LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2105275

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2105275

mercredi 15 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2105275
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantLACHAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 2 juillet 2021, le 14 août 2023 et le 25 septembre 2023, la société en nom collectif (SNC) Five, représentée par Me Lachal et Me Tack, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner la Métropole européenne de Lille à lui verser la somme de 33 315 euros avec intérêts au taux légal à compter du 1er mars 2021 et capitalisation des intérêts, en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi en raison des travaux réalisés par la Métropole européenne de Lille au niveau de la rue Sadi Carnot à Ronchin du 7 octobre 2019 au 30 novembre 2019 ;

2°) de mettre à la charge de la Métropole européenne de Lille une somme de 3 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les travaux réalisés par la MEL ont entraîné l'interruption de la circulation au niveau du giratoire ADEO dans le sens Ronchin vers Lezennes du 8 au 30 octobre 2019, impliquant de grandes difficultés d'accès à son restaurant depuis l'autoroute A1 ou depuis Ronchin et une baisse de sa fréquentation, en l'absence de signalétique de déviation ;

- il en est résulté une perte de marge brute commerciale de 33 315 euros hors taxe, qui l'a conduite à conclure un crédit trésorerie en décembre 2018 ;

- sa clientèle de passage ne se rend pas en bicyclette dans son établissement, mais par la route et l'autoroute compte tenu de l'éloignement du restaurant, situé dans une zone d'activité économique frontalière d'une zone agricole et d'une zone naturelle, par rapport au centre-ville, avec très peu d'habitations à proximité immédiate, de sorte qu'elle ne bénéficie pas de la création d'une piste cyclable.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 22 février 2022, le 11 mars 2022 et le 22 septembre 2023, la Métropole européenne de Lille, représentée par Me Noël, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société Five au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les travaux qu'elle a réalisés n'ont pas empêché l'accès au restaurant de la société requérante ;

- il n'est pas démontré que la clientèle de la société Five se rendrait à son établissement en voiture, la rue demeurant ouverte à la circulation piétonne pendant toute la durée des travaux ;

- la modification de la circulation automobile n'a duré que 22 jours, en raison de la mise en place d'un sens unique, ce qui ne faisait pas obstacle à l'accès au restaurant exploité par la société requérante ;

- le préjudice de la société requérante ne revêt pas un caractère spécial, tous les établissements implantés sur l'axe de circulation concerné par les travaux ayant été impactés de la même manière ;

- le préjudice allégué par la société requérante n'est pas probant, en l'absence d'une période de référence suffisante, tandis que le taux de progression, calculé de juillet à juin plutôt que sur l'année fiscale de référence, ne présente pas le caractère d'un préjudice certain ;

- il n'est pas démontré que la perte de chiffre d'affaires soit la conséquence directe des travaux ;

- à titre subsidiaire, il doit être tenu compte de la mise à disposition de salariés dans d'autres restaurants ainsi que de l'attractivité liée à la rénovation du secteur engendré par les travaux en litige et à la création d'une piste cyclable sécurisée.

Par ordonnance du 25 septembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 16 octobre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Fougères,

- les conclusions de Mme Bruneau, rapporteure publique,

- et les observations de Me Lachal, représentant la société Five.

Considérant ce qui suit :

1. La société Five exploite un lieu de restauration rapide, sous l'enseigne Mc Donald's au 155 rue Sadi Carnot à Ronchin. Du 7 octobre 2019 au 30 novembre 2019, des travaux de réfection de la voirie et de création de pistes cyclables réalisés par la Métropole européenne de Lille (MEL), débutés au second semestre de l'année 2018, ont repris au niveau de la rue Sadi Carnot, à Ronchin. Par courrier du 26 février 2021, reçu le 1er mars 2021, la société Five a sollicité de la MEL l'indemnisation du préjudice qu'elle estime subir du fait de ces travaux à hauteur de 33 315 euros. Par courrier du 29 avril 2021, la MEL a rejeté cette demande, estimant qu'elle avait été formulée tardivement. Par la présente requête, la société Five demande au tribunal de condamner la MEL à lui verser la somme de 33 315 euros en réparation de ce préjudice.

Sur les conclusions indemnitaires :

2. Les riverains des voies publiques ont la qualité de tiers par rapport aux travaux publics d'aménagement ou de réfection de ces voies. S'ils subissent un préjudice à cette occasion, il incombe à la collectivité maître d'ouvrage, même en l'absence de toute faute de sa part, d'en assurer l'indemnisation à la double condition pour le demandeur d'établir, d'une part, le lien de causalité présenté avec les travaux publics litigieux et, d'autre part, le caractère grave et spécial du préjudice qu'il invoque. En outre, ne sont pas susceptibles d'ouvrir droit à indemnité les préjudices qui n'excèdent pas les sujétions susceptibles d'être normalement imposées, dans l'intérêt général, aux riverains des ouvrages publics et, en particulier, à ceux des voies publiques. Dans le cas où des travaux publics ont pour effet de rendre excessivement difficile l'accès des riverains, il appartient au juge d'apprécier si le préjudice allégué revêt un caractère grave et spécial.

3. Il résulte de l'instruction que, du 8 octobre 2019 au 30 octobre 2019, la circulation au niveau de la rue Sadi Carnot à Ronchin, qui dessert le restaurant exploité par la société requérante et son parking, a été mise à sens unique, pour les besoins du chantier. S'il n'est pas contesté qu'aucune signalétique de déviation pour le restaurant exploité par la société Five n'a été mise en place, la circulation a néanmoins toujours été possible sur cette même route dans le sens Lezennes- Ronchin. Dès lors, aucune autre contrainte liée aux travaux n'étant alléguée, il ne résulte pas de l'instruction que l'accès au restaurant Mc Donald's de la société Five ait été rendu excessivement difficile pendant la période des travaux en litige, entre le 7 octobre 2019 et le 30 novembre 2019.

4. Par ailleurs, l'analyse du chiffres d'affaires quotidiennement réalisé sur cette période ne fait pas ressortir une baisse notable de fréquentation, par rapport notamment à la fréquentation de ce restaurant en mai 2019, tandis qu'il n'est produit aucun élément sur le chiffre d'affaires quotidiennement réalisé, par exemple en octobre 2017 et octobre 2016. Enfin, le chiffre d'affaires de la société Five pour l'année 2019 s'est élevé à la somme de 1 984 938 euros, contre 1 034 910 euros en 2018, 1 322 989 euros en 2017, 1 283 773,51 euros en 2016 et 1 258 194,54 euros en 2015. Dans ces circonstances, il n'est pas établi que la modification de la circulation au niveau de la rue Sadi Carnot à Ronchin, passée en sens unique pour une durée assez limitée, a eu pour effet de décourager la clientèle de la société Five dans des proportions excédant les sujétions normales que les riverains des voies publiques sont normalement tenus de supporter dans l'intérêt de la voirie.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la société Five tendant à la condamnation de la MEL au titre des travaux réalisés du 7 octobre 2019 au 30 novembre 2019 doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la Métropole européenne de Lille, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société Five demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la société Five une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la Métropole européenne de Lille et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société Five est rejetée.

Article 2 : La société Five versera à la Métropole européenne de Lille la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société en nom collectif (S.N.C.) Five et à la Métropole européenne de Lille.

Délibéré après l'audience du 24 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Riou, président,

M. Fougères, premier conseiller,

Mme Lançon, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mai 2024.

Le rapporteur,

signé

V. FOUGERES

Le président,

signé

J.-M. RIOU La greffière,

signé

J. VANDEWYNGAERDE

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions