lundi 30 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2108214 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL WIBLAW |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le numéro 2108214, le 19 octobre 2021 et le 1er juillet 2022, M. D C, représenté par Me Wibaut, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des amendes fiscales mises en recouvrement le 30 juillet 2021 pour un montant de 12 000 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la procédure d'imposition est irrégulière dès lors que les amendes en litige ont été infligées à l'issue d'un examen de sa situation fiscale personnelle sans que l'avis prévu à l'article L. 47 du livre des procédures fiscales ne lui ait été préalablement notifié ;
- les amendes en litige avaient déjà été mises en recouvrement le 30 juin 2021 ;
- la prescription était acquise s'agissant de l'amende afférente à l'année 2015 ;
- les amendes sont mal-fondées dès lors que l'administration n'établit pas que les comptes qu'il détient à l'étranger auraient été ouverts, utilisés ou clos au cours des années 2015, 2016 et 2017 ;
- les amendes en litige, telles que prévues au 2 du IV de l'article 1736 du code général des impôts, méconnaissent les stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 janvier 2022, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
II. Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le numéro 2108232, le 20 octobre 2021, le 12 juin 2023, le 28 août 2023 et le 13 octobre 2023, Mme B A, épouse C, représentée par Me Wibaut, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des amendes fiscales mises en recouvrement le 30 juillet 2021 pour un montant de 25 500 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la procédure d'imposition est irrégulière dès lors que les amendes en litige ont été infligées à l'issue d'un examen de sa situation fiscale personnelle sans que l'avis prévu à l'article L. 47 du livre des procédures fiscales ne lui ait été préalablement notifié ;
- les amendes en litige avaient déjà été mises en recouvrement le 30 juin 2021 ;
- la prescription était acquise s'agissant de l'amende afférente à l'année 2015 ;
- les amendes sont mal-fondées dès lors que l'administration n'établit pas que les comptes qu'elle détient à l'étranger auraient été ouverts, utilisés ou clos au cours des années 2015, 2016 et 2017 ;
- les amendes en litige, telles que prévues au 2 du IV de l'article 1736 du code général des impôts, méconnaissent les stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par des mémoires en défense enregistrés le 19 janvier 2022, le 27 juin 2023 et le 18 septembre 2023, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
III. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le numéro 2108236, le 20 octobre 2021 et le 12 juin 2023, M. D C et Mme B A, épouse C, représentés par Me Wibaut, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des amendes fiscales mises en recouvrement le 30 juillet 2021 pour un montant de 25 500 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la procédure d'imposition est irrégulière dès lors que les amendes en litige ont été infligées à l'issue d'un examen de leur situation fiscale personnelle sans que l'avis prévu à l'article L. 47 du livre des procédures fiscales ne leur ait été préalablement notifié ;
- les amendes en litige avaient déjà été mises en recouvrement le 30 juin 2021 ;
- la prescription était acquise s'agissant de l'amende afférente à l'année 2015 ;
- les amendes sont mal-fondées dès lors que l'administration n'établit pas que les comptes qu'ils détiennent à l'étranger auraient été ouverts, utilisés ou clos au cours des années 2015, 2016 et 2017 ;
- les amendes en litige, telles que prévues au 2 du IV de l'article 1736 du code général des impôts, méconnaissent les stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 janvier 2022, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Barre,
- les conclusions de Mme Dang, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. A l'occasion d'un contrôle, il est apparu que M. D C et Mme B A, épouse C, détenaient plusieurs comptes bancaires en Belgique, sans que ces comptes aient fait l'objet de déclarations. En conséquence, M. et Mme C se sont vu infliger des amendes sur le fondement du deuxième alinéa de l'article 1649 A du code général des impôts, mises en recouvrement le 30 juillet 2021. M. et Mme C ont présenté des réclamations le 24 août 2021, rejetées le 26 août 2021. Ils demandent au tribunal de prononcer la décharge de ces amendes.
Sur la jonction :
2. Les requêtes nos 2108214, 2108232 et 2108236 présentent à juger des questions semblables. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin de décharge :
3. Aux termes de l'article L. 12 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable au litige : " Dans les conditions prévues au présent livre, l'administration des impôts peut procéder à l'examen contradictoire de la situation fiscale des personnes physiques au regard de l'impôt sur le revenu, qu'elles aient ou non leur domicile fiscal en France, lorsqu'elles y ont des obligations au titre de cet impôt. / A l'occasion de cet examen, l'administration peut contrôler la cohérence entre, d'une part les revenus déclarés et, d'autre part, la situation patrimoniale, la situation de trésorerie et les éléments du train de vie des membres du foyer fiscal. () ". Aux termes de l'article L. 16 de ce livre : " En vue de l'établissement de l'impôt sur le revenu, l'administration peut demander au contribuable des éclaircissements () / Elle peut également lui demander des justifications lorsqu'elle a réuni des éléments permettant d'établir que le contribuable peut avoir des revenus plus importants que ceux qu'il a déclarés () ". Aux termes de l'article L. 47 du même livre : " Un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle d'une personne physique au regard de l'impôt sur le revenu, une vérification de comptabilité ou un examen de comptabilité ne peut être engagé sans que le contribuable en ait été informé par l'envoi ou la remise d'un avis de vérification ou par l'envoi d'un avis d'examen de comptabilité. () ".
4. Il résulte de l'instruction que M. et Mme C ont souscrit des déclarations de revenus au titre des années 2015 à 2017, sans déclarer les comptes qu'ils détenaient en Belgique. Par un courrier du 7 février 2019, l'administration fiscale a rappelé aux époux leurs obligations déclaratives en cas de détention d'un compte bancaire ou d'un contrat d'assurance ou de capitalisation à l'étranger. Suite à ce courrier, les requérants ont fait parvenir à l'administration, en annexe d'un courrier du 13 mars 2019, des déclarations concernant les comptes qu'ils détenaient en Belgique. L'administration, jugeant ces éléments insuffisants, a demandé aux époux C, par un courrier du 26 septembre 2019, de leur communiquer, d'une part, " tout justificatif bancaire ", notamment les contrats d'ouverture des comptes détenus à l'étranger ou attestations de titularité, les contrats d'ouverture des contrats de capitalisation ou d'assurance vie et les relevés bancaires y afférents à compter de l'année 2009 et jusqu'en 2017, mais également, d'autre part, les états annuels de leurs revenus depuis l'année 2009 et jusqu'en 2017, les états annuels de leurs gains et pertes intéressant ces mêmes années et leurs états de fortune au 1er janvier de ces mêmes années. En réponse à ces demandes, M. et Mme C ont transmis à l'administration, en sus des justificatifs afférents aux comptes qu'ils détiennent en Belgique, des informations sur leur situation patrimoniale globale, en particulier des descriptions chiffrées de leur patrimoine immobilier et mobilier au 1er janvier des années 2009 à 2017. Ainsi, contrairement à ce que soutient l'administration en défense, le contrôle auquel le service a procédé ne s'est pas limité à des demandes de justification mais a constitué un examen d'ensemble de la cohérence globale entre les revenus déclarés par les contribuables d'une part et leur situation patrimoniale, de trésorerie et les éléments de leur train de vie d'autre part, conformément aux dispositions de l'article L. 12 du livre des procédures fiscales.
5. Par ailleurs, il est constant que ce contrôle a été réalisé sans que l'avis prévu à l'article L. 47 du livre des procédures fiscales ait été préalablement notifié aux requérants. Dans ces conditions, M. et Mme C sont fondés à soutenir que les amendes en litige leur ont été infligées à l'issue d'une procédure irrégulière.
6. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme C sont fondés à demander la décharge des amendes en litige.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. et Mme C de la somme de 1 000 euros, chacun, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est déchargé des amendes fiscales mises en recouvrement le 30 juillet 2021 pour un montant de 12 000 euros.
Article 2 : Mme A, épouse C est déchargée des amendes fiscales mises en recouvrement le 30 juillet 2021 pour un montant de 25 500 euros
Article 3 : M. C et Mme A, épouse C, sont déchargés des amendes fiscales mises en recouvrement le 30 juillet 2021 pour un montant de 25 500 euros.
Article 4 : L'Etat versera à M. et Mme C une somme de 1 000 euros, chacun, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à Mme B A, épouse C, et au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.
Délibéré après l'audience du 13 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Paganel, président,
Mme Barre, conseillère,
M. Jouanneau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2024.
La rapporteure,
Signé
C. BARRE
Le président,
Signé
M. PAGANEL La greffière,
Signé
D. WISNIEWSKI
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Nos 2108214, 2108232, 2108236
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026