mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2200146 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CABARET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 5 janvier 2022, le 10 janvier 2022 et le 3 juin 2022, Mme C F, représentée par Me Cabaret, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 janvier 2021 par lequel le préfet du Nord lui a retiré sa carte de résidence, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui restituer sa carte de résidence dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
-l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
-il est insuffisamment motivé ;
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
-il méconnaît les dispositions de l'article L. 423-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
-elle est dépourvue de base légale, du fait de l'illégalité du refus de titre ;
-elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
-elle est dépourvue de base légale, du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
-elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juin 2022, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par un mémoire en intervention, enregistré le 3 juin 2022, M. D F, représenté par Me Maachi, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Mme F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- et les observations de Me Cabaret, représentant Mme F.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C F, ressortissante marocaine née le 9 janvier 1988 à El Kebdani (Maroc), a épousé le 26 août 2015 un ressortissant marocain, titulaire d'une carte de résident en France. Elle est entrée en France au mois de septembre 2014 sous couvert d'un visa portant la mention " regroupement familial ", et a été mise en possession d'une carte de résidence valable jusqu'au 21 septembre 2026. Par un arrêté du 26 janvier 2021, le préfet du Nord lui a retiré sa carte de résidence, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Dans la présente instance, Mme F demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'intervention volontaire :
2. Est recevable à former une intervention, devant le juge du fond comme devant le juge de cassation, toute personne qui justifie d'un intérêt suffisant eu égard à la nature et à l'objet du litige.
3. M. D F, ex-époux de Mme F, n'est concerné en rien par le droit au séjour de la requérante sur le territoire français et ne justifie en rien d'un intérêt suffisant pour intervenir au soutien des conclusions du préfet du Nord. Son intervention ne peut, dès lors, être admise.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, Mme E A de la Perrière, signataire de l'arrêté attaqué, disposait d'une délégation à cet effet par arrêté du préfet du Nord en date du 22 décembre 2020, publié le même jour au recueil spécial des actes administratifs l'Etat dans le département. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire manque donc en fait et doit être écarté
5. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque donc en fait et sera écarté.
6. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 423-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le conjoint d'un étranger titulaire de la carte de résident, qui a été autorisé à séjourner en France au titre du regroupement familial () et qui justifie d'une résidence régulière non interrompue d'au moins trois années en France, se voit délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans. () ". Aux termes des dispositions l'article L. 423-18 du même code : " Lorsque l'étranger a subi des violences familiales ou conjugales et que la communauté de vie a été rompue, l'autorité administrative ne peut procéder au retrait du titre de séjour de l'étranger admis au séjour au titre du regroupement familial et en accorde le renouvellement. En cas de violence commise après l'arrivée en France du conjoint mais avant la première délivrance de la carte de séjour temporaire, le conjoint se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. "
7. Il ressort des pièces du dossier que Mme F a déposé le 21 mars 2017 une main-courante, puis une plainte pour violences physiques et psychologiques infligées par son époux. Un examen médico-légal du même jour a relevé des signes cutanés de contusions, compatibles avec les faits allégués. Le 26 mars 2017, elle a déposé un complément de plainte, puis de nouveau le 30 mars 2017, après avoir quitté le domicile conjugal. Le 27 avril 2017, elle a déposé une nouvelle plainte au motif que son époux refuserait de lui rendre ses documents d'identité et de séjour et lui aurait dit avoir brûlé sa carte de résident. Toutefois, ainsi que l'a relevé la cour d'appel de Douai dans l'arrêt du 7 janvier 2021 par lequel elle a annulé le mariage de Mme F et de son époux, une main-courante a été déposée le 7 février 2018 par la requérante, où elle a admis n'avoir contracté mariage que " pour avoir des papiers pour rentrer en Europe ". Si Mme F nie être à l'origine de cette main-courante et a porté plainte pour faux et usage de faux le 25 octobre 2021, il ressort également d'un courrier de la caisse d'allocations familiales du Nord en date du 14 octobre 2016, que la requérante s'est présentée au guichet pour faire une demande de revenu de solidarité active (RSA) et a affirmé à cette occasion vouloir divorcer, le 26 septembre 2016, soit trois semaines après son entrée en France et cinq jours après la délivrance de son titre de séjour. Au surplus, pour former sa demande de titre, Mme F a imité la signature de son époux, qui était en déplacement professionnel. Dès lors, les difficultés relationnelles entre Mme F et son époux ne peuvent être regardées comme la cause déterminante de la rupture de la vie commune et la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet a méconnu les dispositions citées au point précédent, ni qu'il a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme F n'est pas fondée à demander l'annulation du refus de titre de séjour, ni par voie de conséquence, de l'obligation de quitter le territoire français et de la décision fixant le pays de destination. La requête doit, dès lors, être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : L'intervention de M. D F n'est pas admise.
Article 2 : La requête de Mme F est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C F, à M. D F et au préfet du Nord.
Délibéré après l'audience du 14 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Bauzerand, président,
M. Even, premier conseiller,
Mme Piou, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.
Le rapporteur,
signé
P. B
Le président,
signé
Ch. BAUZERANDLa greffière,
signé
M. G
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026