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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2109410

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2109410

mercredi 12 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2109410
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantVANDENBUSSCHE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 1er décembre 2021, le 16 septembre 2022 et le 17 novembre 2022, Mme E A et M. D F, représentés par Me Villeseche, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de condamner le centre hospitalier de Valenciennes à verser à Mme A la somme de 186 066,11 euros en réparation de l'infection nosocomiale contractée au décours de l'opération du 7 août 2009 ;

2°) de condamner le centre hospitalier de Valenciennes à verser à M. F la somme de 15 000 euros au titre des préjudices subis ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Valenciennes la somme de 5 520,12 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- Mme A a contracté une infection nosocomiale le 7 août 2009 à la suite de la mise en place d'une extracorporeal membrane oxygenation (ECMO) par l'unité mobile du centre hospitalier régional universitaire de Lille au sein du centre hospitalier de Valenciennes ;

- il en résulte que Mme A a subi des préjudices pour un montant de 186 066,11 euros qui doit être décomposé comme suit :

o dépenses de santé actuelles : 328,18 euros ;

o assistance par tierce personne : 16 776 euros ;

o pertes de gains professionnels actuels : 5 666,40 euros ;

o frais divers : 137,83 euros ;

o dépenses de santé futures : 18 457,20 euros ;

o frais de véhicule adapté : 4 300,50 euros ;

o incidence professionnelle : 50 000 euros ;

o déficit fonctionnel temporaire : 11 050 euros ;

o souffrances endurées : 5 000 euros ;

o " préjudice sexuel temporaire " : 5 000 euros ;

o préjudice esthétique temporaire : 5 000 euros ;

o déficit fonctionnel permanent : 31 350 euros ;

o préjudice d'agrément : 10 000 euros ;

o préjudice esthétique permanent : 8 000 euros ;

o préjudice sexuel " permanent " : 15 000 euros.

- il en est résulté des préjudices d'un montant de 15 000 euros pour M. F dont 5 701,86 euros au titre de la perte de gains professionnels et le reste, soit 9 298,14 euros au titre du préjudice d'affection.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 16 mai 2022, le 3 janvier 2023 et le 20 mars 2024, le centre hospitalier de Valenciennes, représenté par Me Vandenbussche, conclut :

1°) à titre principal, au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

2°) à titre subsidiaire, d'une part, à la limitation de l'indemnisation des préjudices de Mme A à la somme de 8 080 euros ;

3°) d'autre part, à la limitation des débours de la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut aux frais hospitaliers de la période du 2 septembre 2009 au 1er juillet 2011.

Il soutient que :

- à titre principal, il n'a commis aucune faute ; la mise en place d'une extracorporeal membrane oxygenation a permis de sauver la vie de Mme A ;

- il ne conteste pas l'épisode infectieux ; cependant cet épisode n'engage pas la responsabilité du centre hospitalier ;

- l'infection a été favorisée par un contexte d'état de choc de la patiente ; la présence du germe Candida albicans a été favorisée par la grossesse ;

- à titre subsidiaire, en cas de reconnaissance de la responsabilité du centre hospitalier, il convient d'indemniser les préjudices de Mme A à la somme de 8 080 euros, détaillée comme suit :

o 580 euros pour le déficit fonctionnel temporaire ;

o 5 000 euros pour les souffrances endurées ;

o 2 500 euros pour le préjudice esthétique permanent.

- il y a lieu de rejeter les demandes faites par M. F en qualité de victime par ricochet ;

- les dépenses de santé supportées par la caisse seront indemnisées de la manière suivante :

o les frais hospitaliers compris entre le 2 septembre 2009 et le 30 septembre 2009 ;

o les frais du 27 août 2009 seront pris en charge à moitié.

- les autres débours de la caisse devront être rejetés en ce qu'ils ne sont pas liés aux conséquences de l'infection nosocomiale, à savoir les frais de transport, les frais d'appareillages et les frais futurs.

Par des mémoires, enregistrés le 15 décembre 2021, le 8 juin 2022, le 15 décembre 2022, et le 10 janvier 2023, la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut, représentée par Me De Berny, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, de condamner le centre hospitalier de Valenciennes à lui verser la somme de 327 607,98 euros correspondant aux débours qu'elle a exposés pour le compte de son assurée, Mme E A ;

2°) à titre subsidiaire, d'une part, de condamner le centre hospitalier de Valenciennes à lui verser la somme de 159 698,97 euros correspondant aux débours qu'elle a exposés pour le compte de son assurée, Mme E A, jusqu'au 8 décembre 2022 ;

3°) d'autre part, de condamner le centre hospitalier à verser les frais échus et à échoir des débours qu'elle a exposés, à compter du 8 décembre 2022, " au fur et à mesure de leur service au prix effectivement supporté par la caisse et sans plafond " ;

4°) d'assortir la condamnation du centre hospitalier de Valenciennes des intérêts au taux légal à compter de l'enregistrement du premier mémoire, ainsi que de la capitalisation des intérêts ;

5°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Valenciennes l'indemnité forfaitaire de gestion ;

6°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Valenciennes la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code justice administrative.

Elle soutient que :

- les avis des médecins-conseils du centre hospitalier ne remettent pas en cause le lien entre l'infection nosocomiale et les soins ;

- le centre hospitalier ne démontre pas qu'une cause étrangère soit à l'origine de l'infection ; ni ne démontre que l'infection fût inévitable, imprévisible et irrésistible ;

- les débours qu'elle a supportés s'élèvent à la somme de 327 607,98 euros, répartie de la façon suivante :

o 152 340,55 euros pour les frais hospitaliers du 2 septembre 2009 au 1er juillet 2011 ;

o 7 226,70 euros de frais d'appareillages avant et après la date de consolidation fixée au 31 décembre 2011 ;

o 400,28 euros pour les frais de transport ;

o 167 639,01 euros de frais futurs capitalisés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code civil ;

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code du travail ;

- l'arrêté du 22 décembre 2021 modifiant l'arrêté du 27 décembre 2011 modifié relatif à l'application des articles R. 376-1 et R. 454-1 du code de la sécurité sociale ;

- l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2024 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Riou,

- les conclusions de Mme Bruneau, rapporteure publique,

- les observations de Me Mollon, substituant Me Vandenbussche, représentant le centre hospitalier de Valenciennes.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E A, épouse F, a été admise au centre hospitalier de Maubeuge le 6 août 2009, à la demande de son médecin traitant, alors qu'elle était enceinte de 32 semaines. L'équipe du centre hospitalier a suspecté que la patiente était atteinte d'une tachycardie jonctionnelle sur maladie de Bouveret. Par la suite, elle a été transférée et hospitalisée d'urgence au centre hospitalier de Valenciennes, dans la nuit du 6 au 7 août 2009, en raison d'un tableau clinique suggérant une menace vitale à court terme. Compte tenu de son état santé, une césarienne a dû être effectuée. Cependant, les suites médicales ont été marquées par un choc persistant. Il a été découvert un myxome de l'oreillette gauche. Son état étant critique, l'équipe mobile du centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Lille a mis en place une extracorporeal membrane oxygenation (ECMO), le 7 août 2009, après un abord chirurgical de l'artère fémorale gauche au niveau du triangle de Scarpa. Après cette intervention, elle a été emmenée au CHRU de Lille d'urgence pour une exérèse chirurgicale du myxome. Le 17 août 2009, l'ECMO lui a été enlevée. Une thrombose de l'artère fémorale étant mise en évidence le 26 août 2009, elle est opérée le jour même puis transférée en réanimation au centre hospitalier de Tourcoing, le 2 septembre 2009, où elle subit une nouvelle intervention au niveau du pontage. Après une rééducation et en raison de lésions d'ostéite chronique, Mme F a subi, en 2010, une amputation de deux orteils au pied gauche. Elle souffre toujours d'un déficit fonctionnel à la jambe gauche.

2. Le 20 avril 2018, elle a adressé une demande d'indemnisation à la commission de conciliation et d'indemnisation (CCI) de Lille. La commission a désigné le Dr C, gynécologue-obstétricien, et le Pr B, spécialiste en chirurgie cardiaque, en qualité d'experts. En outre, elle a adjoint à l'expertise le Dr G, en qualité de co-expert. Le rapport d'expertise a été remis le 30 octobre 2019. La CCI a rendu son avis le 15 janvier 2020. Les requérants ont adressé une demande indemnitaire au centre hospitalier de Valenciennes le 16 septembre 2021. En l'absence de réponse, les requérants ont saisi le tribunal d'une demande de condamnation du centre hospitalier de Valenciennes à verser la somme de 186 066,11 euros, selon la décomposition, qui doit prévaloir en l'espèce, des préjudices figurant dans la requête, alors qu'une somme de 191 624,11 euros est demandée dans la page de conclusions de la requête, en réparation de l'infection nosocomiale contractée par Mme A au décours de la pose de l'ECMO et à la somme de 15 000 euros au titre des préjudices subis par M. F, victime par ricochet.

Sur la responsabilité du centre hospitalier de Valenciennes :

3. D'une part, aux termes du second alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Les établissements, services et organismes [dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins] sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère ". Doit être regardée comme présentant un caractère nosocomial au sens des dispositions précitées du second alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 1142-1-1 du même code : " Sans préjudice des dispositions du septième alinéa de l'article L. 1142-17, ouvrent droit à réparation au titre de la solidarité nationale : / 1° Les dommages résultant d'infections nosocomiales dans les établissements, services ou organismes mentionnés au premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 correspondant à un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à 25 % déterminé par référence au barème mentionné au II du même article, ainsi que les décès provoqués par ces infections nosocomiales ; / () ".

5. Il résulte des conclusions expertales que Mme A a contracté au décours de l'implantation d'une ECMO, réalisée dans un contexte de sauvetage en salle de déchoquage, une infection nosocomiale au germe Candida albicans constatée dans les prélèvements profonds lors de la reprise pour lâchage de suture artérielle le 7 septembre 2009 ainsi que dans les hémocultures. Lors d'un second lâchage de suture, un stenotrophonas maltophilia a été isolé le 14 septembre 2009. Si le centre hospitalier défendeur souligne la nécessité de réaliser l'ECMO afin de garantir la survie de la patiente et présente l'infection comme quasiment inévitable compte tenu des conditions de sa réalisation en urgence, aucune de ces circonstances ne constitue une cause exonératoire, à défaut d'être étrangères à la prise en charge. Ainsi, l'intéressée a contracté, lors de sa prise en charge par le centre hospitalier défendeur, une infection nosocomiale. Par suite, en l'absence de cause étrangère démontrée ou alléguée, et compte tenu du déficit fonctionnel permanent retenu, égal à 15%, la responsabilité du centre hospitalier de Valenciennes est engagée de plein droit à raison des préjudices découlant des séquelles de Mme A qui sont en lien avec cette infection nosocomiale.

Sur le lien de causalité :

6. D'une part, le centre hospitalier défendeur soutient que les seules conséquences directes de l'infection nosocomiale, contractée au décours d'une opération pour la mise en place d'une ECMO, sont les préjudices liés à la réalisation du pontage veineux le 2 septembre 2009 et les reprises chirurgicales pour lâchages de sutures les 7, 14 et 22 septembre 2009. Si les experts ont conclu que l'ensemble des séquelles présentées par la victime sont " en rapport ", sous-entendu causal, avec l'infection, ils décrivent par ailleurs les suites ischémiques comme la conséquence, à l'époque des faits non fautive car ne faisant pas l'objet d'une recommandation, du défaut de nouvelle perfusion artérielle du membre inférieur lors de l'implantation de l'assistance cardiaque ou après cette dernière. En outre, les experts décrivent les premiers signes d'ischémie, à savoir des problèmes de retour veineux, dès le 9 août, et des bulles cutanées au talon, le 11 août, comme étant antérieurs à ceux de l'infection, qui s'est manifestée au plus tôt le 15 août 2009 soit deux jours avant l'ablation de l'ECMO, le 17 août 2009. Avant le lâchage de la cicatrice, le 24 août, Mme A présentait déjà, le 21 août 2009, des signes de nécroses au niveau de ses orteils du pied gauche. Hormis pour la période du 27 août au 22 septembre 2009, pour lesquels l'ensemble des interventions chirurgicales s'inscrit, selon le rapport d'expertise, dans le cadre d'une prise en charge des infections du scarpa et présente donc un lien avec l'infection nosocomiale, les complications vasculaires subies par Mme A, à savoir principalement l'ischémie et ses suites neuromusculaires ne résultent pas de l'infection nosocomiale contractée au décours de la prise en charge au centre hospitalier de Valenciennes.

7. D'autre part, s'il résulte de l'instruction, à savoir de l'avis technique produit par le centre hospitalier en défense, que la nécrose des orteils du pied gauche s'est compliquée d'une ostéite causée par un staphylocoque doré, cette dernière infection n'est apparue qu'en septembre 2010, alors que Mme A avait déjà connu plusieurs hospitalisations dans d'autres établissements que le centre hospitalier de Valenciennes, à savoir successivement le centre hospitalier régional universitaire de Lille, le centre de rééducation l'Espoir et le centre hospitalier de Tourcoing et que toute antibiothérapie consécutive à la prise en charge en cause dans la présente instance avait été arrêtée le 10 mars 2010. Par suite, cette ostéite, et l'amputation de deux orteils qu'elle a nécessitée, ne peut être regardée comme résultant directement de l'infection nosocomiale à Candida albicans contractée au centre hospitalier de Valenciennes.

Sur l'évaluation des préjudices :

8. Eu égard aux conclusions expertales, non contestées sur ce point, la date de consolidation a été fixée au 31 décembre 2011, soit, selon l'expertise, six mois après la dernière intervention subie suite aux complications survenues entre septembre 2009 et juin 2011.Toutefois, la consolidation des complications ischémiques et neuromusculaires, qui procèdent d'un aléa thérapeutique non fautif, est sans incidence sur les droits à indemnisation de Mme A et de la caisse primaire d'assurance maladie, subrogée dans les droits de cette dernière. Si les experts n'ont pas précisé à quelle date les séquelles de l'infection ont disparu, il sera fait une juste appréciation de la période de déficit fonctionnel temporaire total liée aux suites de l'épisode infectieux en fixant son terme au 11 mars 2010, date de la fin de la prise en charge, dans un centre de rééducation, en lien, non discuté en défense, avec l'infection contractée par le champignon Candida albicans. Après le 12 mars 2010, il sera fait une juste appréciation de la période de convalescence liée à l'infection nosocomiale, période marquée par un déficit fonctionnel temporaire de 75%, en la fixant à 16 jours de sorte que la consolidation de l'infection nosocomiale en cause doit être regardée comme intervenue le 27 mars 2010.

En ce qui concerne les préjudices de Mme A :

S'agissant des dépenses de santé actuelles :

9. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " () Les recours subrogatoires des caisses contre les tiers s'exercent poste par poste sur les seules indemnités qui réparent des préjudices qu'elles ont pris en charge, à l'exclusion des préjudices à caractère personnel. Conformément à l'article 1346-3 du code civil, la subrogation ne peut nuire à la victime subrogeante, créancière de l'indemnisation, lorsqu'elle n'a été prise en charge que partiellement par les prestations sociales ; en ce cas, l'assuré social peut exercer ses droits contre le responsable, par préférence à la caisse subrogée. () ".

10. En application des dispositions citées ci-dessus, le juge, saisi d'un recours subrogatoire d'un organisme de sécurité sociale doit, pour chacun des postes de préjudices patrimoniaux, déterminer le montant du préjudice en précisant la part qui a été réparée par des prestations de sécurité sociale et celle qui est demeurée à la charge de la victime. Il lui appartient ensuite de fixer l'indemnité mise à la charge de l'auteur du dommage au titre du poste de préjudice en tenant compte, lorsque c'est le cas, de ce que la réparation est partielle, la somme que doit réparer le tiers responsable au titre d'un poste de préjudice devant être attribuée par préférence à la victime, le solde étant attribué à l'organisme.

11. D'une part, la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut soutient, par la production d'un relevé de ses débours et d'une attestation d'imputabilité de son médecin-conseil, avoir pris en charge pour le compte de la victime et en lien avec l'infection nosocomiale, pour la période du 2 septembre 2009 au 28 décembre 2011, une somme de 118 981,20 euros pour des frais d'hospitalisation au centre hospitalier de Tourcoing, 27 372,73 euros pour des frais au centre de l'Espoir, puis la somme de 3 325,90 euros, 665,18 euros et 1 995,54 euros pour les frais d'hospitalisation au centre hospitalier de Tourcoing. Ainsi, au titre des frais d'hospitalisation, la caisse justifie la somme de 152 340,55 euros (118 981,20 + 27 372,73 + 3 325,90 + 665,18 + 1 995,54). Ensuite, pour la même période précitée, la caisse demande la somme de 49,51 euros pour une canne en bois, 1 032,34 euros pour la location d'un fauteuil roulant avec accessoires et 278,09 euros pour des chaussures CHUT. Enfin, la caisse soutient avoir pris en charge la somme de 400,28 euros au titre des frais de transport. Toutefois, comme le relève le centre hospitalier en défense, qui ne conclut pas au rejet à titre principal des conclusions de la caisse, les débours hors hospitalisation, à savoir des frais d'appareillage et de transport liés au déficit du membre inférieur siège des complications, sont exclusivement en lien avec les troubles neuromusculaires, c'est-à-dire avec le problème ischémique relevant d'un accident médical non fautif, qui ne peut engager sa responsabilité. Par suite, la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut est seulement fondée à obtenir l'indemnisation de ses frais d'hospitalisation, que le centre hospitalier admet expressément lui devoir, soit la somme précitée de 152 340,55 euros, indépendamment de la date de consolidation fixée plus haut.

12. D'autre part, Mme A soutient avoir conservé à sa charge la somme de 328,18 euros au titre des frais de pharmacie. Toutefois, si l'intéressée détaille les sommes restantes à sa charge, à raison de la prise par sa caisse primaire d'assurance maladie et par sa complémentaire santé d'une partie de frais de pharmacie, il résulte du relevé des débours produit par la caisse ainsi que de l'attestation d'imputabilité du médecin-conseil de la caisse que cette dernière ne justifie d'aucune dépense de pharmacie en lien avec la prise en charge. La requérante ne démontre pas davantage le lien direct et certain entre ses dépenses de pharmacie restées en partie à sa charge, dont aucune n'est antérieure au 24 décembre 2009 et l'infection nosocomiale. Par suite, il y a lieu de rejeter ce poste de préjudice.

S'agissant de l'assistance par tierce personne temporaire :

13. Si les experts ont retenu un besoin d'assistance par une tierce personne pour les périodes pour lesquelles ils ont évalué le déficit fonctionnel temporaire à 75%, ces périodes, à l'exception de celle qui suit le séjour en centre de rééducation, à partir du 11 mars 2010 correspondent aux suites de l'ostéite qui s'est manifestée en septembre 2010. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de la durée du déficit fonctionnel temporaire partiel imputable à l'infection nosocomiale en la fixant à un mois, duquel il convient de déduire une période de 15 jours de convalescence que la pathologie initiale de Mme A, non imputable au centre hospitalier de Valenciennes aurait conduit à subir. Il sera fait une juste appréciation du besoin quotidien d'assistance par tierce personne au cours de cette période de 16 jours (31 - 15) en la fixant à deux heures par jour. Afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, il y a lieu, ainsi que le prévoit le référentiel de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), de calculer l'indemnisation sur la base d'une année de 412 jours, ainsi que sur la base d'un taux horaire moyen de rémunération tenant compte des charges patronales et des majorations de rémunération pour travail du dimanche, fixé à 15 euros pour une aide active non spécialisée. Le centre hospitalier de Valenciennes versera ainsi à Mme A la somme de 541,81 euros (16 x 15 x 2 x 412/365) au titre de ce chef de préjudice.

S'agissant des pertes de gains professionnels actuels :

14. Il résulte de l'instruction que Mme A était sans emploi au moment de l'opération du 7 août 2009 et qu'elle touchait l'allocation de retour à l'emploi antérieurement à son hospitalisation. En dépit de l'urgence de son hospitalisation et de la lourdeur de sa prise en charge, il ne résulte pas de l'instruction que son état faisait obstacle à ce qu'elle, ou son mari, adressent à Pôle emploi, devenu à la date du présent jugement France travail, un bulletin d'hospitalisation qui lui aurait permis sa radiation de la liste des demandeurs d'emploi, à compter du 31 août 2009 ou qui aurait pu conduire à la perception d'indemnités journalières de l'assurance maladie. Par suite, la cessation, en outre à compter du 1er août 2009, avant même toute hospitalisation, de la perception des indemnités de chômage n'est pas imputable à la prise en charge hospitalière et la demande de Mme A au titre de ce chef de préjudice doit être rejetée.

S'agissant des frais divers : les frais de dossier médical et d'envoi :

15. En vertu du dernier alinéa de l'article L. 1111-7 du code de la santé publique, le patient peut consulter gratuitement sur place les informations contenues dans son dossier médical. Lorsqu'il souhaite la délivrance de copies, quel qu'en soit le support, les frais laissés à sa charge ne peuvent pas excéder le coût de la reproduction et, le cas échéant, de l'envoi des documents. Ainsi, Mme A démontre qu'elle a dû dépenser la somme de 16,95 euros pour son dossier au centre hospitalier de Tourcoing, la somme de 11,49 euros pour son dossier au centre hospitalier de Sambre Avesnois, la somme de 10,59 euros pour son dossier au centre hospitalier de Valenciennes et la somme de 21,60 euros pour son dossier au centre de rééducation et de réadaptation fonctionnelles spécialisées, dit centre de l'Espoir. Il résulte de ce qui précède que les frais de reproduction du dossier, utiles à l'instance, s'élèvent à la somme de 60,63 euros (16,95 + 11,49 + 10,59 + 21,60). En outre, elle justifie qu'elle a dû supporter les frais d'envoi par la poste pour des montants respectifs de 20 euros et de 6,16 euros. Si elle soutient qu'elle a supporté un affranchissement de 51,04 euros, ce montant n'est pas démontré. Ainsi, il n'y a pas lieu de l'indemniser. Par suite, les frais d'envoi s'élèvent à la somme de 26,16 euros (20 + 6,16).

16. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu d'indemniser la requérante des frais de dossier et d'envoi par la poste à la somme totale de 86,79 euros (60,63 + 26,16), qui sera mise à la charge du centre hospitalier de Valenciennes.

17. Le besoin de renouvellement des chaussures orthopédiques, des chaussures " CHUT " et du fauteuil roulant découle des suites neuromusculaires de l'ischémie et non de l'infection nosocomiale en cause. Les conclusions présentées par Mme A et la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut tendant à l'indemnisation de ces dépenses après la consolidation de ces suites doivent, pour les motifs précédemment indiqués, être rejetées.

S'agissant des frais de véhicule adapté :

18. Il ne résulte pas des conclusions expertales que le déficit fonctionnel permanent de 15%, présenté par Mme A, qui tient à l'ankylose de l'articulation tibio-tarsienne, présente un lien avec l'infection contractée ou les reprises chirurgicales que cette infection a nécessitées. Par suite, les frais d'adaptation du véhicule, qui ne sont en outre pas établis en dépit d'une mesure d'instruction, ne peuvent être indemnisés.

S'agissant de l'incidence professionnelle :

19. Si les experts ont retenu un retentissement professionnel important de la prise en charge au centre hospitalier de Valenciennes, ce retentissement est exclusivement lié à la limitation des mouvements ou à la pénibilité d'une station debout prolongé, qui sont les conséquences de la complication neuromusculaire précitée. Il ne résulte pas de l'instruction que l'infection contractée ait entraîné un déficit fonctionnel permanent. Par suite, la demande d'indemnisation d'une incidence professionnelle doit être rejetée.

S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :

20. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport des experts, que Mme A a présenté un déficit fonctionnel temporaire (DFT) évalué à 100% puis à 75%, du 7 août 2009 au 11 mars 2010 et du 12 mars 2010 au 12 septembre 2010, soit respectivement 217 jours et 185 jours. La période de déficit fonctionnel temporaire total précitée, même si elle a également été marquée par les suites ischémiques de l'ECMO, serait également intervenue du seul fait de l'infection nosocomiale, à l'exception d'une période de 15 jours d'hospitalisation, en tout état de cause nécessaire du fait du myxome présenté par Mme A. Pour la période postérieure au 12 mars 2010, si, ainsi qu'il a été dit plus haut pour l'assistance par tierce personne, une période d'un mois de convalescence peut être retenue, il y a lieu de déduire de cette période de 31 jours une durée de 15 jours au titre de la convalescence de la prise en charge du myxome, qui n'est pas imputable au centre hospitalier de Valenciennes. Dès lors, en retenant un taux journalier d'indemnisation de 15 euros, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi par Mme A au titre du déficit fonctionnel temporaire, qui comprend le préjudice sexuel temporaire, en l'évaluant à la somme totale de 3 210 euros [(15 euros x (217 - 15) jours x 1) + (15 euros x 16 jours x 0,75)].

S'agissant des souffrances endurées :

21. Il sera fait une juste appréciation des souffrances endurées, évaluées par les experts à 3,5 sur une échelle de 7, selon le barème indicatif de l'ONIAM, à la somme de 5 000 euros qui sera mise à la charge du centre hospitalier de Valenciennes.

S'agissant du préjudice esthétique temporaire :

22. Il sera fait une juste appréciation du préjudice esthétique temporaire à la somme de 1 500 euros qui sera mise à la charge du centre hospitalier de Valenciennes.

S'agissant du déficit fonctionnel permanent :

23. Il résulte de l'instruction, c'est-à-dire des conclusions expertales, que le déficit fonctionnel permanent est évalué à 15%. Toutefois, ainsi qu'il a été dit, ce déficit ne résulte pas de l'infection en cause, de sorte que l'indemnisation de ce chef de préjudice par le centre hospitalier de Valenciennes doit être écartée.

S'agissant du préjudice d'agrément :

24. Si les experts n'ont pas mentionné de préjudice d'agrément, le déficit fonctionnel permanent de 15% qu'ils retiennent atteste de la difficulté de maintenir une activité physique régulière de marche, justifiée au dossier. Toutefois, ainsi qu'il a été dit, cette limitation de la marche n'est pas imputable à l'infection nosocomiale, de sorte que l'indemnisation de ce chef de préjudice doit être rejetée.

S'agissant du préjudice esthétique permanent :

25. Ce préjudice, en ce qu'il tient à la présence de nombreuses cicatrices liées aux reprises chirurgicales de prise en charge de l'infection nosocomiale a été évalué par l'expert à 3 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en lui allouant la somme de 4 000 euros, qui sera mise à la charge du centre hospitalier de Valenciennes.

S'agissant du préjudice sexuel permanent :

26. Mme A soutient que les séquelles permanentes de son accident conduisent à ce qu'elle subit un préjudice sexuel. A défaut de séquelle permanente de l'infection nosocomiale, il y a lieu de rejeter l'indemnisation de ce poste de préjudice.

En ce qui concerne les préjudices de la victime par ricochet M. F :

27. En premier lieu, il résulte de l'instruction qu'à la suite de l'infection contractée par Mme A au décours de la mise en place d'une ECMO, M. F a dû suspendre son activité professionnelle pour, à la fois, se rendre au chevet de son épouse et s'occuper du nouveau-né et de ses deux autres filles. Toutefois, M. F ne saurait demander au centre hospitalier de Valenciennes d'indemniser la diminution de ses revenus professionnels pour le mois de juillet 2009, antérieure à toute hospitalisation de son épouse. Il résulte en outre des conclusions expertales que Mme A, même en l'absence de complications, n'aurait regagné son domicile que le 2 septembre 2009, de sorte que l'indemnisation d'une perte de gains professionnels est également exclue pour le mois d'août 2009. Il résulte de l'instruction que le salaire mensuel moyen net perçu par M. F pour les mois de janvier à juillet 2009 s'élève à la somme de 1 504,24 euros, correspondant, pour les trois mois en cause de septembre à novembre 2009, à 4 512,72 euros. Au cours de ce trimestre, il n'a perçu qu'un salaire de 2 562,37 euros, soit une perte de 1 950,35 euros, qui sera mise à la charge du centre hospitalier défendeur.

28. En second lieu, M. F doit être regardé comme se prévalant du préjudice d'affection dont il sera fait une juste appréciation en mettant une somme de 3 000 euros à la charge du centre hospitalier, à verser à M. F au titre de ce poste de préjudice.

Sur les sommes mises à la charge du centre hospitalier de Valenciennes :

29. D'une part, il résulte de tout ce qui précède que le centre hospitalier de Valenciennes est condamné à verser à Mme A, en qualité de victime directe, la somme de 14 338,60 euros (541,81 + 86,79 + 3 210 + 5 000 + 1 500 + 4 000) et la somme de 4 950,35 euros (1 950,35 + 3 000) à M. F en qualité de victime par ricochet.

30. D'autre part, le centre hospitalier défendeur devra également verser la somme de 152 340,55 euros au titre des débours que la caisse a exposés pour le compte de son assurée.

Sur les intérêts et la capitalisation :

31. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ". Aux termes de l'article 1343-2 du même code : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise ". Il résulte de ces dispositions que, d'une part, lorsqu'ils sont demandés, et quelle que soit la date de la demande, les intérêts des indemnités allouées sont dus à compter du jour où la demande de réclamation de la somme principale est parvenue à la partie débitrice ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement au greffe du tribunal administratif des conclusions tendant au versement de cette indemnité, et, d'autre part, que la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière.

32. La caisse primaire d'assurance du Hainaut a droit aux intérêts de la somme citée plus haut à compter de la date d'enregistrement du mémoire au greffe du tribunal, soit le 15 décembre 2021.

33. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée le 15 décembre 2021. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 15 décembre 2022 date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les frais liés au litige :

En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire de gestion :

34. Il résulte des dispositions du neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale que le montant de l'indemnité forfaitaire qu'elles instituent est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un plafond dont le montant est révisé chaque année par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 118 € et 1 191 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2023 ".

35. En application des dispositions précitées, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Valenciennes le versement à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut la somme de 1 191 euros.

En ce qui concerne les frais exposés et non compris dans les dépens :

36. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

37. En premier lieu, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de Valenciennes le versement aux requérants de la somme de 5 520,12 euros au titre des frais exposés par Mme A et M. F et non compris dans les dépens, dont ils justifient par la production de factures.

38. En deuxième lieu, il y a également lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de Valenciennes le versement à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut de la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

39. En dernier lieu, en vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par le centre hospitalier de Valenciennes doivent dès lors être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Le centre hospitalier de Valenciennes est condamné à verser à Mme A la somme de 14 338,60 euros.

Article 2 : Le centre hospitalier de Valenciennes est condamné à verser à M. F, en qualité de victime par ricochet et en son nom propre, la somme de 4 950,35 euros.

Article 3 : Le centre hospitalier de Valenciennes est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut la somme de 152 340,55 euros avec intérêts au taux légal à compter du 15 décembre 2021. Les intérêts échus à la date du 15 décembre 2022 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 4 : Le centre hospitalier de Valenciennes est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut la somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Article 5 : Le centre hospitalier de Valenciennes versera à Mme A et à M. F la somme de 5 520,12 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Le centre hospitalier de Valenciennes versera à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 8 : Le présent jugement sera notifié à Mme E A, à M. D F, au centre hospitalier de Valenciennes et à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut.

Délibéré après l'audience publique du 22 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Riou, président,

M. Fougères, premier conseiller,

Mme Lançon, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juin 2024.

Le président-rapporteur,

signé

J.-M. Riou

L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,

signé

V. Fougères

La greffière,

signé

J. Vandewyngaerde

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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