vendredi 19 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2106059 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | DE FOUCHER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 juillet 2021 et 1er juillet 2022, M. A B, représenté par Me Foucher, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2013 à 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-61 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la régularité de la procédure d'imposition :
- la procédure suivie pour rehausser la SCI Mirland est elle-même irrégulière dès lors, d'une part, qu'elle a fait l'objet du contrôle prévu par l'article 172 bis du code général des impôts alors qu'un de ses associés est soumis à l'impôt sur les sociétés, d'autre part, que le contrôle dont la SCI Mirland a fait l'objet s'est déroulé du 14 avril au 30 juin 2016, alors que, s'agissant de l'année 2015, le délai de déclaration expirait le 3 mai 2016 ;
- la procédure d'imposition est irrégulière dès lors que la proposition de rectification qui lui a été notifiée mentionnait que la SCI Mirland avait fait l'objet d'une vérification de comptabilité alors qu'elle a fait l'objet d'un contrôle sur place de ses documents comptables ;
- l'administration a irrégulièrement fait usage de son droit de communication pour obtenir l'attestation de son ex-épouse fondant le chef de redressement ayant trait au nombre de parts de son foyer fiscal ;
- la motivation de la proposition de rectification qui lui a été notifiée est contestable dès lors qu'elle ne concorde pas avec celle de la proposition de rectification notifiée à la SC financière NC Invest ;
- la proposition de rectification qui lui a été notifiée est insuffisamment motivée s'agissant des prélèvements sociaux dès lors que la base d'imposition et le taux appliqué n'est pas mentionné.
S'agissant du bien-fondé des impositions :
- sa fille était rattachée à son foyer fiscal à la suite d'une décision du juge judiciaire ;
- les dispositions de l'article du 2 de l'article 109 du code général des impôts ne sont applicables qu'aux sociétés dotés de la personnalité fiscale ;
- la base de calcul des contributions sociales est nécessairement différente en matière de revenus distribués ;
- la majoration de 1,25 de l'article 158-7-2e du code général des impôts ne s'applique pas aux revenus réputés distribués conformément à la décision du Conseil Constitutionnel QPC n° 2016-610 du 10 février 2017.
S'agissant des pénalités :
-l'administration ne pouvait retenir le motif tiré de l'imprécision des réponses du requérant lors du contrôle sur place, comportement postérieur aux déclarations litigieuses ;
-le choix de ne pas louer des immeubles entiers ou en partie avait pour justification la modicité des loyers attendus au regard de l'importance des travaux à réaliser ;
-s'il a pu être établi que le requérant avait commis des erreurs en faisant supporter à la SCI des dépenses qui pouvaient avoir un caractère personnel, il n'est pas établi qu'il a agi dans l'intention délibérée d'éluder l'impôt.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 janvier 2022, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut à ce qu'il n'y ait plus lieu à statuer sur les conclusions présentées par M. B à fin de décharge à concurrence des montants dont il a été décidé le dégrèvement en cours d'instance et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Barre,
- les conclusions de Mme Dang, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B est associé et gérant de la société civile immobilière (SCI) Mirland. Il en détient une part, les 99 restantes étant détenues par la société civile (SC) Financière NC Invest dont M. B est usufruitier à 100 %. La SCI Mirland a fait l'objet d'une procédure de contrôle sur place portant sur la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2015. Par une proposition de rectification du 29 juillet 2016, l'administration a informé cette société que des rehaussements de ses revenus fonciers étaient envisagés au titre des années 2013 à 2015. Par une proposition de rectification du même jour, la SC Financière NC Invest a été informée que des rehaussements de ses revenus étaient envisagés, correspondant à la réintégration, selon la règle des revenus professionnels, des montants afférents aux redressements notifiés à la SCI Mirland, réduisant ainsi le déficit de cette première société de 64 042 euros à 974 euros pour l'exercice 2013, de 60 107 euros à 11 466 euros pour l'exercice 2014 et de 86 930 euros à 37 330 euros pour l'exercice 2015. M. B a fait l'objet d'une proposition de rectification du 25 août 2016 par laquelle le service lui a notifié des impositions supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre des années 2013 à 2015, conséquence de la remise en cause du quotient familial déclaré par le contribuable au titre des années 2013 à 2015, d'un rehaussement de ses revenus fonciers issus de sa quote-part dans la SCI Mirland et d'une remise en cause de la perte sur cession de plus-value mobilière déclarée, ainsi que du rehaussement de ses revenus de capitaux mobiliers (RCM) résultant des revenus distribués par SC Financière NC Invest sur la période contrôlée. M. B a présenté des observations le 24 octobre 2016. Il a acquiescé à certains redressements portant sur les RCM et sur la rectification de la pension alimentaire déclarée au titre de l'année 2015. Dans sa réponse aux observations du contribuable du 18 novembre 2016, le service a abandonné les rectifications portant sur la demi-part accordée à raison de la situation de parent isolé. Le quotient familial du requérant a ainsi été ramené à 2,5 parts en 2013 et 2 parts en 2014 et 2015. Par courrier du 15 décembre 2016, le contribuable a demandé la saisine de la Commission départementale des impôts direct et taxe sur le chiffre d'affaires. Par courrier du 8 décembre 2017 infirmant celui du 28 février 2017, le service l'a informé que la Commission n'avait pas compétence pour examiner les points restant en litige. Des cotisations supplémentaires d'impôt sur les revenus au titre des années 2013, 2014 et 2015, ainsi que les prélèvements sociaux afférents, ont été mis en recouvrement le 31 janvier 2018. Par réclamation contentieuse du 9 février 2018, M. B a contesté les impositions mises à sa charge. Cette réclamation a fait l'objet d'une décision d'acceptation partielle le 27 mai 2021. L'administration fiscale a abandonné les rectifications portant sur le quotient familial au titre des années 2013 et 2015. Elle a également considéré que le nombre de parts dont pouvait se prévaloir M. B au titre de l'année 2014 était de 2,5 au lieu des 2 parts initialement retenues pour procéder aux redressements contestés. En conséquence, elle a prononcé le dégrèvement partiel des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à la charge de M. B à concurrence d'un montant de 2 465 euros pour l'année 2013, 941 euros pour l'année 2014 et 775 euros pour l'année 2015. M. B demande au tribunal de le décharger des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu restant à sa charge au titre des années 2013 à 2015.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision du 24 janvier 2022, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord a partiellement dégrevé M. B des impositions contestées, à concurrence de 785 euros en droits et 564 euros en pénalités s'agissant de l'impôt sur le revenu au titre de l'année 2013, ainsi que de 975 euros en droits et 491 euros en pénalités s'agissant des prélèvements sociaux afférents à l'année 2013, de 875 euros en pénalités s'agissant de l'impôt sur le revenu au titre de l'année 2014, ainsi que de 764 euros en droits et 349 euros en pénalités s'agissant des prélèvements sociaux afférents à l'année 2014, de 949 euros en pénalités s'agissant de l'impôt sur le revenu au titre de l'année 2015, ainsi que de 970 euros en droits et 393 euros en pénalités s'agissant des prélèvements sociaux afférents à l'année 2015. Par suite, il n'y a plus de statuer sur les conclusions à fin de décharge à concurrence des montants précités.
Sur le surplus des conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :
3. En premier lieu, il ressort des dispositions de l'article 172 bis du code général des impôts, ainsi que des dispositions prises pour leur application des articles 46 B à D de l'annexe III au dit code, qu'afin d'examiner les documents comptables et autres pièces justificatives que ces dernières dispositions imposent de tenir aux sociétés civiles qui donnent leurs immeubles en location ou en confèrent la jouissance à leurs associés, l'administration peut légalement procéder à un contrôle sur place de ces documents, dans le respect des garanties bénéficiant à l'ensemble des contribuables vérifiés, même lorsqu'un ou plusieurs de ces associés est une société soumise à l'impôt sur les sociétés. Si la proposition de rectification du 25 août 2016 notifiée à M. B mentionne que la SCI Mirland a fait l'objet d'une vérification de comptabilité, au lieu d'un contrôle sur place des documents comptables, le requérant n'a pu être privé, du fait de cette mention erronée, d'aucune des garanties attachées à la procédure de contrôle sur place des documents qui est moins protectrice des droits du contribuable qu'une vérification de comptabilité. Il n'est donc pas fondé à soutenir que les redressements ont été établis sur la base d'une procédure irrégulière.
4. En deuxième lieu, M. B soutient que le contrôle dont la SCI Mirland a fait l'objet s'est déroulé du 14 avril au 30 juin 2016, alors que, s'agissant de l'année 2015, le délai de déclaration expirait le 3 mai 2016. Toutefois, il résulte de l'instruction qu'un avis de contrôle spécifique, concernant l'année 2015, a été adressé le 24 mai 2016. Cet avis mentionnait un premier entretien le 9 juin 2016 et l'administration soutient, sans être contredite, que c'est seulement au cours duquel la SCI a remis copie du fichier de ses écritures comptables concernant l'année 2015. Par ailleurs, il résulte également de l'instruction que la SCI Mirland, qui a souhaité être représentée par son expert-comptable lors du contrôle, a établi deux mandats distincts, l'un, le 12 avril 2016, concernant les années 2013 et 2014, l'autre, concernant l'année 2015, le 2 juin 2016. Dans ces conditions, M. B, qui n'apporte aucun élément au soutien de ses allégations, n'est pas fondé à soutenir que, s'agissant de l'année 2015, le contrôle dont la SCI Mirland a fait l'objet aurait commencé avant l'expiration du délai de déclaration.
5. En troisième lieu, M. B ne peut utilement soutenir, pour contester la motivation de la proposition de rectification qui lui a été notifiée, qu'elle ne concorde pas avec celle de la proposition de rectification notifiée à la SC financière NC Invest dès lors qu'il s'agit d'une procédure distincte.
6. En quatrième lieu, les indications figurant dans la notification de redressement du 25 août 2016, relatives aux prélèvements sociaux afférents aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu dus au titre des années d'imposition en litige, pouvaient se limiter à la mention de leur montant sans reprendre les éléments de base déjà indiqués pour l'impôt sur le revenu, et étaient ainsi suffisantes au regard des prescriptions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales.
7. En cinquième lieu, contrairement à ce que soutient M. B, il ne résulte pas de l'instruction que l'administration, qui peut demander à toute personne, sans faire usage de son droit de communication permettant de sanctionner cette personne en cas de refus de transmission de la pièce demandée, une pièce nécessaire au traitement d'un dossier, ait indiqué à l'ex-épouse du requérant faire usage de son droit de communication pour obtenir l'attestation fournie par cette dernière. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :
8. En premier lieu, aux termes de l'article 6 du code général des impôts : " () 3. Toute personne majeure âgée de moins de vingt et un ans, ou de moins de vingt-cinq ans lorsqu'elle poursuit ses études, ou, quel que soit son âge, lorsqu'elle effectue son service militaire ou est atteinte d'une infirmité, peut opter, dans le délai de déclaration et sous réserve des dispositions du quatrième alinéa du 2° du II de l'article 156, entre : / () 2° Le rattachement au foyer fiscal dont elle faisait partie avant sa majorité, si le contribuable auquel elle se rattache accepte ce rattachement et inclut dans son revenu imposable les revenus perçus pendant l'année entière par cette personne ; le rattachement peut être demandé, au titre des années qui suivent celle au cours de laquelle elle atteint sa majorité, à l'un ou à l'autre des parents lorsque ceux-ci sont imposés séparément. () ".
9. L'administration indique, sans être contredite, que la fille du requérant, dénommée Claire, avait demandé, à sa majorité, son rattachement au foyer fiscal de sa mère à compter de l'année 2014, comme en atteste le courrier du 10 juin 2016 que cette dernière a adressé au service. Contrairement à ce que soutient M. B, ce rattachement pouvait être demandé en application des dispositions du 2° de l'article 6 du code général des impôts. Par suite, le moyen doit être écarté.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article 108 du code général des impôts : " Les dispositions des articles 109 à 117 fixent les règles suivant lesquelles sont déterminés les revenus distribués par : / 1° Les personnes morales passibles de l'impôt prévu au chapitre II du présent titre ; / 2° Les personnes morales et sociétés en participation qui se sont volontairement placées sous le même régime fiscal en exerçant l'option prévue au 3 de l'article 206. () /Les revenus distribués par les personnes morales exonérées de l'impôt prévu au chapitre II susvisé sont également déterminés conformément aux mêmes règles. " Aux termes de l'article 109 de ce code : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ; / 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices. () ". Aux termes de l'article 8 du code général des impôts : " Sous réserve des dispositions de l'article 6, les associés des sociétés en nom collectif et les commandités des sociétés en commandite simple sont, lorsque ces sociétés n'ont pas opté pour le régime fiscal des sociétés de capitaux, personnellement soumis à l'impôt sur le revenu pour la part de bénéfices sociaux correspondant à leurs droits dans la société. En cas de démembrement de la propriété de tout ou partie des parts sociales, l'usufruitier est soumis à l'impôt sur le revenu pour la quote-part correspondant aux droits dans les bénéfices que lui confère sa qualité d'usufruitier. Le nu-propriétaire n'est pas soumis à l'impôt sur le revenu à raison du résultat imposé au nom de l'usufruitier. / Il en est de même, sous les mêmes conditions : / 1° Des membres des sociétés civiles qui ne revêtent pas, en droit ou en fait, l'une des formes de sociétés visées au 1 de l'article 206 et qui, sous réserve des exceptions prévues à l'article 239 ter, ne se livrent pas à une exploitation ou à des opérations visées aux articles 34 et 35 ; () ".
11. Contrairement ce que soutient le requérant, il résulte de l'instruction, d'une part, que le service a imposé M. B à raison des sommes réintégrées dans les bénéficies de la SCI Mirland sur le fondement des dispositions de l'article 8 du code général des impôts qui prévoient que les associés d'une SCI sont personnellement soumis à l'impôt sur le revenu à raison des bénéfices de cette société, à concurrence des parts qu'ils détiennent. D'autre part, s'agissant des revenus réintégrés dans le résultat de la SC Financière NC Invest, si le service a, en conséquence de ces rehaussements, mis à la charge de M. B des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu sur le fondement des dispositions du 2 de l'article 109 du code général des impôts, il est constant que la SC Financière NC Invest avait fait le choix d'être imposée à l'impôt sur les sociétés. Par suite, le moyen doit être écarté.
12. En troisième lieu, le requérant soutient que le montant des prélèvements sociaux mis à sa charge ne pouvait être établi sur une base majorée du coefficient de 1,25 prévu par les dispositions du 2° de l'article 158-7 du code général des impôts, ainsi qu'il résulte de la décision du Conseil constitutionnel n° 2016-610 du 10 février 2017. Toutefois, il résulte de l'instruction que les montants correspondant à l'application de ce coefficient de 1,25 ont fait l'objet d'un dégrèvement en cours d'instance, par décision du 24 janvier 2022. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne les pénalités :
13. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt () entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré ; / () ". Aux termes de l'article L. 195 A du livre des procédures fiscales : " En cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable au titre des impôts directs (), la preuve de la mauvaise foi () incombe à l'administration ".
14. Pour justifier l'application de la majoration prévue par les dispositions précitées de l'article 1729 du code général des impôts, l'administration relève que M. B a déduit du résultat de la SCI Mirland de nombreuses dépenses personnelles alors que les immeubles auxquels ces dépenses se rapportaient ne généraient aucun revenu. Il s'agit notamment de la déduction de dépenses relatives à l'immeuble situé rue Constantine à Lille et occupé par la fille du gérant, de dépenses de matériaux ou de mobiliers livrés à l'adresse personnelle du gérant, de frais de déplacement (frais kilométriques) excessifs, identiques et non justifiés sur les trois années contrôlées et de frais de restauration dont l'administration soutient, sans être contredite, qu'il s'agit d'" arrangements familiaux ". Si M. B soutient que le choix de ne pas louer des immeubles entiers ou en partie avait pour justification la modicité des loyers attendus au regard de l'importance des travaux à réaliser, il n'apporte aucune précision et ne fournit aucune pièce au soutien de ses allégations. Dans ces conditions, l'administration fiscale doit être regardée comme apportant la preuve, qui lui incombe, de l'intention délibérée de M. B de se soustraire à l'impôt. Le moyen doit être écarté.
15. Il résulte de ce qui précède que le surplus des conclusions à fin de décharge doit être rejeté.
Sur les frais liés au litige :
16. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de décharge, à concurrence des montants dégrevés en cours d'instance, mentionnés au point 2 des motifs du jugement.
Article 2 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Paganel, président,
Mme Célino, première conseillère,
Mme Barre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2024.
La rapporteure,
Signé
C. BARRE
Le président,
Signé
M. PAGANEL La greffière,
Signé
A. BEGUE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2604449
Le Tribunal administratif de Bordeaux, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A... B.... Ce dernier demandait, en pleine vague de chaleur et avant un rendez-vous médical, sa réintégration dans un hébergement d'urgence, invoquant une atteinte grave à ses libertés fondamentales (droit à l'hébergement, droit à la vie et à l'intégrité physique). Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie ou que la demande était manifestement mal fondée, au vu des nombreux hébergements déjà proposés au requérant. La décision s'appuie sur les articles L. 345-2 et suivants du code de l'action sociale et des familles, qui garantissent l'accès à l'hébergement d'urgence, mais dont la carence n'a pas été caractérisée en l'espèce.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Rennes — N° TA35-2504730
Le Tribunal Administratif de Rennes a pris acte, par ordonnance du 1er juin 2026, du désistement pur et simple de Mme A... de son instance et de l'ensemble de ses conclusions. La requérante demandait initialement la condamnation de la commune de Rennes à l'indemniser de préjudices liés à une maladie professionnelle. Le tribunal, statuant sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, a donné acte de ce désistement et a rejeté les conclusions de la commune présentées au titre de l'article L. 761-1 du même code.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2520806
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme B... A... comme manifestement irrecevable. La requérante contestait le refus de la commission d’accès aux documents administratifs de lui communiquer le dossier personnel de son arrière-grand-père. Saisi en plein contentieux, le tribunal a constaté que la requête n'était pas accompagnée de la décision attaquée et que Mme B... A..., résidant en Algérie, n'avait pas élu domicile sur le territoire national comme l'exige l'article R. 431-8 du code de justice administrative. Malgré une demande de régularisation restée sans effet, ces vices n'ont pas été corrigés, justifiant le rejet sur le fondement de l'article R. 222-1 du même code.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2609206
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A... qui demandait d’enjoindre au ministre de l’intérieur de lui délivrer un certificat d’immatriculation pour son véhicule. Le juge a estimé que la mesure sollicitée était manifestement irrecevable car elle aurait pour effet de faire obstacle à l’exécution de la décision administrative de refus d’immatriculation déjà prise. En conséquence, la requête a été rejetée sans instruction ni audience, en application de l’article L. 522-3 du même code.
01/06/2026