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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2105027

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2105027

vendredi 22 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2105027
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formationjuge unique (7)
Avocat requérantMATON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 juin 2021, la société à responsabilité limitée (SARL) Karladam, représentée par Me Maton, demande au tribunal :

1°) de prononcer la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2018, 1019 et 2020 dans les rôles de la commune de La Madeleine (Nord) à raison de ses locaux situés au 102 rue du Général de Gaulle ;

2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la réclamation préalable du 28 avril 2021 n'est pas tardive quant aux années 2018 et 2019 dès lors, d'une part, que les avis d'imposition ne mentionnaient ni la voie de recours en cas de réclamation ni le délai de recours en cas de réclamation (a de l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales), d'autre part que la communication des pièces demandées par la requérante le 22 avril 2021 constitue l'évènement visé à l'article R. 196-2 b du LPF et le point de départ du délai de réclamation ;

- au cas où la réclamation préalable serait considérée comme tardive pour les années 2018 et 2019, elle n'en demeure pas moins recevable à solliciter d'un point de vue gracieux un dégrèvement d'office sur le fondement de l'article R. 211-1 du LPF ;

- en l'absence d'informations pertinentes sur le local-type n° 204 du procès-verbal des évaluations de la commune de La Madeleine servant de terme de comparaison pour l'évaluation de la valeur locative (base 1970), ce local-type dont il n'est pas possible de vérifier la régularité de l'évaluation, doit être considéré comme impropre à la comparaison ;

- le local-type n° 88 du procès-verbal des évaluations de la commune de La Madeleine pourrait être valablement retenu, ce qui entraînerait compte-tenu du planchonnement et du lissage un dégrèvement, qu'elle demande à titre principal, de 305 euros au titre de 2018, de 114 euros au titre de 2019 et de 45 euros au titre de 2020 ;

- deux ajustements s'imposaient en outre par rapport au local-type n° 204, l'un de -10% pour différence de superficie (87 m² par rapport à 113 m²), l'autre pour différence de situation et d'aménagement. Sur ce dernier point, il convient de noter que les locaux du local-type n° 204 bénéficient d'un parking public situé à 100 mètres, ce dont ne bénéficient pas les bureaux de la requérante, justifiant un ajustement supplémentaire de -10% ;

- ainsi, compte-tenu du planchonnement et du lissage intégrant ces ajustements, elle serait fondée à obtenir, à titre subsidiaire, le dégrèvement de 279 euros au titre de 2018, de 122 euros au titre de 2019 et de 31 euros au titre de 2020.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2022, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la réclamation préalable a été présentée le 28 avril 2021 alors que les cotisations contestées ont été mises en recouvrement le 31 octobre de chacune des années respectives. D'une part, la requérante n'est pas fondée à se prévaloir des dispositions de l'article R. 196-2 b du livre des procédures fiscales. D'autre part, le délai de réclamation est indiqué dans la notice jointe à l'avis d'imposition de taxe foncière propre à chaque année ;

- les dispositions de l'article R. 211-1 du livre des procédures fiscales ne créent aucun droit au profit des contribuables dont ils puissent se prévaloir pour revendiquer des dégrèvements d'impôts à l'égard desquels ils n'ont pas réclamé dans les formes et délais légaux ;

- le local-type n° 204 du procès-verbal des évaluations de la commune de La Madeleine est abandonné, sans que le local-type n° 88 proposé par la requérante soit pertinent car celui-ci a subi des transformations au regard de sa surface et présente une surface pondérée très inférieure à celle du local litigieux ;

- le local-type n° 89 du procès-verbal des évaluations de la commune de La Madeleine est par contre pertinent, avec un tarif de 9,45 euros/m². La valeur locative 1970 du local de la requérante étant de 1 068 euros (113 m² de surface pondérée x 9, 45 euros/m²), il s'avère que la taxe foncière sur les propriétés bâties émise est supérieure pour chacune des années contestées.

Par ordonnance du 12 septembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 12 octobre 2023.

Par un courrier du 13 février 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de la tardiveté de la réclamation préalable déposée au-delà d'un délai raisonnable s'agissant de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle la société requérante a été assujettie au titre de l'année 2018.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :

- les conclusions de Mme Dang, rapporteure publique,

- et les observations de Me Laporte, avocat substituant Me Maton, représentant la SARL Karladam.

Considérant ce qui suit :

1. La SARL Karladam a été assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2018, 2019 et 2020 en sa qualité de propriétaire de locaux à usage de bureaux situés au 102 rue du Général de Gaulle à La Madeleine (Nord). Par réclamation en date du 28 avril 2021, elle a sollicité un dégrèvement des impositions litigieuses au motif que la valeur locative 1970 servant de base à la détermination des dispositifs de planchonnement devait selon elle être corrigée. Par une décision du 31 mai 2021, cette réclamation a été rejetée. La SARL Karladam demande au tribunal la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties résultant de cette correction.

Sur la recevabilité des conclusions aux fins de réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2018 et 2019 :

2. D'une part, aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ". L'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales dispose que : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial, selon le cas, de l'administration des impôts ou de l'administration des douanes et droits indirects dont dépend le lieu d'imposition ". Aux termes de l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts directs locaux et aux taxes annexes doivent être présentées à l'administration des impôts au plus tard le 31 décembre de l'année suivant celle, selon le cas : a) De la mise en recouvrement du rôle ou de la notification d'un avis de mise en recouvrement () d) au cours de laquelle le contribuable a eu connaissance certaine de cotisations d'impôts directs établies à tort ou faisant double emploi ". Il résulte de ces dispositions, d'une part, que l'avis d'imposition ou l'avis de mise en recouvrement par lequel l'administration porte les impositions à la connaissance du contribuable doit mentionner l'existence et le caractère obligatoire, à peine d'irrecevabilité d'un éventuel recours juridictionnel, de la réclamation prévue à l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales, ainsi que les délais de forclusion dans lesquels le contribuable doit présenter cette réclamation et, d'autre part, que le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours ou l'absence de preuve qu'une telle information a été fournie est de nature à faire obstacle à ce que les délais prévus par les articles R. 196-1 et R. 196-2 du livre des procédures fiscales lui soient opposables.

3. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que l'avis d'imposition ou l'avis de mise en recouvrement par lequel l'administration porte les impositions à la connaissance du contribuable doit mentionner l'existence et le caractère obligatoire, à peine d'irrecevabilité d'un éventuel recours juridictionnel, de la réclamation prévue à l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales, ainsi que les délais de forclusion dans lesquels le contribuable doit présenter cette réclamation et, d'autre part, que le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours ou l'absence de preuve qu'une telle information a été fournie est de nature à faire obstacle à ce que les délais prévus par les articles R. 196-1 et R. 196-2 du livre des procédures fiscales lui soient opposables.

4. Toutefois le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. Dans le cas où le recours juridictionnel doit obligatoirement être précédé d'un recours administratif, celui-ci doit être exercé, comme doit l'être le recours juridictionnel, dans un délai raisonnable. Le recours administratif préalable doit être présenté dans le délai prévu par les articles R. 196-1 ou R. 196-2 du livre des procédures fiscales, prolongé, sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le contribuable, d'un an. Dans cette hypothèse, le délai de réclamation court à compter de l'année au cours de laquelle il est établi que le contribuable a eu connaissance de l'existence de l'imposition.

5. En l'espèce, si l'administration fiscale fait valoir que le délai de réclamation prévu par les dispositions précitées de l'article L. 190-1 du livre des procédures fiscales est indiqué dans la notice jointe aux avis d'imposition à la taxe foncière sur les propriétés bâties, il ne résulte pas de l'instruction que les extraits des rôles des contributions directes et taxes assimilées relatifs aux impôts locaux au titre des années 2018 et 2019 aient comporté la mention du caractère obligatoire de la réclamation préalable prévue à l'article L. 190-1 du livre des procédures fiscales ainsi que du délai de présentation de celle-ci. Par suite, le délai de réclamation prévu au a) de l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales n'est pas opposable à la société requérante. Il résulte des principes énoncés au point 4 que s'agissant de l'année 2019 la réclamation formée le 28 avril 2021 n'a pas été présentée au-delà d'un délai raisonnable. Il suit de là que la demande de réduction de la cotisation de taxe foncière au titre de l'année 2019 n'est pas tardive.

6. D'autre part, aux termes de l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts directs locaux et aux taxes annexes doivent être présentées à l'administration des impôts au plus tard le 31 décembre de l'année suivant celle, selon le cas : () b) De la réalisation de l'événement qui motive la réclamation ; ne constitue pas un tel événement une décision juridictionnelle ou un avis mentionné aux troisième et cinquième alinéas de l'article L. 190 ; () ".

7. La circonstance selon laquelle la société requérante n'aurait constaté qu'après la communication des documents relatifs à l'évaluation de la valeur locative utilisée dans le cadre de la détermination des mécanismes correcteurs des impositions mises en recouvrement à compter de l'année 2017, que le service des impôts retenait une valeur locative 1970 erronée, ne constitue pas, en l'espèce, un événement de nature à rouvrir le délai de réclamation, dès lors qu'aucune circonstance particulière ne faisait antérieurement obstacle à ce que la société requérante, qui n'a sollicité l'envoi de ces documents que le 22 avril 2021, en recherche antérieurement la communication. Dans ces conditions, la réclamation est tardive s'agissant de l'année 2018, puisque présentée au-delà du délai raisonnable mentionné au point 4, et les conclusions relatives à cette année d'imposition doivent être rejetées comme irrecevables. La demande de dégrèvement d'office présentée à titre gracieux dans la réclamation préalable, sur le fondement de l'article R. 211-1 du livre des procédures fiscales, ne saurait régulariser cette tardiveté.

Sur le bien-fondé des impositions établies au titre des années 2019 et 2020 :

8. Pour l'établissement de l'imposition en litige due au titre des années 2019 et 2020, l'administration a appliqué les dispositions combinées des articles 1498, 1518 A quinquies et 1518 E du code général des impôts dans leur rédaction issue de la loi n° 2017-1775 du 28 décembre 2017, qui prévoient des mécanismes de neutralisation, de planchonnement et de lissage des valeurs locatives résultant de l'application de la révision générale prévue par l'article 34 de la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 modifiée. Il résulte de ces dispositions que la détermination de la valeur locative de l'année 2016 a une incidence sur celle des années en litige.

9. Aux termes de l'article 1498 du code général des impôts dans sa version applicable à l'année 2016, entrant dans le calcul de l'assiette des taxes foncières en litige par application de mesures de neutralisation, planchonnement et lissage mises en place dans le cadre de la réforme de la valeur locative cadastrale des locaux professionnels : " La valeur locative de tous les biens autres que les locaux d'habitation ou à usage professionnel visés au I de l'article 1496 et que les établissements industriels visés à l'article 1499 est déterminée au moyen de l'une des méthodes indiquées ci-après : () / 2° a) Pour les biens loués à des conditions de prix anormales ou occupés par leur propriétaire, occupés par un tiers à un autre titre que la location, vacants ou concédés à titre gratuit, la valeur locative est déterminée par comparaison. / Les termes de comparaison sont choisis dans la commune. Ils peuvent être choisis hors de la commune pour procéder à l'évaluation des immeubles d'un caractère particulier ou exceptionnel ; / b) La valeur locative des termes de comparaison est arrêtée : () / par comparaison avec des immeubles similaires situés dans la commune ou dans une localité présentant, du point de vue économique, une situation analogue à celle de la commune en cause et qui faisaient l'objet à cette date de locations consenties à des conditions de prix normales ; / 3° A défaut de ces bases, la valeur locative est déterminée par voie d'appréciation directe ". Aux termes de l'article 324 Z de l'annexe III au même code dans sa rédaction applicable à l'année 2016 : " I. L'évaluation par comparaison consiste à attribuer à un immeuble ou à un local donné une valeur locative proportionnelle à celle qui a été adoptée pour d'autres biens de même nature pris comme types. / II. Les types dont il s'agit doivent correspondre aux catégories dans lesquelles peuvent être rangés les biens de la commune, visés aux articles 324 Y à 324 AC, au regard de l'affectation de la situation de la nature de la construction de son importance de son état d'entretien et de son aménagement. / Ils sont inscrits au procès-verbal des opérations de la révision ". Aux termes de l'article 324 AA de la même annexe : " La valeur locative cadastrale des biens loués à des conditions anormales ou occupés par leur propriétaire, occupés par un tiers à un titre autre que celui de locataire, vacants ou concédés à titre gratuit est obtenue en appliquant aux données relatives à leur consistance - telles que superficie réelle, nombre d'éléments - les valeurs unitaires arrêtées pour le type de la catégorie correspondante. Cette valeur est ensuite ajustée pour tenir compte des différences qui peuvent exister entre le type considéré et l'immeuble à évaluer, notamment du point de vue de la situation, de la nature de la construction, de son état d'entretien, de son aménagement, ainsi que de l'importance plus ou moins grande de ses dépendances bâties et non bâties si ces éléments n'ont pas été pris en considération lors de l'appréciation de la consistance. ".

10. Lorsque l'administration fiscale renonce au terme de comparaison initialement choisi pour lui substituer un autre et que celui-ci est contesté au motif qu'il ne serait pas comparable à l'immeuble à évaluer, il appartient au juge de l'impôt de se prononcer sur les autres termes de comparaison proposés par le contribuable, afin de déterminer si l'un d'eux serait plus approprié que le local retenu par l'administration. Pour l'application de la méthode d'évaluation par comparaison du 2° de l'article 1498 du code général des impôts, les différences existant entre les caractéristiques de l'immeuble à évaluer et celles du local-type proposé par le contribuable ne font pas par elles-mêmes obstacle à ce que ce local-type soit valablement retenu comme terme de comparaison. Dans ce cas, la valeur locative doit toutefois être ajustée afin de tenir compte de ces différences par application du coefficient prévu à l'article 324 AA de l'annexe III au même code.

11. Pour déterminer la valeur locative 1970 du local professionnel de la société requérante, l'administration, suivant la méthode comparative prévue au 2° de l'article 1498 du code général des impôts, a initialement retenu comme terme de comparaison le local-type n° 204 du procès-verbal des évaluations de la commune de La Madeleine. Le local-type n° 88 du procès-verbal des évaluations de la commune de La Madeleine, proposé par la société requérante, ne peut être considéré comme pertinent dès lors qu'il n'est pas sérieusement contesté qu'il a subi des transformations au regard de sa surface et présente une surface pondérée très inférieure à celle du local litigieux. L'administration a décidé de retenir le local-type n° 89 du procès-verbal des évaluations de la commune de La Madeleine. Ce local à usage de bureaux, situé 141 rue de la République à La Madeleine, comparable avec le local de la société requérante, a une superficie totale de 128 m², tandis que la surface pondérée est de 116 m² pour une valeur locative de 7 130 francs soit un tarif de 62 F/m² (9,45 euros/m²). Les pondérations appliquées à ce local-type, sont 1 pour les bureaux et 0,2 pour les couloirs, lavabo et toilettes. Au regard des déclarations de la requérante, le local litigieux a une surface réelle de 113 m² et une surface pondérée de 113 m². La valeur locative 1970 du local de la requérante étant de 1 068 euros (113 m² de surface pondérée x 9, 45 euros/m²), il en résulte que la taxe foncière sur les propriétés bâties émise est supérieure pour chacune des années 2019 et 2020. La SARL Karladam n'est donc pas fondée à demander la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre desdites années.

Sur les frais liés au litige :

12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administratif font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, verse une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SARL Karladam est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Karladam et au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mars 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

M. ALa greffière,

Signé

D. WISNIEWSKI

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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