mercredi 29 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2107618 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SCP SHBK AVOCATS SEGARD BRIOUT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 septembre 2021, Mme D A, représentée par Me Opovin, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier régional universitaire de F (CHRU) à lui verser la somme de 14 373,65 euros en réparation des préjudices subis à la suite de sa prise en charge au sein E de F ;
2°) de mettre à la charge E de F la somme de 1 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité E de F est engagée en raison du manquement à son obligation d'information qui est à l'origine d'une perte de chance de renoncer à l'opération du 21 septembre 2009 qui doit être évaluée à 80% ;
- la responsabilité E de F est également engagée dès lors que l'infection, qu'elle a développée au décours de l'intervention chirurgicale du 12 novembre 2012, doit être qualifiée d'infection nosocomiale ;
-il en est résulté des préjudices patrimoniaux d'un montant de 1 562,37 euros qui se décompose comme suit :
* Frais divers : 837,69 euros ;
* Assistance par tierce personne : 724,68 euros.
- il en est également résulté des préjudices extra patrimoniaux d'un montant de 12 811,28 euros qui se décompose comme suit :
* Déficit fonctionnel temporaire : 2 171,28 euros ;
* Souffrances endurées : 5 600 euros ;
* Préjudice esthétique temporaire : 200 euros ;
* Déficit fonctionnel permanent : 3 200 euros ;
* Préjudice esthétique permanent : 1 000 euros ;
* Préjudice d'agrément : 640 euros.
Par un mémoire, enregistré le 27 janvier 2022, le CHRU de F et la SHAM, représentés par Me Segard, déclarent s'en remettre à la sagesse du tribunal et concluent :
1°) à la limitation des demandes indemnitaires formulées par Mme A à la somme de 3 245,69 euros ;
2°) à la limitation à 1 000 euros de la somme sollicitée par Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le CHRU de F n'a pas manqué à son obligation d'information ; en tout état de cause cet éventuel manquement n'a pas entraîné de dommage pour Mme A ;
- seules les conséquences de l'infection développée par Mme A pourront donner lieu à une indemnisation ;
- seule la période comprise entre le 29 novembre 2012 et le 5 décembre 2012 pourra être retenue pour le calcul du déficit fonctionnel temporaire, la journée du 11 novembre 2012 ne sera pas retenue pour ce calcul ; la somme allouée à ce titre ne peut être supérieure à 530 euros ;
- le taux horaire de l'assistance à tierce personne doit être fixé à 10 euros, seule une somme de 228 euros pourra être allouée au titre de ce poste de préjudice ;
- le déficit fonctionnel permanent n'étant pas imputable à l'infection développée par Mme A, la demande d'indemnisation au titre de ce poste de préjudice doit être rejetée ;
- la pratique d'un sport antérieurement à l'infection n'étant pas justifiée, l'indemnisation sollicitée au titre du préjudice d'agrément doit être rejetée ;
- s'agissant de la somme sollicitée par Mme A au titre des frais divers engagés, seule la somme de 137,69 euros pourra lui être allouée en remboursement de ses frais de transport ; en l'absence de justificatif, la demande de remboursement des frais d'assistance d'un médecin conseil doit être rejetée ;
- l'indemnisation sollicitée au titre des autres postes de préjudice doit être limitée comme suit :
* Souffrances endurées : 1 500 euros ;
* Préjudice esthétique temporaire : 50 euros ;
* Préjudice esthétique permanent : 800 euros.
La requête a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie de Roubaix-Tourcoing qui n'a pas produit de mémoire.
Par ordonnance du 29 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 31 octobre 2022.
Vu :
- l'ordonnance n°1907623 du 27 novembre 2019 par laquelle le magistrat chargé des référés a désigné le docteur C en qualité d'expert ;
- le rapport d'expertise remis au greffe du tribunal le 19 janvier 2021 par le docteur C ;
- l'ordonnance n°1907623 du 28 janvier 2021, par laquelle la magistrate désignée par le président du tribunal a taxé à la somme de 950 euros, qui comprend le montant de l'allocation provisionnelle accordée par ordonnance du 13 juillet 2020, les frais et honoraires de l'expertise confiée au docteur C ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Riou,
- les conclusions de Mme Bruneau, rapporteure publique,
- les observations de Me Chochois, substituant Me Segard, représentant le CHRU de F et la SHAM.
Considérant ce qui suit :
1. Le 21 septembre 2009, Mme D A a été prise en charge au CHRU de F pour une cure chirurgicale d'un hallux valgus, consistant en une ostéotomie du premier métatarsien et de la première phalange du gros orteil du pied gauche avec la mise en place de vis d'ostéosynthèse. Compte tenu de la douleur et de la gêne ressenties par Mme A en raison de ces vis, leur ablation a été réalisée le 12 novembre 2012 au sein E de F. Un fragment de vis cassée dans la tête du premier métatarsien n'a cependant pas pu être retiré lors de cette seconde intervention. Le 29 novembre 2012, Mme A se présentait au service des urgences E de F en raison de fortes douleurs au pied et d'un gonflement important. Mme A bénéficiait alors d'une reprise chirurgicale consistant en un drainage de l'hématome et un lavage de la plaie. Les prélèvements effectués mettaient en évidence la présence d'un staphylococcus aureus. Une antibiothérapie était prescrite à Mme A, permettant de soigner l'infection.
2. Mme A a saisi la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux (CCI), qui, après avoir estimé que son dommage ne remplissait pas les critères de gravité exigés par le II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, s'est déclarée incompétente pour émettre l'avis prévu par l'article L. 1142-8 du même code, mais informait Mme A de la possibilité de lui adresser une demande de conciliation. Mme A a alors saisi la CCI à cette fin le 4 août 2016. A la lumière du rapport diligenté par la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM), assureur E de F, une proposition d'indemnisation était transmise à Mme A. Insatisfaite des conclusions de l'expert, Mme A a saisi, par requête enregistrée le 2 septembre 2019, le juge des référés du tribunal administratif de F aux fins d'ordonner une expertise. Par une ordonnance du 27 novembre 2019, le tribunal administratif a ordonné une expertise médicale visant à se prononcer sur la prise en charge de Mme A au CHRU de F et sur les préjudices qui ont pu en résulter et a désigné le docteur C en qualité d'expert. Le rapport de l'expertise a été déposé au greffe du tribunal le 19 janvier 2021. Mme A a adressé, par un courrier du 26 août 2021, une demande indemnitaire préalable auprès E de F. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal de prononcer la condamnation E de F à réparer ses préjudices à hauteur de 14 373,65 euros.
Sur la responsabilité du centre hospitalier régional universitaire de F :
En ce qui concerne le défaut d'information :
3. Aux termes de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique : " Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus. () / Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent l'en dispenser. / Cette information est délivrée au cours d'un entretien individuel. / () / En cas de litige, il appartient au professionnel ou à l'établissement de santé d'apporter la preuve que l'information a été délivrée à l'intéressé dans les conditions prévues au présent article. Cette preuve peut être apportée par tout moyen. "
4. Doivent être portés à la connaissance du patient, préalablement au recueil de son consentement à l'accomplissement d'un acte médical, les risques connus de cet acte qui, soit présentent une fréquence statistique significative, quelle que soit leur gravité, soit revêtent le caractère de risques graves, quelle que soit leur fréquence. En cas de manquement à cette obligation d'information, si l'acte de diagnostic ou de soin entraîne pour le patient, y compris s'il a été réalisé conformément aux règles de l'art, un dommage en lien avec la réalisation du risque qui n'a pas été porté à sa connaissance, la faute commise en ne procédant pas à cette information engage la responsabilité de l'établissement de santé à son égard, pour sa perte de chance de se soustraire à ce risque en renonçant à l'opération. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction, compte tenu de ce qu'était l'état de santé du patient et son évolution prévisible en l'absence de réalisation de l'acte, des alternatives thérapeutiques qui pouvaient lui être proposées ainsi que de tous autres éléments de nature à révéler le choix qu'il aurait fait, qu'informé de la nature et de l'importance de ce risque, il aurait consenti à l'acte en question.
5. Il résulte de l'instruction, notamment du compte rendu de la consultation du 16 juin 2009, qui a précédé l'opération du 21 septembre 2009, que Mme A a été informée du principe et des modalités de l'ostéotomie, qui avait pour objet, d'une part, de réaxer le premier rayon et réaligner les métatarsien et phalange et, d'autre part, de répondre à la gêne et aux douleurs que causait l'hallux valgus dont souffrait la patiente. Il ressort du même compte rendu que Mme A a été informée que la réalisation de l'opération indiquée pourrait évoluer en fonction des constatations per opératoires. Mme A soutient tout d'abord que, n'ayant pas été informée de la pose d'une vis lors de l'opération, elle n'a pas été suffisamment informée sur l'intervention chirurgicale qu'elle a subie le 21 septembre 2009. Toutefois, la pose d'une vis, si elle peut être regardée comme un traitement dont le patient doit être informé, en vertu de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique, ne constitue pas en elle-même un risque au sens de ces dispositions et Mme A avait été, ainsi qu'il a été dit, expressément prévenue de la possibilité d'une évolution de l'opération en fonction des constatations faites par le chirurgien au cours de l'intervention. Mme A soutient ensuite qu'elle aurait dû être informée des risques survenus après l'opération de 2009, ce qui doit être regardé comme faisant référence à la persistance d'une raideur articulaire. Or il résulte des conclusions de l'expert que l'intervention de 2009 avait pour objet notamment de répondre à la raideur causée par l'hallux valgus et que la raideur constatée en 2012 était comparable à celle ayant justifié l'opération. Ainsi Mme A invoque l'absence d'information sur un échec thérapeutique, qui n'entre pas davantage dans les risques dont le patient doit être informé pour renoncer éventuellement à une opération. Par suite, Mme A n'est pas fondée à se prévaloir d'un défaut d'information.
En ce qui concerne l'infection nosocomiale :
6. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. " Doit être regardée comme présentant un caractère nosocomial une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.
7. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que Mme A a développé une infection par staphyloccocus aureus qui a nécessité un traitement par antibiothérapie. La présence de cette bactérie a été révélée par les prélèvements bactériologiques effectués le 29 novembre 2012 lors de la prise en charge de Mme A au service des urgences E de F. Il ne résulte pas de l'instruction que ce staphyloccocus aureus était en incubation avant la prise en charge de Mme A le 12 novembre 2012 au sein E de F pour l'opération consistant en le retrait du matériel d'ostéosynthèse. Cette infection, compte tenu de sa localisation, sur le site de l'opération du 12 novembre 2012 et du délai écoulé depuis cette dernière prise en charge, moins de trois semaines, est intervenue au décours de la prise en charge de Mme A au sein E de F. Par suite, l'infection doit être regardée comme présentant un caractère nosocomial, ce qu'en tout état de cause, le CHRU de F, qui n'a pas rapporté la preuve d'une origine autre que la prise en charge, ne conteste pas.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme A est seulement fondée à rechercher la responsabilité E de F en raison de l'infection nosocomiale.
Sur la réparation des préjudices :
9. Il résulte de l'instruction que l'état de santé de Mme A a été consolidé le 30 juillet 2013.
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
S'agissant des frais divers :
10. Si Mme A sollicite le remboursement des honoraires du médecin conseil qui l'aurait assistée lors de l'expertise médicale, elle ne justifie pas, notamment par une note d'honoraires, avoir effectivement exposé de tels frais pour une assistance qui est certes mentionnée dans le rapport d'expertise, mais pour une réunion d'expertise tenue le 11 janvier 2021 et non le 10 septembre 2020. Dès lors, l'indemnisation de ce préjudice doit être rejetée.
S'agissant de l'assistance par une tierce personne :
11. Lorsque le juge administratif indemnise la victime d'un dommage corporel nécessitant de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire permettant, dans les circonstances de l'espèce, le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat, sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.
12. Il résulte du rapport d'expertise que durant la période du déficit fonctionnel temporaire à 50% en lien avec l'infection nosocomiale, c'est-à-dire du 6 décembre 2012 au 15 janvier 2013, l'état de santé de Mme A a nécessité une assistance par une tierce personne non spécialisée à hauteur de 3 heures par semaine, soit 0,43 heures par semaine. Afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, il y a lieu, ainsi que le prévoit le référentiel de l'ONIAM, de calculer l'indemnisation sur la base d'une année de 412 jours, ainsi que sur la base d'un taux horaire moyen de rémunération tenant compte des charges patronales et des majorations de rémunération pour travail du dimanche, fixé à 15 euros pour une aide active non spécialisée. Par suite, pour la période indiquée, soit pour 41 jours, il sera fait une exacte appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 298,50 euros (15 x 412/365 x (41 x 0,43)).
En ce qui concerne les préjudices extra-patrimoniaux :
S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :
13. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que Mme A a subi un déficit fonctionnel total, directement imputable à l'infection nosocomiale, du 29 novembre 2012 au 5 décembre 2012, correspondant à l'hospitalisation au sein E de F durant laquelle Mme A a bénéficié d'un lavage et d'un drainage de sa plaie après que des prélèvements bactériologiques aient révélé la présence d'un staphyloccocus aureus, soit pour 7 jours. Le déficit de Mme A a ensuite été évalué à 50% du 6 décembre 2012, lendemain de la sortie de Mme A E de F, au 15 janvier 2013, soit pour 41 jours. A la suite de cette période, le déficit fonctionnel temporaire de Mme A a été évalué à 10% du 16 janvier 2013 au 30 juillet 2013, date de consolidation de son état de santé, soit pour 195 jours. En retenant le taux journalier d'indemnisation de 15 euros, issu du barème indicatif de l'ONIAM, il sera fait une exacte appréciation du déficit fonctionnel temporaire de Mme A en lien avec l'infection nosocomiale en le fixant à la somme de 705 euros (15 x (7 x 1 + 41 x 0,50 + 195 x 0,10)).
S'agissant des souffrances endurées :
14. Il résulte du rapport d'expertise que Mme A a enduré des souffrances exclusivement en lien avec l'infection nosocomiale, évaluées à 2 sur une échelle de 0 à 7. Par référence au barème de l'ONIAM et dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en lien avec l'infection nosocomiale, en le fixant à la somme de 1 900 euros.
S'agissant du déficit fonctionnel permanent :
15. Il résulte du rapport d'expertise qu'après la consolidation des séquelles de l'infection nosocomiale, Mme A n'a conservé aucune incapacité permanente liée à cette infection. La demande faite au titre de ce chef de préjudice doit être rejetée.
S'agissant du préjudice esthétique temporaire :
16. Il résulte du rapport d'expertise que Mme A a subi un préjudice esthétique temporaire, du 6 décembre 2012 au 15 janvier 2013, en lien avec l'infection nosocomiale, évalué par l'expert à 1 sur une échelle de 0 à 7. Mme A, en demandant la condamnation E de F à lui verser une somme de 200 euros au titre de ce préjudice, n'en a pas fait une évaluation exagérée.
S'agissant du préjudice esthétique permanent :
17. Il résulte du rapport d'expertise que Mme A a subi, en raison de la cicatrice qu'elle a conservée sur le bord du pied à la suite de l'opération du 29 novembre 2012, un préjudice esthétique permanent évalué à 1 sur une échelle de 0 à 7. Par suite, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à 900 euros.
S'agissant du préjudice d'agrément :
18. Bien que l'expert ait retenu un préjudice d'agrément en raison du renoncement par Mme A à son activité de fitness, il ressort de l'expertise et des documents médicaux que l'infection nosocomiale n'a pas laissé de séquelles à Mme A. Mme A, qui n'a pas été empêchée de reprendre une pratique sportive à la suite de l'infection et qui au surplus ne justifie pas de la pratique régulière d'une activité de fitness, n'établit pas la réalité de ce préjudice. Il y a lieu de rejeter la demande présentée à ce titre.
Sur les frais liés au litige :
En ce qui concerne les dépens :
19. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / () ". En vertu des dispositions de cet article, il appartient au juge saisi au fond du litige de statuer, au besoin d'office, sur la charge des frais de l'expertise ordonnée par la juridiction administrative.
20. D'une part, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre les frais de l'expertise réalisée par le docteur C, taxés et liquidés à la somme de 950 euros, à la charge E de F.
21. D'autre part, il résulte de l'instruction que Mme A s'est rendue à l'expertise qui s'est déroulée le 26 juillet 2016 au cabinet du Dr B. La distance la plus courte entre ce cabinet et le domicile de la requérante à cette date est de 7,4 kilomètres. Compte tenu du barème fiscal kilométrique de 2016 pour un véhicule de 4 cv, soit 0,493 euros du kilomètre, le montant des frais de déplacement exposés par Mme A pour se rendre à cette première expertise est de 7,30 euros (7,4 x 2 x 0,493). Mme A s'est également rendue à l'expertise qui s'est déroulée le 21 septembre 2020 au cabinet du Dr C. La distance la plus courte entre ce cabinet et le domicile de la requérante à cette date est de 124 kilomètres. Compte tenu du barème fiscal kilométrique de 2020 pour le même véhicule, soit 0,523 euros du kilomètre, le montant des frais de déplacement exposés par Mme A pour se rendre à cette seconde expertise est de 129,70 euros (124 x 2 x 0,523). Par suite, le montant total des frais de déplacement exposés par Mme A s'élève à 137 euros (7,30 + 129,70).
En ce qui concerne les frais non compris dans les dépens :
22. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge E de F la somme demandée de 1 400 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier régional universitaire de F est condamné à verser à Mme A la somme de 4 140,50 euros, comprenant, au titre des dépens, les frais de déplacement qu'elle a exposés pour se rendre aux expertises.
Article 2 : Les frais d'expertise liquidés et taxes à la somme de 950 euros sont mis à la charge définitive du centre hospitalier régional universitaire de F.
Article 3 : Le centre hospitalier régional universitaire de F versa à Mme A la somme de 1 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A, au centre hospitalier régional universitaire de F, à la société hospitalière d'assurances mutuelles et à la caisse primaire d'assurance maladie de Roubaix-Tourcoing.
Copie en sera adressée au docteur C, expert.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Riou, président,
M. Fougères, premier conseiller,
Mme Lançon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2023.
Le président-rapporteur,
signé
J.-M. Riou
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
signé
V. Fougères
La greffière,
signé
I. Baudry
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026