jeudi 6 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2109680 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | GUEY-BALGAIRIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 13 décembre 2021 et 25 février 2022, Mme A B, représentée par Me Guey, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la décharge de la cotisation primitive d'impôt sur le revenu à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2017 et des droits de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période couvrant les années 2016 et 2017, ainsi que des pénalités s'y rapportant ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la modification des rehaussements consécutive au recours hiérarchique du 5 novembre 2019 n'a pas été portée à sa connaissance avant la mise en recouvrement des impositions en litige, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 48 du livre des procédures fiscales ;
- l'avis de mise en recouvrement des droits de taxe sur la valeur ajoutée ne peut être regardé comme renvoyant au dernier document fixant le montant de ces droits, en méconnaissance de l'article R. 256-1 du livre des procédures fiscales, dès lors que le compte-rendu du recours hiérarchique du 5 novembre 2019 ne lui a pas été adressé ;
- les sommes de 2 164 euros, 800 euros, 2 163 euros et 672 euros constatées les 10 janvier 2017, 23 janvier 2017 et 14 juin 2017 correspondent à des chèques impayés ;
- la somme de 480 euros constatée le 19 juillet 2017 correspond à un chèque CARPA ;
- les sommes de 1 756 euros et 1 600 euros constatées les 9 et 14 février 2017 correspondent à des virements de compte à compte ;
- les sommes de 1 000 euros, 1 900 euros, 7 000 euros, 2 500 euros, 4 000 euros, 6 000 euros, 1 500 euros, 1 500 euros, 9 000 euros et 5 000 euros correspondent à des apports personnels.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 26 janvier 2022, 31 janvier 2022 et 23 mars 2023, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au non-lieu partiel à statuer à concurrence des dégrèvements prononcés en cours d'instance et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il soutient que :
- il a été prononcé le dégrèvement de la cotisation primitive d'impôt sur le revenu mise à la charge de Mme B au titre de l'année 2017 ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 48 du livre des procédures fiscales est inopérant au soutien des conclusions tendant à la décharge des droits de taxe sur la valeur ajoutée en litige, lesquels ont été mis en recouvrement à l'issue d'une procédure de taxation d'office ;
- les autres moyens ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 24 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 24 avril 2023.
Un mémoire, présenté pour Mme B, a été enregistré le 23 avril 2023.
En application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, l'instruction a été rouverte pour les éléments demandés en vue de compléter l'instruction par lettre du 3 mai 2023
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lemaire,
- et les conclusions de M. Huguen, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, qui exerce l'activité d'avocate, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle elle a été assujettie à une cotisation primitive d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2017. Des droits de taxe sur la valeur ajoutée ont également été mis à sa charge au titre de la période couvrant les années 2016 et 2017. Mme B demande au tribunal de prononcer la décharge de ces impositions, ainsi que des pénalités correspondantes.
Sur l'étendue du litige :
2. Par des décisions en date des 26 et 31 janvier 2022, l'administration fiscale a prononcé le dégrèvement de la cotisation primitive d'impôt sur le revenu à laquelle Mme B a été assujettie au titre de l'année 2017, ainsi que des pénalités correspondantes. Les conclusions de la requête de Mme B sont, dans cette mesure, devenues sans objet.
Sur le surplus des conclusions à fin de décharge :
3. Aux termes de l'article L. 256 du livre des procédures fiscales : " Un avis de mise en recouvrement est adressé par le comptable public compétent à tout redevable des sommes, droits, taxes et redevances de toute nature dont le recouvrement lui incombe lorsque le paiement n'a pas été effectué à la date d'exigibilité. / () ". Aux termes de l'article R. 256-1 de ce livre : " L'avis de mise en recouvrement prévu à l'article L. 256 indique pour chaque impôt ou taxe le montant global des droits, des pénalités et des intérêts de retard qui font l'objet de cet avis. / () / Lorsque l'avis de mise en recouvrement est consécutif à une procédure de rectification, il fait référence à la proposition prévue à l'article L. 57 ou à la notification prévue à l'article L. 76 et, le cas échéant, au document adressé au contribuable l'informant d'une modification des droits, taxes et pénalités résultant des rectifications. / () ".
4. Il résulte de l'instruction que l'avis de mise en recouvrement du 30 octobre 2020 mettant à la charge de Mme B les droits de taxe sur la valeur ajoutée en litige au titre de la période couvrant les années 2016 et 2017, ainsi que les pénalités correspondantes, mentionne la notification des bases imposables du 3 juin 2019 et une réponse aux observations du contribuable du 5 août 2019. Il est toutefois constant que les rehaussements ont été substantiellement réduits à la suite d'un entretien avec le supérieur hiérarchique du vérificateur, qui a eu lieu le 5 novembre 2019 et a donné lieu à un compte-rendu du 27 novembre 2019, auquel ne fait pas référence l'avis de mise en recouvrement et dont Mme B soutient sans être sérieusement contestée qu'il ne lui a pas été adressé, l'administration fiscale reconnaissant être dans l'impossibilité d'établir l'envoi de ce document et sa réception par l'intéressée. Dans ces conditions, et sans qu'y fasse obstacle la circonstance qu'elle se trouvait en situation de taxation d'office, Mme B est fondée à soutenir que l'avis de mise en recouvrement du 30 octobre 2020 ne satisfait pas aux exigences de l'article R. 256-1 du livre des procédures fiscales et qu'en l'absence de réception du compte-rendu du 27 novembre 2019, elle a été privée de la possibilité de contester utilement les impositions et pénalités mises à sa charge. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, Mme B est fondée à demander la décharge des droits de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période couvrant les années 2016 et 2017, ainsi que des pénalités s'y rapportant.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement à Mme B d'une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de décharge de la requête de Mme B à concurrence des dégrèvements accordés en cours d'instance.
Article 2 : Mme B est déchargée des droits de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période couvrant les années 2016 et 2017, ainsi que des pénalités correspondantes.
Article 3 : L'État versera à Mme B une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Lemaire, président,
- Mme Courtois, première conseillère,
- Mme Célino, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2024.
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
C. COURTOISLe président-rapporteur,
Signé
O. LEMAIRE
La greffière,
Signé
S. RANWEZ
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026