LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2106108

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2106108

vendredi 17 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2106108
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantMATON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 29 juillet 2021 et 15 juillet 2022, la société Hôpital privé de Villeneuve d'Ascq demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de prononcer la décharge partielle des cotisations primitives de cotisation foncière des entreprises et de taxes annexes auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2015 à 2020 à raison de son établissement situé 20 rue de la Reconnaissance à Villeneuve d'Ascq ;

2°) de lui accorder une remise gracieuse sur le fondement de l'article R. 211-1 du livre des procédures fiscales ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable en application de l'alinéa 2 de l'article R. 199-1 du livre des procédures fiscales dès lors que l'administration fiscale n'a pas répondu à la réclamation préalable dans le délai de six mois ;

- sa réclamation présentée au titre des années 2015 à 2018 n'est pas tardive dès lors que le délai prévu par le a) de l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales ne lui est pas opposable faute de mention, dans les avis d'imposition, du caractère obligatoire de la réclamation ni du délai dans lequel elle devait être présentée conformément aux articles R. 421-5 du code de justice administrative et L. 412-3 du code des relations entre le public et l'administration ;

- sa réclamation présentée au titre des années 2015 à 2018 n'est pas tardive dès lors que le point de départ du délai prévu par l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales a commencé à courir à compter du 3 juillet 2020, date à laquelle l'administration fiscale a prononcé le dégrèvement d'office d'une partie du montant des taxes foncières mises en recouvrement pour les années 2013 et 2014 dans le cadre d'un autre litige ;

- concernant la cotisation foncière des entreprises et taxes additionnelles au titre de l'année 2019, elle a formé une réclamation à titre provisoire et conservatoire le 31 décembre 2020, laquelle a interrompu le délai de réclamation prévu à l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales ;

- sauf à créer une rupture d'égalité devant l'impôt, la décision de dégrèvement d'office prise par l'administration fiscale dans le cadre d'un autre litige doit lui permettre de bénéficier des dispositions de l'article R. 211-1 du livre des procédures fiscales ;

- le local-type n° 58 du procès-verbal de la ville de Lille ne peut être retenu comme terme de comparaison au titre de l'évaluation de la valeur locative de l'ensemble immobilier qu'elle exploite ; elle propose de recourir au local-type n° 54 du procès-verbal de la ville de Lille ;

- elle entend se prévaloir des dispositions de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales dès lors que l'administration fiscale a substitué le local-type n° 54 du procès-verbal de la ville de Lille au local-type n°58 dans le cadre d'un autre litige ;

- la surface pondérée totale doit être ramenée à 11 935 m².

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 février 2022, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au prononcé d'un non-lieu à statuer à concurrence des dégrèvements prononcés en cours d'instance et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il soutient que :

- les conclusions relatives aux années 2015 à 2018 sont irrecevables, la réclamation ayant été introduite tardivement ;

- conformément à la demande de la société requérante, le local type n° 54 du procès-verbal des " maisons exceptionnelles " de la commune de Lille doit être utilisé pour déterminer les impositions litigieuses, conduisant ainsi à un dégrèvement de 136 922 euros pour l'année 2019 et 125 221 euros pour l'année 2020.

- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 18 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 15 septembre 2022.

Les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité pour tardiveté de la réclamation préalable déposée au-delà d'un délai raisonnable s'agissant des cotisations primitives de cotisation foncière des entreprises auxquelles la société requérante a été assujettie au titre des années 2015 à 2017.

Une réponse au moyen d'ordre public, enregistrée le 28 février 2024, a été présentée pour la société Hôpital privé de Villeneuve d'Ascq.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Célino,

- les conclusions de Mme Dang, rapporteure publique,

- et les observations de Me Laporte, avocat substituant Me Maton, représentant la société Hôpital privé de Villeneuve d'Ascq.

Considérant ce qui suit :

1. La société anonyme (SA) Hôpital privé de Villeneuve d'Ascq a été assujettie à la cotisation foncière des entreprises au titre des années 2015 à 2020 à raison de locaux qu'elle exploite situés 20 rue de la Reconnaissance à Villeneuve d'Ascq. Par une réclamation du 31 décembre 2020 adressée " à titre provisoire et conservatoire " puis par une réclamation du 25 janvier 2021, elle a contesté le bien-fondé du montant de ces impositions. La société Hôpital privé de Villeneuve d'Ascq, qui a saisi le tribunal à l'expiration du délai de six mois prévu par l'article R. 199-1 du livre des procédures fiscales, demande la décharge partielle desdites impositions.

Sur l'étendue du litige :

2. Par une décision du 11 février 2022, postérieure à l'enregistrement de la requête, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord a prononcé le dégrèvement des cotisations primitives de cotisations foncières des entreprises auxquelles la société Hôpital privé de Villeneuve d'Ascq a été assujettie, à hauteur de 136 922 euros au titre de l'année 2019 et à hauteur de 125 221 euros au titre de l'année 2020. Par suite, les conclusions aux fins de décharge partielle présentées par la société requérante sont, dans cette mesure, devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer à concurrence des montants précités.

Sur la recevabilité des conclusions à fin de décharge partielle des cotisations de cotisations foncières des entreprises au titre des années 2015 à 2018 :

3. En premier lieu, aux termes l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Aux termes de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial, selon le cas, de la direction générale des finances publiques ou de la direction générale des douanes et droits indirects dont dépend le lieu de l'imposition ". Selon l'article R. 197-3 du même livre : " Toute réclamation doit à peine d'irrecevabilité : / a) Mentionner l'imposition contestée ; / b) Contenir l'exposé sommaire des moyens et les conclusions de la partie ; / c) Porter la signature manuscrite de son auteur ; à défaut l'administration invite par lettre recommandée avec accusé de réception le contribuable à signer la réclamation dans un délai de trente jours ; / d) Être accompagnée soit de l'avis d'imposition, d'une copie de cet avis ou d'un extrait du rôle, soit de l'avis de mise en recouvrement ou d'une copie de cet avis, soit, dans le cas où l'impôt n'a pas donné lieu à l'établissement d'un rôle ou d'un avis de mise en recouvrement, d'une pièce justifiant le montant de la retenue ou du versement. / () ". Aux termes de l'article R. 200-2 dudit livre : " () / Les vices de forme prévus aux a, b et de l'article R. 197-3 peuvent, lorsqu'ils ont motivé le rejet d'une réclamation par l'administration, être utilement couverts dans la demande adressée au tribunal administratif. / () ". Et selon l'article R. 196-2 du même livre : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts directs locaux et aux taxes annexes doivent être présentées à l'administration des impôts au plus tard le 31 décembre de l'année suivant celle, selon le cas : / a) De la mise en recouvrement du rôle ou de la notification d'un avis de mise en recouvrement ; / b) De la réalisation de l'événement qui motive la réclamation ; ne constitue pas un tel événement une décision juridictionnelle ou un avis mentionné aux troisième et cinquième alinéas de l'article L. 190 () ".

4. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que l'avis d'imposition ou l'avis de mise en recouvrement par lequel l'administration porte les impositions à la connaissance du contribuable doit mentionner l'existence et le caractère obligatoire, à peine d'irrecevabilité d'un éventuel recours juridictionnel, de la réclamation prévue à l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales, ainsi que les délais de forclusion dans lesquels le contribuable doit présenter cette réclamation et, d'autre part, que le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours ou l'absence de preuve qu'une telle information a été fournie est de nature à faire obstacle à ce que le délai prévu par l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales lui soit opposable.

5. Toutefois le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. Dans le cas où le recours juridictionnel doit obligatoirement être précédé d'un recours administratif, celui-ci doit être exercé, comme doit l'être le recours juridictionnel, dans un délai raisonnable. Le recours administratif préalable doit être présenté dans le délai prévu par l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales, prolongé, sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le contribuable, d'un an. Dans cette hypothèse, le délai de réclamation court à compter de l'année au cours de laquelle il est établi que le contribuable a eu connaissance de l'existence de l'imposition.

6. En l'espèce, l'administration fiscale soutient que la réclamation adressée par la société requérante est tardive s'agissant des cotisations dues au titre des années 2015 à 2018.

7. Il résulte de l'instruction que les avis d'imposition en litige relatifs aux cotisations de cotisations foncières des entreprises auxquelles la société requérante a été assujettie au titre des années 2015 à 2018 ont été mises en recouvrement les 31 octobre 2015, 31 octobre 2016, 31 octobre 2017 et 31 octobre 2018. Si l'administration fiscale allègue que le délai de réclamation est indiqué dans la notice jointe aux avis d'impositions, il ne résulte pas de l'instruction que les avis concernés aient comporté la mention du caractère obligatoire de la réclamation préalable prévue à l'article L. 190-1 du livre des procédures fiscales ainsi que du délai de présentation de celle-ci. Par suite, en application de ce qui a été dit précédemment, le délai de réclamation prévu à l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales, prolongé d'un an, n'a commencé à courir qu'à compter de la date à laquelle il est établi que la requérante a eu connaissance des impositions litigieuses. La société Hôpital privé de Villeneuve d'Ascq ayant contesté les impositions litigieuses par la réclamation formée le 31 décembre 2020, elle doit donc être regardée comme en ayant eu connaissance au plus tard à cette date. Par suite, la fin de non-recevoir doit être écartée.

8. Si la société requérante fait valoir que l'administration, par décision du 3 juillet 2020, a prononcé le dégrèvement partiel des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties dans le cadre d'un autre litige, cette décision qui porte sur un autre impôt et qui concerne un autre contribuable, n'a eu une incidence directe ni sur le principe même des impositions en litige, ni sur leur régime, ni sur leur mode de calcul. Cette décision ne constitue pas, dès lors, un événement de nature à rouvrir le délai de réclamation, au sens des dispositions précitées du b) de l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales.

Sur le surplus des conclusions aux fins de décharge partielle :

En ce qui concerne l'application de la loi fiscale :

9. En premier lieu, aux termes de l'article 1467 du code général des impôts dans sa version applicable au litige : " La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France (), dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle pendant la période de référence définie aux articles 1467 A et 1478 () ". D'autre part, aux termes de l'article 1388 du code général des impôts : " La taxe foncière sur les propriétés bâties est établie d'après la valeur locative cadastrale de ces propriétés déterminée conformément aux principes définis en particulier par les articles 1494 à 1508 () ".

10. En vertu de l'article 1498 du code général des impôts, dans sa version applicable aux années d'imposition 2015 et 2016, la valeur locative des locaux commerciaux est déterminée " au moyen de l'une des méthodes indiquées ci-après : / 1° Pour les biens donnés en location à des conditions de prix normales, la valeur locative est celle qui ressort de cette location ; / 2° a. Pour les biens loués à des conditions de prix anormales ou occupés par leur propriétaire, occupés par un tiers à un autre titre que la location, vacants ou concédés à titre gratuit, la valeur locative est déterminée par comparaison. / Les termes de comparaison sont choisis dans la commune. Ils peuvent être choisis hors de la commune pour procéder à l'évaluation des immeubles d'un caractère particulier ou exceptionnel ; / b. La valeur locative des termes de comparaison est arrêtée : / Soit en partant du bail en cours à la date de référence de la révision lorsque l'immeuble type était loué normalement à cette date, / Soit, dans le cas contraire, par comparaison avec des immeubles similaires situés dans la commune ou dans une localité présentant, du point de vue économique, une situation analogue à celle de la commune en cause et qui faisaient l'objet à cette date de locations consenties à des conditions de prix normales ; / () ".

11. L'administration a la faculté, à tout moment au cours de la procédure contentieuse, de justifier l'évaluation de la valeur locative d'un bien passible de la taxe foncière sur les propriétés bâties par référence à un terme de comparaison autre que celui, inapproprié, auquel elle s'est initialement référée pour autant que son évaluation soit établie dans le respect de l'ordre des critères défini à l'article 1498 du code général des impôts.

12. Il résulte de l'instruction que, pour la mise en œuvre des dispositifs de planchonnement et de lissage concernant les locaux situés 20 rue de la Reconnaissance à Villeneuve d'Ascq, à raison desquels la société Hôpital privé de Villeneuve d'Ascq a été assujettie aux cotisations litigieuses de cotisations foncières des entreprises et de taxes annexes au titre des années 2019 et 2020, l'administration fiscale a renoncé à utiliser comme terme de comparaison le local-type n° 1 du procès-verbal " maisons exceptionnelles " de la commune de Villeneuve d'Ascq, pour retenir le local-type n° 54 du procès-verbal des " maisons exceptionnelles " de la commune de Lille, dont la valeur locative unitaire est de 5,56 euros/m², terme de comparaison sollicité par la société requérante. Elle en a tiré les conséquences en accordant le dégrèvement rappelé au point 2. Dans ces conditions, il y a lieu de retenir le local-type n° 54 du procès-verbal des " maisons exceptionnelles " de la commune de Lille pour l'évaluation de la valeur locative des années d'imposition 2015 et 2016.

13. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1498 du code général des impôts, dans sa rédaction issue de la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 : " I. - La valeur locative de chaque propriété bâtie ou fraction de propriété bâtie, autres que les locaux mentionnés au I de l'article 1496, que les établissements industriels mentionnés à l'article 1499 et que les locaux dont la valeur locative est déterminée dans les conditions particulières prévues à l'article 1501, est déterminée selon les modalités prévues aux II ou III du présent article. / Les propriétés mentionnées au premier alinéa sont classées dans des sous-groupes, définis en fonction de leur nature et de leur destination. À l'intérieur d'un sous-groupe, elles sont classées par catégories, en fonction de leur utilisation, de leurs caractéristiques physiques, de leur situation et de leur consistance. Les sous-groupes et catégories de locaux sont déterminés par décret en Conseil d'État. / II. - A. - La valeur locative de chaque propriété bâtie ou fraction de propriété bâtie mentionnée au I est déterminée en fonction de l'état du marché locatif à la date de référence du 1er janvier 2013, sous réserve de la mise à jour prévue au III de l'article 1518 ter. / Elle est obtenue par application d'un tarif par mètre carré déterminé conformément au 2 du B du présent II à la surface pondérée du local définie au C du présent II. / B. - 1. Il est constitué, dans chaque département, un ou plusieurs secteurs d'évaluation qui regroupent les communes ou sections cadastrales de communes qui, dans le département, présentent un marché locatif homogène. / () / 2. Les tarifs par mètre carré sont déterminés sur la base des loyers moyens constatés dans chaque secteur d'évaluation par catégorie de propriétés. / A défaut, lorsque les loyers sont en nombre insuffisant ou ne peuvent être retenus, ces tarifs sont déterminés par comparaison avec les tarifs fixés pour les autres catégories de locaux du même sous-groupe du même secteur d'évaluation. / A défaut d'éléments suffisants ou pouvant être retenus au sein du même secteur d'évaluation, ces tarifs sont déterminés par comparaison avec ceux qui sont appliqués pour des propriétés de la même catégorie ou, à défaut, du même sous-groupe dans des secteurs d'évaluation présentant des niveaux de loyers similaires, dans le département ou dans un autre département. / Les tarifs par mètre carré peuvent être majorés de 1,1,1,15,1,2 ou 1,3 ou minorés de 0,7,0,8,0,85 ou 0,9, par application d'un coefficient de localisation destiné à tenir compte de la situation particulière de la parcelle d'assise de la propriété au sein du secteur d'évaluation. / C. - La surface pondérée d'un local est obtenue à partir de la superficie de ses différentes parties, réduite, le cas échéant, au moyen de coefficients fixés par décret, pour tenir compte de leur utilisation et de leurs caractéristiques physiques respectives () ".

14. Compte tenu de ce qui a été indiqué au point 12 du présent jugement, il y a lieu de retenir le local-type n° 54 du procès-verbal des " maisons exceptionnelles " de la commune de Lille pour la mise en œuvre des dispositifs de planchonnement et de lissage au titre des années d'imposition 2017 et 2018.

15. En dernier lieu, l'administration, pour établir une surface pondérée de 20 604 m², a affecté les salles relatives aux opérations spéciales, les bureaux, les chambres, les espaces d'accueil, hall et attente, les locaux sociaux, les locaux techniques et les zones d'archives situés au sous-sol, dans le bâtiment technique, aux rez-de-chaussée, premier, deuxième et troisième étages, les salles de réunion, de restauration et d'ateliers situées aux rez-de-chaussée, premier et deuxième étages d'un coefficient de pondération de 1. Les espaces de circulation, les sanitaires, les espaces de rangement situés au sous-sol, dans le bâtiment technique, aux rez-de-chaussée, premier, deuxième et troisième étages, les zones techniques situées aux rez-de-chaussée et premier étage ont quant à eux été affectés d'un coefficient de pondération de 0,6. Enfin, la surface de parking a été affectée d'un coefficient de pondération de 0,2. La société requérante se borne à mentionner une surface pondérée de 11.935 m². Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que le choix des coefficients de pondération opéré par l'administration ne serait pas de nature à traduire la valeur d'utilisation des différentes parties du bâtiment. Par suite, la surface pondérée totale dudit bâtiment a donc été à bon droit fixée par le service à 20 604 m².

16. Il résulte de ce qui précède d'une part, qu'au titre des années 2015 et 2016, la société requérante est fondée à solliciter la réduction des cotisations de cotisation foncière des entreprises résultant de la détermination de la valeur locative par comparaison avec le local type n° 54 précité.

17. D'autre part, au titre des années 2017 et 2018, la société requérante est fondée à solliciter la réduction des cotisations de cotisation foncière des entreprises résultant de la prise en compte du local type précité pour la mise en œuvre des dispositifs de planchonnement et de lissage.

En ce qui concerne l'interprétation de la loi fiscale :

18. En premier lieu, l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales dispose que : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration. () ". Selon l'article L. 80 B de ce livre : " La garantie prévue au premier alinéa de l'article L. 80 A est applicable : / 1° Lorsque l'administration a formellement pris position sur l'appréciation d'une situation de fait au regard d'un texte fiscal ; elle se prononce dans un délai de trois mois lorsqu'elle est saisie d'une demande écrite, précise et complète par un redevable de bonne foi. () ".

19. Il résulte de ces dispositions que les contribuables ne peuvent invoquer cette garantie que dans les cas où l'administration procède à un rehaussement d'impositions.

20. La société requérante soutient qu'en opérant un dégrèvement d'office au profit d'une autre société dans le cadre d'un autre litige, l'administration fiscale a pris position sur la méthode d'évaluation à prendre en compte.

21. En tout état de cause, s'agissant en l'espèce d'impositions primitives, l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales ne peut être utilement opposé à l'administration.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article R. 211-1 du livre des procédures fiscales :

22. Aux termes de l'article R. 211-1 du livre des procédures fiscales : " La direction générale des finances publiques () peut prononcer d'office le dégrèvement ou la restitution d'impositions qui n'étaient pas dues, jusqu'au 31 décembre de la quatrième année suivant celle au cours de laquelle le délai de réclamation a pris fin, ou, en cas d'instance devant les tribunaux, celle au cours de laquelle la décision intervenue a été notifiée. / () ".

23. Il n'appartient pas au juge de faire application des dispositions précitées de l'article R. 211-1 du livre des procédures fiscales et d'accorder, sur ce fondement, le dégrèvement d'impositions mises à la charge d'un contribuable.

24. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'application de l'article R. 211-1 du livre des procédures fiscales ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

25. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement à la société Hôpital privé de Villeneuve d'Ascq d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer, à concurrence des montants dégrevés en cours d'instance, sur les conclusions aux fins de décharge partielle des cotisations de cotisation foncière des entreprises auxquelles la société Hôpital privé de Villeneuve d'Ascq a été assujettie au titre des années 2019 et 2020.

Article 2 : La société Hôpital privé de Villeneuve d'Ascq est déchargée partiellement des cotisations de cotisation foncière des entreprises auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2015 et 2016 conformément à ce qui résulte du point 12 des motifs du présent jugement.

Article 3 : La société Hôpital privé de Villeneuve d'Ascq est déchargée partiellement des cotisations de cotisation foncière des entreprises auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2017 et 2018 conformément à ce qui résulte du point 14 des motifs du présent jugement.

Article 4 : L'État versera à la société Hôpital privé de Villeneuve d'Ascq une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de la société Hôpital privé de Villeneuve d'Ascq est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la société anonyme Hôpital privé de Villeneuve d'Ascq et au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.

Délibéré après l'audience du 19 avril 2024, à laquelle siégeaient :

M. Paganel, président,

Mme Célino, première conseillère,

Mme Barre, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2024.

La rapporteure,

Signé

C. CELINO

Le président,

Signé

M. PAGANEL La greffière,

Signé

D. WISNIEWSKI

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2106108

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions