vendredi 19 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2105959 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | GUEY-BALGAIRIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 juillet 2021 et le 27 mai 2022, M. et Mme A, représentés par Me Guey-Balgairies, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des pénalités pour manquement délibéré qui leurs ont été infligées ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la procédure d'imposition est irrégulière dès lors que l'avis de mise en recouvrement se réfère, s'agissant des éléments de calcul des pénalités en litige, à la réponse aux observations du contribuable alors que le montant de chacun des avis de mise en recouvrement de 58 834 euros est inférieur au montant de 63 061 euros figurant dans la réponse aux observations du contribuable n°3926 du 4 mars 2019 ;
- les pénalités en litige leur ont été infligées en méconnaissance de la loi ESSOC du 10 août 2018, visant à instaurer le droit à l'erreur, c'est-à-dire la possibilité de se tromper dans ses déclarations sans risquer une sanction dès le 1er manquement ;
- les pénalités en litige leur ont été infligées en méconnaissance de la présentation de la nouvelle relation de confiance entre entreprises et administration fiscale faite par le ministre des comptes publics en mars 2019 à l'occasion de l'ouverture par la direction générale des finances publiques d'un nouveau site internet, déclinaison du droit à l'erreur ;
- ils n'avaient pas l'intention d'éluder l'impôt dès lors que :
* la déduction des factures de la plus-value (factures d'acquisition des matériaux non acquis par l'entreprise procédant à leur pose) a été réalisée en conformité des arrêts des cours administratives d'appel en vigueur au jour du calcul de la plus-value,
* la circonstance que certaines factures aient été déduites à la fois au titre des revenus fonciers et au titre de la plus-value immobilière constitue une erreur minime compte tenu de la suppression du déficit foncier à compter de la déclaration des revenus 2016 et de l'existence de revenus fonciers déficitaires antérieurement,
* l'existence d'un devis au titre de l'opération globale, permettait de justifier de la réalité des travaux facturés et de l'immeuble concerné, ce qui a été établi dans le cadre de la procédure.
Par des mémoires en défense enregistrés les 9 février 2022, 29 août 2022 et 9 septembre 2022, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. et Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Barre,
- les conclusions de Mme Dang, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A ont acheté un ensemble immobilier situé à Tangry au prix de 201 500 euros pour le revendre, le 23 décembre 2015, au prix de 400 000 euros. Le 1er mars 2018, M. et Mme A ont reçu une mise en demeure de produire une déclaration de plus-value immobilière, à laquelle ils ont répondu le 30 mars 2018. Par une proposition de rectification du 18 juillet 2018, l'administration a informé M. et Mme A qu'il était envisagé de les assujettir à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2015, ainsi qu'aux prélèvements sociaux et pénalités afférents. M. et Mme A ont présenté des observations le 17 septembre 2018. L'administration a répondu aux observations des contribuables le 9 novembre 2018. M. et Mme A ont formé un recours hiérarchique le 13 décembre 2018 et présenté de nouvelles observations le 12 février 2019. Ces dernières observations ont fait l'objet d'une réponse de l'administration le 4 mars 2019. Le 16 septembre 2019, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2015, ainsi que les prélèvements sociaux et pénalités afférents, ont été mis en recouvrement. Par une réclamation du 22 novembre 2019, M. et Mme A ont contesté la pénalité pour manquement délibéré qui leur a été infligée. Cette réclamation a fait l'objet d'une décision explicite de refus le 25 mai 2021. M. et Mme A demandent au tribunal de prononcer la décharge de la pénalité pour manquement délibéré qui leur a été infligée.
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 256-1 du livre des procédures fiscales : " L'avis de mise en recouvrement prévu à l'article L. 256 indique pour chaque impôt ou taxe le montant global des droits, des pénalités et des intérêts de retard qui font l'objet de cet avis. () ".
3. Il ne résulte pas de ces dispositions, dans leur version applicable au litige, que l'administration ait l'obligation de faire figurer sur l'avis de mise en recouvrement les éléments de calcul des impositions mises à la charge des contribuables et des pénalités correspondantes, notamment en se référant à la motivation de la réponse aux observations du contribuable. Par suite, la circonstance que le montant figurant dans chacun des avis de mise en recouvrement, de 58 834 euros, soit inférieur au montant de 63 061 euros apparaissant dans la réponse aux observations du contribuable n°3926 du 4 mars 2019, est sans incidence sur la régularité de la procédure d'imposition.
4. En deuxième lieu, si les requérants soutiennent que la pénalité pour manquement délibéré en litige leur a été infligée en méconnaissance des principes évoqués dans le discours prononcé le 14 mars 2019 par le ministre de l'action et des comptes publics Gérald Darmanin, ainsi que dans la présentation générale de la nouvelle relation de confiance entre entreprises et administration y afférent renvoyant à un dossier de presse, un guide pratique et une circulaire du 8 mars 2021, il n'y est mentionné la possibilité d'échapper à une telle pénalité que lorsque l'erreur du contribuable est décelée, alternativement, dans le cadre d'un partenariat avec l'administration, d'une démarche spontanée de régularisation ou par un tiers certificateur, sans que M. et Mme A n'établissent ou même n'allèguent se trouver dans l'une de ces trois situations.
5. En dernier lieu, l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration prévoit que : " Une personne ayant méconnu pour la première fois une règle applicable à sa situation ou ayant commis une erreur matérielle lors du renseignement de sa situation ne peut faire l'objet, de la part de l'administration, d'une sanction, pécuniaire ou consistant en la privation de tout ou partie d'une prestation due, si elle a régularisé sa situation de sa propre initiative ou après avoir été invitée à le faire par l'administration dans le délai que celle-ci lui a indiqué () ".
6. Si M. et Mme A font valoir que la déduction des factures d'acquisition des matériaux nécessaires à la réalisation des travaux par des entreprises tierces a été réalisée conformément aux solutions jurisprudentielles retenues dans plusieurs arrêts de cours administratives d'appel au jour du calcul de la plus-value, il est constant que ces sommes ont été déduites à la fois au titre des revenus fonciers et au titre de la plus-value immobilière. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que le devis produit pour justifier la réalité et le montant des travaux qui auraient été réalisés par les entreprises Yann Elec et Jess Isol, pour un montant de 50 220 euros, n'était signé ni du représentant de l'entreprise Yann Elec, ni de M. ou Mme A, que ce devis ne mentionne pas la société Yann Elec et que les factures établies par l'auto entrepreneur Jess Isol ne sont pas en adéquation avec ce devis ni par le montant, ni par la nature des travaux réalisés. Dans ces conditions, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve, qui lui incombe, de l'intention délibérée qui a été celle de M. et Mme A d'éluder le paiement de l'impôt dû, sans que ces derniers, qui n'ont pas régularisé leur situation, ne puissent, en tout état de cause, utilement invoquer le droit à l'erreur reconnu par les dispositions de la loi du 10 août 2018 pour un Etat au service d'une société de confiance.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par M. et Mme A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A et au directeur régional des fiannces publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Paganel, président,
Mme Célino, première conseillère,
Mme Barre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2024.
La rapporteure,
Signé
C. BARRE
Le président,
Signé
M. PAGANEL La greffière,
Signé
A. BEGUE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026