mercredi 5 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2104517 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL ADEKWA AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 juin 2021 et 22 septembre 2022, Mme F C, représentée par Me Simoneau, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de condamner le groupe hospitalier de Seclin Carvin (GHSC) et de mettre à la charge l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) la somme de 70 207,35 euros ainsi que deux rentes, l'une annuelle de 524,40 euros au titre des dépenses de santé futures et l'autre mensuelle d'un montant de 200 euros au titre de l'assistance par tierce personne permanente, en réparation des préjudices subis lors de sa prise en charge par le GHSC, assortie des intérêts au taux légal à compter de sa demande préalable indemnitaire ;
2°) à titre subsidiaire, de mettre à la charge de l'ONIAM, au titre de la solidarité nationale, à lui verser la somme de 70 207,35 euros ainsi que deux rentes, l'une annuelle de 524,40 euros au titre des dépenses de santé futures et l'autre mensuelle d'un montant de 200 euros au titre de l'assistance par tierce personne permanente, en réparation des préjudices subis lors de sa prise en charge par le GHSC, assortie des intérêts au taux légal à compter de sa demande préalable indemnitaire ;
3°) de mettre à la charge du GHSC et de l'ONIAM la somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la responsabilité du GHSC est engagée en raison de la faute médicale commise lors de sa prise en charge au sein de cet établissement de santé ;
- en refusant de lui proposer une indemnisation, l'ONIAM a méconnu l'article L. 1142-15 du code de la santé publique ;
- à titre subsidiaire, si aucune faute n'était retenue quant à la coloscopie, le risque de perforation lié à une coloscopie constituant un aléa thérapeutique, son dommage doit être réparé par l'ONIAM au titre de la solidarité nationale ;
- il en est résulté des préjudices patrimoniaux qui se décomposent comme suit :
* Dépenses de santé actuelles : 2 247,60 euros ;
* Frais d'hospitalisation : 35 euros ;
* Frais de conseil : 5 192,35 euros ;
* Frais de médecin conseil : 3 072 euros ;
* Frais de déplacement pour se rendre à l'expertise : 500 euros ;
* Frais d'expertise : 360 euros ;
* Dépenses de santé futures : une rente annuelle de 524,40 euros ;
* Assistance par tierce personne permanente : 2 243,41 euros et une rente mensuelle de 200 euros ;
- il en est également résulté des préjudices extra patrimoniaux, qui se décomposent comme suit :
* Déficit fonctionnel temporaire : 4 047,90 euros ;
* Souffrances endurées : 15 000 euros ;
* Déficit fonctionnel permanent : 15 252,50 euros ;
* Préjudice d'agrément : 7 500 euros ;
* Préjudice esthétique temporaire et permanent : 5 000 euros ;
* Préjudice moral : 10 000 euros.
- elle a en outre subi un préjudice moral d'impréparation : 2 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 janvier 2022, le GHSC, représenté par Me Segard conclut :
1°) à titre principal, à ce qu'il soit ordonné une nouvelle expertise et sursis à statuer sur les demandes indemnitaires de Mme C ;
2°) à titre subsidiaire, au rejet de la requête ;
3°) à titre infiniment subsidiaire, à la limitation de l'indemnisation de Mme C à la somme de 7 020,72 euros, à titre principal, et de 5 220,12 euros à titre subsidiaire ;
4°) à la mise à la charge de Mme C de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- à titre principal, les deux rapports d'expertise établis par des experts désignés par la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux (CCI) des Hauts-de-France étant contradictoires, une nouvelle expertise doit être ordonnée et confiée à un collège d'experts composé d'un gastro-entérologue et d'un chirurgien digestif ;
- il n'a pas manqué à son obligation d'information ainsi que le relève les deux experts dans leur rapport d'expertise respectif ;
- à titre subsidiaire, les préjudices de Mme C pourront être évalués, après application du taux de perte de chance de 20 %, comme suit :
* Dépenses de santé futures : 550,20 euros ;
* Assistance par tierce personne : 2 215,52 euros ;
* Déficit fonctionnel temporaire : 255 euros ;
* Souffrances endurées : 1 000 euros ;
* Préjudice esthétique temporaire : 200 euros ;
* Déficit fonctionnel permanent : 2 600 euros à titre principal et 295,20 euros à titre subsidiaire ;
* Préjudice esthétique permanent : 200 euros.
- l'indemnisation des dépenses de santé actuelles sera, à titre principal, rejetée et, à titre subsidiaire, évaluée à 504,20 euros ;
- l'indemnisation des frais d'hospitalisation, de conseil, de médecin conseil et d'expertise, du préjudice d'agrément, du préjudice moral et du préjudice d'impréparation sera rejetée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 février 2022, l'ONIAM, représenté par Me Welsch, conclut à sa mise hors de cause.
Il fait valoir que :
- l'article L. 1142-15 du code de la santé publique, qui concerne l'indemnisation de la victime dans le cadre d'une procédure amiable, ne trouve pas à s'appliquer en l'espèce ;
- les conditions de l'indemnisation au titre de la solidarité nationale ne sont pas réunies dès lors que le seuil de gravité n'a pas été atteint ni celui du déficit fonctionnel permanent et du déficit fonctionnel temporaire.
La procédure a été communiquée à l'assurance maladie des mines qui n'a pas produit de mémoire.
Par une ordonnance du 23 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 17 octobre 2022.
Un mémoire, enregistré le 16 novembre 2022, a été présenté par Mme C.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code général des impôts ;
- le code du travail ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bruneau,
- les conclusions de Mme Michel, rapporteure publique,
- les observations de Me Playoust, représentant Mme C et celles de Me Vermeersch-Bocquet substituant Me Segard, représentant le GHSC.
Considérant ce qui suit :
1. En raison de douleurs chroniques de la fosse iliaque, Mme C, âgée de 79 ans, a bénéficié d'une coloscopie le 4 août 2017 par un praticien du GHSC. Dès l'introduction du tube, une perforation a été suspectée et la coloscopie arrêtée. Mme C a ensuite bénéficié d'une intervention chirurgicale consistant en un décollement colo rectal et à une résection colorectale emportant la perforation et la jonction recto sigmoïdienne. La requérante présente toujours des douleurs au niveau de la fosse iliaque et une incontinence.
2. Mme C a présenté, le 16 avril 2018, une demande d'indemnisation auprès de la CCI, qui a désigné le docteur E, en qualité d'expert. A la suite de la remise du rapport d'expertise déposé le 1er octobre 2018, la commission, dans son avis du 12 décembre 2018, a sursis à statuer dans l'attente d'une nouvelle expertise. La commission a désigné, le 21 janvier 2019, le docteur D, en qualité d'expert, lequel a remis son rapport le 14 octobre 2019. Dans son avis du 16 janvier 2020, la commission a considéré que la réparation des préjudices incombait entièrement au GHSC en raison de fautes médicales à l'origine du dommage. Par des courriers des 5 mars 2020 et 14 avril 2021, le GHSC et l'ONIAM ont tous deux refusé d'indemniser Mme C. Par la présente requête, Mme C demande l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis en raison de l'acte médical du 4 août 2017 réalisé au sein du GHSC.
Sur le principe de la prise en charge par l'ONIAM au titre de la solidarité nationale :
3. En premier lieu, aux termes du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Lorsque la responsabilité () d'un établissement () mentionné au I () n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, () au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, () / Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret ". Aux termes de l'article D. 1142-1 du même code, qui définit le seuil de gravité prévu par ces dispositions législatives : " Le pourcentage mentionné au dernier alinéa de l'article L. 1142-1 est fixé à 24 %. / Présente également le caractère de gravité mentionné au II de l'article L. 1142-1 un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ayant entraîné, pendant une durée au moins égale à six mois consécutifs ou à six mois non consécutifs sur une période de douze mois, un arrêt temporaire des activités professionnelles ou des gênes temporaires constitutives d'un déficit fonctionnel temporaire supérieur ou égal à un taux de 50 %. / A titre exceptionnel, le caractère de gravité peut être reconnu : 1° Lorsque la victime est déclarée définitivement inapte à exercer l'activité professionnelle qu'elle exerçait avant la survenue de l'accident médical, de l'affection iatrogène ou de l'infection nosocomiale ; 2° Ou lorsque l'accident médical, l'affection iatrogène ou l'infection nosocomiale occasionne des troubles particulièrement graves, y compris d'ordre économique, dans ses conditions d'existence ". En vertu des articles L. 1142-17 et L. 1142-22 du même code, la réparation au titre de la solidarité nationale est assurée par l'ONIAM.
4. Il résulte de ces dispositions que l'ONIAM doit assurer, au titre de la solidarité nationale, la réparation des dommages résultant directement d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins à la double condition qu'ils présentent un caractère d'anormalité au regard de l'état de santé du patient comme de l'évolution prévisible de cet état et que leur gravité excède le seuil défini à l'article D. 1142-1 du même code.
5. D'une part, la condition d'anormalité du dommage prévue par ces dispositions doit toujours être regardée comme remplie lorsque l'acte médical a entraîné des conséquences notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé de manière suffisamment probable en l'absence de traitement. Lorsque les conséquences de l'acte médical ne sont pas notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé par sa pathologie en l'absence de traitement, elles ne peuvent être regardées comme anormales sauf si, dans les conditions où l'acte a été accompli, la survenance du dommage présentait une probabilité faible.
6. D'autre part, pour apprécier le caractère faible ou élevé du risque dont la réalisation a entraîné le dommage, il y a lieu de prendre en compte la probabilité de survenance d'un événement du même type que celui qui a causé le dommage et entraînant une invalidité grave ou un décès. Une probabilité de survenance du dommage qui n'est pas inférieure ou égale à 5 % ne présente pas le caractère d'une probabilité faible, de nature à justifier la mise en œuvre de la solidarité nationale.
7. Il résulte de l'instruction, en particulier des deux rapports d'expertise, que Mme C a subi, le 4 août 2017, une coloscopie au GHSC. Il est constant qu'elle a été victime, au cours de cette intervention d'une perforation colique, ayant, selon le docteur E, le caractère d'un accident médical. Il résulte également de l'instruction, notamment des conclusions expertales, que les conséquences dommageables de la complication dont a souffert Mme C sont notablement plus graves que celles auxquelles elle aurait été exposée en l'absence de réalisation de l'acte litigieux et que la perforation colique est un risque connu dont la fréquence est estimée par le docteur E comme étant " nettement inférieure à 2 % ". Par suite, le dommage doit être regardé comme étant anormal.
8. Il résulte toutefois de l'instruction, en particulier des conclusions expertales, que le déficit fonctionnel permanent de Mme C est évalué à 20 % par le docteur E et à 15 % par le docteur D du fait de l'acte de soin en cause. En outre, Mme C étant, au moment des faits, en retraite, la complication dont elle a souffert n'a pas été à l'origine d'un arrêt temporaire de son activité professionnelle. Il résulte enfin de l'instruction, notamment des deux rapports d'expertise, que la requérante n'a pas davantage subi un déficit fonctionnel temporaire égal ou supérieur à 50 % pendant six mois consécutifs ou six mois non consécutifs sur une période de douze mois. Enfin, l'incontinence dont souffre Mme C ne saurait être regardée comme des troubles particulièrement graves dans les conditions d'existence au sens des dispositions citées ci-dessus. Par suite, le critère de gravité ouvrant droit à la réparation des dommages causés par un accident médical non fautif sur le fondement du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique n'est pas rempli.
9. Il résulte de ce qui précède que les conséquences dommageables de la perforation colique subie par Mme C n'ouvrent pas droit à réparation par l'ONIAM au titre de la solidarité nationale en application des dispositions précitées du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique.
10. En second lieu, aux termes de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique : " En cas de silence ou de refus explicite de la part de l'assureur de faire une offre, ou lorsque le responsable des dommages n'est pas assuré ou la couverture d'assurance prévue à l'article L. 1142-2 est épuisée ou expirée, l'office institué à l'article L. 1142-22 est substitué à l'assureur. / Dans ce cas, les dispositions de l'article L. 1142-14, relatives notamment à l'offre d'indemnisation et au paiement des indemnités, s'appliquent à l'office, selon des modalités déterminées par décret en Conseil d'Etat. () ".
11. Ainsi qu'il résulte du point 8 du présent jugement, la condition de gravité mentionnée au II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique n'est, en l'espèce, pas remplie. Il s'ensuit que l'ONIAM n'était pas tenu de formuler à Mme C une offre d'indemnisation. En outre, il ne résulte pas de l'article L. 1142-15 du même code que l'Office soit tenu de se substituer au responsable des préjudices subis par les patients lorsque, comme en l'espèce, l'indemnisation est demandée au responsable du dommage.
12. Il s'ensuit qu'il y a lieu, ainsi qu'il le demande dans la présente instance, de mettre hors de cause l'ONIAM.
Sur la responsabilité pour faute du GHSC :
En ce qui concerne les fautes médicales :
13. Aux termes de l'article L. 1110-5 du code de la santé publique : " Toute personne a, compte tenu de son état de santé et de l'urgence des interventions que celui-ci requiert, le droit de recevoir, sur l'ensemble du territoire, les traitements et les soins les plus appropriés et de bénéficier des thérapeutiques dont l'efficacité est reconnue et qui garantissent la meilleure sécurité sanitaire et le meilleur apaisement possible de la souffrance au regard des connaissances médicales avérées. Les actes de prévention, d'investigation ou de traitements et de soins ne doivent pas, en l'état des connaissances médicales, lui faire courir de risques disproportionnés par rapport au bénéfice escompté. () ". Aux termes du I de l'article L. 1142-1 de ce code : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. ".
14. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise du docteur D et de l'avis de la CCI du 16 janvier 2020, qu'eu égard à l'état de santé antérieur de la patiente et des avis des différents gastro-entérologues consultés précédemment par cette dernière, lesquels confirmaient la colopathie fonctionnelle et réfutaient la prescription d'une coloscopie, l'indication d'un geste endoscopique difficile et aux risques élevés et connus n'était pas justifié. Il résulte également de l'instruction, notamment des conclusions expertales du docteur D et de l'avis de la CCI du 16 janvier 2020, que, d'une part, il existait une alternative, le colo-scanner, dont le risque de complication était moins élevé, et d'autre part, que, dans les circonstances particulières de l'espèce, l'utilisation d'un coloscope non pédiatrique n'était pas conforme aux règles de l'art. Dans ces conditions, Mme C est fondée à soutenir que le GHSC en procédant à l'intervention chirurgicale du 4 août 2017, alors que son état de santé ne la rendait pas nécessaire, et en n'utilisant pas un tube adapté pour procéder à la coloscopie, a commis des fautes de nature à engager sa responsabilité.
15. Il résulte de ce qui précède que Mme C est fondée à rechercher la réparation des préjudices subis du fait des manquements commis par le GHSC lors de sa prise en charge par cet établissement.
En ce qui concerne le manquement à l'obligation d'information :
16. Aux termes de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique : " Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus () Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent l'en dispenser. / Cette information est délivrée au cours d'un entretien individuel. () En cas de litige, il appartient au professionnel ou à l'établissement de santé d'apporter la preuve que l'information a été délivrée à l'intéressé dans les conditions prévues au présent article. Cette preuve peut être apportée par tout moyen () ". Il résulte de ces dispositions que doivent être portés à la connaissance du patient, préalablement au recueil de son consentement à l'accomplissement d'un acte médical, les risques connus de cet acte qui, soit présentent une fréquence statistique significative, quelle que soit leur gravité, soit revêtent le caractère de risques graves, quelle que soit leur fréquence.
17. Il résulte de l'instruction, en particulier des rapports d'expertise établis respectivement le 27 septembre 2018 par le docteur E et le 13 octobre 2019 par le docteur D, que Mme C a, contrairement à ses dires, été informée, le 20 juin 2017, lors d'une consultation avec le docteur A B des risques de complications, notamment la perforation colique, pouvant résulter d'une coloscopie. La requérante n'est alors pas fondée à soutenir que le GHSC aurait méconnu son droit à l'information.
En ce qui concerne l'étendue de la réparation :
18. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.
19. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport du docteur D, que l'incontinence dont souffre Mme C a été favorisée par la perforation colique et la reprise chirurgicale qui a été nécessaire. Dès lors, la responsabilité du GHSC est engagée à hauteur de la perte de chance de Mme C d'éviter tout ou partie des séquelles dont elle est atteinte. Le docteur D, désigné par la CCI, a estimé que la requérante aurait pu, même en l'absence de faute, présenter une incontinence, à hauteur de 80 %, ce qui implique une perte de chance de 20 %. Dès lors, en l'absence d'élément de nature à remettre en cause ces conclusions, il y a lieu d'évaluer à 20 % l'ampleur de la perte de chance de Mme C d'échapper à la survenance des dommages qui se sont réalisés.
20. Il résulte de ce qui précède qu'il appartient au GHSC d'indemniser Mme C des préjudices subis à hauteur de 20 %.
Sur la réparation des préjudices :
21. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise du docteur D, que la consolidation de l'état de santé de Mme C doit être fixée au 20 juin 2019.
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
S'agissant des dépenses de santé actuelles :
22. En premier lieu, si Mme C soutient avoir exposé des dépenses de santé, non prises en charge par l'assurance maladie et par sa mutuelle, correspondant à 5 euros par jour d'hospitalisation, d'un montant total de 150 euros, elle ne produit aucun document, en dépit des écritures en défense, permettant d'établir que seraient effectivement restés à sa charge des frais en lien avec la complication médicale qu'elle a subie du fait des fautes commises par le GHSC.
23. En deuxième lieu, Mme C sollicite le remboursement de frais d'hospitalisation qu'elle aurait exposés sans préciser ni le lien entre ces frais avec les fautes imputables au GHSC ni la nature de ces frais. La réalité de ce préjudice n'est alors pas établie par la requérante. Il y a donc lieu d'écarter ses prétentions sur ce point.
24. En troisième lieu, Mme C soutient qu'elle a exposé des frais d'achat de couches hygiéniques d'un montant total de 2 097,60 euros en raison des séquelles avec la complication qu'elle a subie. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise, que l'incontinence dont souffre Mme C nécessite le port de deux couches de protection par jour et ce depuis sa sortie du GHSC le 16 août 2017. Dès lors, entre cette dernière date et celle de lecture du présent jugement, le 5 juillet 2023, soit 70,68 mois, en retenant ainsi que le demande la requérante, un montant mensuel de 43,70 euros, lequel correspond à un prix unitaire de 1,20 euros déduction faite de l'allocation personnalisée pour l'autonomie perçue par l'intéressée, il sera alloué à Mme C, après application du taux de perte de chance, le montant de 617,74 euros (70,68 x 43,70 x 0,2).
S'agissant des frais de conseil :
25. Mme C demande le remboursement des frais d'avocat qu'elle a exposés au titre de la procédure devant la CCI, c'est-à-dire antérieurement à la présente procédure contentieuse, pour un montant total de 5 192,35 euros. Les frais d'avocat, excepté ceux exposés pour la procédure contentieuse, exclusivement régis par les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, peuvent donner lieu à une indemnisation au titre de la réparation des préjudices subis par la victime d'un accident médical lorsqu'ils présentent un caractère utile. Le lien entre la faute commise et ces dépenses doit alors être regardé comme direct. La requérante n'établit cependant pas, par exemple par la production de factures d'honoraires, la réalité d'un tel préjudice. Dès lors, les conclusions présentées par Mme C tendant à l'indemnisation d'un tel préjudice doivent être rejetées.
S'agissant des frais de médecin conseil :
26. Il résulte de l'instruction que Mme C a été assistée par un médecin conseil dont les honoraires se sont élevés à la somme globale de 3 072 euros. L'intéressée justifie des frais d'assistance par la production des notes d'honoraires du médecin conseil, qui ont été utiles au litige. Il y a donc lieu de faire droit à sa demande de remboursement de cette somme.
S'agissant des frais de déplacement à l'expertise :
27. Si Mme C se prévaut, concernant les frais divers, de frais de déplacement pour se rendre à l'expertise, pour un montant de 500 euros, il résulte, après mesure d'instruction, de la facture du déplacement par ambulance effectué le 30 septembre 2019 pour se rendre à l'expertise, que l'intégralité de ces frais, soit la somme de 455,86 euros, a été supporté par l'assurance maladie de la requérante. Dès lors, les conclusions présentées par Mme C tendant à l'indemnisation d'un préjudice qu'elle n'a pas subi doivent être rejetées.
S'agissant de l'assistance par tierce personne temporaire :
28. Aux termes de l'article 199 sexdecies du code général des impôts : " Lorsqu'elles n'entrent pas en compte pour l'évaluation des revenus des différentes catégories, ouvrent droit à un crédit d'impôt sur le revenu les sommes versées par un contribuable () pour : / a) L'emploi d'un salarié qui rend des services définis aux articles L. 7231-1 et D. 7231-1 du code du travail ; / b) Le recours à une association, une entreprise ou un organisme déclaré en application de l'article L. 7232-1-1 du même code et qui rend exclusivement des services mentionnés au a du présent 1 ou qui bénéficie d'une dérogation à la condition d'activité exclusive selon l'article L. 7232-1-2 du code du travail ; () / 4. Le crédit d'impôt est égal à 50 % des dépenses (). "
29. Lorsque le juge administratif indemnise la victime d'un dommage corporel du préjudice résultant pour elle de la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne dans les actes de la vie quotidienne, il détermine d'abord l'étendue de ces besoins d'aide et les dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire déterminé, au vu des pièces du dossier, par référence, soit au montant des salaires des personnes à employer augmentés des cotisations sociales dues par l'employeur, soit aux tarifs des organismes offrant de telles prestations, en permettant le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat et sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime. En vertu des principes qui régissent l'indemnisation par une personne publique des victimes d'un dommage dont elle doit répondre, il appartient ensuite au juge de déduire du montant de l'indemnité allouée à la victime au titre de l'assistance par tierce personne les prestations ayant pour objet la prise en charge de tels frais. Cette déduction n'a toutefois pas lieu d'être lorsqu'une disposition particulière permet à l'organisme qui a versé la prestation d'en réclamer le remboursement si le bénéficiaire revient à meilleure fortune.
30. Il résulte des dispositions citées au point 28 que le crédit d'impôt prévu à l'article 199 sexdecies du code général des impôts permet à tout contribuable de réduire, à hauteur de 50 % des sommes versées en rémunération des services à la personne mentionnés à l'article D. 7231-1 du code du travail, dans la limite des plafonds fixés, les frais qu'il expose lorsqu'il recourt à de telles prestations. Le 3 de cet article 199 sexdecies précise que l'assiette des dépenses qui ouvrent droit à cet avantage fiscal ne comprend que les dépenses effectivement supportées par le contribuable, ce qui en exclut les dépenses faisant l'objet d'une indemnisation par l'auteur d'un dommage corporel au titre du besoin d'assistance par tierce personne qui y est lié.
31. Il s'ensuit que lorsque le juge arrête le montant dû en réparation des frais d'assistance à tierce personne qui ont été exposés antérieurement à sa décision, que l'état de santé de la victime a nécessité le recours à une assistance qui a été assurée par un salarié ou par une association, une entreprise ou un organisme déclaré, et que celle-ci a effectivement bénéficié à ce titre de l'avantage fiscal prévu à l'article 199 sexdecies du code général des impôts. Dans un tel cas, il résulte de ce qui a été dit aux points 29 et 30 ci-dessus qu'il appartient au juge de déduire, au besoin d'office, au même titre que les prestations mentionnées au point 29, le montant de l'avantage fiscal perçu, dans la mesure où il correspond à une telle assistance, de l'indemnité mise à la charge de la personne publique en faisant, si nécessaire, usage de ses pouvoirs d'instruction pour déterminer le montant à déduire.
32. Il résulte de l'instruction, en particulier des conclusions expertales du docteur D, et n'est pas contesté par le GHSC, que Mme C a nécessité entre le 16 août 2017 et la date de consolidation, le 20 juin 2019, soit pendant 674 jours, une assistance par tierce personne non spécialisée à hauteur de 2 heures par semaine (0,29 par jour). Après déduction de la période d'hospitalisation, soit 17 jours, le nombre de jours à prendre en compte est de 657 jours (674 - 17). Il y a lieu, en l'espèce, de calculer l'indemnisation sur la base d'un taux horaire fixé, après déduction du crédit d'impôt, à 8,60 euros (17,19 x 0,50) pour une aide active non spécialisée, tel que justifié par la requérante. Par suite, et après application du taux de perte de chance énoncé ci-dessus et en retenant un montant horaire net de crédit d'impôt, soit 8,60 euros, l'indemnisation due au titre de l'assistance par une tierce personne temporaire doit être fixée à la somme de 327,71 euros (8,60 x 657 x 0,29 x 0,20). Il y a lieu de mettre cette somme à la charge du GHSC.
S'agissant des dépenses de santé futures :
33. Pour la période postérieure au jugement, il y a lieu de retenir le barème de capitalisation publié par la Gazette du Palais actualisé en 2022, reposant sur la table de mortalité sexuée pour 2017-2019 et un taux d'intérêt de 0 %. Eu égard à l'âge de Mme C à la date du présent jugement, soit 85 ans, le coefficient d'une rente viagère s'établit à 7,292. Le montant capitalisé des frais liés à l'achat de celles-ci sera évalué, après application du taux de perte de chance, à 764,78 euros (43,70 x 12 x 7,292 x 0,2).
S'agissant de l'assistance par tierce personne permanente :
Quant à période entre la date de consolidation et la date du jugement :
34. La requérante sollicite au titre de l'assistance par tierce personne permanente la somme de 2 243,41 euros. Il résulte du rapport d'expertise que Mme C a besoin d'une assistance par tierce personne non spécialisée à une fréquence de deux heures par semaine, soit 0,29 heure par jour. Ainsi, entre le 21 juin 2019 et le 5 juillet 2023, soit 1 476 jours, en retenant le taux horaire de 8,60 euros tel que mentionné au point 32, les sommes exposées par la requérante pour son assistance par une tierce personne doivent être évaluées à un montant total, après application du taux de perte de chance, de 736,23 euros (8,60 x 0,20 x 1 476 x 0,29)
Quant à la période postérieure à la date de jugement :
35. Il résulte des points 28 et 29 cités ci-dessus qu'il appartient au juge, lorsqu'il arrête le montant dû en réparation des frais d'assistance à tierce personne qui seront exposés postérieurement à sa décision, d'allouer une indemnité permettant de prendre en charge le besoin d'assistance de la victime, sans qu'il y ait lieu d'opérer de déduction au titre du crédit d'impôt, que celle-ci ait recours à une assistance salariée ou à un membre de sa famille ou un proche. La réparation intégrale ainsi accordée fera obstacle à ce que le contribuable puisse bénéficier du crédit d'impôt au titre des prestations de service assurées par un salarié ou une association, une entreprise ou un organisme déclaré et dont cette indemnité aura permis la prise en charge.
36. En retenant le taux de l'euro de rente viagère fixé à 7,292 par le barème de capitalisation 2022 publié par la Gazette du Palais (taux d'intérêt égal à 0 %), dès lors que Mme C est âgée à la date du jugement de 85 ans, ses besoins d'assistance par tierce personne à la suite du jugement et à titre viager doivent être évalués, après application du taux de perte de chance, à hauteur de 2 653,65 euros (17,19 x 365 x 0,20 x 0,29 x 7,292).
En ce qui concerne les préjudices extra patrimoniaux :
S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :
37. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise du docteur D, et n'est pas contesté, que, du fait des manquements commis par le GHSC, Mme C a subi, déduction faite des hospitalisations des 18 au 19 mars 2018 et du 27 mai 2018 qui ne sont pas imputables aux fautes commises par le GHSC, un déficit fonctionnel temporaire évalué à 100 % du 5 août au 16 août 2017 soit 12 jours, à 15 % du 17 août 2017 au 17 mars 2018 soit 213 jours, du 20 mars au 26 mai 2018 soit 68 jours et du 28 mai 2018 au 13 mars 2019 soit 290 jours. Ce déficit a ensuite été évalué à 100 % le 14 mars 2019, à 15 % du 15 mars au 27 mars 2019 soit 13 jours, à 100 % le 28 mars 2019, à 15 % 29 mars au 9 avril 2019 soit 12 jours, à 100 % du 10 au 12 avril 2019 soit 3 jours et enfin à 15 % du 13 avril au 20 juin 2019 soit 69 jours. En se basant sur un taux journalier d'indemnisation de 15 euros issu du barème de l'ONIAM, il sera fait, par suite, une juste appréciation de ce poste de préjudice durant cette période en l'évaluant, après application du taux de perte de chance, à la somme de 350,25 euros (15 x 0,20 x (12 + 0,15 x 571 + 1 + 0,15 x 13 + 1 + 0,15 x 12 + 3 + 0,15 x 69)).
S'agissant des souffrances endurées :
38. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise du docteur D, que Mme C a enduré des souffrances consécutives aux fautes commises par le GHSC lesquelles sont à l'origine d'une continence anale, qui ont été évaluées à 3,5 sur une échelle de 7. Par référence au barème de l'ONIAM, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant, après application du taux de perte de chance précité, à la somme de 1 200 euros (6 000 x 0,20), laquelle sera mise à la charge du GHSC.
S'agissant du préjudice moral :
39. Mme C sollicite l'indemnisation du préjudice moral qu'elle subirait du fait de l'incapacité dans laquelle elle se trouverait, en raison de son incontinence, notamment d'un syndrome dépressif et de l'impossibilité d'avoir une vie sociale. Il résulte cependant de l'instruction que Mme C présentait un syndrome dépressif antérieurement à l'intervention chirurgicale en litige. Ces souffrances morales ne sont toutefois pas distinctes de ses souffrances endurées, lesquelles ont déjà indemnisées au point 38 du présent jugement. Dès lors, Mme C n'est pas fondée à solliciter une indemnisation distincte.
S'agissant du préjudice esthétique temporaire :
40. Il résulte de l'instruction qu'à la suite de l'acte chirurgical subi le 4 août 2017 par Mme C, consistant en une coloscopie, cette dernière a présenté une incontinence anale. Elle a de ce fait subi un préjudice esthétique temporaire dont il sera fait une juste appréciation en l'évaluant, après application du taux de perte de chance, à la somme de 280 euros (1 400 x 0,20).
S'agissant du déficit fonctionnel permanent :
41. Il résulte de l'instruction, en particulier des conclusions expertales, que Mme C continue de présenter depuis la date de consolidation de son état de santé et du fait des fautes commises par le GHSC, une incontinence anale. Elle présente en raison de ces troubles un déficit fonctionnel permanent à 15 %. Par référence au barème de l'ONIAM, il sera fait une juste appréciation des séquelles conservées par Mme C, âgée de 81 ans à la date de consolidation, qui comprennent le retentissement psychologique de son dommage corporel, en lui allouant, après application du taux de perte de chance précité, une somme de 3 600 euros (18 000 x 0,20) en réparation de ce chef de préjudice.
S'agissant du préjudice d'agrément :
42. Mme C soutient subir un préjudice d'agrément, du fait de son impossibilité à pratiquer la marche à pied, à se divertir, à sortir et à profiter de la vie, qu'elle impute aux fautes commises par le GHSC. La requérante n'établit toutefois pas la pratique d'une activité spécifique sportive ou de loisir, condition de l'indemnisation d'un tel préjudice, de telle sorte que l'existence de ce préjudice ne se trouve elle-même pas établie. Il y a lieu, en conséquence, de rejeter ses prétentions sur ce point.
S'agissant du préjudice esthétique permanent :
43. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise, que Mme C conserve une incontinence anale. Elle subit, de ce fait, un préjudice esthétique permanent dont il sera fait une juste appréciation en l'évaluant, après application du taux de perte de chance, à la somme de 280 euros (1 400 x 0,20).
44. Il résulte de tout ce qui précède que le GHSC est condamné à verser à Mme C une somme de 13 882,36 euros en réparation des préjudices qu'elle a subis en raison des fautes commises par l'établissement de santé.
S'agissant du préjudice d'impréparation :
45. Dès lors que le GHSC n'a pas manqué à son devoir d'information, Mme C ne peut pas prétendre à la réparation du préjudice d'impréparation qu'elle invoque.
Sur les intérêts :
46. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ". Il résulte de ces dispositions que lorsqu'ils sont demandés, et quelle que soit la date de la demande, les intérêts des indemnités allouées sont dus à compter du jour où la demande de réclamation de la somme principale est parvenue à la partie débitrice ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement au greffe du tribunal administratif des conclusions tendant au versement de cette indemnité.
47. Il résulte de l'instruction que la demande indemnitaire préalable présentée par Mme C doit être regardée comme ayant été reçue le 16 avril 2018, date de réception de la saisine de la CCI. Par suite, il y a lieu de faire droit à sa demande d'intérêt à compter de cette date.
Sur les frais liés au litige :
En ce qui concerne les dépens :
48. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'Etat peut être condamné aux dépens ". En vertu de ces dispositions, il appartient au juge saisi au fond du litige de statuer, au besoin d'office, sur la charge des frais de l'expertise ordonnée par la juridiction administrative.
49. A défaut de dépens exposés dans la présente instance, les conclusions présentées à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne les frais exposés et non compris dans les dépens :
50. Il y a lieu de mettre à la charge du GHSC la somme de 1 500 euros à verser à Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales est mis hors de cause.
Article 2 : Le groupe hospitalier de Seclin Carvin est condamné à verser à Mme C la somme de 13 882,36 euros. Cette somme portera intérêt au taux légal à compter du 16 avril 2018.
Article 3 : Le groupe hospitalier de Seclin Carvin versera à Mme C la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme F C, au groupe hospitalier de Seclin Carvin, à l'assurance maladie des mines et à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des infections nosocomiales et des affections iatrogènes.
Copie pour information au directeur départemental des finances publiques du Pas-de-Calais.
Délibéré après l'audience du 14 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Riou, président,
M. Fougères, premier conseiller,
Mme Bruneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2023.
La rapporteure,
signé
M. Bruneau
Le président,
signé
J.-M. Riou
La greffière,
signé
I. Baudry
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la solidarité en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026