mardi 10 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2106096 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | FONTBRESSIN AVOCAT SELARL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 juillet 2021 au greffe du tribunal administratif d'Amiens sous le n°2102639, désormais enregistrée sous le n° 2106906, la SCI Duthoit Saint Dominique, représentée par Me Guévenou-Glorian, doit être considérée comme contestant l'ordonnance de taxation du 6 juillet 2021 du tribunal administratif d'Amiens qui fixe le montant des frais et honoraires de l'expert M. A B, de la société Ginger CEBTP et de la société Technik'eau, sapiteurs, liquidés et taxés à la somme totale de 14 904, 42 euros et qui met cette somme à sa charge.
Elle soutient qu'elle n'a jamais été alertée du montant des honoraires de l'expert au fur et à mesure des opérations pas plus qu'elle n'a été alertée sur les montants des travaux de recherches.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juin 2022, M. A B, représenté par Me de Fontbressin, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 25 septembre 2023, la société Technik'eau, représentée par Me Dewattine, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la SCI Duthoit Saint Dominique de la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle ne contient ni exposé des faits, ni moyen, ni fondement juridique ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée au tribunal administratif d'Amiens, qui n'a pas produit de mémoire.
La clôture de l'instruction a été fixée au 28 décembre 2023 à 12 h 00 par une ordonnance du 28 septembre 2023.
Vu :
- l'ordonnance n° 2000160 du 30 mars 2020 du tribunal administratif d'Amiens désignant M. A B comme expert ;
- l'ordonnance du 20 octobre 2020 du tribunal administratif d'Amiens désignant la société Ginger CEBTP en qualité d'expert ;
- l'ordonnance du 20 octobre 2020 du tribunal administratif d'Amiens désignant la société Technik'eau en qualité de sapiteur ;
- l'ordonnance n° 2002587-9 du 24 novembre 2020 du tribunal administratif d'Amiens rendant communes et opposables les opérations de l'expertise prescrite par l'ordonnance du 30 mars 2020 à la société GRDF et à la société Engie ;
- l'ordonnance du 6 janvier 2021 du tribunal administratif d'Amiens désignant la société Technik'eau comme sapiteur ;
- l'ordonnance de taxation n°2000160 et 2002587-9 du 6 juillet 2021 du tribunal administratif d'Amiens.
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monteil,
- et les conclusions de M. Even, rapporteur public
Considérant ce qui suit :
1. Par une ordonnance n° 2000160 du 30 mars 2020, le juge des référés du tribunal administratif d'Amiens a désigné M. A B en qualité d'expert en vue de déterminer la nature et la cause des désordres affectant l'immeuble à usage d'habitation sis 11 rue Emile Zola à Amiens et les moyens d'y remédier. Par deux ordonnances du 20 octobre 2020, la présidente du tribunal administratif d'Amiens a, sur la demande de M. B, désigné la société Ginger CEBTP et la société Technik'eau respectivement en qualité d'expert et sapiteur pour l'éclairer dans les opérations relatives au diagnostic géotechnique et aux recherches de fuite. Par une ordonnance n° 2002587-9 du 24 novembre 2020, le juge des référés du tribunal administratif d'Amiens a rendu communes et opposables les opérations de l'expertise prescrite par l'ordonnance du 30 mars 2020 à la société GRDF et à la société Engie. Enfin, par une ordonnance du 6 janvier 2021, le président par intérim du tribunal administratif d'Amiens a, sur la demande de M. B, désigné la société Tecknik'eau en qualité de sapiteur pour procéder à des investigations complémentaires et l'éclairer plus spécifiquement sur le volet " recherche de fuite d'eau sur le réseau d'eaux usées ". Le rapport d'expertise a été déposé au tribunal administratif d'Amiens le 4 mai 2021. Par une ordonnance de taxation en date du 6 juillet 2021, que la requérante conteste dans le présent recours, la présidente du tribunal administratif d'Amiens a liquidé et taxé les frais et honoraires des experts, à hauteur de 8 617, 08 euros au profit de M. B, de 3 720 euros au profit de la société Ginger CEBTP et de 2 567, 34 euros au profit de la société Technik'eau, et a mis l'ensemble de ces frais et honoraires à la charge de la SCI Duthoit Saint Dominique.
Sur les conclusions contestant l'ordonnance de taxation :
2. Aux termes de l'article R.621-11 du code de justice administrative : " () /Le président de la juridiction, après consultation du président de la formation de jugement, () fixe par ordonnance, conformément aux dispositions de l'article R. 761-4, les honoraires en tenant compte des difficultés des opérations, de l'importance, de l'utilité et de la nature du travail fourni par l'expert ou le sapiteur et des diligences mises en œuvre pour respecter le délai mentionné à l'article R. 621-2. Il arrête sur justificatifs le montant des frais et débours qui seront remboursés à l'expert. / () ". Aux termes de l'article R. 761-4 de ce code : " La liquidation des dépens, y compris celle des frais et honoraires d'expertise définis à l'article R. 621-11, est faite par ordonnance du président de la juridiction, après consultation du président de la formation de jugement ou, en cas de référé ou de constat, du magistrat délégué. / () ". Enfin, en vertu de l'article R. 761-5 du même code : " Les parties, l'Etat lorsque les frais d'expertise sont avancés au titre de l'aide juridictionnelle ainsi que, le cas échéant, l'expert, peuvent contester l'ordonnance mentionnée à l'article R. 761-4. / Les ordonnances des présidents des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel sont contestées devant un tribunal administratif désigné en vertu d'un tableau d'attribution arrêté par le président de la section du contentieux. Les ordonnances du président de la section du contentieux sont contestées devant le Conseil d'Etat. / () "
3. En premier lieu, un recours tendant à la contestation de l'ordonnance de taxation susceptible d'être introduit en application des dispositions précitées de l'article R. 761-5 du code de justice administrative est un recours de plein contentieux par lequel le juge détermine les droits à rémunération de l'expert ainsi que les parties devant supporter la charge de cette rémunération. Il en résulte que la requérante ne peut utilement invoquer, pour contester le montant des frais et honoraires de l'expertise arrêtés par l'ordonnance attaquée, une irrégularité procédurale qui l'affecterait tenant notamment à ce que les parties auraient dû être mises en mesure de présenter leurs observations avant son édiction. Au surplus, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose de recueillir les observations des parties préalablement à l'établissement de l'ordonnance de taxation. Par suite, le moyen tiré du non-respect du contradictoire ne peut qu'être écarté comme étant inopérant.
4. En second lieu, si la société requérante conteste le montant des frais et honoraires de l'expertise, elle n'assortit son propos d'aucune précision suffisante permettant au juge d'en apprécier la portée alors qu'il ne résulte pas de l'instruction que la somme allouée à l'expert et aux sapiteurs serait excessive.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions de la SCI Duthoit Saint Dominique tendant à la réformation de l'ordonnance de taxation doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SCI Duthoit Saint Dominique une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par la société Technik'eau et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI Duthoit Saint Dominique est rejetée.
Article 2 : La SCI Duthoit Saint Dominique versera à la société Technik'eau la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Duthoit Saint Dominique, à M. A B, à la société Technik'eau, au tribunal administratif d'Amiens et au ministre de la justice, garde des Sceaux.
Délibéré après l'audience du 2 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
M. Fabre, président,
Mme Monteil, première conseillère,
M. Lemée, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 septembre 2024.
La rapporteure,
Signé
A.-L. MONTEIL
Le président,
Signé
X. FABRE
La greffière,
Signé
M. C
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026