LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2106164

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2106164

jeudi 18 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2106164
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formationjuge unique (3)
Avocat requérantGOEMINNE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 2 et 10 août 2021, Mme A B, représentée par Me Goeminne, demande au tribunal :

1°) de lui accorder, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler la décision du 3 février 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord a rejeté sa demande de remise de dette relative à un indu de solidarité active (INK/005) de 11 795,61 euros pour la période de décembre 2017 à septembre 2020, de prime d'activité (IM3/002) de 2290,23 euros pour la période de décembre 2017 à novembre 2020, et de prime exceptionnelle de fin d'année (ING/001) pour l'année 2018 ;

3°) d'annuler la lettre d'avertissement du 2 avril 2021 par laquelle le président du conseil départemental du Nord a retenu le caractère frauduleux de l'indu de solidarité active et prononcé un avertissement à son encontre ;

4°) à titre subsidiaire, de lui accorder une remise totale de sa dette ;

5°) de mettre à la charge du département du Pas-de-Calais la somme de 1 000 euros, à verser à son avocate, sous réserve de sa renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- les décisions attaquées ont été prises par une autorité incompétente ;

- elles sont insuffisamment motivées ;

- les créances mises à sa charge sont prescrites dès lors qu'aucune intention frauduleuse ne peut être établie ;

- l'avertissement méconnaît les dispositions de l'article L.262-52 et est entaché d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation dès lors que n'est pas caractérisée sa volonté délibérée de masquer ses revenus ;

- elle a fait preuve de sa bonne foi est en situation de grande précarité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 février 2022, la caisse d'allocations familiales du Nord conclut à sa mise hors de cause en ce qui concerne l'indu de solidarité active et l'avertissement et au rejet de la requête en ce qui concerne l'indu de prime d'activité et de prime exceptionnelle de fin d'année.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 février 2024, le département du Nord conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- les conclusions dirigées contre le courrier du 2 avril 2021 sont irrecevables car il ne s'agit pas d'un acte décisoire et qu'au demeurant Mme B n'a pas formé de recours administratif préalable ;

- les moyens soulevées par la requérante ne sont pas fondés.

La demande d'aide juridictionnelle de Mme B a été rejetée par une décision du 25 octobre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le décret n° 2018-1150 du 14 décembre 2018 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Horn pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Horn, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique, à l'issue de laquelle l'instruction a été close, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. A la suite d'un contrôle de la situation de Mme B et du réexamen de ses droits qui s'en est suivi, la caisse d'allocations familiales du Nord a décidé de récupérer auprès de l'intéressée, le 4 décembre 2020, un indu de revenu de solidarité active (INK/005) d'un montant de 11 795,61 euros pour la période de décembre 2017 à septembre 2020, un indu de prime d'activité (IM3/002) d'un montant de 2 290,23 euros pour la période de décembre 2017 à novembre 2020 ainsi qu'un indu de prime exceptionnelle de fin d'année (ING/001) d'un montant de 60,98 euros pour l'année 2018. Le 3 février 2021, la caisse d'allocations familiales du Nord a rejeté sa demande de remise de dette visant ces trois indus. Le 2 avril 2021, le département du Nord a adressé à Mme B une " lettre d'avertissement ", qualifiant les indus de revenu de solidarité active de frauduleux et excluant la possibilité d'une remise de dette. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de ces décisions et la remise totale de sa dette.

Sur les demandes de mise hors de cause de la caisse d'allocations familiales du Nord :

2. La caisse d'allocations familiales du Nord, chargée du service de l'allocation du revenu de solidarité active pour le compte du département du Nord, est fondée à demander sa mise hors de cause en ce qui concerne l'indu de revenu de solidarité active et l'avertissement prononcé à l'encontre de Mme B.

Sur conclusions à fin d'obtention de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

3. Par une décision du 25 octobre 2021, postérieure à l'introduction de la requête, le bureau d'aide juridictionnelle a refusé à Mme B le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Les conclusions tendant à ce que lui soit accordé le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.

Sur la demande de remise de dettes :

4. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active ". Aux termes du neuvième alinéa du même article : " La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ". Et aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () / La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. "

5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.

6. Un allocataire du revenu de solidarité active ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu de cette allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé à l'allocation en cause ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. À cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.

7. Ainsi qu'il a été rappelé au point 5 du présent jugement, il n'appartient pas au juge administratif de se prononcer sur les vices propres d'une décision portant refus d'une demande de remise gracieuse d'indus de solidarité active, de prime d'active ou de prime exceptionnelle de fin d'année. Les moyens tirés de ce que la décision du 3 février 2021 est signée par une autorité incompétente et est insuffisamment motivée, doivent être écartés comme inopérant. De même, le moyen tiré de ce que les indus ayant fait l'objet de la demande de remise gracieuse sont prescrits est inopérant à l'appui de conclusions à fin d'annulation d'un refus de remise gracieuse.

8. En second lieu, il résulte de l'instruction que les indus litigieux ont pour origine une absence de déclaration par Mme B de la rente d'accident du travail perçue par son conjoint du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2019. La situation de l'intéressée a fait l'objet d'un contrôle par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales du Nord au mois de mars 2020. Il ressort des constatations du rapport d'enquête établi le 11 mars 2020, qui font foi jusqu'à preuve du contraire en application des dispositions de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale, que Mme B n'a pas déclaré la rente d'accident du travail perçue par son conjoint du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2019. Si la requérante se prévaut de ce qu'elle a déclaré la rente de son mari à compter du mois de février 2020, soutenant qu'elle n'a été informée de l'obligation de déclaration de cette rente qu'à compter de cette date, il résulte de l'instruction que, contactée le 5 novembre 2019 par un technicien de la CAF du Nord, elle a confirmé que son mari ne percevait aucun de revenu de remplacement. En outre, eu égard notamment à la nature des ressources non déclarées et au caractère public des conditions d'attribution de la prestation en cause, l'intéressée, ne peut être regardée comme ayant pu raisonnablement ignorer que les ressources en litige devaient être déclarées. La réitération des omissions délibérément commises par le requérant dans l'exercice de ses obligations déclaratives ne permet pas davantage de le regarder comme de bonne foi. Par suite, dès lors que la requérante doit être regardée comme ayant effectué de fausses déclarations, cette seule circonstance fait obstacle au bénéfice d'une remise ou d'une réduction des dettes litigieuses de la requérante, quelle que soit la précarité de sa situation financière. Dès lors, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que l'administration a refusé de lui accorder une remise de ses dettes de revenu de solidarité active, de prime d'activité et de prime exceptionnelle de fin d'année.

9. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander une remise totale de sa dette de revenu de solidarité active " socle " et ainsi l'annulation des décisions attaquées.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la lettre du 2 avril 2021 :

10. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que Mme B doit être regardée comme ayant effectué de fausses déclarations de sorte que les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L.262-52 du code de l'action sociale et des familles, de l'erreur de droit et d'appréciation sont infondés et doivent être écartés.

11. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir soulevée par le département du Nord, que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la lettre du 2 avril 2021 qualifiant les indus de revenu de solidarité active de frauduleux et excluant la possibilité d'une remise de dette.

12. Les conclusions à fin d'annulation et de remise de la requête de Mme B doivent donc être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles relatives aux frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'octroi de l'aide juridictionnelle à titre provisoire présentées par Mme B.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au département du Nord, et à la ministre des solidarités et des familles.

Copie sera adressée, pour information, à la caisse d'allocations familiales du Nord.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

J. HORNLa greffière,

Signé

S. DEREUMAUX

La République mande et ordonne à la ministre des solidarités et des familles et au préfet du Nord, chacun en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

No 2106164

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions