LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2200930

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2200930

jeudi 27 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2200930
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantROBILLARD

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête et des mémoires enregistrés sous le n°2200930 les 9 février 2022, 1er novembre 2023 et 3 mai 2024, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, Mme A B demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 7 septembre 2021 du président de la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois, ensemble la décision du 30 novembre 2021 de rejet de son recours gracieux contre cet arrêté ;

2°) d'annuler la décision du 30 novembre 2021 par laquelle le président de la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois a rejeté son recours gracieux contre son arrêté de nomination du 30 avril 2019 en tant qu'il limite sa reprise d'ancienneté à un mois et huit jours ;

3°) d'enjoindre à la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois de rétablir à compter de septembre 2021 la rémunération qu'elle percevait en août 2020, avant sa disponibilité ;

4°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les décisions attaquées sont entachées d'erreur d'appréciation quant au calcul de sa reprise d'ancienneté et au motif de suppression de l'indemnité d'heures supplémentaires dont elle bénéficiait auparavant.

Par des mémoires en défense enregistrés les 16 décembre 2022 et 26 décembre 2023, la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois, représentée par Me Robillard, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme B la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable à raison de sa tardiveté ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Par un courrier du 2 mai 2024, les parties ont été informées, sur le fondement de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement à intervenir est susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision du 30 novembre 2021 en tant qu'elle limite sa reprise d'ancienneté à un mois et huit jours, en raison de leur tardiveté.

Des observations en réponse au moyen d'ordre public ont été produites le 3 mai 2024 pour Mme B et communiquées le même jour.

II. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n°2203105 les 26 avril 2022 et 2 août 2023, Mme A B, représentée par Me Tachon, demande au tribunal :

1°) d'annuler le courrier du 4 janvier 2022 du président de la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois ;

2°) d'annuler la décision du 25 mars 2022 par laquelle le président de la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois a rejeté son recours gracieux du 23 janvier 2022 ;

3°) d'enjoindre à la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois de réexaminer sa situation s'agissant de sa reprise d'ancienneté et du montant de sa rémunération dans un délai de trois mois à compter du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois la somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable dès lors que le courrier du 4 janvier 2022 ne mentionnait pas les voies et délais de recours ;

- les décisions attaquées sont entachées d'un vice de procédure ;

- elles sont entachées d'erreur de droit dès lors qu'elle n'a pas fait de choix concernant sa reprise d'ancienneté entre la prise en compte de ses activités en tant qu'agent public ou salariée de droit privé ;

- elles sont entachées d'erreur de fait et d'erreur d'appréciation quant au calcul de sa reprise d'ancienneté ;

- elles méconnaissent l'article L.242-4 du code des relations entre le public et l'administration.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 décembre 2022, la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois, représentée par Me Robillard, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme B la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable à raison de sa tardiveté ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Par un courrier du 2 mai 2024, les parties ont été informées, sur le fondement de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement à intervenir est susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation du courrier du 4 janvier 2022 dès lors qu'il s'agit d'un acte informatif ne faisant pas grief.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 91-875 du 6 septembre 1991 ;

- le décret n° 2002-60 du 14 janvier 2002 ;

- le décret n°2012-437 du 29 mars 2012 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Horn,

- les conclusions de Mme Michel, rapporteure publique ;

- les observations de Me Robillard, représentant la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois ;

- et les observations de Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Le 1er janvier 2016, Mme A B a été recrutée pour un an par la communauté de communes Mer et Terre d'Opale en qualité de musicienne intervenante à temps complet. Son contrat a été successivement renouvelé par plusieurs avenants des 31 décembre 2016, 4 janvier 2018 et 16 janvier 2019. A la suite de la fusion de la communauté de communes Mer et Terres d'Opale avec la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois, par un arrêté du 30 avril 2019, notifié le jour même, le président de la communauté d'agglomération des deux baies en montreuillois a nommé Mme B, à compter du 1er avril 2019, dans le cadre d'emplois d'assistant territorial d'enseignement artistique principal de 2ème classe stagiaire à temps complet, au 3e échelon, indice brut 415, indice majoré 369, avec une ancienneté d'un mois et 7,5 jours. Par un arrêté du 30 mars 2020, le président de la communauté d'agglomération des deux baies en montreuillois a titularisé Mme B à compter du 1er avril 2020 dans le cadre d'emplois d'assistant territorial d'enseignement artistique principal de 2ème classe et l'a classée au 3e échelon, indice brut 415, indice majoré 369, avec une ancienneté d'un mois et huit jours. Entre le 1er septembre 2020 et le 31 août 2021, Mme B a été placée en disponibilité pour convenances personnelles, sur sa demande, afin de remplacer un enseignant-chercheur à temps complet durant l'année universitaire 2020-2021. Par un arrêté du 31 août 2021 le président de la communauté d'agglomération des deux baies en montreuillois a prononcé la réintégration de Mme B. Par un arrêté du 7 septembre 2021, le président de la communauté d'agglomération des deux baies en montreuillois a fixé le régime indemnitaire de Mme B. Par un courrier du 21 novembre 2021, elle a formé un recours gracieux d'une part contre cette décision en tant qu'elle ne comprend pas d'indemnité d'heures supplémentaires, et d'autre part contre son arrêté de titularisation du 30 mars 2020 en tant qu'il limite sa reprise d'ancienneté à un mois et huit jours. Par un courrier du 30 novembre 2021, le président de la communauté d'agglomération des deux baies en montreuillois a rejeté ce recours gracieux et a invité Mme B à faire le point sur sa situation avec le service des ressources humaines. Par sa requête n°2200930, Mme B demande au tribunal d'annuler, d'une part l'arrêté du 7 septembre 2021 du président de la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois en tant qu'il ne comprend pas d'indemnité d'heures supplémentaires, ainsi que le rejet du 30 novembre 2021 de son recours gracieux et d'autre part, la décision du 30 novembre 2021 par laquelle le président de la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois a rejeté son recours gracieux contre son arrêté de titularisation du 30 mars 2020 en tant qu'il limite sa reprise d'ancienneté à un mois et huit jours.

2. Par un courrier du 23 janvier 2022, reçu par la communauté d'agglomération des deux baies en montreuillois le 26 janvier suivant, Mme B a formé un autre recours tendant à la prise en compte d'une ancienneté de services de sept ans, neuf mois et 26 jours, au titre de ses contrats de travail de droit privé, après abattement de 50%, au lieu de la prise en compte de ses services au titre de contrats de droit public. Par une décision du 25 mars 2022, notifiée le 7 avril suivant, le président de la communauté d'agglomération des deux baies en montreuillois a explicitement rejeté ce recours gracieux au motif qu'en application de l'article 18 du décret du 22 mars 2010 portant dispositions statutaires communes à divers cadres d'emplois de fonctionnaires de la catégorie B de la fonction publique territoriale, elle disposait d'un délai de six mois à compter de la notification de la décision prononçant leur classement pour demander que lui soient appliquées les dispositions d'un autre des articles 13 à 17 du décret, qui lui sont plus favorables. Par sa requête n°2203105, Mme B demande au tribunal d'annuler le courrier du 4 janvier 2022 ainsi que la décision du 25 mars 2022 par laquelle le président de la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois a rejeté son recours gracieux du 23 janvier 2022.

Sur la jonction :

3. Dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice, le juge administratif dispose, sans jamais y être tenu, de la faculté de joindre deux ou plusieurs affaires. Les requêtes susvisées n° 2200930 et 2203105, présentées par Mme B, qui concernent les mêmes parties, ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un même jugement.

Sur la recevabilité :

En ce qui concerne l'arrêté du 7 septembre 2021 en tant qu'il ne comprend pas d'indemnité d'heures supplémentaires et le rejet du recours gracieux :

4. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée (). L'article R. 421-5 du même code dispose que : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Et aux termes de l'article L. 411-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai () ".

5. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières, dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.

6. La présentation, dans le délai imparti pour introduire un recours contentieux contre une décision administrative, d'un recours administratif, gracieux ou hiérarchique, contre cette décision a pour effet d'interrompre ce délai. Il en va notamment ainsi lorsque, faute de respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et délais de recours, le délai dont dispose le destinataire de la décision pour exercer le recours juridictionnel est le délai découlant de la règle énoncée au point 5. Lorsque le recours administratif fait l'objet d'une décision explicite de rejet, un nouveau délai de recours commence à courir à compter de la date de notification de cette décision. Si la notification de la décision de rejet du recours administratif n'est pas elle-même assortie d'une information sur les voies et délais de recours, l'intéressé dispose de nouveau, à compter de cette notification, du délai découlant de la règle énoncée au point 5 pour saisir le juge. En cas de silence gardé par l'administration sur le recours administratif, le délai de recours contentieux de droit commun contre la décision administrative contestée recommence à courir dès la naissance d'une décision implicite de rejet du recours administratif lorsque l'autorité administrative a accusé réception de ce dernier recours et que l'accusé de réception comporte les indications prévues à l'article R. 112-5 du code des relations entre le public et l'administration. A défaut, l'intéressé dispose, pour introduire son recours contentieux contre la décision administrative qu'il conteste, à compter du jour où il a eu connaissance de la décision implicite de rejet de son recours administratif, du délai raisonnable découlant de la règle énoncée au point 5.

7. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 7 septembre 2021 a été notifié le 23 septembre suivant et comporte la mention des voies et délais de recours. Il ressort également des pièces du dossier que Mme B a, par un courrier du 21 novembre 2021, reçu le 24 novembre suivant, formé un recours gracieux contre cet arrêté en tant notamment qu'il ne comprend pas d'indemnité d'heures supplémentaires. Dans ces conditions, le recours gracieux a été formé dans le délai franc de recours contentieux de deux mois et a prorogé le délai de recours jusqu'à l'expiration du délai de recours contentieux à l'encontre de la décision de rejet du 30 novembre 2021, notifiée le même jour, laquelle ne comportait pas la mention des voies et délais de recours. Or, Mme B a formé son recours contentieux contre l'arrêté du 7 septembre 2021 et la décision du 30 novembre suivant, le 9 février 2022, soit dans le délai raisonnable d'un an mentionné au point 5, de sorte que ses conclusions à fin d'annulation de ces deux décisions ne sont pas tardives.

En ce qui concerne la décision du 30 novembre 2021 de rejet du recours gracieux contre l'arrêté de nomination du 30 avril 2019 en tant qu'il limite sa reprise d'ancienneté à un mois et huit jours et les décisions du 4 janvier 2022 et du 25 mars 2022 :

8. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 30 avril 2019, notifié le jour même, le président de la communauté d'agglomération des deux baies en montreuillois a nommé Mme B, à compter du 1er avril 2019, dans le cadre d'emplois d'assistant territorial d'enseignement artistique principal de 2ème classe stagiaire à temps complet, au 3e échelon, indice brut 415, indice majoré 369, avec une ancienneté d'un mois et 7,5 jours. Par un arrêté notifié à la requérante le 27 juin 2019, le président de la communauté d'agglomération des deux baies en montreuillois a modifié l'article 2 de l'arrêté du 30 avril 2019 relatif à la reprise d'ancienneté en raison d'une " erreur matérielle " et a classé Mme B, au 2e échelon, indice brut 399, indice majoré 362, avec une ancienneté d'un an, un mois et huit jours. Il ressort également des pièces du dossier que Mme B, par un courrier du 21 novembre 2021, reçu le 24 novembre suivant, doit être regardée comme ayant formé un recours gracieux contre l'arrêté du 30 avril 2019 en tant notamment qu'il limite sa reprise d'ancienneté à un mois et huit jours. Or, il ressort des pièces du dossier que les arrêtés du 30 avril 2019 et du 27 juin 2019, notifiés à la requérante le jour de leur édiction, comportaient la mention des voies et délais de recours. Dans ces conditions, les recours gracieux formés les 21 novembre 2021, 16 décembre 2021 et 23 janvier 2022, plus de deux ans après l'expiration du délai de recours contentieux contre les deux arrêtés précités, n'ont pas été de nature à interrompre le délai de recours contentieux de sorte que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 30 novembre 2021 de rejet du recours gracieux contre l'arrêté de nomination du 30 avril 2019 en tant qu'il limite sa reprise d'ancienneté à un mois et huit jours et des décisions du 4 janvier 2022 et du 25 mars 2022 sont tardives, et par suite irrecevables.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 7 septembre 2021 en tant qu'il ne comprend pas d'indemnité d'heures supplémentaires et du rejet du recours gracieux :

9. D'une part, aux termes de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " L'assemblée délibérante de chaque collectivité territoriale () fixe les régimes indemnitaires dans la limite de ceux dont bénéficient les différents services de l'Etat et peut décider, après avis du comité technique, d'instituer une prime d'intéressement tenant compte de la performance collective des services selon les modalités et dans les limites définies par décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article 1er du décret du 6 septembre 1991 pris pour l'application du premier alinéa de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Le régime indemnitaire fixé par les assemblées délibérantes des collectivités territoriales () pour les différentes catégories de fonctionnaires territoriaux ne doit pas être plus favorable que celui dont bénéficient les fonctionnaires de l'Etat exerçant des fonctions équivalentes./Le tableau joint en annexe établit les équivalences avec la fonction publique de l'Etat des différents grades des cadres d'emplois de la fonction publique territoriale dans le domaine de l'administration générale, dans le domaine technique, dans le domaine médico-social, dans le domaine culturel, dans le domaine sportif et dans le domaine de l'animation ". Aux termes de l'article 2 du même décret : " L'assemblée délibérante de la collectivité ou le conseil d'administration de l'établissement fixe, dans les limites prévues à l'article 1er, la nature, les conditions d'attribution et le taux moyen des indemnités applicables aux fonctionnaires de ces collectivités ou établissements () ". Aux termes de l'article 6-3 du même décret : " Les fonctionnaires appartenant aux cadres d'emplois des professeurs territoriaux d'enseignement artistique, des assistants territoriaux spécialisés et des assistants territoriaux d'enseignement artistique, dont les services hebdomadaires excèdent le maximum de services réglementaires prévu par leur statut, peuvent recevoir une indemnité dans les conditions prévues par le décret n° 50-1253 du 6 octobre 1950 susvisé fixant le taux de rémunération des heures supplémentaires d'enseignement effectuées par les personnels enseignants de l'Etat ".

10. D'autre part, aux termes de l'article 3 du décret du 29 mars 2012 portant statut particulier du cadre d'emplois des assistants territoriaux d'enseignement artistique : " I. - Les membres du cadre d'emplois des assistants territoriaux d'enseignement artistique exercent leurs fonctions, selon les formations qu'ils ont reçues, dans les spécialités suivantes : 1° Musique () / Les membres du cadre d'emplois des assistants territoriaux d'enseignement artistique sont astreints à un régime d'obligation de service hebdomadaire de vingt heures. () ". Enfin, en vertu de l'article 4 du décret du 14 janvier 2002 relatif aux indemnités horaires pour travaux supplémentaires, " sont considérées comme heures supplémentaires les heures effectuées à la demande du chef de service dès qu'il y a dépassement des bornes horaires définies par le cycle de travail ".

11. Pour décider par l'arrêté du 7 septembre 2021 que l'indemnité d'heures supplémentaires ne serait plus versée à Mme B, l'administration s'est fondée sur la circonstance que d'une part, la manière de servir de Mme B, justifie l'attribution de cette indemnité et d'autre part, Mme B n'exerce plus les fonctions de référente du pool éveil musical. En outre, pour rejeter le recours gracieux formé contre cette décision, le président de la communauté d'agglomération des deux baies en montreuillois s'est fondé sur la circonstance que l'indemnité d'heures supplémentaires correspondait au dépassement du service hebdomadaire de 20 heures pour réaliser en complément de l'enseignement, la mission de coordonnateur des actions éducatives et culturelles.

12. D'une part, il ressort des pièces du dossier qu'à compter du 1er janvier 2020, Mme B a bénéficié d'un régime indemnitaire comportant notamment une indemnité d'heures supplémentaires d'enseignement allouée aux professeurs et assistants d'enseignement d'un montant de " 1h x 86.62 euros = 86,62 euros 5h x 72.18 euros = 360,90 euros ". Or, il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment du document " missions du poste " de Mme B datée de janvier 2019, produit par l'administration en défense, qu'elle exerçait les fonctions de " référente du pool éveil musical " avant sa mise en disponibilité débutant le 1er septembre 2020.

13. D'autre part, s'il ressort des pièces du dossier et notamment du document " missions du poste " de Mme B datée de janvier 2019, que des missions de " coordination des projets avec les écoles du territoire en lien avec les IEN et la direction de la culture " et " Encadrement de l'organisation du service (concertations hebdomadaires entre musiciens intervenants, rencontre avec les partenaires, élaboration de documents) " ou des missions spécifiques de programmation de spectacle musicaux pour les scolaires, suivi des inscriptions, de l'organisation, des fiches techniques " ont été confiées à Mme B, il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'emploi du temps pour l'année scolaire 2019-2020 signé par le directeur de la culture de la communauté d'agglomération des deux baies en montreuillois, que la requérante n'avait pas à effectuer d'heures supplémentaires durant cette année scolaire. Dans ces conditions, en se fondant sur la circonstance que Mme B n'exerçait plus les fonctions de référente du pool éveil musical pour supprimer l'indemnité d'heures supplémentaires d'enseignement dont elle bénéficiaire et, dans sa décision du 30 novembre 2021, sur la circonstance que l'indemnité d'heures supplémentaires correspondait au dépassement du service hebdomadaire de vingt heures pour réaliser en complément de l'enseignement, la mission de coordonnateur des actions éducatives et culturelles, le président de la communauté d'agglomération des deux baies en montreuillois a entaché les décisions contestées d'erreur d'appréciation.

14. Pour établir que les décisions attaquées étaient légales, la communauté d'agglomération des deux baies en montreuillois invoque, dans son mémoire en défense communiqué le 24 avril 2024 à Mme B, un autre motif tiré de ce que l'indemnité d'heures supplémentaires d'enseignement ne saurait être attribuée faute de surcroît de service de Mme B, au-delà des vingt heures hebdomadaires. Il résulte en effet de l'instruction, et n'est pas contesté par Mme B, qu'elle n'a pas effectué d'heures supplémentaires depuis sa réintégration, ce motif étant de nature à justifier légalement les décisions attaquées. La communication du mémoire en défense a mis à même Mme B de présenter ses observations sur la substitution sollicitée. Par ailleurs, cette substitution ne la prive d'aucune garantie procédurale. Ainsi, il convient de substituer ce motif à ceux initialement retenus par les décisions attaquées dont il ressort des pièces du dossier qu'ils sont entachés d'une erreur d'appréciation.

15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 7 septembre 2021 en tant qu'il ne comprend pas d'indemnité d'heures supplémentaires et le rejet du recours gracieux de Mme B contre cet arrêté doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

16. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions présentées à cette fin, doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme B au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B la somme demandée par la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes n°2200930 et 2203105 sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et la communauté d'agglomération des deux baies en Montreuillois.

Délibéré après l'audience du 15 mai 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Féménia, présidente,

- M. Bourgau, premier conseiller,

- M. Horn, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.

Le rapporteur,

Signé

J. HORNLa présidente,

Signé

J. FÉMÉNIA

La greffière,

Signé

S. DEREUMAUX

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Nos 2200930 et 2203105

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions