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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2104020

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2104020

jeudi 28 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2104020
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantDELATTRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 25 mai 2021 et 11 mars 2022, la société à responsabilité limitée Contrôles Techniques Gambetta, représentée par Me Delattre, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos les 31 décembre 2016, 31 décembre 2017 et 31 décembre 2018, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier 2016 au 30 juin 2019 et des cotisations primitives de taxe d'apprentissage et de participation des employeurs au développement de la formation professionnelle continue auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2016, 2017 et 2018, ainsi que des pénalités correspondantes et des amendes qui lui ont été infligées sur le fondement de l'article 1759 du code général des impôts au titre des exercices 2017 et 2018 ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le service vérificateur a méconnu l'obligation d'information prévue par l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales en se contentant de mentionner, dans la proposition de rectification du 19 décembre 2019, la remise sur un CD ROM de documents sous les dénominations " CT GAMBETTA UTAC S059F049.ods " et " S059F049-2.xlsx ", sans indiquer la nature et le contenu des renseignements utilisés ;

- elle entend se prévaloir des énonciations des paragraphes nos 200, 210, 270 et 280 des commentaires publiés au bulletin officiel des finances publiques - impôts sous la référence BOI-CF-PGR-30-10 ;

- la vérification de comptabilité est irrégulière à défaut pour le service d'avoir instauré un débat oral et contradictoire, quatre rencontres ayant eu lieu avant que le vérificateur prenne connaissance des pièces comptables de la société et la proposition de rectification ayant été remise lors de la réunion de synthèse du 19 décembre 2019 ;

- en reconstituant les résultats et chiffres d'affaires annuels sur la base du résultat des traitements informatiques effectués sur le logiciel " Philauto ", qui génère la facturation, la gestion des comptes clients et les encaissements, alors que ce dernier a pu être mal utilisé et en reprenant un nombre de contrôles supérieurs aux données fournies par l'Union Technique de l'Automobile et du Cycle (UTAC), la reconstitution des résultats imposables à l'impôt sur les sociétés et des chiffres d'affaires est exagérée ;

- les amendes infligées sur le fondement de l'article 1759 du code général des impôts sont contestées " pour les mêmes motifs que ceux déjà exposés " ;

- les pénalités de 40 % infligées sur le fondement de l'article 1729 du code général des impôts ne sont pas suffisamment motivées, en méconnaissance de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 novembre 2021, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la société Contrôles Techniques Gambetta ne sont pas fondés.

Par une ordonnance en date du 14 mars 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Courtois,

- et les conclusions de M. Huguen, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La société Contrôles Techniques Gambetta, qui exerce une activité de contrôle technique de véhicules, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité, à l'issue de laquelle ont été mis à sa charge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos les 31 décembre 2016, 31 décembre 2017 et 31 décembre 2018, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier 2016 au 30 juin 2019 et des cotisations primitives de taxe d'apprentissage et de taxe de participation des employeurs au développement de la formation professionnelle continue au titre des années 2016, 2017 et 2018. La société Contrôles Techniques Gambetta demande au tribunal de prononcer la décharge de ces impositions, ainsi que des pénalités correspondantes et des amendes qui lui ont été infligées sur le fondement de l'article 1759 du code général des impôts au titre des années 2017 et 2018.

Sur la régularité de la procédure d'imposition :

2. En premier lieu, dans le cas où la vérification de la comptabilité d'une société a été effectuée, soit, comme il est de règle, dans ses propres locaux, soit, si son dirigeant ou représentant l'a expressément demandé, dans les locaux du comptable auprès duquel sont déposés les documents comptables, c'est au contribuable qui allègue que les opérations de vérification ont été conduites sans qu'il ait eu la possibilité d'avoir un débat oral et contradictoire avec le vérificateur de justifier que ce dernier se serait refusé à un tel débat.

3. Il résulte de l'instruction, et notamment de la proposition de rectification du 19 décembre 2019, que la vérification de comptabilité de la société Contrôles Techniques Gambetta s'est déroulée du 20 septembre 2019 au 19 décembre 2019 dans ses propres locaux, puis, sur sa demande, au cabinet de son comptable, après réception d'un mandat de représentation signé de son gérant donnant pouvoir à un représentant du cabinet comptable pour la représenter dans le cadre de ce contrôle. Le vérificateur a rencontré le gérant de la société, ainsi que le représentant qu'il avait mandaté, les 20 septembre 2019, 25 octobre 2019, 4 novembre 2019, 13 novembre 2019, 28 novembre 2019 et 19 décembre 2019, avant de proposer les rectifications dont résultent les impositions litigieuses. Si la société Contrôles Techniques Gambetta soutient que les quatre premières rencontres sont intervenues alors que le vérificateur n'avait pas encore pu prendre connaissance des pièces comptables, elle n'établit pas que le vérificateur s'est refusé, à ce stade de la vérification, à tout échange de vues et ne conteste pas que les résultats des traitements informatiques issus du logiciel " Philauto ", sur lesquels le service s'est fondé pour établir les impositions et rappels de taxe sur la valeur ajoutée en litige, ont été exposés par le vérificateur et ont fait l'objet d'un débat oral et contradictoire le 28 novembre 2019. De même, si elle fait valoir que la proposition de rectification était déjà rédigée lors de la réunion de synthèse du 19 décembre 2019, elle n'établit pas que le vérificateur s'est refusé, lors de cette réunion, à tout débat contradictoire qui aurait pu l'amener à modifier sa position. Dans ces conditions, la société Contrôles Techniques Gambetta n'est pas fondée à soutenir qu'elle a été privée de la garantie d'un débat oral et contradictoire au cours des opérations de contrôle dont elle a fait l'objet.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande ". Il incombe à l'administration, quelle que soit la procédure d'imposition mise en œuvre, et au plus tard avant la mise en recouvrement, d'informer le contribuable dont elle envisage soit de rehausser, soit d'arrêter d'office les bases d'imposition, de l'origine et de la teneur des documents et renseignements obtenus auprès de tiers, qu'elle a utilisés pour fonder les impositions, avec une précision suffisante pour mettre à même l'intéressé d'y avoir accès avant la mise en recouvrement des impositions qui en procèdent.

5. Il résulte de l'instruction, et notamment de la proposition de rectification du 19 décembre 2019, que, pour corroborer les minorations de recettes qui constituent l'une des irrégularités comptables pour lesquelles le service a rejeté la comptabilité de la société Contrôles Techniques Gambetta et reconstitué ses chiffres d'affaires et résultats des exercices clos les 31 décembre 2016, 31 décembre 2017 et 31 décembre 2018, le service s'est fondé sur des renseignements obtenus les 31 janvier 2019 et 16 septembre 2019 auprès de l'Union technique de l'automobile du motocycle et du cycle (UTAC) à la suite de l'exercice du droit de communication. Il a remis sur CD-Rom, avec la proposition de rectification, qui indiquait l'origine et la teneur des renseignements obtenus auprès de l'UTAC, les fichiers informatiques que cet organisme lui avait communiqués. Dans ces conditions, la société Contrôles Techniques Gambetta n'est pas fondée à soutenir que le service ne l'a pas informée de l'origine et de la teneur de ces renseignements et qu'il a dès lors méconnu les dispositions précitées de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales.

6. En dernier lieu, la société Contrôles Techniques Gambetta n'est pas fondée à se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des énonciations des paragraphes n° 200, 210, 270 et 280 des commentaires publiés au bulletin officiel des finances publiques - impôts sous la référence BOI-CF-PGR-30-10, qui sont relatives à la procédure d'imposition et ne comportent par suite aucune interprétation formelle de la loi fiscale opposable à l'administration sur ce fondement.

Sur le bien-fondé des impositions en litige :

7. En vertu de l'article L. 192 du livre des procédures fiscales, lorsque la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires mentionnée à l'article L. 59 de ce livre est saisie d'un litige ou d'une rectification, la charge de la preuve incombe au contribuable lorsque la comptabilité comporte de graves irrégularités et que l'imposition a été établie conformément à l'avis de la commission. Aux termes de l'article L. 193 du même livre : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ".

8. D'une part, il résulte de l'instruction que les rappels de taxe sur la valeur ajoutée en litige pour les mois de janvier et février 2016 ont été mis à la charge de la société Contrôles Techniques Gambetta à l'issue d'une procédure de taxation d'office. D'autre part, il est constant que la comptabilité de la société Contrôles Techniques Gambetta était entachée de graves irrégularités et que les impositions mises en recouvrement à l'issue d'une procédure de rectification contradictoire ont été établies conformément à l'avis émis le 3 décembre 2020 par la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires. Par suite, conformément aux dispositions précitées des articles L. 192 et L. 193 du livre des procédures fiscales, il incombe à la société requérante d'établir l'exagération des impositions en litige.

9. Il résulte de l'instruction, et notamment de la proposition de rectification du 19 décembre 2019 et de la réponse aux observations du contribuable du 11 mars 2020, que, pour reconstituer les chiffres d'affaires et résultats de la société Contrôles Techniques Gambetta, le service s'est fondé sur le fichier du journal des ventes du logiciel " Philauto " utilisé par la société requérante pour déterminer les recettes. Il a constaté que le prix moyen d'un contrôle technique, calculé en divisant les recettes déterminées à partir du journal des ventes du logiciel " Philauto " par le nombre de contrôles techniques enregistré par l'UTAC, était plus proche des tarifs pratiqués par l'entreprise que celui calculé en divisant les recettes comptabilisées par le nombre de contrôles techniques enregistré par l'UTAC. Pour déterminer la taxe sur la valeur ajoutée collectée, il a appliqué un taux de 20 % aux recettes reconstituées et a soustrait la taxe sur la valeur ajoutée correspondant à des dettes de clients. En se bornant à soutenir que la mauvaise utilisation du logiciel a provoqué des encaissements enregistrés avec un mode de paiement erroné, que des prélèvements " sauvages " auraient été opérés dans la caisse par des employés ou des tiers alors que l'administration s'est fondée sur le journal des ventes du logiciel sans tenir compte des modes de paiement ou des sommes effectivement encaissées, que l'administration a retenu un nombre de contrôles techniques tiré du logiciel " Philauto " supérieur à celui fourni par l'UTAC, sans pouvoir lui-même justifier cette différence et alors que le service s'est uniquement servi des données UTAC pour contrôler la cohérence de sa reconstitution et mettre en exergue l'incohérence des chiffres d'affaires initialement déclarés par la société pour les périodes vérifiées au regard des prix pratiqués, ou qu'il existerait une erreur de calcul de 500 euros dans la détermination de la taxe sur la valeur ajoutée collectée au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2016, la société Contrôles Techniques Gambetta n'établit pas l'exagération des bases d'imposition retenues par le service.

Sur le bien-fondé des pénalités :

10. En premier lieu, aux termes de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales : " Les décisions mettant à la charge des contribuables des sanctions fiscales sont motivées () quand un document ou une décision adressés au plus tard lors de la notification du titre exécutoire ou de son extrait en a porté la motivation à la connaissance du contribuable. / Les sanctions fiscales ne peuvent être prononcées avant l'expiration d'un délai de trente jours à compter de la notification du document par lequel l'administration a fait connaître au contribuable ou redevable concerné la sanction qu'elle se propose d'appliquer, les motifs de celle-ci et la possibilité dont dispose l'intéressé de présenter dans ce délai ses observations ".

11. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales que l'administration a l'obligation, au moins trente jours avant la mise en recouvrement de pénalités visées par le second alinéa de ce texte, d'adresser au contribuable un document comportant la motivation des pénalités qu'elle envisage de lui appliquer et indiquant qu'il dispose d'un délai de trente jours pour présenter ses observations.

12. Il résulte de l'instruction que, par la proposition de rectification du 19 décembre 2019, qui a été notifiée à la société Contrôles Techniques Gambetta plus de trente jours avant la mise en recouvrement des pénalités qui lui ont été infligées sur le fondement de l'article 1729 du code général des impôts, le service vérificateur lui a indiqué la base légale, le taux et le montant de ces pénalités, a exposé de façon précise les motifs pour lesquels il envisageait de les infliger et l'a informée du délai de trente jours dont elle disposait pour faire valoir ses observations. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales doit dès lors être écarté.

13. En second lieu, aux termes l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital / () ". Aux termes de l'article 117 de ce code : " Au cas où la masse des revenus distribués excède le montant total des distributions tel qu'il résulte des déclarations de la personne morale visées à l'article 116, celle-ci est invitée à fournir à l'administration, dans un délai de trente jours, toutes indications complémentaires sur les bénéficiaires de l'excédent de distribution. / En cas de refus ou à défaut de réponse dans ce délai, les sommes correspondantes donnent lieu à l'application de la pénalité prévue à l'article 1759 ". Aux termes de l'article 1759 du même code : " Les sociétés et les autres personnes morales passibles de l'impôt sur les sociétés qui versent ou distribuent, directement ou par l'intermédiaire de tiers, des revenus à des personnes dont, contrairement aux dispositions des articles 117 et 240, elles ne révèlent pas l'identité, sont soumises à une amende égale à 100 % des sommes versées ou distribuées. () ".

14. Il résulte de l'instruction, et notamment de la proposition de rectification du 19 décembre 2019, que le service, ayant constaté des bénéfices révélés par les rehaussements des résultats des exercices clos les 31 décembre 2017 et 31 décembre 2018, qui n'avaient pas été mis en réserve ou incorporés au capital, était fondé à les regarder comme des revenus distribués au sens des dispositions du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, et par suite, à demander à la société Contrôles Techniques Gambetta de désigner les bénéficiaires de ces distributions, en application de l'article 117 du code général des impôts.

15. La société Contrôles Techniques Gambetta, qui ne conteste pas ne pas avoir répondu dans le délai de trente jours qui lui avait été imparti et qui, ainsi qu'il a été dit au point 9, ne démontre pas le caractère exagéré ou erroné des rectifications apportées à ses résultats, n'est pas fondée à contester les amendes qui lui ont été infligées sur le fondement des dispositions précitées de l'article 1759 du code général des impôts.

16. Il résulte de tout ce qui précède que la société Contrôles Techniques Gambetta n'est fondée à demander ni la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos les 31 décembre 2016, 31 décembre 2017 et 31 décembre 2018, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier 2016 au 30 juin 2019 et des cotisations primitives de taxe d'apprentissage et de taxe de participation des employeurs au développement de la formation professionnelle continue auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2016, 2017 et 2018, ainsi que des pénalités correspondantes, ni la décharge des amendes qui lui ont été infligées sur le fondement de l'article 1759 du code général des impôts au titre des années 2017 et 2018. Par suite, ses conclusions à fin de décharge doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles qu'elle a présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de la société Contrôles Techniques Gambetta est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Contrôles Techniques Gambetta et au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.

Délibéré après l'audience du 14 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Lemaire, président,

- Mme Courtois, première conseillère,

- Mme Jaur, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 décembre 2023.

La rapporteure,

Signé

C. COURTOISLe président,

Signé

O. LEMAIRE

La greffière,

Signé

S. RANWEZ

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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