jeudi 6 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2200504 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL LEGIS CONSEILS LENS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 janvier 2022 et 29 août 2022, Mme C B, représentée par Me Fasquelle, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, la restitution des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2016 relativement aux revenus de locations meublées, à hauteur des sommes respectivement de 3 515 euros et 1 817 euros, ainsi que des pénalités correspondantes à hauteur de la somme de 527 euros.
Elle soutient que :
- les conclusions relatives aux contributions sociales sont recevables, dès lors qu'elles découlent de la rectification de l'impôt sur le revenu ;
- n'ayant perçu aucun loyer, elle ne peut pas être imposée au titre des revenus de location meublée ;
- les montants des dégrèvements ne lui ont pas été intégralement restitués.
Par des mémoires en défense enregistrés les 8 juillet 2022 et 23 septembre 2022, la directrice spécialisée de contrôle fiscal Nord conclut au non-lieu partiel à statuer sur les conclusions à fin de restitution des pénalités et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Elle soutient que :
- les conclusions à fin de décharge des pénalités sont devenues sans objet à la suite du dégrèvement intervenu le 8 juillet 2022 ;
- les conclusions tendant à la décharge de la cotisation supplémentaire de contributions sociales sont irrecevables, faute de réclamation préalable ;
- les autres moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à la restitution du trop-versé pour un montant de 527 euros, qui relèvent en vertu du 2° de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, des contestations relatives au recouvrement, plus précisément " du montant de la dette compte tenu des paiements effectués ". Faute d'avoir été précédées d'une réclamation préalable, elles seraient irrecevables.
Les parties ont été invitées, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, à produire des éléments ou des pièces en vue de compléter l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jaur,
- et les conclusions de Mme Courtois, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A ont fait l'objet d'un examen de leur situation fiscale et personnelle pour les années 2015 et 2016. Au cours de cet examen, le service a constaté qu'au cours de l'année 2016, le couple s'était séparé et a donc demandé à Mme B de déposer une déclaration de ses seuls revenus, ce qu'elle a fait le 3 septembre 2018. Cette déclaration fait état notamment de revenus fonciers imposables d'un montant de 24 217 euros. Elle a également rempli une déclaration complémentaire de revenus au titre de l'année 2016 par laquelle elle a déclaré 23 436 euros de revenus des locations meublées non professionnelles, imposables dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux selon le régime dit micro BIC. Un courrier du 9 septembre 2019 a informé la contribuable des conséquences financières du contrôle sur les revenus 2016. Celle-ci a accepté les rectifications par un courrier du 10 octobre 2019 dans lequel elle a sollicité toutefois la remise des pénalités et intérêts de retard, ce qui lui a été accordé par courrier du 18 octobre 2019. Des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu ont été mises en recouvrement le 18 mars 2021, avec des intérêts de retard et des pénalités. Par décisions du 22 novembre 2021, la directrice spécialisée de contrôle fiscal Nord a prononcé le dégrèvement des pénalités, à concurrence d'une somme de 2 650 euros correspondant à la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu à laquelle Mme B a été assujettie au titre de l'année 2016 et a rejeté sa réclamation préalable du 14 mai 2021 pour le surplus. Mme B demande au tribunal de prononcer la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles elle a été assujettie d'une part, et la remise des majorations et pénalités de retard outre l'octroi de délais de paiement d'autre part. En cours d'instance, Mme B s'est acquittée de la totalité des sommes qui lui étaient réclamées au titre de ces impositions et pénalités, de sorte que dans le dernier état de ses écritures, elle sollicite la restitution de la cotisation supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2016 à hauteur de 3 515 euros, la restitution de la cotisation supplémentaire de contributions sociales au titre de l'année 2016 à hauteur de 1 817 euros ainsi que la restitution d'intérêts de retard et de pénalités à hauteur de 527 euros .
Sur l'étendue du litige et les conclusions tendant à la restitution d'une somme de 527 euros :
2. D'une part, par décision du 8 juillet 2022, postérieure à l'introduction de la requête, la directrice spécialisée de contrôle fiscal Nord a prononcé le dégrèvement de pénalités, à concurrence d'une somme de 792 euros correspondant à la cotisation supplémentaire de contributions sociales à laquelle Mme B a été assujettie au titre de l'année 2016. Les conclusions tendant à la décharge de cette somme sont devenues sans objet.
3. D'autre part, il résulte cependant de l'instruction que le montant total des dettes de Mme B, s'agissant des deux impositions en cause, majoration de retard de paiement incluses, s'élève à 21 957 euros. Compte tenu des paiements effectifs, à hauteur de 19 042 euros et des dégrèvements obtenus, à hauteur d'une somme totale de 3 442 euros (2 650 + 792), soit un montant total de recettes réelles et d'ordre de 22 484 euros (19 042 + 3 442), l'exception de non-lieu à statuer opposée par l'administration fiscale n'est pas fondée pour la somme de 527 euros (22 484 - 21 957), dont Mme B demande la restitution dans la présente instance.
4. Toutefois, le montant de la dette compte tenu des paiements effectués relève, en vertu du 2° de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, des contestations relatives au recouvrement. Comme en ont été informées les parties, les conclusions tendant à la restitution du trop-versé n'ont pas été précédées d'une réclamation préalable et doivent, de ce fait, être rejetées comme irrecevables.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
5. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. / Il en est de même lorsqu'une imposition a été établie d'après les bases indiquées dans la déclaration souscrite par un contribuable ou d'après le contenu d'un acte présenté par lui à la formalité de l'enregistrement ". En cas de contestation d'une imposition primitive établie selon les déclarations de contribuable, il appartient à ce dernier de démontrer l'exagération des impositions qui ont été mises à sa charge.
6. Il résulte de l'instruction que Mme B a déposé une déclaration de ses seuls revenus, le 3 septembre 2018, faisant état notamment de revenus fonciers imposables d'un montant de 24 217 euros. Elle a également rempli une déclaration complémentaire de revenus au titre de l'année 2016 par laquelle elle a déclaré 23 436 euros de revenus des locations meublées non professionnelles, imposables dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux selon le régime dit micro BIC. Par suite, il lui appartient, plus particulièrement de démontrer que les bases qu'elle a elle-même déclarées sont supérieures aux revenus dont elle a effectivement disposé.
7. Aux termes du 6 l'article 6 du code général des impôts : " Chacun des époux, partenaires, anciens époux ou anciens partenaires liés par un pacte civil de solidarité est personnellement imposable pour les revenus dont il a disposé pendant l'année de la réalisation de l'une des conditions du 4, du divorce ou de la dissolution du pacte, ainsi que pour la quote-part des revenus communs lui revenant. A défaut de justification de cette quote-part, ces revenus communs sont partagés en deux parts égales entre les époux, partenaires, anciens époux ou anciens partenaires liés par un pacte civil de solidarité ". Aux termes du II de l'article 43 bis de l'annexe III du même code : " 1° En cas d'imposition distincte, constituent des revenus personnels les traitements, salaires, les pensions et rentes viagères, les rémunérations allouées aux gérants et associés de certaines sociétés, les bénéfices non commerciaux, les bénéfices industriels et commerciaux et les bénéfices agricoles () ".
8. Mme B soutient que les bénéfices tirés de la location meublée de la maison située à Saint-Raphaël ont été conservés exclusivement par son ex-époux qui les percevait sur un compte ouvert à son seul nom dans les livres d'une banque belge. Elle justifie avoir déposé plainte à son encontre, produit un courriel de l'agent immobilier en charge de la gestion locative de l'immeuble qui démontre qu'effectivement celui-ci ne la reconnaît pas comme son mandant ainsi que des relevés bancaires d'un compte ouvert à son nom dans les livres de la banque Crédit du Nord, qui portent sur la période de janvier 2015 à février 2016 et non sur toute la période d'imposition. Toutefois, ces éléments ne constituent pas un faisceau d'indices suffisants à établir qu'elle n'aurait pas en réalité perçu les sommes qu'elle a déclarées. Dans ces conditions, Mme B ne rapporte pas la preuve qui lui incombe de l'exagération des impositions qui ont été mises à sa charge. Par suite, l'administration fiscale est fondée à l'imposer à ce titre, dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée en défense, que Mme B n'est pas fondée à demander la restitution des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2016 relativement aux revenus de locations meublées, à hauteur des sommes respectivement de 3 515 euros et 1 817 euros. Ses conclusions à fin de restitution doivent donc être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme B à hauteur du dégrèvement partiel de la cotisation supplémentaire de contributions sociales au titre de l'année 2016 prononcé en cours d'instance.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la directrice spécialisée de contrôle fiscal Nord.
Délibéré après l'audience du 16 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
- M. Riou, président,
- Mme Jaur, première conseillère,
- Mme Célino, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2025.
La rapporteure,
Signé
A. JaurLe président,
Signé
J.-M. Riou
La greffière,
Signé
S. Ranwez
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026