jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2104682 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | STIENNE-DUWEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 juin 2021 et le 30 juin 2022, M. B A et Mme D C épouse A, représentés par Me Stienne-Duwez, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 avril 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord a rejeté leur opposition aux saisies conservatoires prises les 9 et 23 février 2021 ;
2°) de les décharger de l'obligation de payer les sommes de 5 561,51 euros et 1 178,71 euros procédant de deux procès-verbaux de saisie conservatoire signifiés les 15 et 26 février 2021, en vue du recouvrement de créances de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2006 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur contestation préalable était régulière et recevable ; la mention des actes contestés et des motifs de contestation suffit, sans qu'il soit besoin d'adjoindre des pièces ;
- l'avis de saisie est entaché de défaut de motivation en ce que le titre sur le fondement duquel la saisie a été effectuée est incorrectement précisé ;
- les saisies conservatoires pratiquées n'identifient pas de façon précise le détenteur des comptes visés, lesquels n'appartiennent pas à M.et Mme A indivisément ;
- les saisies conservatoires sont irrégulières car elles n'ont pas été autorisées par le juge de l'exécution ;
- les saisies conservatoires sont irrégulières car aucun titre exécutoire n'a été notifié à M. et Mme A ;
- l'action en recouvrement de l'administration est prescrite.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 21 octobre 2021 et le 7 juillet 2022, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la contestation préalable formulée par M. et Mme A est irrecevable car irrégulière en la forme ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 8 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jouanneau,
- et les conclusions de Mme Dang, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A demandent au tribunal d'annuler la décision du 19 avril 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord a rejeté leur opposition aux saisies conservatoires dont ils ont fait l'objet les 9 et 23 février 2021 et de les décharger de l'obligation de payer les sommes de 5 561,51 euros et 1 178,71 euros procédant de deux procès-verbaux de saisie conservatoire signifiés les 15 et 26 février 2021, en vue du recouvrement de créances de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2006.
Sur la fin de non-recevoir opposée par l'administration :
2. Aux termes de l'alinéa 1er de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites ". Aux termes de l'article R. 281-1 du même code : " Les contestations relatives au recouvrement prévues par l'article L. 281 peuvent être formulées par le redevable lui-même ou la personne tenue solidairement ou conjointement. / Elles font l'objet d'une demande qui doit être adressée, appuyée de toutes les justifications utiles () ". Aux termes de l'article R. 281-3-1 du même code : " La demande prévue à l'article R.* 281-1 doit, sous peine d'irrecevabilité, être présentée dans un délai de deux mois à partir de la notification : / a) De l'acte de poursuite dont la régularité en la forme est contestée () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 281-5 du même code : " Le juge se prononce exclusivement au vu des justifications qui ont été présentées au chef de service. Les redevables qui l'ont saisi ne peuvent ni lui soumettre des pièces justificatives autres que celles qu'ils ont déjà produites à l'appui de leurs mémoires, ni invoquer des faits autres que ceux exposés dans ces mémoires ".
3. Il résulte de ces dispositions que le redevable qui entend contester les mesures de recouvrement dont il fait l'objet doit saisir d'une demande l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites, à peine d'irrecevabilité. Si le redevable a la possibilité d'appuyer sa demande de toutes justifications qu'il estime utiles, il ne résulte pas des dispositions précitées qu'il lui serait prescrit de produire de telles justifications, l'absence de production de pièces au stade de la demande ayant pour conséquence de limiter l'office du juge à l'examen des seuls éléments adressés à l'administration.
4. Pour contester la recevabilité en la forme de la demande formulée par M. et Mme A le 15 mars 2021 et adressée au comptable du Pôle recouvrement du Nord, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord se prévaut de ce qu'elle n'est assortie d'aucune pièce justificative. Toutefois, comme il a été indiqué au point 3 du présent jugement, il ne résulte pas des dispositions précitées du livre des procédures fiscales que les requérants seraient dans l'obligation de produire des pièces justificatives spécifiques à peine d'irrecevabilité. Par suite, la fin de non-recevoir doit être écartée.
Sur l'action en recouvrement :
5. Aux termes de l'alinéa 1er de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable au litige : " Les comptables publics des administrations fiscales qui n'ont fait aucune poursuite contre un redevable pendant quatre années consécutives à compter du jour de la mise en recouvrement du rôle ou de l'envoi de l'avis de mise en recouvrement sont déchus de tous droits et de toute action contre ce redevable ". Aux termes de l'article 2244 du code civil : " Le délai de prescription ou le délai de forclusion est également interrompu par une mesure conservatoire prise en application du code des procédures civiles d'exécution ou un acte d'exécution forcée ".
6. L'administration soutient que la prescription de l'action en recouvrement aurait été interrompue par une mise en demeure du 22 janvier 2015, par deux saisies à tiers détenteur réalisées en octobre 2018 et par une saisie mobilière réalisée au domicile des contribuables le 5 mars 2019. Il résulte de l'instruction que les impositions dont le recouvrement est recherché grâce aux saisies conservatoires contestées sont issues d'un avis d'imposition portant sur la somme de 142 400 euros au titre de l'impôt sur les revenus de 2006 et les pénalités correspondantes, cet avis ayant pour date de mise en recouvrement le 30 novembre 2014. Une mise en demeure portant sur cette somme, mentionnant le numéro de rôle 53502, également cité par les procès-verbaux de saisie conservatoire de créances des 9 et 23 février 2021, a été notifiée à M. et Mme A par lettre recommandée avec accusé de réception signé le 27 janvier 2015. Toutefois, l'administration ne verse au dossier aucune pièce justificative relative aux saisies qu'elle allègue avoir effectuées en octobre 2018 et mars 2019 et ne justifie d'aucune autre circonstance qui aurait fait obstacle à l'acquisition de la prescription. Par suite, à la date à laquelle les saisies conservatoires contestées ont été réalisées, la prescription de l'action en recouvrement de l'administration était acquise. Ainsi, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. et Mme A sont fondés à demander l'annulation de la décision du 19 avril 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord a rejeté leur opposition aux saisies conservatoires dont ils ont fait l'objet les 9 et 23 février 2021 et à demander à être déchargés de l'obligation de payer les sommes de 5 561,51 euros et 1 178,71 euros procédant de deux procès-verbaux de saisie conservatoire signifiés les 15 et 26 février 2021, en vue du recouvrement de créances de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2006.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. et Mme A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 19 avril 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord a rejeté l'opposition aux saisies conservatoires dont ont fait l'objet M. et Mme A les 9 et 23 février 2021 est annulée.
Article 2 : M. et Mme A sont déchargés de l'obligation de payer procédant des deux procès-verbaux de saisie conservatoire signifiés les 15 et 26 février 2021 en vue du recouvrement de créances de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2006.
Article 3 : L'Etat versera à M. et Mme A une somme de 1 500 (mille-cinq-cents) euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Mme D C épouse A et au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.
Délibéré après l'audience du 11 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Paganel, président,
Mme Barre, conseillère,
M. Jouanneau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
Le rapporteur,Le président,
Signé
SignéS. JOUANNEAUM. PAGANELLa greffière,
Signé
D. WISNIEWSKI
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026