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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2105751

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2105751

mercredi 3 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2105751
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantSCP MASSON ET DUTAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 7 juillet 2021, le 10 juin 2022 et le 1er juillet 2022, Mme B A, représentée par Me Laur, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner " l'administration " à lui verser la somme totale de 73 280 euros en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi en raison de la chute dont elle a été victime au centre aquatique de Béthune le 2 juillet 2017 ;

2°) de mettre à la charge de " l'administration " une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle a chuté sur le sol aux abords des bassins de la piscine en raison du caractère anormalement glissant du carrelage ;

- cette chute est à l'origine d'un traumatisme du poignet gauche avec fracture de l'extrémité inférieure du radius et de la styloïde cubitale, nécessitant un lourd traitement orthopédique ;

- " l'administration " n'a pris aucune précaution pour prévenir le risque d'accident lié à la dangerosité du carrelage aux abords de la piscine qui dépassait ce à quoi les usagers d'un centre aquatique peuvent s'attendre ;

- ses préjudices s'élèvent à un montant global de 73 280 euros, se décomposant comme suit :

* 3 380 euros au titre de la perte de gains professionnels actuels ;

* 14 400 euros au titre de l'assistance par tierce personne temporaire ;

* 29 900 euros au titre de la perte de gains professionnels futurs ;

* 8 000 euros au titre des souffrances endurées ;

* 15 600 euros au titre du déficit fonctionnel permanent ;

* 2 000 euros au titre du préjudice esthétique permanent.

Par un mémoire enregistré le 30 septembre 2021, la caisse primaire d'assurance maladie de l'Artois, représentée par Me de Berny, demande au tribunal :

1°) de condamner in solidum la commune de Béthune et la communauté d'agglomération Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane à lui verser la somme de 11 223,05 euros au titre des dépenses qu'elle a exposées pour son assurée du fait de l'accident survenu le 2 juillet 2017, avec intérêts à compter du 30 septembre 2021 et capitalisation des intérêts dus pour une année entière ;

2°) de mettre à la charge in solidum de la commune de Béthune et de la communauté d'agglomération Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane l'indemnité forfaitaire de gestion ;

3°) de mettre à la charge de de la commune de Béthune et de la communauté d'agglomération Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle s'en rapporte aux écritures de Mme A sur la responsabilité en lien avec le défaut d'entretien de la piscine ;

- elle a exposé pour le compte de son assurée des dépenses de santé actuelles à hauteur de 1 953,35 euros et lui a servi des indemnités journalières pour un montant total de 9 269,70 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 août 2021, la commune de Béthune, représentée par Me Sabattier, conclut au rejet des conclusions présentées à son encontre et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'elle a transféré depuis le 1er janvier 2017 à la communauté d'agglomération Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane la délégation de service public relative à la gestion du centre aquatique situé sur son territoire.

Par un mémoire enregistré le 13 janvier 2022, la communauté d'agglomération de Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane, représentée par Me Dutat, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requérante ne rapporte pas la preuve d'un lien de causalité entre sa chute et le caractère prétendument glissant du sol de la piscine ;

- le carrelage en litige, de marque Buschtal, est antidérapant avec un classification adaptée pour les pieds nus ;

- le risque de chute n'excède pas celui auquel doivent s'attendre les usagers d'une piscine ;

- Mme A ne rapporte pas la preuve des préjudices qu'elle allègue et les expertises produites, non diligentées contradictoirement, lui sont inopposables.

Par des mémoires, enregistrés les 16 novembre 2021 et 27 juin 2022, la société par actions simplifiée (SAS) Vert Marine, représentée par Me Hermary, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le carrelage posé autour de la piscine est parfaitement adapté et conforme aux normes en vigueur ; la preuve d'un lien de causalité entre la chute et la nature du sol n'est pas rapportée ;

- la présence d'eau sur le sol de la piscine ne présente pas un caractère inhabituel ;

- la chute de Mme A a pour cause une inattention de sa part et le fait qu'elle ait couru alors qu'elle sortait de l'eau ;

- l'expertise corporelle produite par la requérante ne lui est pas opposable.

Par ordonnance du 6 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 27 juillet 2022.

Un mémoire présenté par la caisse primaire d'assurance maladie de l'Artois a été enregistré le 1er mars 2024.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 octobre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Fougères,

- les conclusions de Mme Bruneau, rapporteure publique,

- et les observations de Me Jablonski, substituant Me Sabattier, représentant la commune de Béthune.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, née le 24 mars 1962, a été victime d'une chute le 2 juillet 2017 vers 11h30, alors qu'elle fréquentait le centre aquatique de la communauté d'agglomération de Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane, exploité par la société Vert Marine. Elle a été conduite au service des urgences de la clinique médico-chirurgicale de Bruay-La Buissière où un bilan radiologique a permis de constater une fracture du poignet gauche. Elle a bénéficié d'une immobilisation par une résine et a regagné son domicile le jour même. Le 20 juillet 2017, le dispositif a été remplacé par une manchette en résine qu'elle a conservée jusqu'au 1er septembre 2017. Elle a ensuite bénéficié de séances de rééducation. Elle a été déclarée inapte à son poste de travail et conserve des séquelles des suites de cet accident. Estimant que la responsabilité de la commune de Béthune, de la communauté d'agglomération de Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane et de la société exploitant le centre aquatique était engagée, Mme A a sollicité de ces personnes morales, par courriers reçus le 9 mars 2021, l'indemnisation de ses préjudices. Par la présente requête, Mme A doit être regardée comme demandant la condamnation in solidum de ces collectivités, voire également de la société Vert Marine, à lui verser la somme totale de 73 280 euros.

Sur la responsabilité de la commune de Béthune:

2. Aux termes du II de l'article L. 5216-5 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction applicable à la cause : " La communauté d'agglomération doit en outre exercer au lieu et place des communes au moins trois compétences parmi les sept suivantes : / () / 5° Construction, aménagement, entretien et gestion d'équipements culturels et sportifs d'intérêt communautaire ; / () ". L'article L. 5211-17 de ce code dispose que les transferts de compétences : " () sont décidés par délibérations concordantes de l'organe délibérant et des conseils municipaux se prononçant dans les conditions de majorité requise pour la création de l'établissement public de coopération intercommunale. Le conseil municipal de chaque commune membre dispose d'un délai de trois mois, à compter de la notification au maire de la commune de la délibération de l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale, pour se prononcer sur les transferts proposés. / () / Le transfert de compétences () / () entraîne de plein droit l'application à l'ensemble des biens, équipements et services publics nécessaires à leur exercice, ainsi qu'à l'ensemble des droits et obligations qui leur sont attachés à la date du transfert, des dispositions des trois premiers alinéas de l'article L. 1321-1, des deux premiers alinéas de l'article L. 1321-2 et des articles L. 1321-3, L. 1321-4 et L. 1321-5. / () ". Aux termes de l'article L. 1321-2 de ce code : " Lorsque la collectivité antérieurement compétente était propriétaire des biens mis à disposition, la remise de ces biens a lieu à titre gratuit. La collectivité bénéficiaire de la mise à disposition assume l'ensemble des obligations du propriétaire. Elle possède tous pouvoirs de gestion. Elle assure le renouvellement des biens mobiliers. Elle peut autoriser l'occupation des biens remis. Elle en perçoit les fruits et produits. Elle agit en justice au lieu et place du propriétaire. / La collectivité bénéficiaire peut procéder à tous travaux de reconstruction, de démolition, de surélévation ou d'addition de constructions propres à assurer le maintien de l'affectation des biens. / () ".

3. Il résulte de l'instruction que, par une délibération du 21 septembre 2016, le conseil communautaire de la communauté d'agglomération de Béthune, Bruay, Noeux et environs a reconnu d'intérêt communautaire les piscines relevant du schéma directeur communautaire des équipements aquatiques, dont fait partie le centre aquatique de Béthune, au titre de la compétence mentionnée au 5° du II de l'article L. 5216-5 du code général des collectivités territoriales précité et que ce transfert à la communauté d'agglomération de Béthune, Bruay, Noeux et environs, devenue la communauté d'agglomération Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane, a été confirmé par une délibération du 13 décembre 2016 du conseil municipal de Béthune, avec une prise d'effet au 1er janvier 2017. Dès lors, les conclusions de Mme A, en tant qu'elles pouvaient être regardées comme dirigées contre la commune de Béthune, ainsi que les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie de l'Artois en tant qu'elles sont dirigées contre cette collectivité, doivent être rejetées.

Sur la responsabilité de la société Vert Marine :

4. En cas de délégation limitée à la seule exploitation de l'ouvrage, comme c'est le cas en matière d'affermage, si la responsabilité des dommages imputables à son fonctionnement relève du délégataire, sauf stipulations contractuelles contraires, celle résultant de dommages imputables à son existence, à sa nature et à son dimensionnement, appartient à la personne publique délégante.

5. A supposer que par l'utilisation du terme " administration ", Mme A ait entendu diriger ses conclusions également contre la société de droit privé Vert Marine, il résulte de l'instruction qu'elle se prévaut d'un défaut de conception du carrelage du sol du centre aquatique de Béthune, de sorte qu'elle n'est pas fondée à ce titre à solliciter la condamnation de la société Vert Marine, délégataire du service public. Les conclusions de la requérante, en tant qu'elles pouvaient être regardées comme dirigées contre cette société, doivent donc être rejetées.

Sur la responsabilité de la communauté d'agglomération Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane :

6. Il appartient à l'usager, victime d'un dommage survenu sur un ouvrage public, de rapporter la preuve du lien de causalité entre l'ouvrage public et le dommage dont il se plaint. La collectivité en charge de l'ouvrage public doit alors, pour que sa responsabilité ne soit pas retenue, établir que l'ouvrage public faisait l'objet d'un entretien normal ou que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.

7. En premier lieu, il résulte de l'instruction, en particulier de l'attestation rédigée par Mme C D, épouse de la requérante, alors présente sur place, et qui n'est contredite par aucun autre témoignage produit en défense que, le 2 juillet 2017, Mme A, qui avait la qualité d'usagère de l'ouvrage public que constitue le centre aquatique de Béthune, a fait une chute sur le sol glissant de la piscine de ce centre aquatique, entre le moyen bassin et les escaliers, alors qu'elle marchait doucement. En défense, la société Vert marine, en charge de l'exploitation de l'ouvrage, et la communauté d'agglomération de Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane font valoir, mais sans l'établir, que le sol était revêtu d'un carrelage antidérapant parfaitement adapté à son utilisation. Il résulte en outre de l'instruction, notamment tant d'attestations d'usagers produites par la requérante, que d'articles de presse parus le 22 septembre 2021 dans le journal " La Voix du Nord " et le 31 décembre 2021 dans le journal " L'avenir de l'Artois ", ainsi que de plusieurs avis émis sur internet et de la réponse apportée par une personne identifiée comme étant le propriétaire de l'ouvrage, que cette glissance du sol est connue depuis de nombreuses années et que plusieurs chutes ont déjà été signalées. Dans ces circonstances, la responsabilité de la communauté d'agglomération Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane, qui ne démontre pas le caractère adapté du revêtement du sol à l'endroit de la chute de Mme A, est engagée au titre du défaut de conception de l'ouvrage.

8. En second lieu, il ne résulte pas de l'instruction que Mme A aurait adopté un comportement imprudent, ni qu'elle aurait couru comme le soutient sans en rapporter la preuve la société Vert Marine. Dans ces conditions, et alors qu'il est établi que le carrelage revêtait un caractère anormalement glissant, excédant les risques auxquels peuvent raisonnablement s'attendre les usagers d'un centre aquatique, la société Vert Marine n'est au demeurant pas fondée à soutenir que la requérante a commis une faute de nature à l'exonérer même partiellement de sa responsabilité.

9. Il résulte de ce qui précède que Mme A est fondée à solliciter la condamnation la communauté d'agglomération Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane à l'indemniser des préjudices consécutifs au dommage survenu le 2 juillet 2017 au centre aquatique de Béthune.

Sur l'indemnisation des préjudices :

10. L'article R. 621-1 du code de justice administrative dispose que : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. L'expert peut se voir confier une mission de médiation. Il peut également prendre l'initiative, avec l'accord des parties, d'une telle médiation. Si une médiation est engagée, il en informe la juridiction. Sous réserve des exceptions prévues par l'article L. 213-2, l'expert remet son rapport d'expertise sans pouvoir faire état, sauf accord des parties, des constatations et déclarations ayant eu lieu durant la médiation. ".

11. En l'état de l'instruction, le tribunal n'est pas en mesure d'évaluer les préjudices subis par Mme A, les deux expertises diligentées par son assureur, la société Axa France, n'ayant pas été réalisées au contradictoire de la communauté d'agglomération Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane, ni au contradictoire de la société Vert Marine, qui en contestent les conclusions. Il y a, par suite, lieu d'ordonner une expertise aux fins précisées dans le dispositif du présent jugement et de réserver, jusqu'en fin d'instance, les droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement.

Sur le versement d'une provision :

12. Le juge saisi de conclusions indemnitaires peut accorder une provision au créancier qui l'a saisi d'une demande indemnitaire lorsqu'il constate qu'un agissement de l'administration a été à l'origine d'un préjudice et que, dans l'attente des résultats d'une expertise permettant de déterminer l'ampleur de celui-ci, il est en mesure de fixer un montant provisionnel dont il peut anticiper qu'il restera inférieur au montant total qui sera ultérieurement défini.

13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner la communauté d'agglomération Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane à verser à Mme A une indemnité provisionnelle d'un montant de 6 000 euros.

Sur les frais liés au litige :

14. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Béthune et de la société Vert Marine présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La communauté d'agglomération Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane est condamnée à verser à Mme A la somme de 6 000 euros à titre provisionnel.

Article 2 : Les conclusions de la requête de Mme A, en tant qu'elles peuvent être regardées comme dirigées contre la commune de Béthune et contre la société Vert Marine, sont rejetées.

Article 3 : Les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie de l'Artois, en tant qu'elles sont dirigées contre la commune de Béthune, sont rejetées.

Article 4 : Il sera, avant de statuer sur les autres conclusions de la requête de Mme A, procédé à une expertise médicale, en présence de cette dernière, de la communauté d'agglomération Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane, de la société Vert Marine, exploitante, et de la caisse primaire d'assurance maladie de l'Artois.

Article 5 : L'expert, ou le collège d'experts, sera désigné par le président du tribunal. Il accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif. L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative. Il prêtera serment par écrit devant le greffier en chef du tribunal.

Article 6 : L'expert, ou le collège d'experts, aura pour mission de :

1°) se faire communiquer et prendre connaissance de l'entier dossier médical de Mme A ainsi que tous documents relatifs à son état de santé, et notamment tous documents relatifs au suivi médical, aux actes de soins et aux diagnostics pratiqués en lien avec la chute de celle-ci le 2 juillet 2017 au centre aquatique de Béthune et à son état antérieur ;

2°) examiner Mme A et décrire les séquelles dont elle est atteinte à la suite de l'accident du 2 juillet 2017 en les distinguant expressément et pour chaque poste de préjudice de son état antérieur ;

3°) dire si l'état de santé actuel de Mme A est totalement ou partiellement imputable à cette chute et, le cas échéant, dans quelle mesure ;

4°) dire si l'état de Mme A est consolidé, et depuis quelle date, au regard des différentes séquelles dont elle est atteinte, ou s'il est susceptible d'amélioration ou de dégradation ; dans le cas où cet état ne serait pas encore consolidé, fournir toutes précisions utiles sur l'évolution prévisible des séquelles concernées et dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, mentionner dans quel délai ;

5°) évaluer la nature et l'étendue des préjudices patrimoniaux en utilisant la nomenclature Dintilhac ;

6°) évaluer la nature et l'étendue des préjudices extra patrimoniaux en utilisant la nomenclature Dintilhac ;

7°) faire toute observation utile.

Article 7 : L'expert déposera son rapport au greffe en deux exemplaires dans un délai de quatre mois à compter de la notification de l'ordonnance le désignant. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.

Article 8 : Les conclusions de la communauté d'agglomération de Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 9 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 10 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Artois, à la commune de Béthune, à la société par actions simplifiée Vert Marine et à la communauté d'agglomération de Béthune-Bruay, Artois-Lys Romane.

Délibéré après l'audience du 13 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Riou, président,

M. Fougères, premier conseiller,

Mme Lançon, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 avril 2024.

Le rapporteur,

signé

V. FOUGERES

Le président,

signé

J.-M. RIOU La greffière,

signé

I. BAUDRY

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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