LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2200145

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2200145

mardi 5 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2200145
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantNAVY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 janvier 2022, Mme C E, représentée par Me Navy, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 octobre 2021 par lequel le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au même préfet de lui délivrer le titre sollicité, sous astreinte de 155 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne les moyens communs :

- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;

-il est insuffisamment motivé ;

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

-il méconnaît les stipulations du 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;

-il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

-il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

-elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire à trente jours :

-elle est dépourvue de base légale, du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

-elle méconnaît les dispositions de l'article 7 de la directive 2008/115/CE ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est dépourvue de base légale, du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;

-elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 février 2022, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord du 27 décembre 1968 entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;

- la directive n° 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C E, ressortissante algérienne née le 19 novembre 1993 à Kouba (Algérie) est entrée en France le 16 juillet 2015 sous couvert d'un visa court séjour. Elle a épousé le 7 mai 2016 un ressortissant français. Elle a bénéficié d'un certificat de résidence en qualité de conjoint de Français à compter du 13 décembre 2016, renouvelé par la suite. Par un arrêté du 6 février 2020, le préfet du Nord a refusé de renouveler son certificat de résidence et l'a obligée à quitter le territoire français. Le préfet a abrogé cet arrêté par arrêté du 18 décembre 2020 et a instruit de nouveau la demande de Mme E. Par un nouvel arrêté du 15 décembre 2021, il a rejeté sa demande et l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours. Dans la présente instance, Mme E demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

Sur les moyens communs aux décisions attaquées :

2. En premier lieu, Mme D A de la Perrière, signataire de la décision attaquée, disposait d'une délégation à cet effet par arrêté du préfet du Nord en date du 30 septembre 2021, régulièrement publié le même jour au recueil spécial des actes administratifs de l'Etat dans le département. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire manque donc en fait et ne peut qu'être écarté.

3. En second lieu, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des circonstances de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque donc en fait et doit être écarté.

Sur la légalité du refus de titre de séjour :

4. En premier lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () / 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; / () ".

5. Il ressort des pièces du dossier que Mme E entrée en France, ainsi qu'il l'a été dit, au mois de juillet 2015, est divorcée de son époux, ressortissant français. Elle a épousé le 13 septembre 2018, en Algérie, un ressortissant de ce pays, dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il résiderait régulièrement en France. Si elle soutient avoir deux enfants nés en France, elle ne produit l'acte de naissance que d'un enfant, né en 2019 de sa nouvelle union. Par ailleurs, en indiquant avoir longtemps été hébergée par sa sœur, titulaire d'un certificat de résidence valable dix ans, et s'occuper régulièrement des filles de cette dernière, elle n'apporte pas d'éléments de nature à faire regarder le refus de titre de séjour comme portant à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée, alors au demeurant que ses parents résident en Algérie. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations citées au point précédent ne peut, dès lors, qu'être écarté.

6. En deuxième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".

7. En se bornant à alléguer que la décision attaquée contrevient à ces stipulations, Mme E n'assortit pas ce moyen de précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé. En outre, à supposer qu'elle entende faire allusion à l'état de santé de son fils, le certificat médical produit, qui indique que celui-ci présente une déformation de la boîte crânienne liée à l'usage des forceps et d'une ventouse et qu'il nécessite un suivi ostéopathique ne saurait permettre de considérer que l'intérêt supérieur de l'enfant impose qu'il demeure en France pour ce motif.

8. En troisième lieu, pour les mêmes motifs de fait que ceux indiqués aux points 5 et 7, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

9. Il résulte de ce qui précède que Mme E n'est pas fondée à demander l'annulation du refus de titre de séjour.

Sur la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :

10. Pour les mêmes motifs de fait que ceux indiqués aux points 5 et 7, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

11. Il résulte de ce qui précède que Mme E n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Sur la légalité de la décision fixant à trente jours le délai de départ volontaire :

12. En premier lieu, faute d'illégalité entachant l'obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré du défaut de base légale de la décision fixant à trente jours le délai de départ volontaire doit être écarté.

13. En second lieu, Mme E ne saurait utilement se prévaloir des dispositions de l'article 7 de la directive du 16 décembre 2008, dès lors que celles-ci sont transposées de manière fidèle et complète à l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

14. Il résulte de ce qui précède que Mme E n'est pas fondée à demander la décision fixant à trente jours le délai de départ volontaire.

Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :

15. En premier lieu, faute d'illégalité entachant l'obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré du défaut de base légale de la décision fixant le pays de destination doit être écarté.

16. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

17. Si Mme E soutient que la décision attaquée méconnaîtrait les stipulations citées au point précédent, elle n'assortit ce moyen d'aucune précision.

18. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme E doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement des article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E et au préfet du Nord.

Délibéré après l'audience du 14 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Bauzerand, président,

M. Even, premier conseiller,

Mme Piou, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.

Le rapporteur,

signé

P. B

Le président,

signé

Ch. BAUZERANDLa greffière,

signé

M. F

La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions