lundi 29 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2200150 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | juge unique (3) |
Vu les procédures suivantes :
I) Par une requête enregistrée le 8 janvier 2022 sous le numéro 2200150, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal de lui accorder une remise gracieuse portant sur des indus de revenu de solidarité active, d'allocations familiales et d'allocations adultes handicapés d'une somme totale de 21 526,05 euros.
Elle soutient que :
- elle est de bonne foi et ignorait ne pas pouvoir bénéficier des sommes versées par la CAF du Nord ;
- elle n'est pas en capacité de payer ses dettes.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 février 2023, la CAF du Nord conclut à l'incompétence de la juridiction administrative s'agissant des indus d'allocation adultes handicapés, et d'allocations familiales d'un montant respectif de 7 221,60 euros et de 13 990, 29 euros et à sa mise hors de cause s'agissant de l'indu de revenu de solidarité active d'un montant de 314,16 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mai 2024, le département du Nord conclut à l'incompétence de la juridiction administrative s'agissant des indus relatifs à l'allocation adultes handicapés et aux allocations familiales, et au rejet des conclusions dirigées contre l'indu de revenu de solidarité active.
Il fait valoir que :
- les conclusions relatives à la remise gracieuse des indus d'allocation adultes handicapés et aux allocations familiales relèvent de la compétence de la juridiction judiciaire ;
- la demande de remise de dette de Mme B n'a pas été précédée d'un recours administratif préalable ;
- le recours administratif préalable de Mme B dirigé contre les indus de revenu de solidarité active, d'allocations familiales et d'allocations adultes handicapés est tardif ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par la requête sont infondés.
II) Par une requête enregistrée le 3 mars 2022 sous le numéro 2201608, Mme A B, représentée par Me Gommeaux, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 novembre 2021 par laquelle le président du département du Nord a rejeté son recours administratif dirigé contre des indus de revenu de solidarité active d'allocations familiales et d'allocations adultes handicapés d'une somme totale de 21 526,05 euros notifiés le 11 février 2021 ;
2°) d'annuler la décision du 11 février 2021 par laquelle le directeur de la CAF du Nord lui a notifié des indus de revenu de solidarité active, d'allocations familiales et d'allocations adultes handicapés d'une somme totale de 21 526,05 ;
3°) d'enjoindre à la caisse d'allocation familiales du Nord de la rétablir dans ses droits avec intérêt à taux légal à compter du 26 octobre 2021 et capitalisation à compter du 26 octobre 2022, ou, tout du moins, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 000 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision du 5 novembre 2021 a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'erreur de droit quant au caractère forclos du recours préalable ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'appréciation dès lors qu'elle remplissait les conditions du droit au séjour entre mai et décembre 2020.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juin 2024, le département du Nord conclut au rejet des conclusions dirigées contre la décision du 5 novembre 2021.
Il fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du bureau d'aide juridictionnelle du 3 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de l'organisation judiciaire ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2018-1150 du 14 décembre 2018 ;
- le décret n° 2019-1323 du 10 décembre 2019 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Horn pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Horn, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique, à l'issue de laquelle l'instruction a été close, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 11 février 2021 le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord a indiqué à Mme B, son intention de recouvrer des indus de revenu de solidarité active, d'allocations familiales et d'allocations adultes handicapés d'un montant respectif de 314,16 euros (" INK/003 "), 13 990,29 euros et 7 221,60 euros. Par un courrier du 24 octobre 2021, reçu le 4 novembre suivant, Mme B a formé auprès du président du conseil départemental du Nord, un recours administratif préalable contre ces indus. Par la requête n° 2200150, Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal de lui accorder une remise gracieuse portant sur les indus de revenu de solidarité active, d'allocations familiales et d'allocations adultes handicapés précités. Par la requête n° 2201608, Mme B demande au tribunal d'annuler la décision du 11 février 2021 du directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord ainsi que la décision du 5 novembre 2021 du président du département du Nord.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées n°s 2200150 et 2201608, qui concernent les mêmes parties, présentent à juger des questions similaires et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un même jugement.
Sur la compétence de la juridiction administrative :
3. Aux termes de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction applicable au litige : " Le contentieux général de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : 1° A l'application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole, à l'exception des litiges relevant du contentieux technique de la sécurité sociale () ". Par ailleurs, l'article L. 142-8 de ce code dispose que : " Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : 1° Au contentieux général de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 ; () ". Aux termes de l'article L. 512-1 de ce code : " Toute personne française ou étrangère résidant en France, (), bénéficie pour ces enfants des prestations familiales dans les conditions prévues par le présent livre (). ". Aux termes de l'article L. 511-1 dudit code : " Les prestations familiales comprennent : / () 2°) les allocations familiales ; 3°) le complément familial ; 4°) l'allocation de logement ; 5°) l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé ; 6°) l'allocation de soutien familial ; 7°) l'allocation de rentrée scolaire ; () 9°) l'allocation journalière de présence parentale ". Et l'article L. 821-5 de ce code précise que : " L'allocation aux adultes handicapés est servie comme une prestation familiale. () / Les différends auxquels peut donner lieu l'application du présent titre et qui ne relèvent pas d'un autre contentieux sont réglés suivant les dispositions régissant le contentieux général de la sécurité sociale / () " et son article L. 835-4 dispose que : " Les différents avec les organismes ou services mentionnés à l'article L. 835-1, auxquels peut donner lieu l'application du présent titre, sont réglés conformément aux dispositions concernant le contentieux général de la sécurité sociale ". Enfin, aux termes de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire : " Des tribunaux judiciaires spécialement désignés connaissent : 1° Des litiges relevant du contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale () ".
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions des requêtes n°2200150 et 2201608 de Mme B, en tant qu'elles concernent les indus d'allocation adulte handicapé et d'allocations familiales mis à sa charge et la demande de remise gracieuse relatives à ces indus sont portées devant une juridiction incompétente pour en connaître. Toutefois, il résulte de l'instruction que le pôle social le tribunal judiciaire de Lille s'est déjà prononcé sur ces indus d'allocation adulte handicapé et d'allocations familiales par un jugement du 16 novembre 2022 et que ce jugement a fait l'objet d'un appel toujours pendant. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de transmettre au pôle social du tribunal judiciaire de Lille les conclusions des requêtes n°2200150 et 2201608 de Mme B, en tant qu'elles concernent les indus d'allocation adulte handicapé et d'allocations familiales mis à sa charge et les demandes de remise gracieuse relatives à ces indus.
Sur la requête n°2201608 :
En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée en défense :
5. D'une part, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières, dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance. Dans le cas où le recours juridictionnel doit obligatoirement être précédé d'un recours administratif, celui-ci doit être exercé, comme doit l'être le recours juridictionnel, dans un délai raisonnable. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. () ".
6. D'autre part, selon le premier alinéa de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " L'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable () ". L'article 43 du décret du 28 décembre 2020 portant application de cette loi et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles dispose que : " Sans préjudice de l'application de l'article 9-4 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée et du II de l'article 44 du présent décret, lorsqu'une action en justice ou un recours doit être intenté avant l'expiration d'un délai devant les juridictions de première instance ou d'appel, l'action ou le recours est réputé avoir été intenté dans le délai si la demande d'aide juridictionnelle s'y rapportant est adressée ou déposée au bureau d'aide juridictionnelle avant l'expiration dudit délai et si la demande en justice ou le recours est introduit dans un nouveau délai de même durée à compter : / 1° De la notification de la décision d'admission provisoire ; / 2° De la notification de la décision constatant la caducité de la demande ; / 3° De la date à laquelle le demandeur de l'aide juridictionnelle ne peut plus contester la décision d'admission ou de rejet de sa demande en application du premier alinéa de l'article 69 et de l'article 70 ou, en cas de recours de ce demandeur, de la date à laquelle la décision relative à ce recours lui a été notifié ; / 4° Ou, en cas d'admission, de la date, si elle est plus tardive, à laquelle un auxiliaire de justice a été désigné () ".
7. Il résulte de des dispositions citées au point précédent que lorsque, faute de respect de l'obligation d'informer le destinataire d'une décision administrative sur les voies et délais de recours, le délai dont dispose celui-ci pour exercer un recours juridictionnel contre cette décision est le délai découlant de la règle énoncée au point 5, une demande d'aide juridictionnelle formée avant l'expiration de ce délai en vue de l'exercice de ce recours a pour effet de l'interrompre. Le délai de recours contentieux recommence à courir à compter de l'expiration d'un délai de quinze jours après la notification à l'intéressé de la décision se prononçant sur sa demande d'aide juridictionnelle ou, si elle est plus tardive, à compter de la date de désignation de l'auxiliaire de justice au titre de l'aide juridictionnelle. En cas d'admission à l'aide juridictionnelle, ce délai est celui, en principe de deux mois, imparti par le code de justice administrative pour contester la décision administrative.
8. Il résulte de l'instruction que la décision du 11 février 2021 par laquelle le directeur de la CAF du Nord a mis à la charge de Mme B des indus dont un indu de solidarité active d'un montant de 314, 16 euros précise, au titre des voies et délais de recours, que les indus, et notamment ceux portant sur les allocations familiales et l'allocation adultes handicapés, doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable obligatoire auprès du président du conseil départemental dans un délai de deux mois et qu'en cas de rejet de ce recours administratif préalable, Mme B peut saisir le tribunal administratif. Compte tenu de ce qui a été dit aux points 3 et 4, une telle mention des voies et délais de recours est erronée. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que cette décision lui ait été notifiée. Il ne résulte pas plus de l'instruction que Mme B ait eu connaissance de cette décision avant le 24 octobre 2021, date de son recours administratif préalable obligatoire. Or, si le délai raisonnable mentionné au point 5 commencé à courir le 24 octobre 2021, il résulte également de l'instruction que la requérante a formulée le 7 décembre 2021, soit dans le délai de recours contentieux, une demande d'aide juridictionnelle laquelle a interrompu le délai de recours contentieux. A défaut de notification de la décision d'admission à l'aide juridictionnelle, le délai de recours contentieux a recommencé à courir le 3 janvier 2022, date désignation de l'auxiliaire de justice par le bureau d'aide juridictionnelle. Dans ces conditions, l'introduction de la requête le 3 mars 2022, soit dans le délai de recours contentieux de deux mois francs, n'était pas tardive.
En ce qui concerne l'étendue du litige :
9. Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. () ". Aux termes de l'article L. 412-7 du code des relations entre le public et l'administration : " La décision prise à la suite d'un recours administratif préalable obligatoire se substitue à la décision initiale ".
10. S'il est saisi de conclusions tendant à l'annulation d'une décision qui ne peut donner lieu à un recours devant le juge administratif qu'après l'exercice d'un recours administratif préalable et si le requérant indique, de sa propre initiative ou le cas échéant à la demande du juge, avoir exercé ce recours et, le cas échéant après que le juge l'y ait invité, produit la preuve de l'exercice de ce recours ainsi que, s'il en a été pris une, la décision à laquelle il a donné lieu, le juge administratif doit regarder les conclusions dirigées formellement contre la décision initiale comme tendant à l'annulation de la décision, née de l'exercice du recours, qui s'y est substituée.
11. Il résulte de l'instruction que Mme B a exercé, par un courrier du 24 octobre 2021, le recours administratif préalable prévu par les dispositions précitées de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles à l'encontre de la décision du 11 février 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord lui a notamment notifié un indu de revenu de solidarité active (INK/003) d'un montant de 314,16 euros. Il résulte également de l'instruction que le président du conseil départemental du Nord a expressément rejeté le recours de Mme B par une décision du 5 novembre 2021. Par suite, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du 11 février 2021 doivent être regardées comme dirigées contre la décision du 5 novembre 2021.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation :
12. En premier lieu, par un arrêté n° AR-DAJAP/2021/554 du 15 juillet 2021, le président du conseil départemental du Nord a donné délégation à Madame C D, responsable du pôle droits et devoirs des allocataires du RSA, signataire de la décision attaquée, à l'effet de signer, tous courriers et tous actes et décisions dans le cadre d'une procédure administrative conduisant à la prise d'une décision par une des autorités décisionnaires du département. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire manque en fait et doit être écarté.
13. En deuxième lieu, il ressort des termes mêmes de la décision du 5 novembre 2021 que, pour rejeter le recours administratif préalable de Mme B dirigé contre un indu de revenu de solidarité active (INK/003) d'un montant de 314,16 euros, le président du département du Nord s'est exclusivement fondé sur la circonstance que le recours administratif préalable de Mme B a été formé au-delà d'un délai de deux mois à compter de la décision du 11 février 2021 lui notifiant l'indu de solidarité active. Or, il résulte de ce qui a été dit aux points 5 à 8 du présent jugement que le recours administratif préalable de Mme B a été formé dans le délai de recours contentieux de sorte que sa requête n'est pas tardive. Dans conditions, le moyen tiré de l'erreur de droit est fondé et peut être accueilli.
14. En troisième et dernier lieu, la décision du 5 novembre 2021 ne se fonde pas sur l'absence de droit au séjour de Mme B et de ses enfants mais uniquement sur la tardiveté de son recours administratif préalable, le moyen tiré des erreurs de droit et d'appréciation tenant à ce qu'elle remplissait les conditions du droit au séjour entre mai et décembre 2020 est donc inopérant et doit être écarté.
15. Il résulte de ce qui précède que la décision du 5 novembre 2021 par laquelle le président du conseil départemental du Nord a expressément rejeté le recours administratif préalable de Mme B dirigé l'indu de revenu de solidarité active (INK/003) d'un montant de 314,16 euros doit être annulée.
En ce qui concerne les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
16. Il ne résulte pas de l'instruction que l'indu de revenu de solidarité active (INK/003) d'un montant de 314,16 euros ait fait l'objet d'une retenue ou d'un titre exécutoire. Cette somme n'ayant pas été récupérée par l'administration, le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution et dans ces conditions, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par Mme B ne peuvent qu'être rejetées.
Sur la requête n°2200150 :
17. L'indu de revenu de solidarité active (INK/003) d'un montant de 314,16 euros ayant été annulé par le présent jugement, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de Mme B tendant à la remise gracieuse de sa dette.
Sur les frais liés au litige :
18. Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. En conséquence, son conseil peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département du Nord le versement à Me Gommeaux, conseil de Mme B, d'une somme de 1 200 euros, contre renonciation de la part dudit conseil au bénéfice de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de Mme B, en tant qu'elles concernent les indus d'allocation adultes handicapés et d'allocations familiales et la demande de remise gracieuse relative à ces indus sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : L'indu de revenu de solidarité active (INK/003) d'un montant de 314,16 euros mis à la charge de Mme B est annulé.
Article 3 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de Mme B tendant à la remise gracieuse de sa dette.
Article 4 : Le département du Nord versera à Me Gommeaux, la somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Gommeaux renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Gommeaux et au département du Nord.
Copie sera adressée, pour information, à la caisse d'allocations familiales du Nord.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
J. HORNLe greffier,
Signé
A. COUET
La République mande et ordonne au préfet du Nord et à la ministre des solidarités et des familles, chacun en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Nos 2200150 et 2201608
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026