LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2105949

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2105949

mardi 16 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2105949
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSCP D'AVOCATS NORMAND ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 juillet 2021, Mme A B, représentée par Me Maricourt, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 17 juin 2021 par laquelle la maire de Lille a rejeté sa demande indemnitaire préalable ;

2°) de condamner la commune de Lille à lui verser la somme de 4 000 euros en réparation de son préjudice moral résultant des agissements de sa supérieure hiérarchique ;

3°) de mettre à la charge de cette commune la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision du 17 juin 2021 rejetant sa demande indemnitaire est insuffisamment motivée ;

- la commune de Lille ayant reconnu, par arrêté du 19 décembre 2020, l'accident du 13 août 2020 comme étant imputable au service, elle est fondée à engager de ce fait sa responsabilité sans faute ;

- elle est également fondée à engager la responsabilité de la commune de Lille à raison des faits de harcèlement moral qu'elle a subis de la part de sa supérieure hiérarchique ;

- elle est fondée à engager la responsabilité de la commune de Lille pour méconnaissance des dispositions de l'article L. 4121-1 du code du travail ;

- son préjudice moral peut être évalué à la somme de 4 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juillet 2022, la commune de Lille, représentée par Me Barré, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- la requérante n'établit pas l'existence de faits de harcèlement moral et, par suite, d'une faute de la commune ;

- la commune n'a pas davantage méconnu son obligation de veiller à la sécurité de ses agents ;

- la requérante ne justifie par aucune pièce de l'existence du préjudice qu'elle invoque, non plus que du quantum demandé.

La clôture d'instruction a été fixée au 24 avril 2023 par une ordonnance du 22 mars 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;

- le code du travail ;

- le code général de la fonction publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Piou,

- les conclusions de Mme Allart, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, titulaire du grade d'adjoint technique principal de 2ème classe, est affectée au sein du service restauration de la commune de Lille depuis 2004. Le 19 décembre 2020, elle a été placée en congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 14 août 2020, à la suite d'une altercation avec sa supérieure hiérarchique intervenue la veille. Par un courrier du 21 avril 2021, elle a sollicité de son employeur l'indemnisation du préjudice moral qu'elle estime avoir subi du fait des agissements de sa supérieure hiérarchique. Sa demande ayant été rejetée par une décision de la maire de Lille du 17 juin 2021, Mme B demande au tribunal d'annuler cette dernière décision et de condamner la commune de Lille à lui verser la somme de 4 000 euros en réparation de son préjudice moral.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 17 juin 2021 :

2. En matière de recours de plein contentieux, les vices propres dont serait, le cas échéant, entachée la décision qui a lié le contentieux sont sans incidence sur la solution du litige. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision contestée est inopérant et ne peut qu'être écarté.

3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision litigieuse doivent être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité de la commune de Lille :

4. Les dispositions des articles L. 27 et L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite et, pour les fonctionnaires affiliés à la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales, l'article L. 556-15 du code général de la fonction publique et le décret du 26 décembre 2003, déterminent forfaitairement la réparation à laquelle un fonctionnaire victime d'un accident de service ou atteint d'une maladie professionnelle peut prétendre, au titre de l'atteinte qu'il a subie dans son intégrité physique, dans le cadre de l'obligation qui incombe aux collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions. Ces dispositions ne font cependant pas obstacle à ce que le fonctionnaire qui a enduré, du fait de l'accident ou de la maladie, des souffrances physiques ou morales et des préjudices esthétiques ou d'agrément, obtienne de la collectivité qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice, distincts de l'atteinte à l'intégrité physique. Elles ne font pas non plus obstacle à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre la collectivité, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette collectivité ou à l'état d'un ouvrage public dont l'entretien incombait à celle-ci.

S'agissant de la responsabilité pour faute de la commune de Lille :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique : " Aucun agent public ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ".

6. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. En revanche, la nature même des agissements en cause exclut, lorsque l'existence d'un harcèlement moral est établie, qu'il puisse être tenu compte du comportement de l'agent qui en a été victime pour atténuer les conséquences dommageables qui en ont résulté pour lui. Le préjudice résultant de ces agissements pour l'agent victime doit alors être intégralement réparé.

7. La requérante n'apporte pas de précisions suffisantes quant aux critiques injustifiées dont elle soutient avoir fait l'objet de la part de sa supérieure hiérarchique s'agissant de ses horaires, quant à la surcharge de travail que lui aurait imposée cette dernière ou à ses conditions de travail qu'elle décrit comme " mauvaises ", non plus qu'aucun élément permettant d'établir l'existence même d'une altercation publique le 14 juillet 2018, contestée en défense, ou la surveillance constante dont elle ferait l'objet, sa supérieure hiérarchique étant au demeurant chargée de veiller au respect par ses agents de leurs horaires et à l'accomplissement de leurs tâches. Par ailleurs, si Mme B soutient que sa supérieure hiérarchique l'aurait accusée sans preuve de consommer de l'alcool sur son lieu de travail au cours du mois de juillet 2019, la commune de Lille évoque quant à elle une simple enquête administrative réalisée à la suite de la découverte dans une poubelle d'une bouteille de champagne vide, et cette enquête ne révèle par elle-même aucun fait de harcèlement. La requérante ne conteste en outre pas sérieusement l'existence d'une " zone propre " expliquant l'interdiction faite aux chauffeurs livreurs, pour des raisons d'hygiène et de sécurité, de déposer dans la réserve les produits alimentaires. La seule altercation intervenue le 13 août 2020 entre Mme B et sa supérieure hiérarchique ne peut suffire à elle seule à faire présumer l'existence de faits de harcèlement moral à l'égard de la requérante. Par suite, cette dernière n'est pas fondée à engager pour ce motif la responsabilité de la commune de Lille.

8. En second lieu, aux termes de l'article L. 4121-1 du code du travail : " L'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. / Ces mesures comprennent : / 1° Des actions de prévention des risques professionnels, y compris ceux mentionnés à l'article L. 4161-1 ; / () ".

9. La requérante se borne à soutenir que son employeur a commis une faute en ne prenant pas les mesures nécessaires aux fins de faire cesser les faits de harcèlement dont elle s'estime victime. Compte tenu des motifs retenus au point 7, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la commune de Lille a manqué à son obligation de veiller à la sécurité de ses agents.

S'agissant de la responsabilité sans faute de la commune de Lille :

10. Il résulte de l'instruction que, le 13 août 2020, Mme B et sa supérieure hiérarchique ont eu une altercation devant des usagers et que cette altercation a été reconnue comme étant un accident imputable au service, par un arrêté de la maire de Lille du 19 décembre 2020, justifiant le placement de l'intéressée en congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 14 août 2020. Par suite, l'intéressée est fondée à engager la responsabilité sans faute de la commune de Lille.

En ce qui concerne la réparation du préjudice :

11. Il résulte de l'instruction que Mme B a été placée en congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 14 août 2020 à la suite du " choc psychologique " subi à raison de l'altercation intervenue la veille et qu'elle a été déclarée apte à la reprise à l'issue de l'expertise médicale réalisée par un médecin agréé le 6 novembre 2020. L'intéressée ne produisant aucun autre élément de nature à justifier de l'intensité des répercussions psychiques de cet accident de service ou d'éventuelles séquelles, il sera fait une juste appréciation de son préjudice moral en l'évaluant à la somme de 300 euros.

12. Il résulte de tout ce qui précède que la commune de Lille est condamnée à verser à Mme B la somme de 300 euros.

Sur les frais liés au litige :

13. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de Mme B présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La commune de Lille est condamnée à verser à Mme B la somme de 300 euros.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Lille.

Délibéré après l'audience du 12 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Leguin, présidente,

M. Borget, premier conseiller,

Mme Piou, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 janvier 2024.

La rapporteure,

Signé

C. PIOU

La présidente,

Signé

A-M. LEGUINLa greffière,

Signé

S. SING

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions