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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2201191

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2201191

mercredi 12 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2201191
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantSAINT ROCH AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 17 février 2022, le 22 mars 2022 et le 21 avril 2023, Mme E B, Mme G L, M. H B et Mme F J, représentés par Me Navarro, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de condamner le centre hospitalier régional universitaire de Lille à verser à Mme E B la somme de 20 987,30 euros en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi en raison de la prise en charge de son fils A B par le service d'aide médicale urgente (SAMU) du centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Lille le 23 mars 2020 ;

2°) de condamner le centre hospitalier régional universitaire de Lille à verser à M. H B, à Mme F J et à Mme G L la somme de 13 500 euros chacun en réparation du préjudice qu'ils estiment avoir subi en raison de la prise en charge de leur frère A B par le SAMU du CHRU de Lille le 23 mars 2020 ;

3°) de mettre les dépens à la charge du CHRU de Lille ;

4°) de mettre à la charge de CHRU de Lille une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le diagnostic, la prise en charge de A B et les actes médicaux réalisés par le SAMU lors de l'appel de 20h49, ainsi que le défaut de suivi, sont constitutifs d'une faute ;

- la décision de ne pas appeler les secours lorsque A B n'a pas répondu à l'interphone et au téléphone est constitutive d'une faute ;

- les fautes précitées ont fait perdre à A B une chance d'éviter le décès à hauteur de 50 %, dont 40 % en lien avec les fautes du SAMU ;

- les préjudices de A B se décomposent comme suit, avant application du taux de perte de chance : 35 000 euros au titre des souffrances endurées et 40 000 euros au titre du préjudice d'angoisse de mort imminente ;

- les frais funéraires se sont élevés à un montant de 3 718,24 euros, soit 1 487,30 euros imputable au CHRU de Lille après application du taux de perte de chance de 40% ;

- le préjudice d'affection de Mme E B s'élève à 30 000 euros avant application du taux de perte de chance précité ;

- le préjudice d'affection des frère et sœurs de A B doit être fixé à 15 000 euros chacun, soit 6 000 euros après application du taux de perte de chance.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mars 2023, le centre hospitalier régional universitaire de Lille, représenté par Me Segard, conclut :

1°) à titre principal, au sursis à statuer dans l'attente des informations nécessaires sur la procédure de substitution engagée par les requérants auprès de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) et, en tant que de besoin, à ce que cet Office soit appelé à la cause ;

2°) à titre subsidiaire, à la limitation des prétentions indemnitaires des requérants à la somme totale de 3 300 euros après application du taux de perte de chance, et à titre très subsidiaire, à la somme de 3 671,82 euros ;

3°) à la limitation à la somme de 1 000 euros de la somme susceptible d'être mise à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il appartient aux requérants de justifier de l'absence d'indemnisation versée par l'ONIAM au titre de la substitution ;

- il ne conteste pas le dysfonctionnement survenu lors du second appel de A B au 15 du SAMU du Nord ;

- les fautes commises sont à l'origine d'une perte de chance, compte tenu des antécédents médicaux de A B et de la rapidité avec laquelle le décès est survenu, de 20%, imputable pour moitié à SOS Médecins qui a quitté les lieux sans pouvoir rencontrer la victime et sans prendre d'initiative ;

- les prétentions indemnitaires des requérants doivent être ramenées à de plus justes proportions, en tenant compte du barème de l'ONIAM.

La requête a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie de Roubaix-Tourcoing, qui n'a pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Fougères,

- les conclusions de Mme Bruneau, rapporteure publique,

- et les observations de Me Navarro, représentant les consorts B, et de Me Bavay, substituant Me Segard, représentant le CHRU de Lille.

Considérant ce qui suit :

1. Le 23 mars 2020 à 14h25, A B, né le 21 août 1969, a contacté téléphoniquement le service d'aide médicale urgente (SAMU) du Nord en raison d'un problème respiratoire. Le médecin régulateur, à l'issue d'un entretien, l'a orienté vers SOS Médecins ou un médecin de permanence faisant des visites à domicile. A B a rappelé le SAMU à 20h49. Une consigne identique lui a été donnée. A 20h53, le patient a téléphoné à SOS Médecins qui lui a indiqué qu'un médecin passerait dans la soirée, le 15 devant être appelé si nécessaire. Un médecin de SOS Médecins s'est rendu à l'adresse de A B mais a vainement cherché à le joindre par l'interphone et par téléphone. Après avoir tenté de contacter son fils le lendemain matin, la maman de A B a fait appel aux forces de police, qui retrouveront ce dernier décédé à son domicile.

2. La commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (CCI), saisie le 30 juin 2020 par Mme E B, Mme G L, M. H B et Mme F J à fin d'indemnisation de leurs préjudices, a ordonné le 27 octobre 2020 une expertise, confiée au docteur D C, urgentiste, lequel a rendu son rapport le 21 avril 2021. Par un avis du 3 juin 2021, cette commission a estimé que la réparation des préjudices subis par A B et ses ayants-droits incombait à l'assureur du CHRU de Lille à hauteur de 40 % et à l'assureur de SOS Médecins à hauteur de 10%, au titre d'une perte de chance globale de 50 % d'éviter le décès. Par un courrier du 14 décembre 2021, l'assureur du CHRU de Lille a indiqué être en désaccord avec cet avis. Par la présente requête, les requérants demandent au tribunal de condamner le CHRU de Lille à les indemniser des préjudices qu'ils estiment que A B et eux-mêmes ont subi du fait des conditions de sa prise en charge par le SAMU du CHRU de Lille le 23 mars 2020.

Sur les conclusions à fin de sursis à statuer et de mise en cause de l'ONIAM :

3. Si les requérants ont demandé à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) de se substituer aux assureurs du centre hospitalier régional universitaire de Lille et de SOS Médecins, il résulte de l'instruction qu'en raison de la présente procédure contentieuse, ils se sont vus opposer un refus par l'ONIAM par un courrier du 14 juin 2022. Dès lors, les conclusions du centre hospitalier régional universitaire de Lille tendant au sursis à statuer doivent être rejetées. Par ailleurs, compte tenu de la nature des faits reprochés au centre hospitalier régional universitaire de Lille, c'est-à-dire en l'absence de tout accident survenu du fait d'une prise en charge médicale, qui n'a précisément pas eu lieu, il n'y a pas lieu d'appeler l'ONIAM à la présente instance.

Sur la responsabilité du centre hospitalier régional universitaire de Lille :

4. D'une part, l'article L. 1110-5 du code de la santé publique dispose : " Toute personne a, compte tenu de son état de santé et de l'urgence des interventions que celui-ci requiert, le droit de recevoir, sur l'ensemble du territoire, les traitements et les soins les plus appropriés et de bénéficier des thérapeutiques dont l'efficacité est reconnue et qui garantissent la meilleure sécurité sanitaire et le meilleur apaisement possible de la souffrance au regard des connaissances médicales avérées. Les actes de prévention, d'investigation ou de traitements et de soins ne doivent pas, en l'état des connaissances médicales, lui faire courir de risques disproportionnés par rapport au bénéfice escompté. () ". En outre, aux termes du I de l'article L. 1142-1 de ce code : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / () ".

5. D'autre part, l'article L. 6311-1 du code de la santé publique, dans sa version applicable à la cause, dispose : " L'aide médicale urgente a pour objet, en relation notamment avec les dispositifs communaux et départementaux d'organisation des secours, de faire assurer aux malades, blessés et parturientes, en quelque endroit qu'ils se trouvent, les soins d'urgence appropriés à leur état. ". Aux termes de l'article R. 6311-1 du même code, dans sa version alors applicable : " Les services d'aide médicale urgente ont pour mission de répondre par des moyens exclusivement médicaux aux situations d'urgence. / () ". Enfin, selon l'article R. 6311-2 du même code : " Pour l'application de l'article R. 6311-1, les services d'aide médicale urgente : / () / 2° Déterminent et déclenchent, dans le délai le plus rapide, la réponse la mieux adaptée à la nature des appels ; / () ".

6. Il résulte de ces dispositions que la responsabilité d'un établissement hospitalier peut être engagée par toute faute commise dans l'organisation ou le fonctionnement du service d'aide médicale d'urgence.

7. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise réalisé à la demande de la CCI, que si le comportement de l'équipe médicale du SAMU dépendant du CHRU de Lille a été conforme aux règles de l'art et aux données acquises de la science lors de l'appel passé à 14h25 par A B le 23 mars 2020, compte tenu de la dégradation de l'état de santé de ce dernier lors de l'appel du SAMU à 20h49, avec une voix très nettement altérée et la mention de difficultés croissantes à respirer ainsi qu'une impossibilité de tenir debout, l'assistant de régulation médicale aurait dû effectuer un interrogatoire complémentaire pour ré-évaluer la situation et passer l'appel au médecin régulateur du SAMU au lieu de se borner à réitérer ce qui avait été énoncé à A B plusieurs heures plus tôt. Aucun suivi de cet appel n'a davantage été réalisé. Dans ces circonstances, le centre hospitalier régional universitaire de Lille doit répondre des fautes commises par son service d'aide médicale urgente, de nature à engager sa responsabilité.

Sur l'étendue de la réparation :

8. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.

9. Par ailleurs, lorsqu'un dommage trouve sa cause dans plusieurs fautes qui, commises par des personnes différentes ayant agi de façon indépendante, portaient chacune en elle normalement ce dommage au moment où elles se sont produites, la victime peut rechercher devant le juge administratif la réparation de son préjudice en demandant la condamnation de l'une de ces personnes à réparer l'intégralité de son préjudice. L'un des coauteurs ne peut alors s'exonérer, même partiellement, de sa responsabilité en invoquant l'existence de fautes commises par l'autre coauteur. Il en résulte que la victime peut demander la condamnation d'une personne publique à réparer l'intégralité de son préjudice lorsque la faute commise portait normalement en elle le dommage, alors même qu'une personne privée, agissant de façon indépendante, aurait commis une autre faute, qui portait aussi normalement en elle le dommage au moment où elle s'est produite. Il n'y a, dans cette hypothèse, pas lieu de tenir compte du partage de responsabilité entre les coauteurs, lequel n'affecte que les rapports réciproques entre ceux-ci, mais non le caractère et l'étendue de leurs obligations à l'égard de la victime du dommage. Il incombe à la personne publique, si elle l'estime utile, de former une action récursoire à l'encontre du coauteur personne privée devant le juge compétent, afin qu'il soit statué sur ce partage de responsabilité. Il appartient en conséquence au juge de déterminer l'indemnité due au requérant, dans la limite des conclusions indemnitaires dont il est saisi, laquelle s'apprécie au regard du montant total de l'indemnisation demandée pour la réparation de l'entier dommage, quelle que soit l'argumentation des parties sur un éventuel partage de responsabilité.

10. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise réalisé à la demande de la CCI, qu'aucune autopsie n'a été réalisée et que les causes du décès de A B, survenu vers 22 heures au regard de la température de son corps retrouvé le lendemain, n'ont pu être déterminées précisément. Il résulte de ce rapport d'expertise que A B présentait un tabagisme très important, avec une consommation de 30 à 40 cigarettes par jour, une intempérance à l'alcool depuis 2019, qu'il bénéficiait d'un traitement de substitution par méthadone depuis 2016, ainsi que d'un bronchodilatateur et avait déclaré le 23 mars 2020 au matin à sa mère qu'il n'avait plus de ventoline. En outre, les mois précédent son décès, il avait refusé des consultations en cardiologie et en pneumologie, ainsi que des prises de sang. Dans ces conditions, il ne peut être affirmé qu'en l'absence de faute du SAMU, A B aurait survécu. Au contraire, compte tenu de ces antécédents, de l'impression de fièvre évoquée lors du premier entretien avec le SAMU, des difficultés à respirer mentionnées lors des entretiens téléphoniques, dans le contexte de la pandémie liée au Covid-19, de la rapidité avec laquelle le décès est survenue suivant l'appel passé à 20h49 et des éléments de littérature médicale cités par le Professeur K I, directeur médical du SAMU 69, dans sa note critique du 17 janvier 2021, il y a lieu de retenir que les fautes du SAMU du CHRU de Lille ont fait perdre à A B une chance de survie qu'il convient d'évaluer, au vu des éléments précités, à 20%. Par conséquent, le CHRU de Lille doit être condamné à indemniser les préjudices subis par A B et ses ayants-droits à hauteur de cette fraction du dommage corporel, sans qu'il puisse utilement invoquer la circonstance que le médecin de l'association SOS Médecins qui n'aurait pas été amené à se déplacer si le SAMU n'avait pas commis de faute, n'ait pas prévenu les secours face à l'absence de réponse de A B.

Sur l'indemnisation des préjudices :

En ce qui concerne les préjudices de A B :

11. Le droit à la réparation d'un dommage, quelle que soit sa nature, s'ouvre à la date à laquelle se produit le fait qui en est directement la cause. Si la victime du dommage décède avant d'avoir elle-même introduit une action en réparation, son droit, entré dans son patrimoine avant son décès, est transmis à ses héritiers.

12. Il résulte de l'instruction que la victime a enduré des souffrances physiques et psychiques, évaluées à 5/7 par l'expert désigné par la CCI, lesquelles incluent, dans leur évaluation, la souffrance morale spécifique de A B tenant à la dégradation de son état de santé et à la conscience d'un risque de mort précoce, de sorte que les requérants ne sont pas fondés à se prévaloir de manière autonome d'un préjudice d'angoisse de mort imminente. Par référence au barème de l'ONIAM et compte tenu de la durée de ces souffrances en lien avec la faute commise par le CHRU de Lille, soit 23 mars 2020 de 20h49 à son décès survenu vers 22 heures, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 11 500 euros, soit 2 300 euros après application du taux de perte de chance précité, somme qui sera versée par le CHRU de Lille à la succession de A B.

En ce qui concerne les préjudices personnels des requérants :

13. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment des deux factures établies par la société à responsabilité limitée Pompes Funèbres du Brun Pain, que Mme E B a exposé une somme de 3 564,24 euros au titre des démarches administratives, du coût du cercueil, du transport du corps, de la crémation et de la concession pour conserver les cendres, outre une somme de 154 euros correspondant à l'acquisition d'articles funéraires, soit un total de 3 718,24 euros. Après application du taux de perte de chance précédemment retenu, Mme E B est donc fondée à solliciter la condamnation du CHRU de Lille à lui verser une somme de 743,65 euros.

14. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que Mme E B a subi un préjudice d'affection en raison du décès de son fils qui ne vivait plus à son domicile, décédé à l'âge de 50 ans, et qui entretenait des contacts très réguliers avec sa mère comme le mentionne le rapport d'expertise. Dans les circonstances de l'espèce, ce préjudice doit être évalué, par référence au barème de l'ONIAM et après application du taux de perte de chance retenu, à la somme de 1 200 euros.

15. En dernier lieu, il résulte de l'instruction que M. H B et Mmes G B - M et F J ont également subi un préjudice d'affection en raison du décès de leur frère. Dans les circonstances de l'espèce, ce préjudice doit être évalué, après application du taux de perte de chance précité, à la somme de 1 000 euros chacun.

Sur les frais liés au litige :

16. Aucun dépens n'a été engagé dans la présente instance ; les conclusions présentées à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.

17. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHRU de Lille une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Le centre hospitalier régional universitaire de Lille est condamné à verser à la succession de A B la somme de 2 300 euros.

Article 2 : Le centre hospitalier régional universitaire de Lille est condamné à verser à Mme E B la somme totale de 1 943,65 euros.

Article 3 : Le centre hospitalier régional universitaire de Lille est condamné à verser à Mme G L, à M. H B et à Mme F J une somme de 1 000 euros chacun.

Article 4 : Le centre hospitalier régional universitaire de Lille versera à Mme E B, Mme G L, à M. H B et à Mme F J la somme totale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme E B, à Mme G L, à M. H B, à Mme F J, à la caisse primaire d'assurance maladie de Roubaix - Tourcoing et au centre hospitalier régional universitaire de Lille.

Délibéré après l'audience du 22 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Riou, président,

M. Fougères, premier conseiller,

Mme Lançon, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juin 2024.

Le rapporteur,

signé

V. Fougères

Le président,

signé

J.-M. Riou

La greffière,

signé

J. Vandewyngaerde

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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