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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2109105

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2109105

mercredi 14 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2109105
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantSTIENNE-DUWEZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 novembre 2021 et 16 novembre 2022, l'association Atinord agissant en sa qualité de tuteur de Mme D C, représentée par Me Stienne-Duwez, demande au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Lille à lui verser la somme de 98 077 euros, ainsi que les intérêts au taux légal à compter du 5 août 2020 et la capitalisation de ces intérêts, en réparation des préjudices subis par Mme D C en raison de l'infection développée au décours de son opération chirurgicale du 15 décembre 2009 au sein de cet établissement ;

2°) de mettre à la charge du CHRU de Lille le versement à Me Stienne-Duwez, avocate de Mme C, de la somme de 3 000 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- le CHRU de Lille est responsable de l'infection nosocomiale contractée par Mme C au décours de l'intervention chirurgicale du 15 décembre 2009 ;

- il en est résulté des préjudices extrapatrimoniaux d'un montant de 98 077 euros, qui se décompose comme suit :

* déficit fonctionnel temporaire : 8 077 euros ;

* souffrances endurées : 80 000 euros ;

* préjudice esthétique : 10 000 euros ;

- l'autorité de la chose jugée attachée au jugement du 28 juillet 2021 n°1808181 ne lui est pas opposable dès lors que celui-ci ne s'est pas prononcé sur le contentieux de Mme C lié par une demande indemnitaire du 5 août 2020, préalable à ce jugement.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 janvier 2022, le centre hospitalier régional universitaire de Lille, représenté par Me Segard, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de l'association Atinord une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la requête est irrecevable dès lors que le jugement du 28 juillet 2021, statuant sur les droits de la caisse primaire d'assurance maladie de Lille-Douai doit être regardé comme statuant également sur les droits de Mme C et que, étant devenu définitif, l'autorité de la chose jugée qui y est attachée s'oppose à ce que la requérante, qui avait été régulièrement appelée en la cause, puisse demander la réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait du même fait générateur.

La requête a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie de Roubaix-Tourcoing qui n'a pas produit de mémoire.

Par une ordonnance du 17 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 18 novembre 2022.

Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 novembre 2020.

Vu :

- l'ordonnance n° 1105906 du 10 janvier 2012 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Lille a ordonné une expertise et désigné, en qualité d'expert, le docteur B ;

- le rapport d'expertise établi le 10 mars 2013 et remis au greffe du tribunal administratif le 2 avril 2013 ;

- l'ordonnance n° 1105906 du 2 avril 2013 par laquelle le magistrat chargé des expertises du tribunal administratif de Lille a liquidé et taxé les frais de l'expertise à la somme de 1 200 euros ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lançon,

- les conclusions de Mme Bruneau, rapporteure publique,

- les observations de Me Bavay, substituant Me Segard, représentant le centre hospitalier régional universitaire de Lille.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D C, née le 5 février 1995, est prise en charge par le CHRU de Lille du 14 au 22 décembre 2009 en vue d'une intervention chirurgicale le 15 décembre 2009 consistant à la mise en place d'un montage rachidien définitif. Le 1er janvier 2010, elle a présenté une otorrhée de l'oreille gauche et une hyperthermie. Du 5 au 25 janvier suivant, elle est à nouveau hospitalisée au sein du service orthopédique de l'enfant du CHRU de Lille en raison d'un syndrome infectieux. Les écoulements persistant et la plaie étant purulente, des prélèvements bactériologiques sont effectués. Le 15 et 19 janvier 2010, l'infection au staphylococcus aureus est confirmée et il est diagnostiqué la présence du germe escherichia coli. Le 25 janvier 2010, l'intéressée est autorisée à sortir et est transférée au centre de rééducation Marc Sautelet. Mme C est hospitalisée une troisième fois, du 21 mai au 3 juin 2010 pour une récidive de l'infection. Elle a bénéficié, le 21 juin 2010, d'une reprise chirurgicale qui a révélé la présence de pus autour du matériel de montage. Les prélèvements ont permis d'identifier un staphylocoque aureus résistant. Du 8 juin au 12 juillet 2010, Mme C est à nouveau hospitalisée en raison d'une récidive de sepsis avec une hyperthermie et un syndrome inflammatoire. L'intéressée est reprise en charge par le CHRU de Lille du 18 au 28 mars 2011. Elle a subi le 21 mars 2011 l'ablation de la vis sur matériel d'arthrodèse. Le 15 mai 2011, Mme C est hospitalisée une dernière fois en vue de l'ablation du matériel accompagnée d'un lavage abondant et de prélèvements bactériologiques, qui sont revenus positifs au pseudomonas aeruginosa associé à un staphylocoque epidermis. Le 13 août 2011, la patiente est autorisée à retourner à son domicile.

2. Mme A C, agissant en qualité de représentante légale de Mme D C, sa fille, a saisi le tribunal administratif aux fins d'expertise. Par une ordonnance du 10 janvier 2012, le juge des référés a désigné le docteur B en qualité d'expert. A la suite de la remise le 2 avril 2013, au greffe du tribunal administratif, par l'expert de son rapport d'expertise, la CPAM de Lille-Douai a adressé une demande d'indemnisation préalable au CHRU de Lille le 23 mai 2018, qu'il a réceptionnée le 28 mai suivant. La SHAM a sollicité, le 11 juillet 2018, le relevé des débours définitifs de la CPAM, qui lui a adressé le 6 août suivant, en vain.

3. Par un jugement n° 1808118 du 28 juillet 2021, le tribunal administratif de Lille a condamné le CHRU de Lille à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de Lille-Douai, dont l'activité de recours contre tiers est exercée par la caisse primaire d'assurance maladie de Roubaix-Tourcoing, la somme de 230 163,94 euros, au titre de ses débours qu'elle a versés pour le compte de son assurée, Mme C, victime d'une infection nosocomiale au décours d'une opération chirurgicale du 15 décembre 2009. Par la présente requête, l'association Atinord, agissant en qualité de tuteur de Mme D C demande au tribunal de condamner cet établissement de santé à lui verser la somme de 98 077 euros en réparation des préjudices que cette dernière a subis en raison de l'infection ainsi développée.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

4. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " Lorsque, sans entrer dans les cas régis par les dispositions législatives applicables aux accidents du travail, la lésion dont l'assuré social ou son ayant droit est atteint est imputable à un tiers, l'assuré ou ses ayants droit conserve contre l'auteur de l'accident le droit de demander la réparation du préjudice causé, conformément aux règles du droit commun, dans la mesure où ce préjudice n'est pas réparé par application du présent livre ou du livre Ier. / Les caisses de sécurité sociale sont tenues de servir à l'assuré ou à ses ayants droit les prestations prévues par le présent livre et le livre Ier, sauf recours de leur part contre l'auteur responsable de l'accident dans les conditions ci-après. / Les recours subrogatoires des caisses contre les tiers s'exercent poste par poste sur les seules indemnités qui réparent des préjudices qu'elles ont pris en charge, à l'exclusion des préjudices à caractère personnel. / Conformément à l'article 1346-3 du code civil, la subrogation ne peut nuire à la victime subrogeante, créancière de l'indemnisation, lorsqu'elle n'a été prise en charge que partiellement par les prestations sociales ; en ce cas, l'assuré social peut exercer ses droits contre le responsable, par préférence à la caisse subrogée. / Cependant, si le tiers payeur établit qu'il a effectivement et préalablement versé à la victime une prestation indemnisant de manière incontestable un poste de préjudice personnel, son recours peut s'exercer sur ce poste de préjudice. / () ".

5. Lorsqu'un juge s'est prononcé sur l'action exercée, en application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, par une caisse de sécurité sociale, sans se prononcer sur les droits de la victime, l'autorité de la chose jugée sur les conclusions présentées par la caisse ne saurait, faute d'identité tant de parties que d'objet, faire obstacle à ce que la victime elle-même présente au juge des conclusions à fins d'indemnisation.

6. Par le jugement n°1808118 du 28 juillet 2021 cité au point 3, le tribunal a statué sur la responsabilité du CHRU de Lille et a condamné l'établissement de santé à verser à la CPAM de Lille-Douai une somme en remboursement des frais qu'elle a engagés à raison de l'infection nosocomiale que Mme C a contractée au décours de l'opération chirurgicale qu'elle a subie le 15 décembre 2009. Si l'association Atinord agissant en qualité de tuteur de Mme C, bien que régulièrement mise en cause dans le cadre de l'instance précitée, n'a présenté aucune demande indemnitaire, le jugement précité du 28 juillet 2021 ne saurait faire obstacle, en l'absence d'identité d'objet entre les deux instances, à ce que Mme C puisse utilement demander l'engagement de la responsabilité de l'établissement hospitalier au titre des dispositions du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par le CHRU de Lille doit être écartée.

Sur la responsabilité du CHRU de Lille :

7. Aux termes du second alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Les établissements, services et organismes [dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins] sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère ". Doit être regardée comme présentant un caractère nosocomial au sens des dispositions précitées du second alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.

8. Aux termes de l'article L. 1142-1-1 du même code : " Sans préjudice des dispositions du septième alinéa de l'article L. 1142-17, ouvrent droit à réparation au titre de la solidarité nationale : / 1° Les dommages résultant d'infections nosocomiales dans les établissements, services ou organismes mentionnés au premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 correspondant à un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à 25 % déterminé par référence au barème mentionné au II du même article, ainsi que les décès provoqués par ces infections nosocomiales ; / () ". Ces dispositions font peser sur l'établissement de santé la responsabilité des infections nosocomiales, qu'elles soient exogènes ou endogènes, à moins que la preuve d'une cause étrangère soit rapportée ou que le taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique de la victime soit supérieur à 25% ou que celle-ci soit décédée du fait de cette infection.

9. En premier lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise du docteur B, qu'à la suite de l'intervention chirurgicale subie au sein du CHRU de Lille le 15 décembre 2009, Mme C, qui ne présentait pas de pathologie infectieuse avant sa prise en charge, a développé, au niveau du site opératoire, une première infection au staphylococcus aureus résistant à la méticilline et à l'escherichia coli, nécessitant une nouvelle hospitalisation du 5 au 25 janvier 2010. Par ailleurs, si une notion d'otite qui aurait été constatée le 1er janvier 2010 est évoquée par l'expert, il résulte du rapport qu'aucune pièce médicale, à défaut notamment d'examen otoscopique, ne confirme cette infection qui, surtout, ne pouvait pas être responsable, à si bref délai, d'une inflammation du site opératoire. Dès lors, l'infection contractée, qui n'était ni présente, ni en incubation au début de la prise en charge de la patiente, présente, à défaut de démonstration d'une cause étrangère, un caractère nosocomial.

10. En deuxième lieu, Mme C, qui présentait un nouvel épisode d'hyperthermie et un syndrome inflammatoire, a été hospitalisée au CHRU de Lille du 18 au 28 mars 2011 au motif d'un déplacement secondaire d'une vis. Lors de l'intervention chirurgicale consistant en l'ablation de la vis mobilisée et en son changement, il n'a pas été retrouvé d'infection du matériel. Les cultures bactériologiques des prélèvements opératoires ont révélé la présence de très rares Pseudomonas aeruginosa et de staphylococcus epidermis. Toutefois, l'expert relève que ce qui a été pris pour une banale complication mécanique (déplacement secondaire d'une vis) était en fait la manifestation insidieuse de la reprise du sepsis. Dans ces conditions, cette hospitalisation doit être regardée comme une récidive, c'est-à-dire une complication dont la cause directe réside dans l'infection nosocomiale contractée au décours de la prise en charge de décembre 2009. La réparation de cette complication incombe dès lors au CHRU de Lille.

11. En dernier lieu, le 2 mai 2011, le praticien a constaté un écoulement sero-purulent par un orifice situé au tiers inférieur de la cicatrice d'ostéosynthèse. Mme C a été hospitalisée une dernière fois du 15 mai au 18 août 2011 en chirurgie et orthopédie de l'enfant au CHRU de Lille afin de réaliser l'ablation du matériel d'arthrodèse vertébrale. L'intéressée a subi le 16 mai 2011 l'intervention chirurgicale ainsi qu'un lavage abondant et des prélèvements bactériologiques, qui ont mis en évidence un Pseudomonas aeruginosa associé à un staphylococcus epidermis. Si cette hospitalisation avait pour objet la prise en charge d'une infection du site opératoire, et si le germe était donc, par définition, présent avant cette prise en charge, il résulte de l'instruction, c'est-à-dire du rapport d'expertise, que cette infection est également une reprise de l'infection contractée en 2009, dans un contexte, au demeurant de cessation, prématurée, de l'antibiothérapie par doxycycline. Dans ces conditions, l'hospitalisation en cause doit également être regardée comme trouvant sa cause dans l'infection survenue au décours de l'opération subie le 15 décembre 2009 au CHRU de Lille, qui doit en réparer les conséquences.

12. Il résulte de ce qui précède que l'infection dont a souffert Mme C présente les caractéristiques d'une infection nosocomiale dont les conséquences doivent être indemnisées par le CHRU de Lille.

Sur les préjudices :

13. Eu égard aux conclusions expertales et en l'absence de contestation sur ce point, il y a lieu de fixer la date de consolidation de l'état de santé de Mme C au 26 novembre 2012.

En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux temporaires :

14. En premier lieu, il résulte de l'instruction, en particulier du rapport de l'expert, que Mme C a présenté un déficit fonctionnel temporaire total, en lien avec les complications infectieuses, du 15 décembre 2009 au 4 janvier 2010, du 15 janvier 2010 au 25 janvier 2010, du 21 mai 2010 au 3 juin 2010, du 8 juin 2010 au 12 juillet 2010, du 18 mars 2011 au 28 mars 2011 et du 15 mai 2011 au 18 août 2011, de 25% du 1er janvier 2011 au 17 mars 2011. Dès lors, en retenant un taux journalier d'indemnisation de 15 euros, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi par Mme C au titre du déficit fonctionnel temporaire en l'évaluant à la somme de 3 255 euros (15 x ((21 + 21 + 14 + 35 + 11 + 96) + (76 x 0,25))), qui sera versée par le CHRU de Lille.

15. En, second lieu, il sera fait une juste appréciation des souffrances endurées, évaluées par l'expert à 6 sur une échelle de 7, selon le barème de l'ONIAM, à la somme de 27 078 euros qui sera versée par le CHRU de Lille.

En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux permanents :

16. Il sera fait une juste appréciation du préjudice esthétique invoqué par la requérante, qui présente une cicatrice en lien avec les complications infectieuses, en l'évaluant à la somme de 10 000 euros.

17. Il résulte de tout ce qui précède que le CHRU de Lille doit être condamné à verser à Mme C la somme totale de 40 333 euros.

En ce qui concerne les intérêts et leur capitalisation :

18. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ". Il résulte de ces dispositions que, d'une part, lorsqu'ils sont demandés, et quelle que soit la date de la demande, les intérêts des indemnités allouées sont dus à compter du jour où la demande de réclamation de la somme principale est parvenue à la partie débitrice ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement au greffe du tribunal administratif des conclusions tendant au versement de cette indemnité, et, d'autre part, que la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière.

19. L'indemnité allouée à la requérante en réparation des préjudices subis sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 5 août 2020, date de réception de sa demande indemnitaire préalable. Mme C a demandé, par sa requête, enregistrée le 21 novembre 2021 la capitalisation des intérêts. A cette date les intérêts étaient dus pour au moins une année entière. Il y a lieu dès lors de faire droit à cette demande à compter du 21 novembre 2021, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les frais liés au litige :

20. Mme C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Stienne-Duwez, avocate de Mme C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge du centre hospitalier régional universitaire de Lille le versement à Me Stienne-Duwez de la somme de 1 500 euros.

D E C I D E :

Article 1er : Le centre hospitalier régional universitaire de Lille est condamné à verser à Mme C une somme de 40 333 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 5 août 2020. Les intérêts échus à la date du 21 novembre 2021 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 2 : Le centre hospitalier régional universitaire de Lille versera à Me Stienne-Duwez une somme de 1 500 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Stienne-Duwez renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association Atinord agissant en sa qualité de tuteur de Mme D C, à Me Stienne-Duwez, au centre hospitalier régional universitaire de Lille et à la caisse primaire d'assurance maladie de Roubaix-Tourcoing.

Délibéré après l'audience du 24 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

M. Riou, président,

M. Fougères, premier conseiller,

Mme Lançon, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2024.

La rapporteure,

signé

L.-J. Lançon

Le président,

signé

J.-M. Riou

La greffière,

signé

I. Baudry

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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