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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2103520

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2103520

mercredi 27 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2103520
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantDE BERNY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 mai 2021 et le 14 juin 2022, la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut, représentée par Me de Berny, demande au tribunal :

1°) de condamner solidairement le centre hospitalier de Valenciennes et son assureur, la Société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM), à lui verser une somme de 23 843,51 euros au titre des dépenses qu'elle a exposées pour son assuré M. D A du fait de sa prise en charge dans cet établissement hospitalier fin mai 2010, avec intérêts à compter du 22 février 2021 et capitalisation des intérêts dus pour une année entière ;

2°) de mettre à la charge solidaire du centre hospitalier de Valenciennes et de la SHAM l'indemnité forfaitaire de gestion ;

3°) de déclarer le jugement à intervenir commun à M. D A ;

4°) de mettre à la charge solidaire du centre hospitalier de Valenciennes et de la SHAM une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la responsabilité du centre hospitalier de Valenciennes est engagée à raison de l'infection nosocomiale contractée par M. D A lors de sa prise en charge dans cet établissement ;

- ses débours définitifs comprennent :

* 20 031,20 euros au titre de la première hospitalisation, déduction faite du montant lié à la prise en charge initiale, les deux hospitalisations suivantes étant intégralement imputables à l'infection nosocomiale contractée au centre hospitalier de Valenciennes pour un montant total de 2 005,87 euros ;

* 1 806,43 euros au titre des frais médicaux, de pharmacie, d'appareillage et de transport imputables à l'infection nosocomiale, déduction faite d'une franchise de 68,50 euros.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 18 mars 2022 et le 21 juin 2022, le centre hospitalier de Valenciennes et la Société hospitalière d'assurance mutuelle (SHAM), représentés par Me Segard :

1°) déclarent s'en remettre à la sagesse du tribunal quant à la responsabilité de l'établissement hospitalier ;

2°) sollicitent que la créance de la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut soit limitée à la somme de 23 185,75 euros au titre des frais hospitaliers ;

3°) concluent au rejet du surplus des conclusions.

Ils soutiennent que :

- le centre hospitalier de Valenciennes n'a commis aucun manquement aux règles de l'art ;

- la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut n'est pas fondée à solliciter le remboursement des débours imputables à l'accident initial.

La procédure a été communiquée à M. A qui n'a pas présenté de mémoire.

Par ordonnance du 23 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 9 août 2022.

Vu :

- l'ordonnance n°1604246 du 21 juillet 2016, par laquelle le juge des référés a ordonné une expertise à la demande de la Matmut ;

- le rapport d'expertise établi par le professeur C B et déposé au greffe du tribunal le 3 mars 2017 ;

- l'ordonnance n°1604246 du 7 mars 2017 par laquelle les frais et honoraires de l'expertise ont été liquidés et taxés à la somme de 1 000 euros ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2023 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Fougères,

- les conclusions de Mme Bruneau, rapporteure publique,

- et les observations de Me Vermeesch-Bocquet, substituant Me Segard, représentant le centre hospitalier de Valenciennes et son assureur.

Considérant ce qui suit :

1. Le 20 mai 2010, M. A, alors qu'il effectuait un dépassement à motocyclette, a été victime d'un accident de la circulation, à l'origine d'une fracture du cotyle gauche et de fractures des branches ilio et ischio-pubiennes. Il a été admis au centre hospitalier de Valenciennes et a bénéficié le 21 mai 2010 de la pose, au côté gauche, d'une broche de traction trans-condylienne, laquelle a été retirée le 25 juin 2010. Une infection a cependant été constatée au cours de l'hospitalisation, confirmée par des prélèvements révélant la présence de plusieurs staphylocoques. Un traitement antibiotique a été prescrit à M. A du 6 juin 2010 au 25 juin 2010, permettant une évolution favorable. Le 2 juillet 2010, M. A a pu regagner son domicile. Des douleurs au niveau de la hanche gauche et du genou gauche se sont toutefois manifestées à compter de la fin du mois d'août 2010. Ce syndrome douloureux a nécessité une nouvelle hospitalisation du 7 au 11 février 2011, puis, après scintigraphie réalisée le 6 juin 2012 faisant apparaître un processus septique correspondant aux points de traction et avis d'un infectiologue, la réalisation le 20 juillet 2012 d'une biopsie osseuse.

2. Par ordonnance du 21 juillet 2016, le juge des référés du tribunal administratif de Lille, saisi par la Matmut, assureur du véhicule impliqué dans l'accident dont a été victime M. A, a ordonné une expertise judiciaire, confiée au professeur C B. L'expert a déposé son rapport le 3 mars 2017. Par courrier recommandé du 18 février 2021, la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut a sollicité du centre hospitalier de Valenciennes le remboursement de ses débours, outre le paiement de l'indemnité forfaitaire de gestion. Par la présente requête, la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut demande au tribunal de condamner solidairement le centre hospitalier de Valenciennes et son assureur, la Société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM) à lui payer ces sommes.

Sur la responsabilité de plein droit du centre hospitalier de Valenciennes :

3. Aux termes du second alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, les professionnels de santé et les établissement, services ou organismes dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins " sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère ". Doit être regardée comme présentant un caractère nosocomial au sens des dispositions précitées du second alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.

4. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise déposé le 3 mars 2017, que des signes infectieux se sont manifestés le 6 juin 2010, soit pendant l'hospitalisation de M. A au centre hospitalier de Valenciennes, la présence de germes infectieux étant ensuite confirmée par les prélèvements réalisés. Or, il résulte également de ce rapport que cette infection n'existait pas auparavant et que M. A ne présentait aucun antécédent infectieux. Il s'ensuit que l'infection contractée au cours de l'hospitalisation du 20 mai 2010 au 2 juillet 2010 au centre hospitalier de Valenciennes présente un caractère nosocomial. Dès lors, cette infection contractée par M. A engage la responsabilité de plein droit, compte tenu de l'absence de déficit fonctionnel permanent retenu par l'expert, du centre hospitalier de Valenciennes.

Sur l'étendue de la réparation :

5. Dans le cas où une infection nosocomiale a compromis les chances d'un patient d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de cette infection et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter la survenue de ce dommage, la réparation qui incombe à l'hôpital devant alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue. Toutefois, lorsqu'il est certain que le nouveau dommage ne serait pas survenu en l'absence de la première infection nosocomiale, le préjudice qui doit être réparé est le dommage corporel et non la perte de chance d'éviter la survenue de ce dommage.

6. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise, que M. A a été admis au centre hospitalier de Valenciennes, comme il a été dit au point 1, pour des fractures au niveau du bassin, consécutives à un accident de la circulation. Par conséquent, même en l'absence d'infection nosocomiale, il n'est pas certain que M. A n'aurait pas présenté des séquelles au niveau du bassin. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation de la perte de chance de l'intéressé d'éviter les lésions dont il est atteint au niveau du bassin en la fixant à 50 %.

7. En revanche, il ne résulte pas de l'instruction que M. A présentait lors de son admission au centre hospitalier de Valenciennes des lésions ou des antécédents au niveau du genou gauche et l'expert judiciaire expose que les séquelles au niveau du genou gauche de M. A sont " en rapport direct avec une infection nosocomiale liée à la pose d'une broche trans-condylienne ". Il s'ensuit qu'il est certain qu'en l'absence d'infection nosocomiale, M. A n'aurait pas eu de dommage au niveau de ce genou, de sorte que la perte de chance doit être écartée pour les préjudices en lien avec le genou.

Sur l'évaluation des préjudices :

8. Eu égard aux conclusions expertales et en l'absence de remise en cause des parties, il y a lieu de fixer la date de consolidation de l'état de santé de M. A au 31 août 2012.

9. Aux termes des alinéas 2 et 3 de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, " Les caisses de sécurité sociale sont tenues de servir à l'assuré ou à ses ayants droit les prestations prévues par le présent livre et le livre Ier, sauf recours de leur part contre l'auteur responsable de l'accident dans les conditions ci-après. / Les recours subrogatoires des caisses contre les tiers s'exercent poste par poste sur les seules indemnités qui réparent des préjudices qu'elles ont pris en charge, à l'exclusion des préjudices à caractère personnel ".

10. En l'espèce, la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut exerce sur les réparations dues au titre des préjudices subis par M. A le recours subrogatoire prévu par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

11. En premier lieu, cette caisse justifie avoir tout d'abord exposé des frais hospitaliers pour le compte de M. A du 20 mai 2010 au 2 juillet 2010 pour un montant de 55 086,04 euros. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise judiciaire et du courrier du 30 juin 2020 des docteurs Véronique Demarly, médecin légiste, et Anne François, médecin-conseil de la caisse primaire d'assurance maladie, que les prélèvements biologiques réalisés le 1er juin 2010 ont révélé la présence à cette date de germes infectieux, de sorte que si la période du 20 mai 2010 au 31 mai 2010 est exclusivement imputable au motif de la prise en charge initiale, soit l'accident de circulation, la période du 1er juin 2010 au 2 juillet 2010, représentant un coût de 40 062,40 euros selon le relevé de débours versé aux débats, est pour partie en lien avec l'infection nosocomiale contractée par M. A. Compte tenu du taux de perte de chance précédemment retenu, le centre hospitalier de Valenciennes sera condamné à rembourser à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut la somme de 20 031,20 euros. Il résulte ensuite de l'instruction que M. A a été hospitalisé du 7 au 9 février 2011 au centre hospitalier de Valenciennes et que cette hospitalisation, pour syndrome douloureux, fait suite à plusieurs consultations médicales, notamment les 15 et 25 novembre 2020, pour des douleurs au genou gauche. Il s'ensuit, dès lors que ces douleurs sont sans lien avec les fractures causées au niveau du bassin par l'accident du 20 mai 2010 et sans qu'importe la situation de déficit fonctionnel temporaire de M. A à cette date, que la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut est fondée à solliciter la condamnation du centre hospitalier de Valenciennes à lui rembourser la somme de 1 315,52 euros qu'elle a exposée au titre de cette hospitalisation. Enfin, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise et du relevé de débours produit par la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut que cette dernière a exposé une somme de 690,35 euros du fait de l'hospitalisation de M. A le 20 juillet 2012 à la polyclinique du parc à Saint Saulve (59) pour y réaliser une biopsie osseuse. Le centre hospitalier de Valenciennes ne conteste pas que cette dernière hospitalisation, ainsi que le mentionne le courrier du 30 juin 2020 des docteurs Véronique Demarly et Anne François, résulte exclusivement de l'infection nosocomiale contractée au cours de la première hospitalisation. Il sera donc condamné à rembourser à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut la somme de 690,35 euros.

12. En second lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du relevé de débours produit par la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut, que cet organisme a exposé des frais de transport entre le 2 juillet 2010 et le 26 août 2010 pour un montant de 100,04 euros, des frais d'appareillage le 20 juillet 2010 d'un montant de 15,86 euros, des frais pharmaceutiques entre le 5 juillet 2010 et le 3 août 2012 d'un montant de 377,75 euros et des frais médicaux entre le 5 juillet 2010 et le 31 août 2012 pour un montant de 3 256,22 euros, mais qu'il convient de déduire de ces frais les franchises, pour un montant total de 137 euros. Si le relevé de débours produit ne permet pas de distinguer entre les frais exclusivement imputables à l'infection nosocomiale et ceux qui résultent de la perte de chance causée par cette infection, la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut ne sollicite en tout état de cause la condamnation du centre hospitalier de Valenciennes qu'à hauteur de la moitié de ces dépenses, déduction faite des franchises, soit à hauteur d'une somme de 1 806,43 euros, somme non contestée par l'établissement hospitalier défendeur, qui sera mise à sa charge.

13. Il résulte de ce qui précède que le centre hospitalier de Valenciennes doit verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut la somme totale de 23 843,50 euros (20 031,20 + 1 315,52 + 690,35 + 1 806,43), à laquelle l'assureur de cet établissement, la SHAM, est également tenue en vertu de son obligation solidaire.

Sur les intérêts et leur capitalisation :

14. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ". Aux termes de l'article 1343-2 du même code : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise ". Il résulte de ces dispositions que, d'une part, lorsqu'ils sont demandés, et quelle que soit la date de la demande, les intérêts des indemnités allouées sont dus à compter du jour où la demande de réclamation de la somme principale est parvenue à la partie débitrice ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement au greffe du tribunal administratif des conclusions tendant au versement de cette indemnité, et, d'autre part, que la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière.

15. La somme allouée à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 22 février 2021, date de réception par le centre hospitalier de Valenciennes de la demande préalable de la caisse. Les intérêts échus à la date du 22 février 2022 à minuit, puis à chaque échéance annuelle ultérieure à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates afin de produire eux-mêmes intérêts.

Sur la déclaration de jugement commun :

16. Aux termes des dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " () L'intéressé ou ses ayants droit doivent indiquer, en tout état de la procédure, la qualité d'assuré social de la victime de l'accident ainsi que les caisses de sécurité sociale auxquelles celle-ci est ou était affiliée pour les divers risques. Ils doivent appeler ces caisses en déclaration de jugement commun ou réciproquement. A défaut du respect de l'une de ces obligations, la nullité du jugement sur le fond pourra être demandée pendant deux ans, à compter de la date à partir de laquelle ledit jugement est devenu définitif, soit à la requête du ministère public, soit à la demande des caisses de sécurité sociale intéressées ou du tiers responsable, lorsque ces derniers y auront intérêt () ".

17. Il n'appartient pas au juge administratif de déclarer le présent jugement commun et opposable à M. A, assuré de la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut, qui a été régulièrement mis en cause dans la présente instance. Par suite, les conclusions, présentées par la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut, tendant à ce que le jugement soit déclaré commun et opposable à M. A doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire de gestion :

18. Il résulte des dispositions du neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale que le montant de l'indemnité forfaitaire qu'elles instituent est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un plafond dont le montant est révisé chaque année par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 115 € et 1 162 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2023 ".

19. En application des dispositions précitées, il y a lieu de mettre à la charge solidaire du centre hospitalier de Valenciennes et de la SHAM le versement à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut de la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

En ce qui concerne les dépens :

20. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens ". En vertu de ces dispositions, il appartient au juge saisi au fond du litige de statuer, au besoin d'office, sur la charge des frais de l'expertise ordonnée par la juridiction administrative.

21. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre les frais de l'expertise liquidés et taxés à la somme de 1 000 euros par une ordonnance du 7 mars 2017 du président du tribunal administratif de Lille, à la charge définitive du centre hospitalier de Valenciennes.

En ce qui concerne les frais exposés et non compris dans les dépens :

22. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge solidaire du centre hospitalier de Valenciennes et de son assureur, la SHAM, une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Le centre hospitalier de Valenciennes et la SHAM sont condamnés solidairement à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut la somme de 23 843,50 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 22 février 2021. Les intérêts échus à la date du 22 février 2022 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 2 : Le centre hospitalier de Valenciennes et la SHAM verseront solidairement à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Article 3 : Les frais d'expertise liquidés et taxés à la somme de 1 000 euros sont mis à la charge définitive du centre hospitalier de Valenciennes.

Article 4 : Le centre hospitalier de Valenciennes et la SHAM verseront solidairement à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut, au centre hospitalier de Valenciennes, à la Société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM) et à M. D A.

Copie en sera adressée au professeur B, expert.

Délibéré après l'audience du 6 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Riou, président,

Mme Lançon, première conseillère,

M. Fougères, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2023.

Le rapporteur,

signé

V. FOUGERES

Le président,

signé

J.-M. RIOU La greffière,

signé

J. VANDEWYNGAERDE

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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