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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2200552

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2200552

mercredi 13 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2200552
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation2ème Chambre
Avocat requérantDEWAELE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces, enregistrées les 25 janvier et 3 mars 2022, M. B C, représenté par Me Dewaele, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 novembre 2021 par lequel le préfet du Nord lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement ;

2°) d'enjoindre à ce préfet de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour Me Dewaele de renoncer à la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :

- il est insuffisamment motivé ;

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que le préfet du Nord n'a pas saisi la commission du titre de séjour ;

- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, en l'absence de saisine du collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) en méconnaissance des dispositions de l'article R.425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit au regard des stipulations de l'article 7 ter de l'accord franco-tunisien ;

- elle méconnait les dispositions des articles L. 425-9 et L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale au motif de l'illégalité de la décision du préfet portant refus de délivrance d'un titre de séjour ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnait les dispositions des articles L. 611-3 et R.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne les décisions portant octroi d'un délai de départ volontaire et fixation du pays de destination :

- elle sont illégales au motif de l'illégalité de la décision du préfet portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense et des pièces, enregistrés les 1er mars et 1er avril 2022, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- les moyens tirés de la méconnaissance des articles R.425-11, L. 425-9 et L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont inopérants ;

- les autres moyens invoqués dans la requête sont infondés.

M. C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 janvier 2022.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Après avoir entendu le rapport de Mme A au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C, ressortissant tunisien né le 3 janvier 1970 à Medenine (Tunisie) déclare être entré en France le 26 juillet 1999 sous couvert d'un visa court séjour. Il a bénéficié d'un titre de séjour en raison de talents exceptionnels ou de services rendus à la France régulièrement renouvelé du 17 juin 2013 au 16 juin 2017, puis d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale " du 9 juin 2017 au 8 juin 2019. Le 30 septembre 2019, il a sollicité du préfet de l'Aube, un nouveau titre de séjour en cette même qualité, qui lui a été refusé par un arrêté du 4 novembre 2019 avec obligation de quitter le territoire français sous trente jours. Le 24 mars 2021, l'intéressé a sollicité du préfet du Nord la délivrance du même titre de séjour, en raison de ses liens personnels et familiaux sur le territoire français. Par un arrêté du 16 novembre 2021, le préfet du Nord a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler ces décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :

2. En premier lieu, la décision attaquée, qui n'avait pas à mentionner l'ensemble des circonstances de fait relatives à la situation de l'intéressé, énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, en visant notamment les articles pertinents du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 et en évoquant les conditions d'entrée et de séjour du requérant sur le territoire, ses précédents titres de séjour et mesures d'éloignement, sa situation familiale, la circonstance qu'il est domicilié chez son frère, sa situation professionnelle, ses problèmes de santé ainsi que ses attaches en France et dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier, ni des termes de la décision contestée, eu égard notamment à ce qui a été dit au point 2, que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la demande de M. C. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant ait sollicité un titre de séjour pour raisons de santé ou une autorisation provisoire de séjour en qualité d'accompagnement de son enfant malade. Par suite, le préfet n'était pas tenu d'examiner sa demande de titre de séjour sur les fondements des articles L. 425-9 et L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il suit de là que les moyens tirés de la méconnaissance de ces dispositions doivent être écartés comme étant inopérants. Pour le même motif, le moyen tiré de ce que la décision serait entachée d'un vice de procédure faute pour le préfet d'avoir consulté le collège de médecins de l'OFII, conformément aux dispositions de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit également être écarté comme étant inopérant.

5. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile: " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / () ". Par ailleurs, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. /2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

5. Il ressort des pièces du dossier que M. C déclare être entré en France le 26 juillet 1999 et y résider depuis lors. Toutefois, il se borne à produire au titre de l'année 1999, son visa d'entrée, au titre de l'année 2001, deux bons de livraison, au titre de l'année 2002, une analyse de sang et, au titre de l'année 2003, une facture émise par une pharmacie et un bon de livraison. Ces éléments sont insuffisants pour établir que l'intéressé aurait résidé de façon habituelle en France au titre de ces années. Il en va de même s'agissant des années 2008 à 2013, dès lors que M. C se contente de produire un relevé de compte à la Banque Postale faisant apparaitre des retraits au cours du mois de mai et un certificat médical daté de juillet pour l'année 2008, un certificat médical pour l'année 2009, une radiographie et un compte rendu d'échographie respectivement datés des mois de juin et juillet pour l'année 2010, la première page d'un avis d'imposition sur les revenus de 2011 faisant état d'un montant d'impôt nul, un courrier de la Banque Postale évoquant la conclusion d'un contrat, ainsi qu'un état de solde d'un livret A au titre de l'année 2011, un certificat médical du mois de mai, une confirmation de rendez-vous auprès des services de la préfecture du mois de mai ainsi que la première page d'un avis d'imposition sur les revenus de 2012 faisant état d'un montant d'impôt nul pour l'année 2012, deux courriers de convocation, un courrier l'informant de l'attribution d'un logement du mois de décembre et un courrier de la préfecture du mois de février rejetant une demande présentée en 2012 pour l'année 2013. Par ailleurs, les documents produits au titre de l'année 2015, constitués de deux courriers de Pôle emploi du mois de janvier 2015 et la première page d'un avis d'imposition faisant apparaitre un impôt sur le revenu à zéro au titre des revenus de 2015, et ceux produits au titre de l'année 2018, constitués d'un courrier de Pôle emploi du mois de juillet 2018 et d'un courrier du département rejetant une demande d'aide du mois de juin, n'apparaissent pas suffisants pour établir la présence habituelle de l'intéressé au titre de ces années. En outre, l'intéressé est célibataire et s'il a reconnu un enfant, né le 3 janvier 2012, présent sur le territoire français avec sa mère, ressortissante tunisienne en situation irrégulière sur le territoire, il n'établit pas entretenir de quelconques liens avec celui-ci. Enfin, s'il ressort des pièces du dossier qu'il réside chez son frère et sa belle-sœur, avec qui il entretient nécessairement une relation d'une certaine intensité, cette circonstance ne peut suffire à établir que le centre de ses intérêts se situerait sur le territoire français, où il n'établit au demeurant pas avoir noué un réseau social et professionnel particulièrement dense. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 7 ter (d) de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 : " Reçoivent de plein droit un titre de séjour renouvelable valable un an et donnant droit à l'exercice d'une activité professionnelle dans les conditions fixées à l'article 7 :/ les ressortissants tunisiens qui, à la date d'entrée en vigueur de l'accord signé à Tunis le 28 avril 2008, justifient par tous moyens résider habituellement en France depuis plus de dix ans, le séjour en qualité d'étudiant n'étant pas pris en compte dans la limite de cinq ans / ()". L'accord du 28 avril 2008 cité par ces stipulations est entré en vigueur le 1er juillet 2009.

7. Compte tenu de ce qui a été dit au point 5, notamment de la circonstance que l'intéressé se prévaut d'une entrée en France le 26 juillet 1999, soit moins de dix ans avant l'entrée en vigueur de l'accord, et de l'insuffisance des éléments produits au titre des années 1999 à 2003, 2008 et 2009, M. C n'établit pas qu'il résidait depuis plus de dix ans en France à la date du 1er juillet 2009. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de ces stipulations et de l'erreur d'appréciation doivent être écartés.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () : Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour (). / () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 432-13 du même code, dans sa version alors en vigueur : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative :/1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles () L. 423-23 () à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; / () ". Il résulte de ces dispositions que le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour que du cas des seuls étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues aux articles visés par ces dispositions auxquels il envisage néanmoins de refuser le titre de séjour sollicité, et non de celui de tous les étrangers qui s'en prévalent.

9. D'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé ait demandé son admission exceptionnelle au séjour. Par suite il ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En tout état de cause, ainsi qu'il a été dit au point 5, il n'établit pas résider habituellement en France depuis plus de dix ans. D'autre part, compte tenu de ce qui a été dit précédemment, M. C n'est pas au nombre des étrangers pouvant obtenir de plein droit un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le préfet du Nord n'était pas tenu de saisir la commission du titre de séjour avant de statuer sur la demande de l'intéressé. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

10. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant refus de séjour doit être écarté.

11. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 5, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

12. En troisième lieu, en vertu de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. / () ". Par ailleurs, aux termes de l'article R.611-1 du même code : " Pour constater l'état de santé de l'étranger mentionné au 9° de l'article L. 611-3, l'autorité administrative tient compte d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / ()".

13. Il résulte de ces dispositions que, même si elle n'a pas été saisie d'une demande de titre de séjour pour raisons de santé, l'autorité administrative qui dispose d'éléments d'informations suffisamment précis et circonstanciés établissant qu'un étranger résidant habituellement sur le territoire français est susceptible de bénéficier des dispositions protectrices du 9° de l'article L. 611-3 du même code doit, avant de prononcer à son encontre une obligation de quitter le territoire, recueillir préalablement l'avis prévu à l'article R. 611-1 de ce code.

14. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. C souffre de diabète de type II, dont il n'a fait au demeurant nullement état dans sa demande de titre de séjour. Par ailleurs, il n'établit pas avoir transmis à l'appui de sa demande des éléments médicaux susceptibles d'établir qu'il entrerait dans le champ d'application des dispositions de l'article L. 611-3 précité, alors même que, dans le cadre de la présente instance, seuls deux certificats médicaux de mai 2009 et 2012 font état, en des termes généraux et non circonstanciés, de la nécessité d'un suivi et de traitements réguliers, les autres éléments étant soit dépourvus de tout lien avec cette pathologie soit postérieurs à la décision en litige. Par suite, en l'absence d'informations précises et circonstanciées, le préfet n'était pas tenu de saisir le collège de médecin de l'OFII avant l'édiction de la décision litigieuse. Par ailleurs, le requérant n'établit par aucune pièce qu'il ne pourrait bénéficier d'un suivi et traitement adapté à son état de santé en Tunisie. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles L. 611-3 et R.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.

En ce qui concerne les décisions portant octroi d'un délai de départ volontaire de 30 jours et fixation du pays de destination :

15. Compte tenu de ce qui précède, le moyen soulevé au soutien des conclusions tendant à l'annulation de la décision portant octroi d'un délai de départ volontaire de trente jours, ainsi que de celle fixant le pays de renvoi et tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

16. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté qu'il conteste.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

17. L'exécution du présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions de la requête aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme quelconque soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Dewaele et au préfet du Nord.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 5 juillet 2022, à laquelle siégeaient :

M. Bauzerand, président,

M. Even, premier conseiller,

Mme Piou, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.

La rapporteure,

signé

C. A

Le président,

Signé

Ch. BAUZERAND

La greffière,

signé

M. NICODEME

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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