs de non-distribution, d'une croix dans la case " pli avisé et non réclamé ". De surcroît, l'avis de réception mentionne comme expéditeur le service centralisé du ministère de l'intérieur dénommé " BNDC " (Bureau national des droits à conduire) chargé de notifier les décisions de retrait de points et reprend comme numéro d'identification celui correspondant au numéro figurant sur le relevé d'information intégral de l'intéressée. Par suite, compte tenu de ces éléments concordants, l'avis de réception produit par l'administration établit de manière suffisamment certaine la notification à Mme A, le 23 janvier 2021 du pli contenant la lettre du ministère de l'intérieur référencée 48 SI récapitulant les retraits de points successifs et informant l'intéressée de la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul.

5. En conséquence, les décisions antérieures ont acquis un caractère opposable par la notification de la décision référencée " 48SI ", dès lors que cette dernière récapitule les décisions successives de retrait de points qui ont donné lieu à l'annulation de son permis de conduire. En outre, le délai de recours contentieux, déclenché par la notification de la décision, établie selon un modèle-type et comportant nécessairement au verso, les mentions des voies et délais de recours, a expiré le 24 mars 2021. Les conclusions aux fins d'annulation enregistrées le 6 mai 2021 sont tardives. Par suite, la fin de non recevoir opposée par le ministre de l'intérieur, tirée de la tardiveté des conclusions à fin d'annulation doit être accueillie.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête présentée par Mme A doivent être rejetées en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Le rejet des conclusions à fin d'annulation entraîne, par voie de conséquence, le rejet des conclusions à fin d'injonction, Mme A ne pouvant prétendre au bénéfice d'un stage de reconstitution suivi après la présentation régulière d'une décision portant invalidation de son permis de conduire.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur.

Fait à Lille, le 16 janvier 2023.

Le président de la 2ème chambre

Signé

X. FABRE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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